Depuis ce week-end, deux changements très concrets touchent le portefeuille des ménages. Le prix repère du gaz augmente de 6,6%, après déjà +6,3% en octobre. Et les commandes expédiées depuis l’extérieur de l’Union européenne supportent désormais deux euros de frais de traitement par catégorie d’article, qui s’ajoutent aux trois euros de droit de douane déjà appliqués depuis juillet aux colis de moins de 150 euros. Pour les petits achats, l’addition peut devenir spectaculaire.
Les hausses de début de mois sont parfois difficiles à traduire en euros. Celles de novembre ont au moins le mérite d’être assez concrètes. Pour les ménages dont l’offre de gaz est indexée sur le prix repère, la facture augmente. Pour ceux qui commandent de petits produits sur des plateformes expédiant directement depuis la Chine ou un autre pays extérieur à l’Union européenne, chaque catégorie de marchandise dans le colis peut désormais coûter plusieurs euros supplémentaires.
Le premier changement concerne le gaz. Depuis le 1er novembre, le prix repère publié par la Commission de régulation de l’énergie est passé de 182,88 à 194,90 euros TTC par mégawattheure. C’est une hausse de 6,6 % en un mois, après une progression de 6,3 % en octobre. Cette fois, précise l’administration, c’est la composante liée à l’approvisionnement qui augmente en raison de la remontée des cours sur les marchés.
Des hausses de prix en novembre : environ 12 euros de plus sur la facture moyenne
Selon Service-Public, la hausse de novembre représente environ 12 euros TTC supplémentaires sur la facture moyenne. Elle ne concerne toutefois pas tout le monde de la même manière. Les clients disposant d’un contrat à prix fixe ne sont pas directement touchés tant que les conditions de leur offre restent inchangées. Ceux dont le contrat suit le prix repère, en revanche, voient la hausse se transmettre plus directement.
Sur l’ensemble de l’année, l’écart devient plus sensible. Si les conditions de marché restent globalement stables jusqu’à décembre, la CRE estime que la facture annuelle moyenne de 2026 pourrait être environ 11 % supérieure à celle de 2025, soit quelque 135 euros TTC de plus. La hausse de novembre n’est donc pas un événement isolé mais le dernier épisode d’une année redevenue plus chère pour les consommateurs de gaz.
Un tee-shirt à 20 euros : 5 euros de prélèvements supplémentaires
Le deuxième changement est moins visible sur une facture mensuelle, mais beaucoup plus spectaculaire rapporté au prix d’un petit achat. Depuis le 1er juillet, l’Union européenne applique un droit de douane forfaitaire de 3 euros par catégorie d’article sur les ventes à distance d’une valeur inférieure ou égale à 150 euros provenant d’un pays extérieur à l’Union. Depuis le 1er novembre, s’ajoutent 2 euros de frais de traitement par catégorie, sans seuil de valeur.
A lire aussi : Douche froide sur le gaz, évolutions des retraites et trêve hivernale : ce que novembre réserve à votre portefeuille
Pour un colis de moins de 150 euros, les deux prélèvements se cumulent donc. La Douane donne elle-même un exemple très simple : un tee-shirt à 20 euros supporte 3 euros de droit de douane et 2 euros de frais de traitement, soit 5 euros. Deux tee-shirts identiques dans le même colis restent considérés, dans cet exemple, comme une seule catégorie : 5 euros également. En revanche, un tee-shirt et un jouet à 35 euros au total constituent deux catégories et entraînent 10 euros de prélèvements.
Hausses de prix de novembre : plus le produit est bon marché, plus la hausse se voit
C’est là que le mécanisme devient politiquement sensible. Cinq euros ajoutés à un produit de 100 euros représentent 5 % du prix. Sur un tee-shirt à 5 euros, ils peuvent théoriquement doubler le coût lié à l’achat avant même de prendre en compte la TVA à l’importation ou d’éventuels frais de transporteur. Les plateformes peuvent absorber une partie de la charge, la répercuter dans leurs prix ou modifier leurs circuits logistiques, mais le coût économique ne disparaît pas.
Les frais sont juridiquement dus par les plateformes, les vendeurs ou, selon les cas, les transporteurs : la Douane précise qu’elle ne réclame pas directement ces sommes au particulier. Cela ne signifie évidemment pas que le consommateur n’en supportera jamais le coût. Une entreprise qui voit le coût de chaque colis augmenter peut le répercuter dans ses tarifs, réduire ses promotions ou modifier le montant minimal de commande.
Une accumulation qui commence à se voir
Pris séparément, 12 euros de gaz ou 2 euros de frais de traitement peuvent paraître modestes. Le problème est l’accumulation. Le consommateur de novembre ne raisonne pas en catégories administratives : il voit une facture énergétique qui remonte et des petits achats importés qui coûtent davantage. Pour les ménages modestes, ceux qui utilisent précisément les plateformes à bas prix parce que quelques euros comptent, la différence est proportionnellement plus importante.
Le gouvernement met en avant, de son côté, le renouvellement de l’aide « grand rouleur », soit 100 euros pour les trois derniers mois de l’année pour les actifs concernés, ainsi que plusieurs dispositifs de protection. Mais le début du mois illustre bien la contradiction du moment : l’exécutif cherche à répondre à une crise du pouvoir d’achat tout en laissant entrer en vigueur des mécanismes qui renchérissent certains postes très visibles de consommation.
Il faut enfin distinguer les deux phénomènes. La hausse du gaz de novembre n’est pas une nouvelle taxe : elle provient de la hausse de la composante d’approvisionnement. Les frais sur les petits colis sont, eux, une décision réglementaire européenne assumée, destinée à financer les contrôles et à rééquilibrer la concurrence avec le commerce européen. Pour le portefeuille, cette différence juridique est réelle. Au moment de payer, elle est beaucoup moins perceptible.
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !




