Freud. Image : Ross Burton.

Les attaques dont fait l’objet la corporation « psy » à l’occasion de la dramatique affaire du Chambon-sur-Lignon ne sont pas sans fondement. La prétention ubiquitaire du « savoir psy » se heurte encore une fois à une réalité violente et sordide. À force d’intervenir partout et tout le temps, depuis l’éducation de nos enfants jusqu’aux comportements des hommes et des femmes « publiques » en passant par le devenir des familles homoparentales, les psys sont devenus des oracles. Mais le plus problématique est peut-être qu’ils soient de plus en plus souvent conviés à jouer le rôle d’auxiliaires de justice, puisqu’ils interviennent comme experts, soit pour se prononcer sur le degré de « folie » − donc de responsabilité − d’un criminel présumé, contribuant ainsi à peser sur la sanction, soit, quand un criminel a purgé sa peine, pour statuer sur sa « dangerosité ». C’est ainsi qu’ils ont accepté, certains avec enthousiasme, d’autres avec réticence, que leur compétence diagnostique soit utilisée comme un outil prédictif. Les premières victimes de cette prétendue omniscience, ce sont les experts-psychiatres qui interviennent auprès des tribunaux : conseillers, ils se sont mués en décideurs ; médecins, ils sont devenus juges. Or, si la mission du juge est de protéger la société, celle du médecin est de traiter son patient.

 

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