Le Franco-Américain Timothée Chalamet n’a finalement pas décroché l’Oscar du meilleur acteur hier soir à Los Angeles. On apprécie l’acteur, souvent époustouflant dans ses rôles ; moins le jeune homme prétentieux.
La cérémonie des Oscars était très attendue. Cette traditionnelle fête américaine de remise des trophées tant convoités est une compétition redoutable entre les films phares nommés. Elle devient surtout fiévreuse et virale lorsqu’il s’agit de l’obtention de la mythique statuette dorée du meilleur acteur, disputée cette année entre Leonardo DiCaprio, au sommet de son art, nommé pour son rôle dans Une bataille après l’autre de Paul Thomas Anderson, et Timothée Chalamet, nommé pour son interprétation frénétique et brillante dans Marty Supreme de Josh Safdie.
Perdu : c’est finalement l’acteur afro-américain Michael B. Jordan qui a obtenu la statuette prestigieuse pour son rôle dans le film horrifique Sinners.
Et il faut reconnaitre que l’acteur coqueluche de la jeunesse et un peu féminin commençait à nous gonfler à force de se prendre pour le personnage du film Marty Supreme.
L’ascension d’un enfant d’Hollywood
Timothée Chalamet, jeune et talentueux acteur franco-américain, est le fils du journaliste français Marc Chalamet et de la danseuse américaine Nicole Flender. Le jeune garçon s’inscrit dans la pure tradition des enfants acteurs tant adorés à Hollywood.
Il est révélé au grand public grâce à son rôle d’Elio Perlman, jeune garçon à la beauté d’éphèbe qui tombe sous le charme d’un homme mûr lors d’un bel été brûlant en Italie, dans le film romantique Call Me by Your Name (2017) de Luca Guadagnino.
Il va vite imposer sa présence de beau gosse séducteur dans une série de très bons films assez différents, tels que : Un jour de pluie à New York (2019) de Woody Allen, Les Filles du docteur March (2019) de Greta Gerwig, Dune (2021) et Dune : Deuxième partie (2024) de Denis Villeneuve.
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Avec Un parfait inconnu (2025) de James Mangold, excellent film musical relatant les jeunes années de Bob Dylan, la petite star, coqueluche des médias et des jeunes filles en émoi, confirme son grand talent. Force est de constater que le petit minet Timothée Chalamet est particulièrement impressionnant en jeune Bob Dylan. Il réussit avec conviction à interpréter lui-même les chansons du maître et à faire revivre l’aura mythique du chanteur de protest songs.
Marty Supreme, un film excessif mais un rôle sur mesure
Le film pour lequel le jeune trentenaire était nommé, Marty Supreme (2025) de Josh Safdie, est une fiction survitaminée dont la mise en scène, assez brillante et comportant quelques fulgurances, est toutefois bien trop hystérique, noyée dans un flot musical continu. Le chaos, véritable moteur du film, en fait finalement une œuvre assez vaine.
L’histoire racontée par Joshua Safdie s’inspire de Marty Reisman, figure du tennis de table américain, qui participa bel et bien aux championnats du monde de tennis de table en 1952, année où se déroule le récit de cette fiction.
Timothée Chalamet, acteur mimétique et surdoué, s’avère cependant formidable dans le rôle de Marty, un rôle qui lui va comme un gant. Il interprète Marty Mauser, un jeune garçon juif, orgueilleux, insolent et parfois inconséquent. Pongiste surdoué, Marty est vendeur de chaussures dans une petite boutique new-yorkaise afin de survivre. Il va tout faire pour essayer de devenir un champion reconnu et célèbre.
Entre personnage et personnalité
En tournée promotionnelle dans de nombreux médias — presse écrite, radio ou télévision — pour ce rôle qui pouvait lui valoir son premier Oscar, l’acteur de 30 ans affiche un mélange de séduction, de charisme naturel, d’arrogance et d’orgueil très similaire à celui du personnage de Marty qu’il incarne à l’écran.
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On ne sait plus très bien s’il s’agit de Timothée Supreme ou de Marty Chalamet. On peut penser que le personnage a déteint sur lui, ou qu’il s’agit d’une redoutable stratégie publicitaire pour l’emporter.
Lors de la cérémonie, l’acteur a été gentiment moqué par le maître de cérémonie Conan O’Brien : « La sécurité est renforcée ce soir… On a entendu dire qu’il pourrait y avoir des attaques venant des milieux de l’opéra et du ballet. »
M. Chalamet avait déclaré lors d’un long échange avec Matthew McConaughey il y a quelques jours : « Je ne me vois pas travailler dans la danse classique ou l’opéra, ou dans des trucs qu’on essaie de garder en vie alors que tout le monde s’en fiche. »
En fait, le jeune acteur est très représentatif du monde actuel du cinéma : un univers de gagnants talentueux et présomptueux, majestueux et arrogants, excellents à l’écran et suffisants à la ville, bien trop sûrs d’eux-mêmes et ne croyant qu’en leur propre conscience.
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