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Un oligarque monarchiste, proche de Poutine, visé par une tentative d’attentat

Ce lundi, les services de sécurité russes ont déclaré avoir déjoué une tentative d’assassinat contre l’homme d’affaires russe Konstantin Malofeev. Proche du président Vladimir Poutine, ce nationaliste est aussi à la tête du mouvement monarchiste «Aigle à Deux-Têtes» qui prône le retour de la monarchie après le dernier mandat du dirigeant russe. Pour le Kremlin, la culpabilité de l’Ukraine dans cette opération ratée ne fait aucun doute.  


C’est un oligarque réputé très proche du Kremlin qui a été visé par un projet d’attentat à la voiture piégée. Konstantin Malofeev est un homme d’affaires sulfureux qui soutient publiquement la politique et les actions militaires du président Vladimir Poutine en Ukraine. L’information a été révélée le 6 mars 2023 par le Service fédéral de sécurité (FSB) qui a pointé du doigt une tentative « organisée par les services spéciaux ukrainiens » (le SBU). Le média RIA Novosti a publié des images, provenant directement des bureaux du FSB, montrant un homme non identifié plaçant des explosifs sous ce qui a été identifié comme étant la voiture de Malofeev, garée sur un parking, avant qu’un robot n’intervienne pour les neutraliser… Bien que personne ne soit en mesure de confirmer les faits énoncés, cette tentative d’assassinat de Malofeev ressemble curieusement à celle dont a été victime Daria Douguina en août 2022. Fille de l’idéologue néo-eurasiste Alexandre Douguine, cet attentat réussi aurait été organisé par l’Ukraine, comme le révélait le New York Times en octobre dernier. Le quotidien citait les services de renseignements américains qui pensent que « certaines parties du gouvernement ukrainien avaient autorisé cette opération ». 

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Dès le début du conflit, il y a un an, l’Ukraine a démontré qu’elle était capable de frapper directement le Kremlin en s’attaquant aux personnes censées être proches du dirigeant russe. Le but étant de fragiliser le pouvoir de Vladimir Poutine et de semer le trouble parmi la population. Des projets audacieux qui ne font pourtant pas l’unanimité chez l’allié américain du président Volodymyr Zelensky. Washington craint en effet que Poutine ne réagisse toujours plus brutalement à chaque tentative du genre, organise ses propres représailles contre des politiques ukrainiens, que la guerre ne lui échappe totalement et dégénère complètement en conflit mondial.

Un tiers des Russes soutient la restauration de la monarchie. Le retour des Romanov sur le trône est une question qui agite régulièrement la presse russe

Pour le Kremlin, il ne fait aucun doute que Kiev est de nouveau derrière cette tentative déjouée d’assassinat, bien que les concernés démentent formellement cette accusation. Le FSB a également déclaré qu’elle avait été coordonnée par un certain Denis Nikitine qui recevrait directement ses ordres du SBU. Chef du Corps des volontaires russes, ce néo-nazi assumé dirige un groupe d’extrême droite basée en Ukraine (il est pourtant interdit de séjour en Ukraine), et, comme le rappelle dans une de ses éditions le magazine L’Express, il entretient des liens avec le très controversé bataillon Azov qui combat les Russes. L’homme a récemment fait l’actualité : il a été accusé par Moscou d’avoir orchestré des actes de sabotage sur le sol russe pas plus tard que la semaine dernière. 

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De son côté, la figure de Konstantin Malofeev, 48 ans, est loin d’être anodine dans le paysage politique russe. Ancien banquier né sous la période soviétique, il a fait fortune en créant différents groupes d’investissements. À la tête du groupe de média « Tsargrad », qui rassemble 7 millions de téléspectateurs, il ne cache pas ses préférences pour la monarchie. Malofeev a d’ailleurs créé le mouvement Aigle à Deux-Têtes qui finance les commémorations et pèlerinages organisés chaque année en hommage au tsar Nicolas II et sa famille, exécutés à Ekaterinbourg en 1918. Pour diffuser ses idées, ce milliardaire est même président du conseil de surveillance du Collège Saint-Basile-le-Grand. Une institution qu’il a lui-même fondée et qui accueille des étudiants à qui on distille une éducation strictement traditionaliste orthodoxe. Un tiers des Russes soutient la restauration de la monarchie. Le retour des Romanov sur le trône est une question qui agite régulièrement la presse russe, mais qui a toujours été jusqu’ici balayée d’un revers de la main par le président Poutine. C’est aussi un lobbyiste qui entretient des liens avec plusieurs leaders politiques d’extrême-droite présents sur le Vieux continent. La France n’échappe à la toile que Malofeev a étendue à travers l’Europe (il est un bienfaiteur du Congrès des Familles qui rassemble tous les ans les grandes figures de l’ultra-conservatisme de la planète). Jean-Marie Le Pen ou Philippe de Villiers feraient partie de sa liste de contacts dans l’Hexagone. Accusé d’avoir orchestré des tentatives de coups d’État au Monténégro ou en Bulgarie, Konstantin Malofeev a ardemment soutenu le rattachement de la Crimée à la Russie et conserve toujours des liens étroits avec les dirigeants de la république du Donetsk. Bien qu’il nie tout soutien financier et armé aux républiques séparatistes russes d’Ukraine, arguant qu’il achemine uniquement des convois humanitaires vers les zones de conflit, les États-Unis ont décidé de le sanctionner en février et ont gelé ses avoirs financiers afin de les redistribuer à Kiev. Rien qui ne saurait impressionner l’oligarque. Interrogé, peu de temps après cette tentative avortée d’assassinat, Konstantin Malofeev a déclaré que « même menacé, cela n’affecterait pas ses convictions patriotiques ni sa lutte contre les ennemis » de la Sainte Russie.

Opportuniste François Ozon!

« Mon crime », de François Ozon, sortie ce 8 mars


Pour certains films, la date de sortie en salle est tout sauf innocente. Choisir le « féministe » 8-mars pour sortir le nouvel opus de François Ozon relève donc d’un bel esprit d’opportunisme…

Le réalisateur de 8 femmes rachète ses péchés

En 2002, avec 8 femmes, ce cinéaste réalisait l’un des films les plus joyeusement misogynes du cinéma français, transformant Darrieux, Deneuve, Huppert, Ardant, Béart et les autres en viragos criminelles et unilatéralement hystériques, aidé en cela par un costumier manifestement très inspiré. Bertrand Blier lui-même passait alors pour un demi-sel en la matière. Mais depuis, les temps ont bien changé : Ozon retourne sa veste et sur le même principe d’un film adapté d’une pièce de boulevard sans grand intérêt, il nous propose cette fois un « brûlot » post-Metoo. Le discours est on ne peut plus simple : pour être heureuses, les femmes doivent tuer les hommes. Le résultat est à la hauteur de ce postulat affligeant : une accumulation de clichés joués par des acteurs (Lucchini) et des actrices (Huppert) qui en font des tonnes. Ozon a manifestement décidé de racheter ses « péchés ».

Ni Clouzot ni Guitry, il fait un film en carton-pâte dont les dialogues se voudraient étincelants. Il est vrai qu’il a pris le risque de l’appeler « Mon crime ». Tout est dit.

Affaire des doigts d’honneur: même les braillards de LFI peuvent désormais fustiger la mauvaise conduite de la majorité!

Le comportement d’Eric Dupond-Moretti était loin d’être exemplaire, hier, en fin d’après-midi, dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Au point que Mathilde Panot, la chef de ceux qui «bordélisent» le plus le Palais-Bourbon, s’est autorisée à lui adresser une leçon de maintien, malgré les excuses d’un ministre qui s’est dit «affecté». Billet d’humeur.


Après que le Garde des sceaux a adressé deux bras d’honneur à on ne sait quel destinataire exactement lors d’une séance à l’Assemblée nationale [1], les députés insoumis en ont profité pour donner une leçon de bonne conduite, ce qu’ils ne sont pas toujours en mesure de faire.
Ainsi Mathilde Panot est-elle parvenue à donner à un ours en veston les traits d’un vilain petit canard, le 7 mars au soir.


Cependant, je soupçonne que l’hôpital se moque de la charité.
Un rouquin qui frappe sa femme, un ancien trafiquant de drogue, des femmes avec des turbans sur la tête. J’avoue que quand on regarde le personnel de La France Insoumise, on se demande s’il s’agit d’un parti politique ou d’un carnaval de curiosités humaines.

Chemises débraillées

Mais où recrute-t-on de pareilles égéries qui ont des gueules cassées sans avoir fait la guerre ? Au plan des idées comme à celui de leur présentation, on se situe dans le registre de la braderie. Quand je constate l’exubérance de cette offre politique, je comprends mieux pourquoi ses membres militent pour l’instauration d’un permis de vote.

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Aucune de leurs théories n’est aussi raffinée que celle sur les cravates et le peuple français. Pendant que les autres partis s’affrontent sur le sujet de la dette ou d’une réforme clivante, eux se soucient de venir parler en bermuda. Mais ce choix est rationnel : c’est pour pouvoir gesticuler plus commodément. Ces chemises débraillées, c’est aussi pour eux le seul moyen de ne pas apparaître comme des jansénistes du XXIème siècle. Heureusement qu’ils se disent de gauche, car sinon on aurait pu croire que le Palais-Bourbon accueille des prêtres et que la prêtrise accueille des femmes.
Quand leur pensée arrive à se détacher parfois de leurs braillements, on se demande s’ils songent à établir une liste de ce qui restera autorisé dans la France qu’ils nous proposent, à côté de la liste des choses qu’ils veulent interdire. C’est bien beau de savoir avec certitude qu’on pourra aller en sandales comme nos députés, mais enfin j’aime être un peu davantage renseigné.

La seule chose que l’extrême gauche ne taxera jamais

Les Insoumis présentent le réel avantage d’apporter des compétences variées au parlement. La différence entre eux et leurs collègues, en effet, c’est qu’ils savent comment violer les lois plutôt que comment les écrire. Aidons-les toutefois à ne pas gouverner autre chose que la Seine Saint-Denis.

Quand on sait que ces gens-là ont gagné des élections, on se dit que l’abstention ne frappe que les honnêtes citoyens, et que les 30% qui ont voté LFI étaient comme un petit groupe dans un magasin laissé sans surveillance. Mais enfin ils ont le mérite d’avoir débarrassé la France de ces pouacres en les envoyant à Paris.
Les députés Insoumis ont bien raison de demander la natura… la régularisation, pardon, des clandestins: il faut bien régulariser leur prochain mandat. Il y a quelque chose de très Empire romain chez ces moralistes staliniens: ils veulent fédérer les peuples, et pas seulement à la frontière. Croyez-moi, ce n’est pas d’églises que sera le blanc manteau de la France insoumise.
Il y a une indéniable diversité d’opinions chez tous ces penseurs. Toutefois je m’interroge: en majorité, sont-ils plutôt du côté de ceux qui crient « sales juifs ! » dans leurs manifestations, ou de ceux qui se félicitent des attentats de Charlie Hebdo ? Ce sont des ayatollahs auxquels on a coupé la barbe et rajouté un pins de l’Union soviétique. La seule chose qu’ils ne taxeront pas, c’est l’importation de la charia.


[1] Olivier Marleix, le président du groupe LR, qui descendait de la tribune, après une intervention concernant le projet d’inéligibilité obligatoire contre les auteurs de violences conjugales proposé par Aurore Bergé (“Renaissance”) NDLR.

François Héran: «Je ne suis pas “no-border”»

L’immigration, il n’est ni pour ni contre, a également révélé le célèbre démographe invité sur France inter (rires du public).


Vendredi 3 mars. France Inter. Pour le Grand entretien du journal matutinal, Jérôme Cadet reçoit le professeur au Collège de France, ex-directeur de l’Institut national d’études démographiques et président du Conseil d’orientation du Musée national de l’histoire de l’immigration, François Héran, présenté comme « l’un de nos meilleurs spécialistes des migrations ». La démographe Michèle Tribalat le décrit plutôt comme « la figure emblématique des approximations péremptoires et des négligences qui le placent à l’avant-garde de la déculturation technique de la pratique démographique [1] » – ce que confirmera l’entretien france-intérien.

Pour ou contre l’immigration ? Notre débat public sera enfin devenu adulte quand nous aurons dépassé ce stade

Un nouveau livre qui va faire des ravages

Après la sérénade introductive, le journaliste roucoule auprès du professeur à propos de son dernier livre [2] : « Vous confrontez les faits basés sur des chiffres, donc objectifs, aux discours politiques, et c’est assez ravageur ». Pour Jérôme Cadet les chiffres présentés par François Héran sont obligatoirement « objectifs » et les seuls discours politiques sur l’immigration qui ont tout faux sont naturellement ceux « de droite et d’extrême droite ». Bien entendu, François Héran est indigné par ces discours nauséabonds mais il « exprime [son] indignation sur un mode qui est celui de la recherche, du travail (sic) de recherche, du travail (resic) d’objectivation, et pas juste la militance politique ». Pourtant, comme le montre Michèle Tribalat grâce à de nombreux exemples [1], les fameux chiffres « objectifs » de M. Héran relèvent souvent d’une interprétation très orientée des statistiques et varient beaucoup selon l’époque et l’auditoire. Lors de cette émission, le démographe ne donnera aucun chiffre précis mais répétera que « la France ne prend pas sa part dans l’immigration ».

« Je ne suis pas “no border” […] mais je dis simplement qu’il faudrait que nous prenions notre part des grands mouvements migratoires qui sont une réalité car l’immigration progresse partout dans le monde », déclare-t-il quelques minutes après avoir critiqué ceux qui parlent de « tsunami migratoire ». Paradoxalement, il affirme qu’il est illusoire de vouloir élever un « barrage » contre ce « tsunami » imaginaire tout en reconnaissant qu’il y a une… « lame de fond mondiale ». D’ailleurs, ajoute-t-il, la progression est constante depuis 2000, la hausse est continue et aucun gouvernement n’a su l’endiguer. « On n’y peut rien », lâche finalement notre professeur, fataliste. Les lois sur l’immigration votées durant les années au cours desquelles Nicolas Sarkozy a été soit ministre de l’Intérieur, soit président de la République, n’auront servi à rien : l’immigration, choisie ou non, a continué de croître. Elle a poursuivi son accélération sous la présidence d’Emmanuel Macron. De toute manière, assure François Héran, « on ne peut pas aller contre l’immigration ». Cette idée, ancrée dans l’esprit du démographe depuis toujours, est le leitmotiv qui ossature son ouvrage intitulé justement Avec l’immigration : « Pour ou contre l’immigration ? Notre débat public sera enfin devenu adulte quand nous aurons dépassé ce stade, tant il est vrai que l’immigration est désormais une réalité permanente au même titre que le vieillissement (sic), l’expansion urbaine (resic) ou l’accélération des communications (et sic de der). […] Quel sens y aurait-il à approuver ou à désapprouver cet état de choses ? […] Ni pour ni contre l’immigration. Avec elle, tout simplement. » Tout est dit !

Ces maudites OQTF qui nuisent à l’intégration

Comme par hasard, la première auditrice de France Inter invitée à poser une question à François Héran fait partie d’une association pro-migrants. Elle dit regretter que l’administration française freine les démarches des « réfugiés ». M. Héran abonde dans son sens et en profite pour ajouter que si l’État ne parvient pas à renvoyer les individus sous OQTF dans leur pays d’origine, c’est surtout « parce qu’il y a une part non négligeable de ces OQTF qui est ridicule », entre autres celle des migrants irréguliers qui ont un emploi. Que ces derniers soient employés dans des « métiers sous tension » ou non, cela n’a aucune importance, il faut régulariser tout le monde car « certaines OQTF mènent à une politique de contre-intégration ». En clair, la France doit cesser de décider qui peut ou non profiter de ses largesses et accepter de régulariser l’immigration clandestine afin de favoriser l’intégration d’individus qui sont entrés illégalement sur son territoire. Enfin, un auditeur s’alarme du « drame de la Méditerranée » et de ces milliers de morts. M. Héran n’accable pas les passeurs et les ONG complices mais la France qui réduit « les voies légales de passage ». Pour ne pas enrichir les passeurs et pour éviter les noyades, une seule solution s’impose : ouvrir toutes les voies possibles à l’immigration et cesser de vouloir la réduire. Amen.

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François Héran pratique ce que Nathalie Heinich appelle l’académo-militantisme [3], lequel est ici mis au service d’une idéologie ouvertement immigrationniste s’appuyant sur une pseudo-scientificité démographique. Dans Le Monde du 27 février, le démographe signe avec 400 autres « scientifiques » – sociologues, politistes, économistes, démographes, historiens, philosophes – une tribune qui appelle à la « raison et au débat démocratique dans le traitement des questions de migration ». Débattre, soit, mais pas n’importe comment : « Les chercheurs de toutes les disciplines sont d’accord : il n’y a pas de submersion migratoire, les régularisations et les sauvetages en mer n’ont jamais provoqué “d’appel d’air” et le grand remplacement de la population française est un mythe ». Ces « scientifiques » sont également d’accord pour dire que la France a toujours été une terre d’immigration, que les flux migratoires actuels sont acceptables, que de toute manière on n’y peut rien et qu’il va falloir faire avec, et que, finalement, l’immigration est nécessaire, inévitable et bénéfique. Pour faire en sorte que l’idéologie immigrationniste soit gobée par tous les Français, ces « scientifiques » proposent d’organiser une convention citoyenne qui reposera sur « la montée en puissance des citoyens tirés au sort » après qu’ils auront écouté et débattu avec « des scientifiques et des experts de la société civile ». Traduction: lorsque des citoyens tirés (peut-être) au sort seront devenus, après lavage de cerveau par des « scientifiques et des experts » triés sur le volet, de purs idéologues prêts à colporter la bonne parole immigrationniste auprès des instances politico-médiatiques, il est prévu de tenir compte de leur avis qui sera supposé être celui de tous les Français.

Driss Ghali, un lanceur d’alerte bien de chez nous

Les citoyens de cette convention seront vraisemblablement invités à lire le dernier opus de François Héran astucieusement intitulé Immigration : le grand déni – titre trompeur car « tel est le déni d’immigration dont il sera question ici : nier que la France soit une terre d’immigration, mais aussi affirmer qu’elle l’est devenue et n’aurait jamais dû le devenir. » De notre côté, pour contrebalancer ce tract immigrationniste, nous leur conseillerons la lecture des ouvrages de la démographe Michèle Tribalat ainsi que celui de Driss Ghali intitulé Français, ouvrez les yeux ! [4] dans lequel l’auteur s’étonne de « l’apathie, l’assentiment et la résignation » des Français devant la « dissolution de leur pays » en même temps qu’il dit son attachement à la France. Driss Ghali demande aux Français, aux Français dits de souche comme aux Français issus de l’immigration devenus Français de cœur et d’esprit, de se réveiller et de n’abdiquer ni devant « l’américanisation massive de leur culture », ni devant « l’immigration de peuplement », ni devant « la présence de l’Islam toujours plus affirmée ».

Le combat sera difficile : « Le thème du grand remplacement n’a pas besoin d’une défense et d’une illustration, il s’est déjà imposé comme un élément factuel, concret et palpable », mais les politiciens islamo-gauchistes et les « experts » immigrationnistes relayés par de puissants médias mondialistes continuent de le nier en culpabilisant les Français qui osent l’évoquer.

Ouvrez les yeux ! Ayez le souci de la vérité ! Osez dire ce que vous voyez et exprimer tout à la fois votre amour de la France, vos craintes de la voir détruite, votre désir de la défendre ! Tels sont les messages que Driss Ghali envoie aux Français tout en priant pour qu’il ne soit pas trop tard.

Immigration : le grand déni

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(1) Michèle Tribalat, Immigration, idéologie et souci de la vérité, éditions de L’Artilleur.

(2) François Héran, Immigration : le grand déni, éditions du Seuil.

(3) Nathalie Heinich, Ce que le militantisme fait à la recherche, Tract Gallimard n° 29.

(4) Driss Ghali, Français, ouvrez les yeux ! Une radiographie de la France par un immigré, éditions de L’Artilleur.

Le fascisme anti-famille

Familles, je vous hais! Foyers clos, portes refermées, possessions jalouses du bonheur…


Il s’appelle Geoffroy de Lagasnerie. On le dit philosophe. Chez les philosophes, nous distinguerons au moins deux catégories. Il y a les philosophes pour le penser juste et ceux pour les dîners en ville. Ce sont rarement les mêmes. Dans le registre dîners en ville, on peut s’aventurer à inclure le petit déjeuner à la table d’une certaine radio dite de service public. Le susnommé était l’invité d’un de ces petits déjeuners l’autre matin. Très en appétit, il s’est attaché à dévorer à belles dents le concept de famille. Elle constituerait, la famille, la structure fasciste par excellence. Le lieu où l’individu, sans aucun doute naturellement bon – ce brave vieux Jean-Jacques Rousseau n’est jamais bien loin – se verrait irrémédiablement perverti, spolié de ses aspirations profondes et castré de ses moindres talents personnels.

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La famille serait donc une pure abjection. Il conviendrait de rechercher le plein épanouissement ailleurs, dans l’amitié, la connivence allégée de tout engagement formel, donc. Faire l’économie de l’engagement durable est en effet une préoccupation forte des générations nouvelles par ces temps de zapping généralisé. En réalité, rien de bien neuf. Nous avons affaire là au ressentiment terriblement conventionnel de tout adolescent plus ou moins attardé qui se rêve en poète maudit. Le « famille je vous hais » a eu ses hérauts fameux. Baudelaire, Gide, voire Hugo… Ceux-là ont l’excuse du génie. Leur œuvre plaide pour eux. Concernant le susnommé, nous ne nous avancerons pas. Il semble ignorer que le modèle même sur lequel l’État s’est constitué est la structure familiale, en raison, précisément, de sa stabilité et de sa permanence. C’est du moins ce que nous indique Hegel, philosophe, lui, d’une autre hauteur de vue que celle requise pour briller dans les dîners en ville où le ravissement est acquis d’avance à qui pense à la pioche.

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Notre invité du petit déjeuner semble également ignorer – mais l’ignore-t-il vraiment au fond ? – que son discours reprend quasiment mot pour mot les réquisitoires anti-famille de tous les totalitarismes de l’ère moderne. Les dictatures, quelles qu’elles soient, voient dans la cellule familiale un lieu de libre échange, de libre propos, le refuge où l’éducation de l’enfant échappe au système, au bourrage de crâne institutionnel, le lieu unique où se transmettent à bas bruit, de génération en génération, les références, les traditions, les usages culturels, là où plongent et se nourrissent les racines des gens. La famille est donc l’ennemi à abattre, qui risque à tout moment de venir parasiter l’emprise dogmatique. Tu es nazi, le parti est ta famille. Tu es communiste, le parti est ta famille. Tu es fasciste, le parti est ta famille. En conséquence ceux qui combattent la cellule familiale, qui visent à la détruire sont évidement considérés comme des héros, des bienfaiteurs de la cause des peuples. Pavel Morozov, le pionnier-héros 001 de l’Union soviétique sous Staline, a été exhaussé au rang d’icône nationale juste pour avoir dénoncé son propre père aux autorités pour son peu d’entrain à se soumettre aux diktats collectivistes. À l’époque, une Aleksandra Kollontai, proche de Lénine, seule femme commissaire du peuple, milite ardemment pour l’abolition pure et simple de la famille. Dommage qu’elle ne soit plus de ce monde pour se voir conviée aux petits déjeuners de la radio en question, elle y ferait merveille. 


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Le prince assassiné - Duc d'Enghien

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Moi, j’aime les «patrons»

Bien avant que les mots ne soient changés jusque dans les contes de fées, pour créer un monde meilleur, sans relief, sans vagues et sans passé sous la menace des tenants tout puissants du wokisme, et avant d’attaquer la littérature, on avait déjà banni du langage courant le terme de « patron »…


Les patrons c’est méchant, les entrepreneurs, c’est gentil, les chefs d’entreprise ça dépend.

Les seuls qui prononcent aujourd’hui le mot patron avec délectation, ce sont les syndicalistes et les manifestants. L’évocation du mot est déjà une accusation. Le patron est autoritaire, intransigeant, directif, il est tout puissant, maltraite un peu ses salariés, que dis-je ses « employés » car le mot évoque mieux la dépendance de l’emploi assujetti, alors que « salarié » induit le salaire qui est quand même bien vu, surtout lorsque le pouvoir d’achat faiblit.  

Lorsque j’avais suggéré de lancer la fête des patrons, Ernest-Antoine Seillière, alors patron du CNPF, m’avait répondu, non sans humour: «Mais enfin, en France, lorsqu’on fait la fête à un patron, c’est pour le séquestrer!»

Quand on veut être critique, on parle donc d’employés, que l’on imagine pliant sous le joug de la dictature patronale, avec un soupçon d’esclavagisme. Derrière le patron il y a pire : le « patronat » ! Une classe sociale à elle seule, dominatrice et exploitante. D’ailleurs, en 1998, le CNPF (Centre National du Patronat Français) avait tenté de se refaire une réputation en changeant de nom (déjà…) et nous sommes peut-être mieux considérés depuis qu’il s’est transformé en MEDEF (Mouvement des Entreprises de France).

La disparition du patron est donc bien ancrée, même si certains salariés normaux continuent de dire « mon patron » (« mon chef d’entreprise », c’est un peu lourd) quand ils parlent de leur travail, pardon d’utiliser le mot travail (« activité professionnelle »). « Patron » a des relents d’années 50 avec Jean Gabin qui donne de la voix, devant lequel on ne bronche pas et qui vous casse une grève debout tout seul dans la cour de son usine, rien qu’en se montrant.

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L’appellation de patron a disparu en même temps que le principe d’autorité en général. Le patron, lui, n’a pas l’esprit de bande des start-uppeurs, il n’est pas « cool », il ne tutoie pas ses salariés; le DRH c’est lui et ça ne rigole pas toujours. On ne l’accusait pas encore de super profits mais il s’en « mettait déjà plein les poches ». Certes, on peut se réjouir de la disparition des tortionnaires du boulot comme les définissent ceux qui en font des films : « Merci Patron !» * mais l’origine est pourtant belle : du latin pater, le père, le défenseur qui veut dire aussi un protecteur. Sous le terme patron (qu’eux-mêmes se gardent bien d’employer) il y a pourtant beaucoup de ses qualités qui manquent aujourd’hui aux dirigeants de toutes sortes, y compris chez les politiques. Le patron, du moins dans l’image que l’on s’en faisait, assume, il joue de son autorité, il prend des risques, et il n’a jamais peur car il a les épaules larges, il inspire confiance à ses salariés… On en a un peu peur mais on le respecte. Oui, c’est vrai c’était peut-être un « mâle dominant », il avait des défauts bien sûr, mais il n’était en réalité ni plus dur ni moins juste qu’un chef d’entreprise maintenant. Et puis, il y avait la patronne : elle inspirait tout autant le respect et même la crainte – les maris ne disaient-ils pas « je vais demander à la patronne », pour bien montrer que l’autorité au foyer, quoiqu’on en dise, c’était elle aussi. Pas besoin de féminisme outragé, la patronne s’est imposée d’abord à la tête de PME ou des commerces, même si bien sûr il faut relativiser et continuer à se battre pour l’égalité, la promotion et la place des femmes partout dans le monde !

Les Anglo-saxons, eux, ont aussi ont leur « patron » qui n’a pas eu besoin de changer de nom, c’est le boss qui a toujours été le boss. D’ailleurs, on a bien sûr emprunté le vocable, «  mon boss » est à la mode, cela traduit mon patron, en plus sympa. Plus sympa déjà que par exemple mon « chef », qui a un côté mesquin: chef de rang, sous-chef, petit chef. En voilà un qui n’a pas gagné ses galons de vrai « dirigeant » (le terme techno qui ne fait vraiment pas de vagues).

Eh non! On ne rêve pas: il y a même aux États-Unis le boss day, jour où l’on déclare à son patron qu’on l’aime, et on le fête. Prudemment, on a timidement enchainé en France sur « J’aime ma boite », et lorsque j’avais suggéré de lancer la fête des patrons, Ernest-Antoine Seillière, alors patron du CNPF, m’avait répondu, non sans humour: « Mais enfin, en France, lorsqu’on fait la fête à un patron, c’est pour le séquestrer ! »

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La France sens dessus dessous !: Les caprices de Marianne

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Jusqu’où iront les Mollahs pour rester au pouvoir?

Lycéennes iraniennes empoisonnées: l’état profond iranien perd son sang-froid


Trois faits majeurs survenus depuis le début de l’année 2023 illustrent l’accélération de la radicalisation de la République islamique pour sa survie. Tout d’abord, les élèves d’une soixantaine d’écoles pour filles ont été victimes d’empoisonnement par gaz toxiques. En quelques semaines, deux adolescentes, Fatemeh Rezai et Sanaz Jamshidi, ont ainsi perdu la vie. 800 autres souffrent ou ont souffert de symptômes plus ou moins graves. Difficile d’imaginer que de telles opérations aient lieu sans au moins des complicités au sein du système politique. On peut légitimement considérer, comme le font d’ailleurs beaucoup d’Iraniens, que cette triste actualité est propre à nous rappeler le caractère terroriste du régime de Téhéran et son incapacité à quitter son logiciel – qui est celui du fondamentalisme islamiste misogyne. 

Des empoisonnements commandités par l’étranger, selon le régime

Radio Farda, antenne persane de Radio Liberty, cite une source à l’hôpital de la ville de Qom, la ville sainte des premiers empoisonnements. Selon la radio, la police secrète des gardiens de la révolution islamique (IRGC) est continuellement présente à l’hôpital. Les échantillons pour analyse prélevés sur les victimes ne sont pas adressés au laboratoire de l’hôpital, mais sont envoyés au propre laboratoire de l’IRGC ! Les médecins n’ont pas donc accès aux résultats des analyses. Les familles des victimes sont soumises aux pressions des autorités pour se taire. Pire, dans une opération de communication télévisée stalinienne, le père de la première victime, Fatemeh Rezai, a proclamé que sa fille souffrait d’une maladie chronique ayant entraîné son décès.

Après une période de déni de plusieurs semaines, face à la colère et à l’inquiétude des parents, les autorités vont enfin diligenter une enquête.

Les quotidiens conservateurs tels que Hamshahri pointent du doigt l’opposition iranienne à l’étranger. Cependant, plus qu’un indice concernant les responsables de ces crimes, cette accusation invraisemblable traduit la crainte du régime quant à la popularité de Reza Pahlavi, fils du dernier Shah d’Iran. Et selon d’autres analystes, ces attaques ciblées afin de terroriser les jeunes Iraniennes sont bien orchestrées par les branches ultraconservatrices proches du guide suprême, l’Ayatollah Khamenei, et sont une sorte de revanche de l’institution envers le mouvement Femme Vie Liberté, dont les adolescentes étaient la figure de proue.

Téhéran sera rapidement une puissance nucléaire, Pékin inquiet

Ensuite, sur le volet de l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien, et la menace d’accès à l’arme nucléaire, la République islamique a également franchi un seuil alarmant. Nous apprenons par un communiqué officiel de l’AIEA que sur certaines installations on a constaté un taux d’enrichissement de 84%, s’approchant dangereusement du niveau nécessaire pour produire une arme (90%). Les Iraniens ont expliqué que dans le cadre d’un enrichissement normal, une quantité infime des particules avait été enrichie à un niveau plus élevé que désiré, et qu’il ne fallait donc pas douter de leur bonne foi. Mais il n’est pas sûr qu’à Washington et à Jérusalem on partage ce point de vue. Le Département d’État américain, via son porte-parole Ned Price, a annoncé encore lundi dernier que l’Accord était bien au point mort. Le rôle de plus en plus important de l’Iran dans l’effort de guerre russe et, éventuellement, ce que la Russie pourrait offrir en retour, mettent l’Iran de plus en plus en travers du chemin de l’OTAN. 

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Cette accélération d’événements ressemble de plus en plus à une fuite en avant de la République islamique face aux pressions. Car les mollahs manquent cruellement d’options. La visite en Chine du président Raïssi a été un échec d’autant plus cuisant que les attentes iraniennes étaient énormes. Il est donc clair que la Chine ne se risquera pas à courroucer l’Occident pour soutenir l’économie iranienne. Les annonces d’accords pour des centaines de milliards de dollars d’investissements chinois en Iran ne se matérialiseront jamais. Il s’agit d’une déception voire d’une humiliation pour les Mollahs qui comptaient jouer le joker chinois face à l’Occident. Quant aux avions de chasse et les missiles sol-air que les Russes pourraient fournir pour payer les drones et autres armements iraniens, il est en réalité difficile d’envisager comment les forces russes pourraient s’en passer dans les mois voire les années à venir…  

La popularité de Reza Pahlavi inquiète

Sur le volet politique, pour la première fois depuis des décennies, la République islamique doit faire face à un front d’opposition à l’extérieur sous l’égide et grâce à la popularité de Reza Pahlavi. Une coalition couvrant plusieurs courants politiques a été officiellement lancée à Washington, lors d’un colloque à l’université de Georgetown, le 10 février. Autre mauvaise nouvelle pour le régime: Reza Pahlavi et cette nouvelle coalition ont ensuite été invités à la Conférence de Sécurité de Munich, le 18 février, en lieu et place des représentants officiels de la République islamique. Reza Pahlavi a participé à un débat en présence de l’influent sénateur Démocrate Robert Menendez, qui est à la tête de la Commission des affaires étrangères du Sénat américain, et de l’eurodéputée allemande Hannah Neuer. Certains parlent déjà de lui comme d’une sorte de Juan Carlos de la transition en Iran. La chaîne du magnat Robert Murdoch, FOX News, bras armé médiatique de l’agenda politique des Républicains, l’a désigné comme « The Crown Prince His Royal Highness », à l’occasion d’un entretien accordé dimanche 26 février.

L’agenda politique en Europe de Reza Pahlavi s’accélère: il a été successivement reçu par des parlementaires français, britanniques et par les Conservateurs Européens au Parlement Européen à Bruxelles, le 1er mars. Et même si la commission européenne n’a pas officiellement inscrit le 20 février dernier le corps des gardiens de la Révolution comme organisation terroriste, elle a cependant étendu ses sanctions contre Téhéran. Quelles que soient les chances effectives de Reza Pahlavi d’accéder ou non un jour au pouvoir, sa popularité grandissante est un signe de plus de la crise du régime des Mollahs.

Sur le plan militaire, malgré la crise politique que traverse Israël, une opération militaire est toujours à l’ordre du jour et, selon la chaîne israélienne Channel 12, Benjamin Netanyahou a organisé plusieurs réunions afin de préparer des attaques avant que l’Iran accède à l’arme nucléaire. 

Ainsi la République islamique, contestée par sa population, touchée par une crise économique sans précédent et isolée sur le plan international, montre des signes de panique. Et si les repentants officiels de l’État continuent leur stratégie jusqu’au-boutiste, l’affaire de l’empoissonnement des lycéennes laisse croire que dans l’État profond, certains commencent à perdre leur sang-froid.     

Benjamin Morel: véritables séparatismes régionaux ou… paranoïa jacobine?

L’essayiste, maître de conférences en droit public, publie La France en miettes. Il y décrit un ethno-régionalisme qu’il perçoit comme un séparatisme qui grandit dans le silence médiatique…


Maître de conférences en droit public à l’université Paris 2-Panthéon Assas, Benjamin Morel publie aux éditions du Cerf La France en miettes, ouvrage sous-titré « Régionalismes, l’autre séparatisme ». En revenant sur l’histoire tumultueuse des régionalismes en France et leurs plus récentes provocations, le jeune juriste montre leur grande agilité et leur capacité à s’infiltrer dans des partis politiques moribonds. À terme, le risque d’une évolution à l’espagnole n’est pas nul.

Violences en Corse le lendemain de la mort d’Yvan Colonna en mars 2022… Edile giflé à Saint-Jean-de-Luz pour s’être opposé à l’arrachage du drapeau français… Autonomie promise aux Corses en pleine présidentielle par Gérald Darmanin… réclamée aussitôt par le Conseil régional de Bretagne: depuis quelques mois, un réveil des régionalismes semble effectivement s’opérer aux quatre coins de l’hexagone et en outre-mer. C’est en tout cas ce portrait de notre pays que brosse Benjamin Morel dans son ouvrage.

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Alors que près de la moitié des mouvements régionalistes du monde se situent dans la vieille Europe, et que nous suivons d’un œil les décompositions en cours de la Belgique, de l’Espagne et du Royaume Uni voisins, la France s’estimerait, elle, à l’abri, sûre de l’efficacité de son modèle stato-national. Vus de Paris, les activistes régionaux seraient les derniers vestiges d’un folklore local inoffensif et rafraîchissant, porteurs d’une certaine ouverture au monde. Une obsession traverse pourtant ces mouvements : l’accès à l’autonomie et la possibilité de développer des droits différenciés en fonction des régions, contrariant quelque peu le logiciel français égalitaire et universaliste hérité de 1789.

Origines troubles

L’auteur revient sur les origines troubles de ces mouvements ethniques nés au XIXème siècle et venus d’une droite assez marquée. Ils reposèrent dans un premier temps sur « des rêveries de poètes et de notables » nostalgiques. Avec l’industrialisation et l’homogénéisation des modes de vie, le discours régionaliste a répondu à un besoin de différenciation et à une crainte de perte d’identité. Rapidement, un racisme pseudo-scientifique est aussi venu se greffer, avec la mise en avant d’un « gène basque » ou des « origines aryennes » du peuple catalan distinctes des « gènes africains et sémitiques » de leurs cousins Castillans… On pourrait rétorquer qu’au XIXème siècle, peu de tendances politiques furent totalement insensibles à ce racisme biologique. Un certain Georges Vacher de Lapouge, théoricien de l’eugénisme et du racisme, a par ailleurs été cofondateur du Parti ouvrier français de Jules Guesde puis membre de la SFIO, ce qui ne suffit évidemment pas à disqualifier toute l’histoire de la gauche française. Toutefois, si le discours ethno-régionaliste a à première vue gommé sa dimension biologiste bien gênante, celle-ci refait quand même surface de temps à autre. En juillet 2021, le Télégramme titrait ainsi en Une : « Bretagne : des gènes bien à nous », dans un article qui montrait, finalement, qu’il y a assez peu de variations génétiques entre les régions françaises.

D.R.

Des langues de synthèse à la place des parlers locaux 

En réalité, les révélations faites par Benjamin Morel sur les origines et les paradoxes des ethno-régionalismes ne sont pas une totale nouveauté.
Françoise Morvan, dans Le Monde comme si (Actes Sud, 2002), montra comment le mouvement breton avait inventé une langue de synthèse, et quelles difficultés les Bretons avaient rencontrées pour faire publier une édition bilingue des poèmes de François-Marie Luzel dans son orthographe originelle, éloignée du breton officiel.
En Corse, une logique similaire a permis l’émergence d’un « espéranto corse », à peu près compréhensible par tous les locuteurs d’un point à l’autre de l’île, mais fruit d’un travail de synthèse lui aussi.

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Ces champions du droit à la différence cherchaient donc à homogénéiser coûte que coûte des territoires dans lesquels se parlait une langue différente d’une paroisse à l’autre et à effacer les « parlers authentiques ». En cela, ils agressent autant les « petits pays » locaux que la grande nation française. Nos amis nationalistes, corses ou bretons, pourraient rétorquer que l’uniformisation d’une langue est une affaire éminemment politique, que si le lecteur français moyen lit aujourd’hui facilement Racine mais difficilement Rabelais, c’est peut-être parce que l’Académie française a été créée entre temps, et qu’il n’a jamais été interdit à un mouvement nationaliste d’inventer ou de réinventer une langue, comme le fit le sionisme avec l’hébreu moderne.

Souplesse idéologique

Benjamin Morel revient aussi sur les accointances entre les régionalistes et l’occupant pendant les années sombres. Le phénomène avait été montré pour la Bretagne par Georges Cadiou dans L’Hermine et la Croix gammée (Mango, 2001). Là aussi, on pourrait rétorquer que du Parti communiste français à l’extrême droite, peu de tendances politiques françaises ne se sont pas salies les mains à un moment ou à un autre pendant les années noires, mais il faut bien admettre que dans chacune de ces formations, on trouve quand même quelques héros de la Résistance. Au même moment, les principales figures du mouvement breton se sont largement vautrées dans l’occupation active. Il faut dire qu’Hitler avait fait miroiter la création d’un Etat breton… Pourtant, après un temps d’opprobre au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les ethno-régionalismes vont réussir à se recycler et à se fondre au sein des gauches locales. Il n’y a que le mouvement alsacien qui aura vraiment du mal à se départir d’une image vraiment droitière, et le mieux qu’il ait réussi à faire en termes d’entrisme est un bout de chemin avec le Modem. Il y a une certaine ironie à voir Morvan Lebesque, auteur de quelques papiers dans Je suis partout pendant la guerre, devenir le chantre d’un régionalisme breton de gauche, puis reprenant à son compte le discours décolonialiste des années 60 pour l’appliquer à la Bretagne. L’Union démocratique bretonne (UDB), parti de gauche créé en 1964 et aujourd’hui allié d’EELV, est-lui-même issu d’une scission du Mouvement pour l’organisation de la Bretagne, qui avait intégré quelques notables gaullistes et quelques résistants, mais aussi un certain Yann Fouéré, condamné par contumace pour faits de collaboration, agent de la Gestapo et théoricien de l’Europe des cent drapeaux. En 2011, pour ses funérailles, toute la famille régionaliste, des éléments les plus droitiers aux plus gauchistes, était réunie autour de sa dépouille, un peu comme si on avait retrouvé Olivier Besancenot aux funérailles de Paul Touvier.

Benjamin Morel prend le risque de ravir le statut de tête de Turc officielle des régionalistes de France et de Haute-Navarre au vieillissant Jean-Pierre Chevènement

C’est l’une des choses mises en évidence par Benjamin Morel : l’étonnante capacité des mouvements régionalistes à s’adapter et à se greffer aux modes politiques du moment, du communisme dans les années 50 à l’écologisme à partir des années 80. Beau joueur, l’auteur salue même leur créativité et leur intelligence politique, devenues si rares par ailleurs. Evidemment, on pourrait dire là aussi qu’ils ne sont pas les seuls à s’adapter aux circonstances, et que l’Église catholique par exemple, du Syllabus de 1864 au Pape François, a su elle aussi faire preuve de sacrés revirements pour être encore un peu audible aujourd’hui. Chez les régionalistes, la chose s’apparente toutefois à un art. Aujourd’hui, ils parviennent à faire de l’entrisme au sein de formations politiques moribondes (PS, LR) ou de coquilles vides comme peut l’être LREM afin d’imposer leurs thèmes. Les formations traditionnelles accueillent ces personnalités régionalistes pour s’assurer quelques voix lors des scrutins régionaux ; ces régionalistes participent donc aux exécutifs et aux basses besognes de la gestion locale (lycées, transports, formation professionnelle). Ils perdent ainsi rapidement leur aura et se font déborder par les autonomistes, lesquels se font déborder à leur tour par les indépendantistes. C’est cette pente glissante qui inquiète Benjamin Morel. Pourtant, les thèmes régionalistes ne passionnent pas tant que ça les autochtones : même dans le naguère bouillant Pays basque espagnol, l’indépendance n’est que la septième priorité des locaux, derrière des préoccupations bien plus concrètes. C’est tout le paradoxe que met en avant Benjamin Morel : la montée progressive de forces et de thèmes qui, en réalité, intéressent peu les habitants des territoires concernés.

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Avec cet ouvrage, Benjamin Morel prend le risque de ravir le statut de tête de Turc officielle des régionalistes de France et de Haute-Navarre au vieillissant Jean-Pierre Chevènement. Même si certains arguments concernant les origines troubles du drapeau breton ou du drapeau basque commencent à être un peu réchauffés : François Asselineau en a fait des conférences de deux heures, pour un résultat politique réduit. Et il n’est pas du tout certain que ceux qui les arborent lors des festoù-noz ou des ferias soient tous des antisémites à la recherche du gène armoricain ou biscaïen.

L’État central paye peut-être aussi 30 années d’autodénigrement national et de repentance. Faut-il dès lors complètement s’étonner que les populations aillent chercher un peu ailleurs des romans nationaux?

On peut se demander si les exécutifs successifs n’ont pas fait preuve parfois de maladresse, par exemple en intégrant de force l’Alsace dans la vaste région Nord-Est, ce qui donne désormais un mouvement alsacien bien excité. Même la placide Franche-Comté se remet péniblement de son mariage forcé avec la Bourgogne. Toujours est-il qu’on peut effectivement avoir la plus grande sympathie du monde pour les Castells catalans, la filmographie de Sean Connery ou les bagadoù bretons, tout en se demandant à la lecture de cet essai très complet de 264 pages s’il est bien souhaitable de voir se disloquer les vieux États européens au moment où le continent semble entrer dans un nouvel âge sombre…

La France en miettes - Régionalismes, l'autre séparatisme

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Ma vie à l’Assemblée

Que se passe-t-il dans les couloirs du Palais-Bourbon et dans l’Hémicycle lorsque les caméras ne sont plus là ? Grandeurs et petitesses de nos députés…


Mascarade

Ça a commencé très fort. Pour ne pas avoir à voter la motion référendaire présentée par Marine Le Pen, qu’ils avaient pourtant présentée dans les mêmes termes, les Nupes quittent l’Hémicycle… Sectarisme, quand tu les tiens !

Dégueulasse

Une motion référendaire implique une procédure particulière : les députés qui la signent se doivent d’être tous physiquement présents dans l’Hémicycle au moment de son examen. Si un seul député manque à l’appel (au sens propre), la motion ne peut pas être examinée. Or, quelques secondes avant le début de la procédure, quelques députés RN reçoivent de curieux appels téléphoniques les informant qu’un de leurs proches a été hospitalisé et qu’il leur faut rentrer chez eux de toute urgence. Des appels malveillants, bien sûr. Et heureusement vite déjoués. Du jamais-vu au palais Bourbon. Révoltant.

Dégueulasse encore

Christian Estrosi, maire de Nice, interrogé sur cet incident sur une chaîne d’information le lendemain matin, sous-entend que c’est peut-être le RN lui-même qui a passé les appels malintentionnés… Abject !

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Non-inscrits

Et de six ? Après Adrien Quatennens, on nous annonce que le député Renaissance des Hauts-de-Seine Emmanuel Pellerin va rejoindre les non-inscrits. Il a en effet été accusé par Mediapart « d’avoir consommé et détenu des produits stupéfiants, notamment de la cocaïne, avant et après son élection à l’Assemblée en juin dernier ». Décidément, les non-inscrits commencent à sentir le soufre… On apprend finalement que le député cocaïnomane a bien été exclu de son parti, mais pas de son groupe, où il pourra continuer de siéger… En pleine affaire Palmade, ça fait un peu désordre !

Adrien Quatennens

Il fallait bien une première fois. Le député ex-LFI a profité de la réforme des retraites pour reprendre la parole dans l’Hémicycle. Ce qui a provoqué l’indignation de la majorité et, pour y répondre, les applaudissements de certains députés LFI, tandis que d’autres sortaient ostensiblement… On a le droit de ne pas aimer le député Quatennens et de trouver ses soutiens fort peu discrets. Mais il a été condamné par la justice et la séparation des pouvoirs oblige les parlementaires à respecter cette décision. Le juge n’ayant pas prononcé de peine d’inéligibilité à son encontre, ce n’est pas à nous de le faire. Ce soir-là, il ressemblait à une bête traquée. Je déteste les lynchages. Je l’ai dit.

Rigolade

Sur le coup, j’ai pris ça à la rigolade. J’ai appris que Robin Reda, ex-LR depuis passé chez les Marcheurs, également président du Conseil national du bruit, avait écrit à la présidente de l’Assemblée, pour « alerter sur notre santé auditive »« Une exposition prolongée à un niveau sonore d’environ 80 décibels, comme cela semble être régulièrement le cas dans l’Hémicycle, est équivalente à vouloir travailler au bord d’une autoroute pendant plusieurs heures », explique-t-il dans son courrier. Après l’installation d’un sonomètre, certains proposent également un éthylotest à l’entrée de l’Hémicycle…

Camp de gitans

Le président de l’Union des démocrates et indépendants (UDI), le sénateur Hervé Marseille, l’a dit. Notre Assemblée « a parfois des allures de camp de Gitans »… Voilà qui n’est pas très gentil pour les Gitans : difficile en effet de comparer les hurlements hystériques des députés LFI à la musique manouche…

La mère Michel

À la reprise des débats ce vendredi 17 février, Julien Dive, député LR, s’insurge contre les longues diatribes des députés LFI pour défendre leurs amendements : « […] Chaque amendement a été défendu individuellement et illustré par une anecdote sur la mère Michel ou sur le père Lustucru. » Il faut dire que l’extrême gauche s’est fait une spécialité de relater en long, en large et en travers les situations personnelles de Nadia, Marcel, Gilbert, Rachid, Norbert, etc., sans que l’on sache évidemment si ces personnages ont une existence réelle ou sont tout droit sortis de l’imagination des députés volubiles… Histoire de montrer qu’ils côtoient le petit peuple. Ils sont les seuls, bien sûr !

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Modestie

C’est la députée LFI (encore ! mais il est vrai qu’avec leurs presque 20 000 amendements, on a presque entendu qu’eux pendant deux semaines) Ersilia Soudais qui a osé : « Moi, je suis comme Louise Michel, ambitieuse pour l’humanité. » Ça ne coûte rien de le dire.

Abandon de poste

La réforme des retraites a été interrompue par la niche parlementaire des socialistes. La journée commence à 9 heures du matin et se termine à minuit pile. Et tant pis si un texte est en cours d’examen : à minuit, le carrosse des propositions de loi se transforme en citrouille. À l’ordre du jour, la nationalisation d’EDF. Comme les députés de la majorité se sont vite aperçus qu’ils allaient être mis en minorité, ils ont préféré… quitter l’Hémicycle ! Là encore, on n’avait jamais vu ça : la majorité qui déserte de peur d’être battue. Pas très sympa pour le ministre délégué chargé de l’Industrie, qui lui est obligé de rester. Le texte a été adopté à la quasi-unanimité, faute d’adversaires…

En vrac

Outre les invectives comme « monstres », « bourreaux » ou les comparaisons douteuses en parlant de « couloirs de la mort » pour qualifier les deux années supplémentaires de travail que le gouvernement voudrait imposer aux Français, la France insoumise s’est surpassée avec ses députés Thomas Portes et Aurélien Saintoul. Le premier s’est fièrement mis en scène en marchant sur la tête du ministre Dussopt, écharpe tricolore à l’épaule, quand le second traitait le même ministre d’« imposteur » et d’« assassin ». Durant le premier mandat d’Emmanuel Macron, on disait de l’Assemblée nationale qu’elle était une simple chambre d’enregistrement. Depuis 2022 et sa nouvelle configuration, elle ne sert toujours à rien. Parfois, j’ai honte d’être député…

Agnès Lassalle, tuée pour rien

Très ému par les pas de danse esquissés lors des obsèques d’Agnès Lassalle, cette enseignante d’espagnol poignardée à Saint-Jean-de-Luz par un élève psychotique, notre chroniqueur revient sur les dysfonctionnements qui ont rendu possible ce drame — mais sans illusions.


Le compagnon d’Agnès Lassalle, avec qui elle partageait une passion pour la danse, a mimé une danse de couple autour du cercueil de l’enseignante, comme s’il la tenait encore dans ses bras — bientôt rejoint par les amis qui avaient l’habitude de danser avec eux. J’avoue en avoir été bouleversé, et j’espère que mes amis sauront improviser pour mes funérailles quelque chose qui témoignera pareillement de leur affection.


Dès l’annonce du drame, j’ai été contacté par deux chaînes de télévision qui voulaient m’arracher une réaction en direct. J’ai refusé, expliquant que je ne savais rien des circonstances du drame, et souhaitant ne pas m’engager à l’aveugle dans des commentaires qui porteraient à faux.
Bien m’en a pris. Agnès Lassalle n’a pas été tuée par un islamiste, ni par un cancre désireux de se venger d’une sale note. Elle est morte par défaut d’information.

Agnès Lassalle ignorait que son élève était psychotique

Sous prétexte de sauvegarder le secret médical, les enseignants ne sont jamais — sauf hasard — tenus au courant des aléas médicaux, psychologiques ou événementiels qui peuvent perturber un élève. Jamais. Agnès Lassalle ne savait pas que son agresseur était soigné pour des troubles psychologiques graves — et peut-être, si elle l’avait su, ne l’aurait-elle pas laissé approcher, ou se serait-elle méfiée. Comme, dans un premier temps, cette prof de Français, qui, expliquant en classe le récit de la métamorphose de Daphné en laurier après le viol que veut lui faire subir Apollon (Métamorphoses d’Ovide), s’était entendu dire à la sortie d’un cours de sixième par un élève : « Moi aussi j’ai été violé ! » — ce qui s’avéra atrocement vrai, avec enquête en cours, arrestation de l’oncle, etc. Une autre, reprochant le lundi à un élève d’avoir été absent au devoir surveillé du samedi matin précédent, dut se faire expliquer par l’intéressé qu’il était, ce matin-là, aux obsèques de son père. Des informations que l’administration n’avait pas transmises, et qui, convenons-en, ont une certaine importance. Un élève qui ordinairement brillait dans toutes les matières s’est mis inexplicablement, en cours d’année, à ne plus rien faire. Après moult engueulades professorales et traits d’ironie non masquée, on apprit qu’il venait de perdre son père des suites d’une longue maladie qui marche en crabe, information dont nous ignorions tout — mais que l’administration possédait. Il eut assez de courage et de capacité de résilience pour dépasser l’épreuve — mais il l’aurait sans doute mieux surmontée avec l’aide de ses profs.

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Moi-même je me suis vu reprocher de parler parfois tout en écrivant au tableau, dos aux élèves — ce que nous faisons tous pour doubler l’information —, alors que l’une de mes élèves était sourde profonde et lisait habituellement sur les lèvres, handicap dont j’ignorais tout. Et, il y a huit ans, dix jours après la rentrée, une élève m’aborda à la fin de l’heure : « Monsieur, je dois prendre la parole aux obsèques de mon père demain matin. Que pourrais-je dire ? »

Le genre d’information qui vous tombe dessus comme le couvercle d’un sous-marin.

L’administration pourrait éviter bien des quiproquos ou des drames

Les enseignants devraient être systématiquement mis au courant des déboires médicaux ou de vie courante de leurs élèves. Cela éviterait des quiproquos parfois ingérables. Ou des drames. J’aimerais vraiment être sûr que l’administration du collège Saint-Thomas-d’Aquin ignorait tout de l’état psychologique du petit tueur — qui ne sera jamais jugé, c’est évident, il n’est pas en état de comprendre même son geste. Les parents qui n’auraient pas signalé l’état de leur enfant sont eux-mêmes coupables : est-on sûr qu’ils n’ont rien dit ?

Par ailleurs, je voudrais signaler l’état déplorable de la médecine scolaire. Il y a moins d’un millier de médecins scolaires en France. Et très peu d’infirmières rattachées à un établissement. La surabondance des lycées parisiens dans ce domaine ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt des déficits. Mais les ministres voient-ils au-delà du périphérique ?
Je serais assez partisan de nommer dans ces déserts scolaires médicaux tous les personnels de santé qui ont été radiés par un ministre arrogant pendant une épidémie dont les effets ont été largement surévalués, les traitements hasardeusement imposés, et les contraintes de sécurité particulièrement extravagantes. Ils seraient tout à fait à leur place, ils correspondraient à un besoin — et pas besoin de perdre des mois et des années à les former.

Dans tous les cas, si votre enfant connaît de vraies difficultés, signalez-les aux enseignants ô sans compter forcément sur l’administration pour transmettre l’information. Chacun cherche à se couvrir, dans ce métier. Pour que les enseignants et les élèves se côtoient en paix, il faut avertir en amont — de peur de périr en aval.

La fabrique du crétin: Vers l'apocalypse scolaire

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Un oligarque monarchiste, proche de Poutine, visé par une tentative d’attentat

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L'oligarche Konstantin Malofeev, au Safe Internet Forum, Moscou, 22 avril 2019. © Kommersant/SIPA

Ce lundi, les services de sécurité russes ont déclaré avoir déjoué une tentative d’assassinat contre l’homme d’affaires russe Konstantin Malofeev. Proche du président Vladimir Poutine, ce nationaliste est aussi à la tête du mouvement monarchiste «Aigle à Deux-Têtes» qui prône le retour de la monarchie après le dernier mandat du dirigeant russe. Pour le Kremlin, la culpabilité de l’Ukraine dans cette opération ratée ne fait aucun doute.  


C’est un oligarque réputé très proche du Kremlin qui a été visé par un projet d’attentat à la voiture piégée. Konstantin Malofeev est un homme d’affaires sulfureux qui soutient publiquement la politique et les actions militaires du président Vladimir Poutine en Ukraine. L’information a été révélée le 6 mars 2023 par le Service fédéral de sécurité (FSB) qui a pointé du doigt une tentative « organisée par les services spéciaux ukrainiens » (le SBU). Le média RIA Novosti a publié des images, provenant directement des bureaux du FSB, montrant un homme non identifié plaçant des explosifs sous ce qui a été identifié comme étant la voiture de Malofeev, garée sur un parking, avant qu’un robot n’intervienne pour les neutraliser… Bien que personne ne soit en mesure de confirmer les faits énoncés, cette tentative d’assassinat de Malofeev ressemble curieusement à celle dont a été victime Daria Douguina en août 2022. Fille de l’idéologue néo-eurasiste Alexandre Douguine, cet attentat réussi aurait été organisé par l’Ukraine, comme le révélait le New York Times en octobre dernier. Le quotidien citait les services de renseignements américains qui pensent que « certaines parties du gouvernement ukrainien avaient autorisé cette opération ». 

A lire aussi: Alexandre Douguine: « Ce n’est pas une guerre contre l’Ukraine, mais contre BHL et le globalisme»

Dès le début du conflit, il y a un an, l’Ukraine a démontré qu’elle était capable de frapper directement le Kremlin en s’attaquant aux personnes censées être proches du dirigeant russe. Le but étant de fragiliser le pouvoir de Vladimir Poutine et de semer le trouble parmi la population. Des projets audacieux qui ne font pourtant pas l’unanimité chez l’allié américain du président Volodymyr Zelensky. Washington craint en effet que Poutine ne réagisse toujours plus brutalement à chaque tentative du genre, organise ses propres représailles contre des politiques ukrainiens, que la guerre ne lui échappe totalement et dégénère complètement en conflit mondial.

Un tiers des Russes soutient la restauration de la monarchie. Le retour des Romanov sur le trône est une question qui agite régulièrement la presse russe

Pour le Kremlin, il ne fait aucun doute que Kiev est de nouveau derrière cette tentative déjouée d’assassinat, bien que les concernés démentent formellement cette accusation. Le FSB a également déclaré qu’elle avait été coordonnée par un certain Denis Nikitine qui recevrait directement ses ordres du SBU. Chef du Corps des volontaires russes, ce néo-nazi assumé dirige un groupe d’extrême droite basée en Ukraine (il est pourtant interdit de séjour en Ukraine), et, comme le rappelle dans une de ses éditions le magazine L’Express, il entretient des liens avec le très controversé bataillon Azov qui combat les Russes. L’homme a récemment fait l’actualité : il a été accusé par Moscou d’avoir orchestré des actes de sabotage sur le sol russe pas plus tard que la semaine dernière. 

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De son côté, la figure de Konstantin Malofeev, 48 ans, est loin d’être anodine dans le paysage politique russe. Ancien banquier né sous la période soviétique, il a fait fortune en créant différents groupes d’investissements. À la tête du groupe de média « Tsargrad », qui rassemble 7 millions de téléspectateurs, il ne cache pas ses préférences pour la monarchie. Malofeev a d’ailleurs créé le mouvement Aigle à Deux-Têtes qui finance les commémorations et pèlerinages organisés chaque année en hommage au tsar Nicolas II et sa famille, exécutés à Ekaterinbourg en 1918. Pour diffuser ses idées, ce milliardaire est même président du conseil de surveillance du Collège Saint-Basile-le-Grand. Une institution qu’il a lui-même fondée et qui accueille des étudiants à qui on distille une éducation strictement traditionaliste orthodoxe. Un tiers des Russes soutient la restauration de la monarchie. Le retour des Romanov sur le trône est une question qui agite régulièrement la presse russe, mais qui a toujours été jusqu’ici balayée d’un revers de la main par le président Poutine. C’est aussi un lobbyiste qui entretient des liens avec plusieurs leaders politiques d’extrême-droite présents sur le Vieux continent. La France n’échappe à la toile que Malofeev a étendue à travers l’Europe (il est un bienfaiteur du Congrès des Familles qui rassemble tous les ans les grandes figures de l’ultra-conservatisme de la planète). Jean-Marie Le Pen ou Philippe de Villiers feraient partie de sa liste de contacts dans l’Hexagone. Accusé d’avoir orchestré des tentatives de coups d’État au Monténégro ou en Bulgarie, Konstantin Malofeev a ardemment soutenu le rattachement de la Crimée à la Russie et conserve toujours des liens étroits avec les dirigeants de la république du Donetsk. Bien qu’il nie tout soutien financier et armé aux républiques séparatistes russes d’Ukraine, arguant qu’il achemine uniquement des convois humanitaires vers les zones de conflit, les États-Unis ont décidé de le sanctionner en février et ont gelé ses avoirs financiers afin de les redistribuer à Kiev. Rien qui ne saurait impressionner l’oligarque. Interrogé, peu de temps après cette tentative avortée d’assassinat, Konstantin Malofeev a déclaré que « même menacé, cela n’affecterait pas ses convictions patriotiques ni sa lutte contre les ennemis » de la Sainte Russie.

Opportuniste François Ozon!

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© Gaumont

« Mon crime », de François Ozon, sortie ce 8 mars


Pour certains films, la date de sortie en salle est tout sauf innocente. Choisir le « féministe » 8-mars pour sortir le nouvel opus de François Ozon relève donc d’un bel esprit d’opportunisme…

Le réalisateur de 8 femmes rachète ses péchés

En 2002, avec 8 femmes, ce cinéaste réalisait l’un des films les plus joyeusement misogynes du cinéma français, transformant Darrieux, Deneuve, Huppert, Ardant, Béart et les autres en viragos criminelles et unilatéralement hystériques, aidé en cela par un costumier manifestement très inspiré. Bertrand Blier lui-même passait alors pour un demi-sel en la matière. Mais depuis, les temps ont bien changé : Ozon retourne sa veste et sur le même principe d’un film adapté d’une pièce de boulevard sans grand intérêt, il nous propose cette fois un « brûlot » post-Metoo. Le discours est on ne peut plus simple : pour être heureuses, les femmes doivent tuer les hommes. Le résultat est à la hauteur de ce postulat affligeant : une accumulation de clichés joués par des acteurs (Lucchini) et des actrices (Huppert) qui en font des tonnes. Ozon a manifestement décidé de racheter ses « péchés ».

Ni Clouzot ni Guitry, il fait un film en carton-pâte dont les dialogues se voudraient étincelants. Il est vrai qu’il a pris le risque de l’appeler « Mon crime ». Tout est dit.

Affaire des doigts d’honneur: même les braillards de LFI peuvent désormais fustiger la mauvaise conduite de la majorité!

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La députée d'extrème gauche Mathilde Panot, Paris, 11 février 2023 © MARTIN CHANG/SIPA

Le comportement d’Eric Dupond-Moretti était loin d’être exemplaire, hier, en fin d’après-midi, dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Au point que Mathilde Panot, la chef de ceux qui «bordélisent» le plus le Palais-Bourbon, s’est autorisée à lui adresser une leçon de maintien, malgré les excuses d’un ministre qui s’est dit «affecté». Billet d’humeur.


Après que le Garde des sceaux a adressé deux bras d’honneur à on ne sait quel destinataire exactement lors d’une séance à l’Assemblée nationale [1], les députés insoumis en ont profité pour donner une leçon de bonne conduite, ce qu’ils ne sont pas toujours en mesure de faire.
Ainsi Mathilde Panot est-elle parvenue à donner à un ours en veston les traits d’un vilain petit canard, le 7 mars au soir.


Cependant, je soupçonne que l’hôpital se moque de la charité.
Un rouquin qui frappe sa femme, un ancien trafiquant de drogue, des femmes avec des turbans sur la tête. J’avoue que quand on regarde le personnel de La France Insoumise, on se demande s’il s’agit d’un parti politique ou d’un carnaval de curiosités humaines.

Chemises débraillées

Mais où recrute-t-on de pareilles égéries qui ont des gueules cassées sans avoir fait la guerre ? Au plan des idées comme à celui de leur présentation, on se situe dans le registre de la braderie. Quand je constate l’exubérance de cette offre politique, je comprends mieux pourquoi ses membres militent pour l’instauration d’un permis de vote.

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Aucune de leurs théories n’est aussi raffinée que celle sur les cravates et le peuple français. Pendant que les autres partis s’affrontent sur le sujet de la dette ou d’une réforme clivante, eux se soucient de venir parler en bermuda. Mais ce choix est rationnel : c’est pour pouvoir gesticuler plus commodément. Ces chemises débraillées, c’est aussi pour eux le seul moyen de ne pas apparaître comme des jansénistes du XXIème siècle. Heureusement qu’ils se disent de gauche, car sinon on aurait pu croire que le Palais-Bourbon accueille des prêtres et que la prêtrise accueille des femmes.
Quand leur pensée arrive à se détacher parfois de leurs braillements, on se demande s’ils songent à établir une liste de ce qui restera autorisé dans la France qu’ils nous proposent, à côté de la liste des choses qu’ils veulent interdire. C’est bien beau de savoir avec certitude qu’on pourra aller en sandales comme nos députés, mais enfin j’aime être un peu davantage renseigné.

La seule chose que l’extrême gauche ne taxera jamais

Les Insoumis présentent le réel avantage d’apporter des compétences variées au parlement. La différence entre eux et leurs collègues, en effet, c’est qu’ils savent comment violer les lois plutôt que comment les écrire. Aidons-les toutefois à ne pas gouverner autre chose que la Seine Saint-Denis.

Quand on sait que ces gens-là ont gagné des élections, on se dit que l’abstention ne frappe que les honnêtes citoyens, et que les 30% qui ont voté LFI étaient comme un petit groupe dans un magasin laissé sans surveillance. Mais enfin ils ont le mérite d’avoir débarrassé la France de ces pouacres en les envoyant à Paris.
Les députés Insoumis ont bien raison de demander la natura… la régularisation, pardon, des clandestins: il faut bien régulariser leur prochain mandat. Il y a quelque chose de très Empire romain chez ces moralistes staliniens: ils veulent fédérer les peuples, et pas seulement à la frontière. Croyez-moi, ce n’est pas d’églises que sera le blanc manteau de la France insoumise.
Il y a une indéniable diversité d’opinions chez tous ces penseurs. Toutefois je m’interroge: en majorité, sont-ils plutôt du côté de ceux qui crient « sales juifs ! » dans leurs manifestations, ou de ceux qui se félicitent des attentats de Charlie Hebdo ? Ce sont des ayatollahs auxquels on a coupé la barbe et rajouté un pins de l’Union soviétique. La seule chose qu’ils ne taxeront pas, c’est l’importation de la charia.


[1] Olivier Marleix, le président du groupe LR, qui descendait de la tribune, après une intervention concernant le projet d’inéligibilité obligatoire contre les auteurs de violences conjugales proposé par Aurore Bergé (“Renaissance”) NDLR.

François Héran: «Je ne suis pas “no-border”»

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Le sociologue et démographe François Héran au micro de France inter, 3 mars 2023. D.R.

L’immigration, il n’est ni pour ni contre, a également révélé le célèbre démographe invité sur France inter (rires du public).


Vendredi 3 mars. France Inter. Pour le Grand entretien du journal matutinal, Jérôme Cadet reçoit le professeur au Collège de France, ex-directeur de l’Institut national d’études démographiques et président du Conseil d’orientation du Musée national de l’histoire de l’immigration, François Héran, présenté comme « l’un de nos meilleurs spécialistes des migrations ». La démographe Michèle Tribalat le décrit plutôt comme « la figure emblématique des approximations péremptoires et des négligences qui le placent à l’avant-garde de la déculturation technique de la pratique démographique [1] » – ce que confirmera l’entretien france-intérien.

Pour ou contre l’immigration ? Notre débat public sera enfin devenu adulte quand nous aurons dépassé ce stade

Un nouveau livre qui va faire des ravages

Après la sérénade introductive, le journaliste roucoule auprès du professeur à propos de son dernier livre [2] : « Vous confrontez les faits basés sur des chiffres, donc objectifs, aux discours politiques, et c’est assez ravageur ». Pour Jérôme Cadet les chiffres présentés par François Héran sont obligatoirement « objectifs » et les seuls discours politiques sur l’immigration qui ont tout faux sont naturellement ceux « de droite et d’extrême droite ». Bien entendu, François Héran est indigné par ces discours nauséabonds mais il « exprime [son] indignation sur un mode qui est celui de la recherche, du travail (sic) de recherche, du travail (resic) d’objectivation, et pas juste la militance politique ». Pourtant, comme le montre Michèle Tribalat grâce à de nombreux exemples [1], les fameux chiffres « objectifs » de M. Héran relèvent souvent d’une interprétation très orientée des statistiques et varient beaucoup selon l’époque et l’auditoire. Lors de cette émission, le démographe ne donnera aucun chiffre précis mais répétera que « la France ne prend pas sa part dans l’immigration ».

« Je ne suis pas “no border” […] mais je dis simplement qu’il faudrait que nous prenions notre part des grands mouvements migratoires qui sont une réalité car l’immigration progresse partout dans le monde », déclare-t-il quelques minutes après avoir critiqué ceux qui parlent de « tsunami migratoire ». Paradoxalement, il affirme qu’il est illusoire de vouloir élever un « barrage » contre ce « tsunami » imaginaire tout en reconnaissant qu’il y a une… « lame de fond mondiale ». D’ailleurs, ajoute-t-il, la progression est constante depuis 2000, la hausse est continue et aucun gouvernement n’a su l’endiguer. « On n’y peut rien », lâche finalement notre professeur, fataliste. Les lois sur l’immigration votées durant les années au cours desquelles Nicolas Sarkozy a été soit ministre de l’Intérieur, soit président de la République, n’auront servi à rien : l’immigration, choisie ou non, a continué de croître. Elle a poursuivi son accélération sous la présidence d’Emmanuel Macron. De toute manière, assure François Héran, « on ne peut pas aller contre l’immigration ». Cette idée, ancrée dans l’esprit du démographe depuis toujours, est le leitmotiv qui ossature son ouvrage intitulé justement Avec l’immigration : « Pour ou contre l’immigration ? Notre débat public sera enfin devenu adulte quand nous aurons dépassé ce stade, tant il est vrai que l’immigration est désormais une réalité permanente au même titre que le vieillissement (sic), l’expansion urbaine (resic) ou l’accélération des communications (et sic de der). […] Quel sens y aurait-il à approuver ou à désapprouver cet état de choses ? […] Ni pour ni contre l’immigration. Avec elle, tout simplement. » Tout est dit !

Ces maudites OQTF qui nuisent à l’intégration

Comme par hasard, la première auditrice de France Inter invitée à poser une question à François Héran fait partie d’une association pro-migrants. Elle dit regretter que l’administration française freine les démarches des « réfugiés ». M. Héran abonde dans son sens et en profite pour ajouter que si l’État ne parvient pas à renvoyer les individus sous OQTF dans leur pays d’origine, c’est surtout « parce qu’il y a une part non négligeable de ces OQTF qui est ridicule », entre autres celle des migrants irréguliers qui ont un emploi. Que ces derniers soient employés dans des « métiers sous tension » ou non, cela n’a aucune importance, il faut régulariser tout le monde car « certaines OQTF mènent à une politique de contre-intégration ». En clair, la France doit cesser de décider qui peut ou non profiter de ses largesses et accepter de régulariser l’immigration clandestine afin de favoriser l’intégration d’individus qui sont entrés illégalement sur son territoire. Enfin, un auditeur s’alarme du « drame de la Méditerranée » et de ces milliers de morts. M. Héran n’accable pas les passeurs et les ONG complices mais la France qui réduit « les voies légales de passage ». Pour ne pas enrichir les passeurs et pour éviter les noyades, une seule solution s’impose : ouvrir toutes les voies possibles à l’immigration et cesser de vouloir la réduire. Amen.

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François Héran pratique ce que Nathalie Heinich appelle l’académo-militantisme [3], lequel est ici mis au service d’une idéologie ouvertement immigrationniste s’appuyant sur une pseudo-scientificité démographique. Dans Le Monde du 27 février, le démographe signe avec 400 autres « scientifiques » – sociologues, politistes, économistes, démographes, historiens, philosophes – une tribune qui appelle à la « raison et au débat démocratique dans le traitement des questions de migration ». Débattre, soit, mais pas n’importe comment : « Les chercheurs de toutes les disciplines sont d’accord : il n’y a pas de submersion migratoire, les régularisations et les sauvetages en mer n’ont jamais provoqué “d’appel d’air” et le grand remplacement de la population française est un mythe ». Ces « scientifiques » sont également d’accord pour dire que la France a toujours été une terre d’immigration, que les flux migratoires actuels sont acceptables, que de toute manière on n’y peut rien et qu’il va falloir faire avec, et que, finalement, l’immigration est nécessaire, inévitable et bénéfique. Pour faire en sorte que l’idéologie immigrationniste soit gobée par tous les Français, ces « scientifiques » proposent d’organiser une convention citoyenne qui reposera sur « la montée en puissance des citoyens tirés au sort » après qu’ils auront écouté et débattu avec « des scientifiques et des experts de la société civile ». Traduction: lorsque des citoyens tirés (peut-être) au sort seront devenus, après lavage de cerveau par des « scientifiques et des experts » triés sur le volet, de purs idéologues prêts à colporter la bonne parole immigrationniste auprès des instances politico-médiatiques, il est prévu de tenir compte de leur avis qui sera supposé être celui de tous les Français.

Driss Ghali, un lanceur d’alerte bien de chez nous

Les citoyens de cette convention seront vraisemblablement invités à lire le dernier opus de François Héran astucieusement intitulé Immigration : le grand déni – titre trompeur car « tel est le déni d’immigration dont il sera question ici : nier que la France soit une terre d’immigration, mais aussi affirmer qu’elle l’est devenue et n’aurait jamais dû le devenir. » De notre côté, pour contrebalancer ce tract immigrationniste, nous leur conseillerons la lecture des ouvrages de la démographe Michèle Tribalat ainsi que celui de Driss Ghali intitulé Français, ouvrez les yeux ! [4] dans lequel l’auteur s’étonne de « l’apathie, l’assentiment et la résignation » des Français devant la « dissolution de leur pays » en même temps qu’il dit son attachement à la France. Driss Ghali demande aux Français, aux Français dits de souche comme aux Français issus de l’immigration devenus Français de cœur et d’esprit, de se réveiller et de n’abdiquer ni devant « l’américanisation massive de leur culture », ni devant « l’immigration de peuplement », ni devant « la présence de l’Islam toujours plus affirmée ».

Le combat sera difficile : « Le thème du grand remplacement n’a pas besoin d’une défense et d’une illustration, il s’est déjà imposé comme un élément factuel, concret et palpable », mais les politiciens islamo-gauchistes et les « experts » immigrationnistes relayés par de puissants médias mondialistes continuent de le nier en culpabilisant les Français qui osent l’évoquer.

Ouvrez les yeux ! Ayez le souci de la vérité ! Osez dire ce que vous voyez et exprimer tout à la fois votre amour de la France, vos craintes de la voir détruite, votre désir de la défendre ! Tels sont les messages que Driss Ghali envoie aux Français tout en priant pour qu’il ne soit pas trop tard.

Immigration : le grand déni

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(1) Michèle Tribalat, Immigration, idéologie et souci de la vérité, éditions de L’Artilleur.

(2) François Héran, Immigration : le grand déni, éditions du Seuil.

(3) Nathalie Heinich, Ce que le militantisme fait à la recherche, Tract Gallimard n° 29.

(4) Driss Ghali, Français, ouvrez les yeux ! Une radiographie de la France par un immigré, éditions de L’Artilleur.

Le fascisme anti-famille

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Geoffroy de Lagasnerie et Assa Traoré, Paris, 2019 © Edouard Richard / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Familles, je vous hais! Foyers clos, portes refermées, possessions jalouses du bonheur…


Il s’appelle Geoffroy de Lagasnerie. On le dit philosophe. Chez les philosophes, nous distinguerons au moins deux catégories. Il y a les philosophes pour le penser juste et ceux pour les dîners en ville. Ce sont rarement les mêmes. Dans le registre dîners en ville, on peut s’aventurer à inclure le petit déjeuner à la table d’une certaine radio dite de service public. Le susnommé était l’invité d’un de ces petits déjeuners l’autre matin. Très en appétit, il s’est attaché à dévorer à belles dents le concept de famille. Elle constituerait, la famille, la structure fasciste par excellence. Le lieu où l’individu, sans aucun doute naturellement bon – ce brave vieux Jean-Jacques Rousseau n’est jamais bien loin – se verrait irrémédiablement perverti, spolié de ses aspirations profondes et castré de ses moindres talents personnels.

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La famille serait donc une pure abjection. Il conviendrait de rechercher le plein épanouissement ailleurs, dans l’amitié, la connivence allégée de tout engagement formel, donc. Faire l’économie de l’engagement durable est en effet une préoccupation forte des générations nouvelles par ces temps de zapping généralisé. En réalité, rien de bien neuf. Nous avons affaire là au ressentiment terriblement conventionnel de tout adolescent plus ou moins attardé qui se rêve en poète maudit. Le « famille je vous hais » a eu ses hérauts fameux. Baudelaire, Gide, voire Hugo… Ceux-là ont l’excuse du génie. Leur œuvre plaide pour eux. Concernant le susnommé, nous ne nous avancerons pas. Il semble ignorer que le modèle même sur lequel l’État s’est constitué est la structure familiale, en raison, précisément, de sa stabilité et de sa permanence. C’est du moins ce que nous indique Hegel, philosophe, lui, d’une autre hauteur de vue que celle requise pour briller dans les dîners en ville où le ravissement est acquis d’avance à qui pense à la pioche.

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Notre invité du petit déjeuner semble également ignorer – mais l’ignore-t-il vraiment au fond ? – que son discours reprend quasiment mot pour mot les réquisitoires anti-famille de tous les totalitarismes de l’ère moderne. Les dictatures, quelles qu’elles soient, voient dans la cellule familiale un lieu de libre échange, de libre propos, le refuge où l’éducation de l’enfant échappe au système, au bourrage de crâne institutionnel, le lieu unique où se transmettent à bas bruit, de génération en génération, les références, les traditions, les usages culturels, là où plongent et se nourrissent les racines des gens. La famille est donc l’ennemi à abattre, qui risque à tout moment de venir parasiter l’emprise dogmatique. Tu es nazi, le parti est ta famille. Tu es communiste, le parti est ta famille. Tu es fasciste, le parti est ta famille. En conséquence ceux qui combattent la cellule familiale, qui visent à la détruire sont évidement considérés comme des héros, des bienfaiteurs de la cause des peuples. Pavel Morozov, le pionnier-héros 001 de l’Union soviétique sous Staline, a été exhaussé au rang d’icône nationale juste pour avoir dénoncé son propre père aux autorités pour son peu d’entrain à se soumettre aux diktats collectivistes. À l’époque, une Aleksandra Kollontai, proche de Lénine, seule femme commissaire du peuple, milite ardemment pour l’abolition pure et simple de la famille. Dommage qu’elle ne soit plus de ce monde pour se voir conviée aux petits déjeuners de la radio en question, elle y ferait merveille. 


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Moi, j’aime les «patrons»

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Javier Bardem dans le film "El buen patrón" réalisé par Fernando León (2021) © Paname distrib.

Bien avant que les mots ne soient changés jusque dans les contes de fées, pour créer un monde meilleur, sans relief, sans vagues et sans passé sous la menace des tenants tout puissants du wokisme, et avant d’attaquer la littérature, on avait déjà banni du langage courant le terme de « patron »…


Les patrons c’est méchant, les entrepreneurs, c’est gentil, les chefs d’entreprise ça dépend.

Les seuls qui prononcent aujourd’hui le mot patron avec délectation, ce sont les syndicalistes et les manifestants. L’évocation du mot est déjà une accusation. Le patron est autoritaire, intransigeant, directif, il est tout puissant, maltraite un peu ses salariés, que dis-je ses « employés » car le mot évoque mieux la dépendance de l’emploi assujetti, alors que « salarié » induit le salaire qui est quand même bien vu, surtout lorsque le pouvoir d’achat faiblit.  

Lorsque j’avais suggéré de lancer la fête des patrons, Ernest-Antoine Seillière, alors patron du CNPF, m’avait répondu, non sans humour: «Mais enfin, en France, lorsqu’on fait la fête à un patron, c’est pour le séquestrer!»

Quand on veut être critique, on parle donc d’employés, que l’on imagine pliant sous le joug de la dictature patronale, avec un soupçon d’esclavagisme. Derrière le patron il y a pire : le « patronat » ! Une classe sociale à elle seule, dominatrice et exploitante. D’ailleurs, en 1998, le CNPF (Centre National du Patronat Français) avait tenté de se refaire une réputation en changeant de nom (déjà…) et nous sommes peut-être mieux considérés depuis qu’il s’est transformé en MEDEF (Mouvement des Entreprises de France).

La disparition du patron est donc bien ancrée, même si certains salariés normaux continuent de dire « mon patron » (« mon chef d’entreprise », c’est un peu lourd) quand ils parlent de leur travail, pardon d’utiliser le mot travail (« activité professionnelle »). « Patron » a des relents d’années 50 avec Jean Gabin qui donne de la voix, devant lequel on ne bronche pas et qui vous casse une grève debout tout seul dans la cour de son usine, rien qu’en se montrant.

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L’appellation de patron a disparu en même temps que le principe d’autorité en général. Le patron, lui, n’a pas l’esprit de bande des start-uppeurs, il n’est pas « cool », il ne tutoie pas ses salariés; le DRH c’est lui et ça ne rigole pas toujours. On ne l’accusait pas encore de super profits mais il s’en « mettait déjà plein les poches ». Certes, on peut se réjouir de la disparition des tortionnaires du boulot comme les définissent ceux qui en font des films : « Merci Patron !» * mais l’origine est pourtant belle : du latin pater, le père, le défenseur qui veut dire aussi un protecteur. Sous le terme patron (qu’eux-mêmes se gardent bien d’employer) il y a pourtant beaucoup de ses qualités qui manquent aujourd’hui aux dirigeants de toutes sortes, y compris chez les politiques. Le patron, du moins dans l’image que l’on s’en faisait, assume, il joue de son autorité, il prend des risques, et il n’a jamais peur car il a les épaules larges, il inspire confiance à ses salariés… On en a un peu peur mais on le respecte. Oui, c’est vrai c’était peut-être un « mâle dominant », il avait des défauts bien sûr, mais il n’était en réalité ni plus dur ni moins juste qu’un chef d’entreprise maintenant. Et puis, il y avait la patronne : elle inspirait tout autant le respect et même la crainte – les maris ne disaient-ils pas « je vais demander à la patronne », pour bien montrer que l’autorité au foyer, quoiqu’on en dise, c’était elle aussi. Pas besoin de féminisme outragé, la patronne s’est imposée d’abord à la tête de PME ou des commerces, même si bien sûr il faut relativiser et continuer à se battre pour l’égalité, la promotion et la place des femmes partout dans le monde !

Les Anglo-saxons, eux, ont aussi ont leur « patron » qui n’a pas eu besoin de changer de nom, c’est le boss qui a toujours été le boss. D’ailleurs, on a bien sûr emprunté le vocable, «  mon boss » est à la mode, cela traduit mon patron, en plus sympa. Plus sympa déjà que par exemple mon « chef », qui a un côté mesquin: chef de rang, sous-chef, petit chef. En voilà un qui n’a pas gagné ses galons de vrai « dirigeant » (le terme techno qui ne fait vraiment pas de vagues).

Eh non! On ne rêve pas: il y a même aux États-Unis le boss day, jour où l’on déclare à son patron qu’on l’aime, et on le fête. Prudemment, on a timidement enchainé en France sur « J’aime ma boite », et lorsque j’avais suggéré de lancer la fête des patrons, Ernest-Antoine Seillière, alors patron du CNPF, m’avait répondu, non sans humour: « Mais enfin, en France, lorsqu’on fait la fête à un patron, c’est pour le séquestrer ! »

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La France sens dessus dessous !: Les caprices de Marianne

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Jusqu’où iront les Mollahs pour rester au pouvoir?

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Qom, Iran, 2022 © Sobhan Farajvan/PACIFIC P/SIPA

Lycéennes iraniennes empoisonnées: l’état profond iranien perd son sang-froid


Trois faits majeurs survenus depuis le début de l’année 2023 illustrent l’accélération de la radicalisation de la République islamique pour sa survie. Tout d’abord, les élèves d’une soixantaine d’écoles pour filles ont été victimes d’empoisonnement par gaz toxiques. En quelques semaines, deux adolescentes, Fatemeh Rezai et Sanaz Jamshidi, ont ainsi perdu la vie. 800 autres souffrent ou ont souffert de symptômes plus ou moins graves. Difficile d’imaginer que de telles opérations aient lieu sans au moins des complicités au sein du système politique. On peut légitimement considérer, comme le font d’ailleurs beaucoup d’Iraniens, que cette triste actualité est propre à nous rappeler le caractère terroriste du régime de Téhéran et son incapacité à quitter son logiciel – qui est celui du fondamentalisme islamiste misogyne. 

Des empoisonnements commandités par l’étranger, selon le régime

Radio Farda, antenne persane de Radio Liberty, cite une source à l’hôpital de la ville de Qom, la ville sainte des premiers empoisonnements. Selon la radio, la police secrète des gardiens de la révolution islamique (IRGC) est continuellement présente à l’hôpital. Les échantillons pour analyse prélevés sur les victimes ne sont pas adressés au laboratoire de l’hôpital, mais sont envoyés au propre laboratoire de l’IRGC ! Les médecins n’ont pas donc accès aux résultats des analyses. Les familles des victimes sont soumises aux pressions des autorités pour se taire. Pire, dans une opération de communication télévisée stalinienne, le père de la première victime, Fatemeh Rezai, a proclamé que sa fille souffrait d’une maladie chronique ayant entraîné son décès.

Après une période de déni de plusieurs semaines, face à la colère et à l’inquiétude des parents, les autorités vont enfin diligenter une enquête.

Les quotidiens conservateurs tels que Hamshahri pointent du doigt l’opposition iranienne à l’étranger. Cependant, plus qu’un indice concernant les responsables de ces crimes, cette accusation invraisemblable traduit la crainte du régime quant à la popularité de Reza Pahlavi, fils du dernier Shah d’Iran. Et selon d’autres analystes, ces attaques ciblées afin de terroriser les jeunes Iraniennes sont bien orchestrées par les branches ultraconservatrices proches du guide suprême, l’Ayatollah Khamenei, et sont une sorte de revanche de l’institution envers le mouvement Femme Vie Liberté, dont les adolescentes étaient la figure de proue.

Téhéran sera rapidement une puissance nucléaire, Pékin inquiet

Ensuite, sur le volet de l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien, et la menace d’accès à l’arme nucléaire, la République islamique a également franchi un seuil alarmant. Nous apprenons par un communiqué officiel de l’AIEA que sur certaines installations on a constaté un taux d’enrichissement de 84%, s’approchant dangereusement du niveau nécessaire pour produire une arme (90%). Les Iraniens ont expliqué que dans le cadre d’un enrichissement normal, une quantité infime des particules avait été enrichie à un niveau plus élevé que désiré, et qu’il ne fallait donc pas douter de leur bonne foi. Mais il n’est pas sûr qu’à Washington et à Jérusalem on partage ce point de vue. Le Département d’État américain, via son porte-parole Ned Price, a annoncé encore lundi dernier que l’Accord était bien au point mort. Le rôle de plus en plus important de l’Iran dans l’effort de guerre russe et, éventuellement, ce que la Russie pourrait offrir en retour, mettent l’Iran de plus en plus en travers du chemin de l’OTAN. 

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Cette accélération d’événements ressemble de plus en plus à une fuite en avant de la République islamique face aux pressions. Car les mollahs manquent cruellement d’options. La visite en Chine du président Raïssi a été un échec d’autant plus cuisant que les attentes iraniennes étaient énormes. Il est donc clair que la Chine ne se risquera pas à courroucer l’Occident pour soutenir l’économie iranienne. Les annonces d’accords pour des centaines de milliards de dollars d’investissements chinois en Iran ne se matérialiseront jamais. Il s’agit d’une déception voire d’une humiliation pour les Mollahs qui comptaient jouer le joker chinois face à l’Occident. Quant aux avions de chasse et les missiles sol-air que les Russes pourraient fournir pour payer les drones et autres armements iraniens, il est en réalité difficile d’envisager comment les forces russes pourraient s’en passer dans les mois voire les années à venir…  

La popularité de Reza Pahlavi inquiète

Sur le volet politique, pour la première fois depuis des décennies, la République islamique doit faire face à un front d’opposition à l’extérieur sous l’égide et grâce à la popularité de Reza Pahlavi. Une coalition couvrant plusieurs courants politiques a été officiellement lancée à Washington, lors d’un colloque à l’université de Georgetown, le 10 février. Autre mauvaise nouvelle pour le régime: Reza Pahlavi et cette nouvelle coalition ont ensuite été invités à la Conférence de Sécurité de Munich, le 18 février, en lieu et place des représentants officiels de la République islamique. Reza Pahlavi a participé à un débat en présence de l’influent sénateur Démocrate Robert Menendez, qui est à la tête de la Commission des affaires étrangères du Sénat américain, et de l’eurodéputée allemande Hannah Neuer. Certains parlent déjà de lui comme d’une sorte de Juan Carlos de la transition en Iran. La chaîne du magnat Robert Murdoch, FOX News, bras armé médiatique de l’agenda politique des Républicains, l’a désigné comme « The Crown Prince His Royal Highness », à l’occasion d’un entretien accordé dimanche 26 février.

L’agenda politique en Europe de Reza Pahlavi s’accélère: il a été successivement reçu par des parlementaires français, britanniques et par les Conservateurs Européens au Parlement Européen à Bruxelles, le 1er mars. Et même si la commission européenne n’a pas officiellement inscrit le 20 février dernier le corps des gardiens de la Révolution comme organisation terroriste, elle a cependant étendu ses sanctions contre Téhéran. Quelles que soient les chances effectives de Reza Pahlavi d’accéder ou non un jour au pouvoir, sa popularité grandissante est un signe de plus de la crise du régime des Mollahs.

Sur le plan militaire, malgré la crise politique que traverse Israël, une opération militaire est toujours à l’ordre du jour et, selon la chaîne israélienne Channel 12, Benjamin Netanyahou a organisé plusieurs réunions afin de préparer des attaques avant que l’Iran accède à l’arme nucléaire. 

Ainsi la République islamique, contestée par sa population, touchée par une crise économique sans précédent et isolée sur le plan international, montre des signes de panique. Et si les repentants officiels de l’État continuent leur stratégie jusqu’au-boutiste, l’affaire de l’empoissonnement des lycéennes laisse croire que dans l’État profond, certains commencent à perdre leur sang-froid.     

Benjamin Morel: véritables séparatismes régionaux ou… paranoïa jacobine?

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Benjamin Morel publie "La France en miettes - Régionalismes, l'autre séparatisme", Editions du Cerf.

L’essayiste, maître de conférences en droit public, publie La France en miettes. Il y décrit un ethno-régionalisme qu’il perçoit comme un séparatisme qui grandit dans le silence médiatique…


Maître de conférences en droit public à l’université Paris 2-Panthéon Assas, Benjamin Morel publie aux éditions du Cerf La France en miettes, ouvrage sous-titré « Régionalismes, l’autre séparatisme ». En revenant sur l’histoire tumultueuse des régionalismes en France et leurs plus récentes provocations, le jeune juriste montre leur grande agilité et leur capacité à s’infiltrer dans des partis politiques moribonds. À terme, le risque d’une évolution à l’espagnole n’est pas nul.

Violences en Corse le lendemain de la mort d’Yvan Colonna en mars 2022… Edile giflé à Saint-Jean-de-Luz pour s’être opposé à l’arrachage du drapeau français… Autonomie promise aux Corses en pleine présidentielle par Gérald Darmanin… réclamée aussitôt par le Conseil régional de Bretagne: depuis quelques mois, un réveil des régionalismes semble effectivement s’opérer aux quatre coins de l’hexagone et en outre-mer. C’est en tout cas ce portrait de notre pays que brosse Benjamin Morel dans son ouvrage.

À lire aussi: Martinique: le drapeau de la discorde

Alors que près de la moitié des mouvements régionalistes du monde se situent dans la vieille Europe, et que nous suivons d’un œil les décompositions en cours de la Belgique, de l’Espagne et du Royaume Uni voisins, la France s’estimerait, elle, à l’abri, sûre de l’efficacité de son modèle stato-national. Vus de Paris, les activistes régionaux seraient les derniers vestiges d’un folklore local inoffensif et rafraîchissant, porteurs d’une certaine ouverture au monde. Une obsession traverse pourtant ces mouvements : l’accès à l’autonomie et la possibilité de développer des droits différenciés en fonction des régions, contrariant quelque peu le logiciel français égalitaire et universaliste hérité de 1789.

Origines troubles

L’auteur revient sur les origines troubles de ces mouvements ethniques nés au XIXème siècle et venus d’une droite assez marquée. Ils reposèrent dans un premier temps sur « des rêveries de poètes et de notables » nostalgiques. Avec l’industrialisation et l’homogénéisation des modes de vie, le discours régionaliste a répondu à un besoin de différenciation et à une crainte de perte d’identité. Rapidement, un racisme pseudo-scientifique est aussi venu se greffer, avec la mise en avant d’un « gène basque » ou des « origines aryennes » du peuple catalan distinctes des « gènes africains et sémitiques » de leurs cousins Castillans… On pourrait rétorquer qu’au XIXème siècle, peu de tendances politiques furent totalement insensibles à ce racisme biologique. Un certain Georges Vacher de Lapouge, théoricien de l’eugénisme et du racisme, a par ailleurs été cofondateur du Parti ouvrier français de Jules Guesde puis membre de la SFIO, ce qui ne suffit évidemment pas à disqualifier toute l’histoire de la gauche française. Toutefois, si le discours ethno-régionaliste a à première vue gommé sa dimension biologiste bien gênante, celle-ci refait quand même surface de temps à autre. En juillet 2021, le Télégramme titrait ainsi en Une : « Bretagne : des gènes bien à nous », dans un article qui montrait, finalement, qu’il y a assez peu de variations génétiques entre les régions françaises.

D.R.

Des langues de synthèse à la place des parlers locaux 

En réalité, les révélations faites par Benjamin Morel sur les origines et les paradoxes des ethno-régionalismes ne sont pas une totale nouveauté.
Françoise Morvan, dans Le Monde comme si (Actes Sud, 2002), montra comment le mouvement breton avait inventé une langue de synthèse, et quelles difficultés les Bretons avaient rencontrées pour faire publier une édition bilingue des poèmes de François-Marie Luzel dans son orthographe originelle, éloignée du breton officiel.
En Corse, une logique similaire a permis l’émergence d’un « espéranto corse », à peu près compréhensible par tous les locuteurs d’un point à l’autre de l’île, mais fruit d’un travail de synthèse lui aussi.

À lire ensuite, Sylvain Quennehen: Emmanuel Macron n’a pas mis fin au clivage gauche-droite!

Ces champions du droit à la différence cherchaient donc à homogénéiser coûte que coûte des territoires dans lesquels se parlait une langue différente d’une paroisse à l’autre et à effacer les « parlers authentiques ». En cela, ils agressent autant les « petits pays » locaux que la grande nation française. Nos amis nationalistes, corses ou bretons, pourraient rétorquer que l’uniformisation d’une langue est une affaire éminemment politique, que si le lecteur français moyen lit aujourd’hui facilement Racine mais difficilement Rabelais, c’est peut-être parce que l’Académie française a été créée entre temps, et qu’il n’a jamais été interdit à un mouvement nationaliste d’inventer ou de réinventer une langue, comme le fit le sionisme avec l’hébreu moderne.

Souplesse idéologique

Benjamin Morel revient aussi sur les accointances entre les régionalistes et l’occupant pendant les années sombres. Le phénomène avait été montré pour la Bretagne par Georges Cadiou dans L’Hermine et la Croix gammée (Mango, 2001). Là aussi, on pourrait rétorquer que du Parti communiste français à l’extrême droite, peu de tendances politiques françaises ne se sont pas salies les mains à un moment ou à un autre pendant les années noires, mais il faut bien admettre que dans chacune de ces formations, on trouve quand même quelques héros de la Résistance. Au même moment, les principales figures du mouvement breton se sont largement vautrées dans l’occupation active. Il faut dire qu’Hitler avait fait miroiter la création d’un Etat breton… Pourtant, après un temps d’opprobre au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les ethno-régionalismes vont réussir à se recycler et à se fondre au sein des gauches locales. Il n’y a que le mouvement alsacien qui aura vraiment du mal à se départir d’une image vraiment droitière, et le mieux qu’il ait réussi à faire en termes d’entrisme est un bout de chemin avec le Modem. Il y a une certaine ironie à voir Morvan Lebesque, auteur de quelques papiers dans Je suis partout pendant la guerre, devenir le chantre d’un régionalisme breton de gauche, puis reprenant à son compte le discours décolonialiste des années 60 pour l’appliquer à la Bretagne. L’Union démocratique bretonne (UDB), parti de gauche créé en 1964 et aujourd’hui allié d’EELV, est-lui-même issu d’une scission du Mouvement pour l’organisation de la Bretagne, qui avait intégré quelques notables gaullistes et quelques résistants, mais aussi un certain Yann Fouéré, condamné par contumace pour faits de collaboration, agent de la Gestapo et théoricien de l’Europe des cent drapeaux. En 2011, pour ses funérailles, toute la famille régionaliste, des éléments les plus droitiers aux plus gauchistes, était réunie autour de sa dépouille, un peu comme si on avait retrouvé Olivier Besancenot aux funérailles de Paul Touvier.

Benjamin Morel prend le risque de ravir le statut de tête de Turc officielle des régionalistes de France et de Haute-Navarre au vieillissant Jean-Pierre Chevènement

C’est l’une des choses mises en évidence par Benjamin Morel : l’étonnante capacité des mouvements régionalistes à s’adapter et à se greffer aux modes politiques du moment, du communisme dans les années 50 à l’écologisme à partir des années 80. Beau joueur, l’auteur salue même leur créativité et leur intelligence politique, devenues si rares par ailleurs. Evidemment, on pourrait dire là aussi qu’ils ne sont pas les seuls à s’adapter aux circonstances, et que l’Église catholique par exemple, du Syllabus de 1864 au Pape François, a su elle aussi faire preuve de sacrés revirements pour être encore un peu audible aujourd’hui. Chez les régionalistes, la chose s’apparente toutefois à un art. Aujourd’hui, ils parviennent à faire de l’entrisme au sein de formations politiques moribondes (PS, LR) ou de coquilles vides comme peut l’être LREM afin d’imposer leurs thèmes. Les formations traditionnelles accueillent ces personnalités régionalistes pour s’assurer quelques voix lors des scrutins régionaux ; ces régionalistes participent donc aux exécutifs et aux basses besognes de la gestion locale (lycées, transports, formation professionnelle). Ils perdent ainsi rapidement leur aura et se font déborder par les autonomistes, lesquels se font déborder à leur tour par les indépendantistes. C’est cette pente glissante qui inquiète Benjamin Morel. Pourtant, les thèmes régionalistes ne passionnent pas tant que ça les autochtones : même dans le naguère bouillant Pays basque espagnol, l’indépendance n’est que la septième priorité des locaux, derrière des préoccupations bien plus concrètes. C’est tout le paradoxe que met en avant Benjamin Morel : la montée progressive de forces et de thèmes qui, en réalité, intéressent peu les habitants des territoires concernés.

A lire aussi, du même auteur: Giuliano Da Empoli n’écrirait plus “Le mage du Kremlin”, aujourd’hui

Avec cet ouvrage, Benjamin Morel prend le risque de ravir le statut de tête de Turc officielle des régionalistes de France et de Haute-Navarre au vieillissant Jean-Pierre Chevènement. Même si certains arguments concernant les origines troubles du drapeau breton ou du drapeau basque commencent à être un peu réchauffés : François Asselineau en a fait des conférences de deux heures, pour un résultat politique réduit. Et il n’est pas du tout certain que ceux qui les arborent lors des festoù-noz ou des ferias soient tous des antisémites à la recherche du gène armoricain ou biscaïen.

L’État central paye peut-être aussi 30 années d’autodénigrement national et de repentance. Faut-il dès lors complètement s’étonner que les populations aillent chercher un peu ailleurs des romans nationaux?

On peut se demander si les exécutifs successifs n’ont pas fait preuve parfois de maladresse, par exemple en intégrant de force l’Alsace dans la vaste région Nord-Est, ce qui donne désormais un mouvement alsacien bien excité. Même la placide Franche-Comté se remet péniblement de son mariage forcé avec la Bourgogne. Toujours est-il qu’on peut effectivement avoir la plus grande sympathie du monde pour les Castells catalans, la filmographie de Sean Connery ou les bagadoù bretons, tout en se demandant à la lecture de cet essai très complet de 264 pages s’il est bien souhaitable de voir se disloquer les vieux États européens au moment où le continent semble entrer dans un nouvel âge sombre…

La France en miettes - Régionalismes, l'autre séparatisme

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Ma vie à l’Assemblée

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La députée LFI Erisilia Soudais © Wikimedia

Que se passe-t-il dans les couloirs du Palais-Bourbon et dans l’Hémicycle lorsque les caméras ne sont plus là ? Grandeurs et petitesses de nos députés…


Mascarade

Ça a commencé très fort. Pour ne pas avoir à voter la motion référendaire présentée par Marine Le Pen, qu’ils avaient pourtant présentée dans les mêmes termes, les Nupes quittent l’Hémicycle… Sectarisme, quand tu les tiens !

Dégueulasse

Une motion référendaire implique une procédure particulière : les députés qui la signent se doivent d’être tous physiquement présents dans l’Hémicycle au moment de son examen. Si un seul député manque à l’appel (au sens propre), la motion ne peut pas être examinée. Or, quelques secondes avant le début de la procédure, quelques députés RN reçoivent de curieux appels téléphoniques les informant qu’un de leurs proches a été hospitalisé et qu’il leur faut rentrer chez eux de toute urgence. Des appels malveillants, bien sûr. Et heureusement vite déjoués. Du jamais-vu au palais Bourbon. Révoltant.

Dégueulasse encore

Christian Estrosi, maire de Nice, interrogé sur cet incident sur une chaîne d’information le lendemain matin, sous-entend que c’est peut-être le RN lui-même qui a passé les appels malintentionnés… Abject !

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Non-inscrits

Et de six ? Après Adrien Quatennens, on nous annonce que le député Renaissance des Hauts-de-Seine Emmanuel Pellerin va rejoindre les non-inscrits. Il a en effet été accusé par Mediapart « d’avoir consommé et détenu des produits stupéfiants, notamment de la cocaïne, avant et après son élection à l’Assemblée en juin dernier ». Décidément, les non-inscrits commencent à sentir le soufre… On apprend finalement que le député cocaïnomane a bien été exclu de son parti, mais pas de son groupe, où il pourra continuer de siéger… En pleine affaire Palmade, ça fait un peu désordre !

Adrien Quatennens

Il fallait bien une première fois. Le député ex-LFI a profité de la réforme des retraites pour reprendre la parole dans l’Hémicycle. Ce qui a provoqué l’indignation de la majorité et, pour y répondre, les applaudissements de certains députés LFI, tandis que d’autres sortaient ostensiblement… On a le droit de ne pas aimer le député Quatennens et de trouver ses soutiens fort peu discrets. Mais il a été condamné par la justice et la séparation des pouvoirs oblige les parlementaires à respecter cette décision. Le juge n’ayant pas prononcé de peine d’inéligibilité à son encontre, ce n’est pas à nous de le faire. Ce soir-là, il ressemblait à une bête traquée. Je déteste les lynchages. Je l’ai dit.

Rigolade

Sur le coup, j’ai pris ça à la rigolade. J’ai appris que Robin Reda, ex-LR depuis passé chez les Marcheurs, également président du Conseil national du bruit, avait écrit à la présidente de l’Assemblée, pour « alerter sur notre santé auditive »« Une exposition prolongée à un niveau sonore d’environ 80 décibels, comme cela semble être régulièrement le cas dans l’Hémicycle, est équivalente à vouloir travailler au bord d’une autoroute pendant plusieurs heures », explique-t-il dans son courrier. Après l’installation d’un sonomètre, certains proposent également un éthylotest à l’entrée de l’Hémicycle…

Camp de gitans

Le président de l’Union des démocrates et indépendants (UDI), le sénateur Hervé Marseille, l’a dit. Notre Assemblée « a parfois des allures de camp de Gitans »… Voilà qui n’est pas très gentil pour les Gitans : difficile en effet de comparer les hurlements hystériques des députés LFI à la musique manouche…

La mère Michel

À la reprise des débats ce vendredi 17 février, Julien Dive, député LR, s’insurge contre les longues diatribes des députés LFI pour défendre leurs amendements : « […] Chaque amendement a été défendu individuellement et illustré par une anecdote sur la mère Michel ou sur le père Lustucru. » Il faut dire que l’extrême gauche s’est fait une spécialité de relater en long, en large et en travers les situations personnelles de Nadia, Marcel, Gilbert, Rachid, Norbert, etc., sans que l’on sache évidemment si ces personnages ont une existence réelle ou sont tout droit sortis de l’imagination des députés volubiles… Histoire de montrer qu’ils côtoient le petit peuple. Ils sont les seuls, bien sûr !

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Modestie

C’est la députée LFI (encore ! mais il est vrai qu’avec leurs presque 20 000 amendements, on a presque entendu qu’eux pendant deux semaines) Ersilia Soudais qui a osé : « Moi, je suis comme Louise Michel, ambitieuse pour l’humanité. » Ça ne coûte rien de le dire.

Abandon de poste

La réforme des retraites a été interrompue par la niche parlementaire des socialistes. La journée commence à 9 heures du matin et se termine à minuit pile. Et tant pis si un texte est en cours d’examen : à minuit, le carrosse des propositions de loi se transforme en citrouille. À l’ordre du jour, la nationalisation d’EDF. Comme les députés de la majorité se sont vite aperçus qu’ils allaient être mis en minorité, ils ont préféré… quitter l’Hémicycle ! Là encore, on n’avait jamais vu ça : la majorité qui déserte de peur d’être battue. Pas très sympa pour le ministre délégué chargé de l’Industrie, qui lui est obligé de rester. Le texte a été adopté à la quasi-unanimité, faute d’adversaires…

En vrac

Outre les invectives comme « monstres », « bourreaux » ou les comparaisons douteuses en parlant de « couloirs de la mort » pour qualifier les deux années supplémentaires de travail que le gouvernement voudrait imposer aux Français, la France insoumise s’est surpassée avec ses députés Thomas Portes et Aurélien Saintoul. Le premier s’est fièrement mis en scène en marchant sur la tête du ministre Dussopt, écharpe tricolore à l’épaule, quand le second traitait le même ministre d’« imposteur » et d’« assassin ». Durant le premier mandat d’Emmanuel Macron, on disait de l’Assemblée nationale qu’elle était une simple chambre d’enregistrement. Depuis 2022 et sa nouvelle configuration, elle ne sert toujours à rien. Parfois, j’ai honte d’être député…

Agnès Lassalle, tuée pour rien

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Très ému par les pas de danse esquissés lors des obsèques d’Agnès Lassalle, cette enseignante d’espagnol poignardée à Saint-Jean-de-Luz par un élève psychotique, notre chroniqueur revient sur les dysfonctionnements qui ont rendu possible ce drame — mais sans illusions.


Le compagnon d’Agnès Lassalle, avec qui elle partageait une passion pour la danse, a mimé une danse de couple autour du cercueil de l’enseignante, comme s’il la tenait encore dans ses bras — bientôt rejoint par les amis qui avaient l’habitude de danser avec eux. J’avoue en avoir été bouleversé, et j’espère que mes amis sauront improviser pour mes funérailles quelque chose qui témoignera pareillement de leur affection.


Dès l’annonce du drame, j’ai été contacté par deux chaînes de télévision qui voulaient m’arracher une réaction en direct. J’ai refusé, expliquant que je ne savais rien des circonstances du drame, et souhaitant ne pas m’engager à l’aveugle dans des commentaires qui porteraient à faux.
Bien m’en a pris. Agnès Lassalle n’a pas été tuée par un islamiste, ni par un cancre désireux de se venger d’une sale note. Elle est morte par défaut d’information.

Agnès Lassalle ignorait que son élève était psychotique

Sous prétexte de sauvegarder le secret médical, les enseignants ne sont jamais — sauf hasard — tenus au courant des aléas médicaux, psychologiques ou événementiels qui peuvent perturber un élève. Jamais. Agnès Lassalle ne savait pas que son agresseur était soigné pour des troubles psychologiques graves — et peut-être, si elle l’avait su, ne l’aurait-elle pas laissé approcher, ou se serait-elle méfiée. Comme, dans un premier temps, cette prof de Français, qui, expliquant en classe le récit de la métamorphose de Daphné en laurier après le viol que veut lui faire subir Apollon (Métamorphoses d’Ovide), s’était entendu dire à la sortie d’un cours de sixième par un élève : « Moi aussi j’ai été violé ! » — ce qui s’avéra atrocement vrai, avec enquête en cours, arrestation de l’oncle, etc. Une autre, reprochant le lundi à un élève d’avoir été absent au devoir surveillé du samedi matin précédent, dut se faire expliquer par l’intéressé qu’il était, ce matin-là, aux obsèques de son père. Des informations que l’administration n’avait pas transmises, et qui, convenons-en, ont une certaine importance. Un élève qui ordinairement brillait dans toutes les matières s’est mis inexplicablement, en cours d’année, à ne plus rien faire. Après moult engueulades professorales et traits d’ironie non masquée, on apprit qu’il venait de perdre son père des suites d’une longue maladie qui marche en crabe, information dont nous ignorions tout — mais que l’administration possédait. Il eut assez de courage et de capacité de résilience pour dépasser l’épreuve — mais il l’aurait sans doute mieux surmontée avec l’aide de ses profs.

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Moi-même je me suis vu reprocher de parler parfois tout en écrivant au tableau, dos aux élèves — ce que nous faisons tous pour doubler l’information —, alors que l’une de mes élèves était sourde profonde et lisait habituellement sur les lèvres, handicap dont j’ignorais tout. Et, il y a huit ans, dix jours après la rentrée, une élève m’aborda à la fin de l’heure : « Monsieur, je dois prendre la parole aux obsèques de mon père demain matin. Que pourrais-je dire ? »

Le genre d’information qui vous tombe dessus comme le couvercle d’un sous-marin.

L’administration pourrait éviter bien des quiproquos ou des drames

Les enseignants devraient être systématiquement mis au courant des déboires médicaux ou de vie courante de leurs élèves. Cela éviterait des quiproquos parfois ingérables. Ou des drames. J’aimerais vraiment être sûr que l’administration du collège Saint-Thomas-d’Aquin ignorait tout de l’état psychologique du petit tueur — qui ne sera jamais jugé, c’est évident, il n’est pas en état de comprendre même son geste. Les parents qui n’auraient pas signalé l’état de leur enfant sont eux-mêmes coupables : est-on sûr qu’ils n’ont rien dit ?

Par ailleurs, je voudrais signaler l’état déplorable de la médecine scolaire. Il y a moins d’un millier de médecins scolaires en France. Et très peu d’infirmières rattachées à un établissement. La surabondance des lycées parisiens dans ce domaine ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt des déficits. Mais les ministres voient-ils au-delà du périphérique ?
Je serais assez partisan de nommer dans ces déserts scolaires médicaux tous les personnels de santé qui ont été radiés par un ministre arrogant pendant une épidémie dont les effets ont été largement surévalués, les traitements hasardeusement imposés, et les contraintes de sécurité particulièrement extravagantes. Ils seraient tout à fait à leur place, ils correspondraient à un besoin — et pas besoin de perdre des mois et des années à les former.

Dans tous les cas, si votre enfant connaît de vraies difficultés, signalez-les aux enseignants ô sans compter forcément sur l’administration pour transmettre l’information. Chacun cherche à se couvrir, dans ce métier. Pour que les enseignants et les élèves se côtoient en paix, il faut avertir en amont — de peur de périr en aval.

La fabrique du crétin: Vers l'apocalypse scolaire

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