On apprend que la municipalité de Toulouse vient de recruter en grande pompe six « chuteurs ». Qu’est-ce qu’un « chuteur » allez-vous demander ? Un cascadeur ? Que nenni ! Vous allez tomber de haut: en langage moderniste, un « chuteur » est un « médiateur » chargé de lutter contre le tapage nocturne, armé de cette arme fatale qu’est le « Chut! ». Le but de la municipalité –d’après l’AFP- est de préserver la bonne réputation d’une ville rose festive égayée en continu par les agapes, bacchanales, orgies et autres réjouissances bruyantes de plus de 100.000 étudiants, à qui il convient parfois de calmer les ardeurs.

Le maire socialiste de Toulouse Pierre Cohen déclare fièrement, dans la plus pure tradition nostalgique des emplois-jeunes aubrystes de sinistre mémoire : « Toulouse est une ville où on fait la fête et on a la volonté qu’elle soit à la fois festive et tranquille (…) Aujourd’hui, il y a de nouveaux métiers à inventer pour construire la tranquillité publique, on a lancé l’idée des médiateurs-chuteurs ». Ces six employés municipaux seront rattachés à l’Office de la tranquillité, qui est en place depuis un an et permet déjà de recueillir les plaintes des habitants. Les chuteurs-mercenaires pourront désormais intervenir à la vitesse de l’éclair sur les lieux du crime, tels des commandos modernes de la bienséance, afin de sauver la fête par leurs «Chut!» fermes et bienveillants, et leur art citoyen de la médiation anti-bruit.

La chute de l’histoire n’est pas encore écrite, mais il est fort probable que les Toulousains tombent de haut devant les actions de cette nouvelle « police de la fête »… dont les « chut » de proximité n’interrompront peut-être pas le boucan des festifs, mais viendront le rejoindre pour qu’il puisse se poursuivre !

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