Fin 2016, des revendications ont émergé afin de demander au gouvernement de prendre en compte les spécificités et les besoins de la population anglophone camerounaise située dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. En les privant de rentrée scolaire, des milices terroristes s’en prennent maintenant aux enfants.


Fin 2016, un mouvement séparatiste a initié une vague de violences terroristes visant toutes les couches de la société. Les militaires, les policiers, les chefs d’entreprises et les ouvriers furent pris pour cible par ceux qui se font appeler les « Ambazoniens ».

Le Cameroun est un pays africain à majorité francophone, seule 20% de la population y est anglophone. Ce particularisme est issu du passé colonial du pays et des conditions de sa décolonisation. Au moment de son indépendance, le pays était totalement francophone. Cependant, lorsque le Nigeria voisin s’est libéré du joug britannique, l’une de ses régions, le Southern Cameroon, a choisi lors d’un référendum organisé par les Nations Unies en 1961 de voter à plus de 70% pour son intégration dans le Cameroun.

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Minorité anglophone

L’écart linguistique, héritage de l’époque coloniale européenne, est devenu un enjeu politique et le prétexte pour les milices séparatistes d’organiser la terreur de sa propre population qu’elle tient en otage.

Carte du Cameroun. En bleu, la région dont des terroristes anglophones réclament l'indépendance
Carte du Cameroun. En bleu, la région dont des terroristes anglophones réclament l’indépendance

Malgré les menaces, les mutilations et les assassinats dont sont victimes les enfants camerounais, les autorités luttent afin de permettre aux écoliers de retourner en cours. Depuis trois ans, les terroristes ont mis à sac, détruit ou incendié plus de 174 écoles.

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Alors même que le gouvernement et les responsables anglophones modérés – représentant l’immense majorité de la population de ces régions – discutent et cherchent un terrain d’entente et d’accord, les miliciens séparatistes s’évertuent à saboter toute possibilité de paix.

Peur d’aller à l’école

Face à une telle situation, les forces armées camerounaises – et plus particulièrement le BIR (Bataillon d’Intervention Rapide) -, sont déployées pour lutter contre le terrorisme et apporter une aide humanitaire indispensable.

Un rapport de Human Rights Watch publié en 2018 n’hésite pas à comparer les exactions commises par les sécessionnistes camerounais à celles de groupes tels que Boko Haram ou les talibans afghans. Les témoignages recueillis afin de constituer ce document sont édifiants. Une enseignante raconte la manière dont les terroristes sont intervenus dans son école en menaçant de mutiler et de tuer, enfants et enseignants, et la manière dont ils sont parfois passés à l’acte.

De crainte pour leur vie ou ne pouvant plus se rendre en classe, les enfants sont alors souvent livrés à eux-mêmes et désertent les écoles des régions sécessionnistes. Les terroristes prétendent lutter pour les anglophones du Cameroun et exigent une indépendance que la majorité de la population concernée refuse. Selon des données de l’ONU, 30 000 élèves sont sortis du système scolaire camerounais depuis 2016.

Dénoncer le terrorisme des séparatistes ambazoniens

Avec la rentrée des classes qui aura lieu le 2 septembre, les regards se tournent vers les régions anglophones camerounaises où de nombreuses écoles ne rouvriront pas leurs portes cette année. Un véritable exil intérieur en direction de Douala et de Yaoundé s’est spontanément organisé afin de mettre à l’abri les familles.

Face à cette situation dramatique, la population camerounaise désespère de voir un sursaut de la communauté internationale afin de dénoncer clairement le terrorisme des séparatistes « ambazoniens ».

De leur côté, les autorités camerounaises tentent de sécuriser la rentrée des classes mais elles observent que, bien souvent, les donneurs d’ordres séparatistes – bien souvent en exil – envoient paisiblement leurs enfants dans les meilleures écoles des grandes capitales européennes tandis qu’au même moment, ils incitent les petits Camerounais à prendre les armes ou à se prostituer pour faire vivre leurs familles.

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Philippe Karsenty est élu de Neuilly et éditeur.
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