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W : une série Z

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Il paraît qu’un imbécile s’est emparé de la première puissance de la planète. Entouré d’une poigné d’idiots et de cyniques, il a dirigé ce pays comme un gamin ivre qui vient de voler la voiture de sport de son père. Et tout ça, figurez-vous, pour gagner l’amour et l’estime de son père qui lui avait, semble-t-il, préféré son frère. On se dit que, même à la télévision française, on n’oserait pas utiliser un scénario aussi faible. Et pourtant, c’est l’histoire des Etats-Unis entre 2000 et 2008 telle que la raconte Oliver Stone. Et si l’argument est court, le film, malheureusement, est franchement longuet. Dans le genre, allez plutôt voir À l’est d’Eden d’Elia Kazan. En plus, il y a James Dean…

Admettons que Dobeuleyou, le vrai, peut concourir avec quelques chances de victoire pour l’oscar du pire président américain de l’histoire. Mais même pour les obamaniens et obamaniennes les plus convaincus – et peut-être plus encore pour eux – le ragoût mitonné par Stone sera un peu indigeste. Car enfin, à travers Bush, Oliver Stone traite de cons la moitié des Américains. Le président sortant a tout de même gagné deux élections, et si sa première victoire à l’arraché en 2000 était pour le moins contestable, l’élection de 2004, avec deux guerres en toile de fond, a été remportée avec une nette majorité.

Quid donc des 50 456 002 Américains qui ont voté pour lui en 2000, et des 62 040 610 qui l’ont fait, en connaissance de cause cette fois-ci, quatre ans plus tard ? Des débiles mentaux ? Des milliardaires espérant échapper aux impôts ? Ou peut-être une bande de pentecôtistes œuvrant pour le projet Armageddon ? Si l’on suit Stone, que faut-il penser de l’élection d’Obama, qui a recueilli seulement 3 millions de votes plus que l’abominable W en 2004 ?

Pour comprendre quelque chose à l’Amérique, j’irai jusqu’à dire que même Michael Moore est plus utile que cette caricature minable.

Sur la question, fort intéressante au demeurant, de ce qui pousse un homme à vouloir le pouvoir et à le conquérir, Stone ne nous apprend pas grand-chose. Sa psychologie à deux ronds mène à une impasse : à ma connaissance, tous les hommes mal-aimés par leur père ne deviennent pas des robots mus par le seul désir de gagner son amour. Ni président des Etats-Unis (comme papa). À l’extrême limite, on aimerait savoir pourquoi, dans le cas particulier des Bush, cette circonstance a engendré cette histoire-là.

Sur les ressorts intimes de George W. Bush, comme sur l’état d’esprit de ses électeurs, on n’apprendra rien. Nada. Il est vrai que Stone n’a pas dû avoir beaucoup de temps pour réfléchir. Le plan promo était inflexible. C’était le dernier moment pour exploiter le filon « Résistons au bushisme » juste avant que le personnage ne soit plus qu’un lame duck. Les professionnels français de l’anti-sarkozysme devraient en prendre de la graine.

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Soutien total aux travailleurs licencieux !

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Qui a dit que la gauche se contrefoutait du sort des salariés ? Euh, moi, peut-être, et même à plusieurs reprises en cherchant bien. Eh bien, j’avais tort. L’excellent mensuel Têtu nous apprend qu’après la multiplication des fermetures administratives et des non-renouvellements d’autorisation d’ouverture de nuit à l’encontre de plusieurs bars gays du Marais, le PCF a décidé de se fâcher tout rouge. Ian Brossat, président du groupe communiste au Conseil de Paris, a pris la tête d’un vaste rassemblement pour « que Paris conserve, pour les touristes et pour les Parisiens, son énergie de ville dynamique et festive ». Suite à la large mobilisation populaire qui a suivi cet appel, il semble que l’Etat hétérobourgeois ait fait machine arrière. Le Préfet a solennellement promis qu’il n’était pas question de « coiffer Paris d’un bonnet de nuit ». Mais la plus grande vigilance s’impose néanmoins, car, comme le souligne Ian Brossat, derrière le sociétal, il y a aussi le social : « La situation reste extrêmement préoccupante. Au Carré, rue du Temple, les effectifs passent de 23 à 7 salariés et les pertes en terme de chiffre d’affaires s’élèveraient à près de 40.000 euros par mois. Le Eagle, rue des Lombards, perd 60 % de son chiffre d’affaires quotidien et doit se séparer de 4 salariés. » Comment oserais-je encore prétendre, après ça, que le PCF n’est pas travailleur-friendly ?

Princesse Marie-Frat’

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Dans la famille Ingres, on avait un pouvoir d’achat suffisamment élevé pour s’acheter des prénoms à n’en plus finir, mais quand il s’agissait d’acquérir du matériel de bonne qualité ou de payer des cours au petit dernier qui voulait faire peintre, il n’y avait plus personne. C’est ainsi que Jean Auguste Dominique Ingres devint le plus pitoyable artiste de sa génération (au point que beaucoup ont longtemps cru qu’il jouait du violon, pas qu’il faisait des tableaux). Quoiqu’il en soit, désargenté à cause de la politique mené par Napoléon III et sa femme Eugénie (une étrangère qui jouait de la guitare), Ingres accepta de faire le portrait de la princesse Marie-Fraternité. Vaguement apparentée à la famille royale hollandaise, cette Rémoise était la petite-nièce par alliance de Philippe Egalité. « C’est nous qu’on est la princesse » : c’est par cette légendaire sentence qu’elle fit son entrée à l’Académie française en 1864.

Jean Auguste Dominique Ingres, Portrait de la Princesse Marie-Frat’. Huile sur toile, 1857, conservée au musée municipal du Bouchon de Champagne de Reims.

Reims : les leftblogs ne pétillent pas

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Pour l’instant, l’opération drivée par Julien Dray qui consistait à inviter quelques « leftblogs » triés sur le volet (et visiblement garantis ségocompatibles) au congrès du PS ne fait pas d’étincelles. Interview s tranchantes comme du gras de jambon, du style « Jean-Louis Bianco, comment faites-vous pour être si intelligent ? » ; absence totale de potins croustillants ou d’échos de buvette ; diffusion de fausses rumeurs, toutes assez fortement orientées, du genre « Machin de la motion Aubry se rallie à Ségolène Royal » ou « la Motion Delanoë au bord de l’explosion ». Non seulement, on n’y croit pas une seconde, mais en plus, on s’ennuie autant qu’un délégué lambda… Un bon conseil, Juju, la prochaine fois, dans ton propre intérêt, invite plutôt Trudi Kohl…

Vive la Crise !

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C’est assurément un coup dur pour tous ceux qui, comme votre serviteur, restaient prudents quant à la réalité de la crise, ou qui du moins doutaient de sa gravité, en l’absence tangible, par exemple, de guerre mondiale ou d’expansion brutale de la pandémie islamiste.

Baudrillardiens attardés, tenants de l’armchair marxism, et autres sceptiques ricaneurs nourris de Retz et de Monty Python, tous, nous en sommes pour nos frais : cette fois la crise, c’est du réel, pas du virtuel ! La preuve ? Nous apprenons que suite aux « dérèglements mondiaux » et dans une situation, donc, d’ »urgence absolue », le groupe « rock » Noir Désir, s’est décidé, pour la première fois depuis 2001 et les aléas qu’on sait, à sortir deux nouveaux titres.

D’après leur attaché de presse habituel, Stéphane Davet, du Monde, « La crise donne le signal du retour à Noir Désir ». Ce forcément chef d’œuvre, featuring Bertrand Cantat en personne, comprendra une version « punk » du Temps des Cerises ainsi que la chanson Gagnants-Perdants dont ces auteurs nous disent qu’elle « a été enregistrée en réaction au contexte actuel, politique et humain dans toute l’acceptation (sic) du terme. Impossible d’attendre pour la mettre à disposition ». En conséquence de quoi, elle est en téléchargement gratuit sur leur site. Les paroles de Gagnants-Perdants, écrites par Bertrand Cantat et non pas, comme je l’avais cru après une première lecture, par Francis Lalanne, sont avant tout, faut-il le dire, une dénonciation sans appel de la crise du capitalisme mondialisé, dont l’auteur n’hésite pas à dresser le constat de faillite :
« Il y a la chair à canon
Il y a la chair à spéculation
Il y a la chair à publicité
Y a tout ce que vous aimez
Vous et moi on le sait
Le spectacle est terminé ! »

Et qui c’est-y qui trinque quand que c’est la crise ? Toujours les mêmes, les petits, les sans-grade, les soutiers ! Sauf que ça va pas se passer comme ça. Gagnants-Perdants est aussi un appel à ne pas laisser faire, un cri primal de rébellion :
« Les dégâts, les excès
Ils vont vous les faire payer
Les cendres qui resteront
C’est pas eux qui les ramasseront
Mais les esclaves et les cons
Qui n’auront pas su dire non. »

Bien sûr, il y a prix à payer, il y a un risque à s’engager[1. Vous avez vu, à force de lire du Cantat, je me mets à en écrire.]. On notera d’ailleurs une allusion implicite aux dangers qu’Edvige fait peser sur nos libertés :
« Faut pas bouger une oreille
Toutes sortes de chiens nous surveillent
Pas un geste, une esquisse
Sinon on tourne la vis. »

Chacun l’aura compris, qu’on ne compte pas sur le « talentueux quatuor » pour se taire face la crise. Ils ont, sans hésiter, choisi leur camp, et ce n’est pas celui de l’UMP. Mais que la gauche institutionnelle ne se réjouisse pas trop vite devant cette prise de position, elle aussi en prend pour son grade, et notamment sa représentante la plus en vue, une ancienne députée des Deux-Sèvres, non ouvertement nommée dans l’opus, mais chacun aura reconnu qui est désigné dans cette subtile parabole cantatienne :
« Pimprenelle et Nicolas
Vous nous endormez comme ça
Le marchand de sable est passé
Nous on garde un œil éveillé. »

Les auditeurs les plus concernés pourront regretter cette critique un peu trop soft contre la gauche du Capital et se demander pourquoi Bertrand ne s’attaque pas plus violemment à cette femme-là. Cependant j’en suis certain, les fans de Noirdez ne s’arrêteront pas à d’aussi insignifiants détails. L’essentiel est là : Vive la Crise ! Noir Désir revient !

Quant aux esthètes dégénérés qui pensent que la Révolution ne se fera pas avec des vers de mirliton, que le rock’n’roll peut se passer de leçons de morale estampillées NPA et que les Noir Désir peuvent se carrer ici-bas leur plan promo maquillé en sollicitude pour le prolétariat, ceux-là hausseront les épaules et iront siffler une chanson des Ramones pour se changer les idées.

Dites-le vous bien : si Bertrand Cantat revient, c’est uniquement pour défendre la veuve et l’orphelin victime de la violence capitaliste. Cette chanson a été faite dans l’urgence, sans préméditation, donc. Gagnants-Perdants, ce n’est jamais qu’un énième drame compassionnel.

Dieu III, le pilpoul

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Merci les amis, vos posts m’ont convaincu ! De vos jours, l’essentiel c’est comme les goûts et les couleurs, on n’en discute point.

Soyons juste : vous commencez par causer de Dieu (ce dont Il me charge de vous remercier) ; puis tout doucement, sans faire de bruit, vous glissez vers un débat entre anti-créationnistes et post-darwiniens. J’adore le concept – mais what the fuck, comme on dit par chez moi ?

Cela dit, dans ce débat hors sujet, je brûle d’envie de mettre mon grain de sel. Bien sûr, je ne peux pas croire au Grand Rien : l’Univers c’est comme la vaisselle, ça ne se fait pas tout seul ! En supposant donc, pour me faire plaisir, qu’il existe un Dieu créateur, par définition, Il serait tout-puissant (on le Lui a assez reproché !)

Alors, bien sûr qu’Il aurait pu décider de créer l’Univers en 6 jours il y a 6000 ans, ou en 3 centièmes de secondes et pas plus tard qu’hier. Simplement, il semble bien aux dernières nouvelles qu’Il en ait décidé autrement[1. Toujours « s’Il existe ».].Voilà, j’en ai terminé avec le hors-sujet.

Deux blogueurs au moins auront évité cet écueil-là, grâce leur en soit rendue. Il y a bien sûr le pittoresque Elvin, qui m’informe (assez sèchement) que « ma foi ne concerne que moi. » Et ton athéisme, donc, bande de gland !

Hormis cet étrangleur manchot, il y a Parsifal l’Agnostique qui, sous prétexte d’être courtois, me pose une nouvelle colle : donner « une définition simple, claire et compréhensible du péché originel ». Moi qui ne sais toujours pas comment fonctionne un transistor, et me demande parfois encore si les gens que je vois dans le poste sont vraiment dedans, il faudrait que j’explique « simplement » ce que ma Sainte Mère l’Eglise appelle un « mystère » ! T’as pas moins cher ?

Ok, j’essaye ! Mais uniquement pour les sans-opinion de bonne foi, si j’ose dire. Les autres, les athées intégristes, que Dieu ait leur âme ! Si on veut comprendre, ne serait-ce qu’un instant, l’idée de « péché originel » il faut se mettre – tout aussi brièvement, rassurez-vous – dans la peau du croyant, dans sa tête et dans son cœur.

Ma religion, savez-vous, est jalonnée de mystères ; mais pas plus que la vie des sans-Dieu, sauf qu’eux, avec leurs mots à eux, ils appellent ça des « trucs incompréhensibles[2. Des redoublants, sans doute.] ».

La Sainte Trinité, l’Incarnation, la Rédemption, c’est pas des mystères, ça ? Si tu veux imaginer le péché originel, faut aussi intégrer tout ça. J’en vois qui bâillent et c’est normal : « Je n’ai rien à dire à tout le monde » (Anouilh).

Toujours là, Parsifal ? J’allais dire : le péché originel, nous ne l’avons pas commis : nous l’avons contracté en naissant, comme une maladie génétique, ou une composante de notre ADN humain. Depuis quand ? C’est ça le « mystère » supposé (dont l’affaire dite de la « pomme d’Adam » n’est qu’une jolie image.)

L’essentiel est ailleurs : pourquoi diable on aurait chopé cette saleté, sans même avoir eu le temps de rien faire de mal ? C’est de la présomption de culpabilité, ou bien ?

Alors là, ça tombe à pic : j’ai préparé ma réponse, en même temps que la question. Le « mystère » du péché originel est parfaitement clair, en fait, pour quiconque a observé un tant soit peu la nature humaine – à commencer par soi-même.

L’homme n’est pas bon par nature, savez-vous. Il a en lui ce que Simone Weil appelait « la pesanteur et la grâce » : comme un écartèlement permanent entre l’aspiration à l’Amour et l’égoïsme sous toutes ses formes, père de tous les « péchés ».

Saint Paul, sévère mais juste – comme j’aime –, ne morigénait personne plus que lui-même : « Je fais le mal que je ne veux pas faire, et je ne fais pas le bien que je voudrais faire. » La définition même du péché ! S’il frappe même les saints[3. Qui, nous disent les Nouveaux Rouleaux Sacrés, pèchent eux-mêmes « 70 fois par jour ». Si ça se trouve, je suis un saint !] – et le premier d’entre eux – ce péché-là pourrait bien être originel, en fin de compte.

En un mot finissant[4. Le contraire de « comme en cent »… Je dis ça pour Barjot qui ne comprend pas en première lecture (comme au Sénat).], l’inclination naturelle de tous les humains les porte à préférer le facile au difficile – c’est-à-dire, au bout du compte, le Mal au Bien. Tous ? Non ! car enfin, attendez-vous à savoir que dans ma vraie religion à moi que j’ai, il y a pire encore à avaler pour un athée average. Je parle de l’exemption de ce prétendu « péché originel » par piston divin ! Telle est, imaginez-vous, l’histoire qu’on nous raconte sur « Marie-mère-de-Dieu-toujours-vierge ».

A présent Monsieur le pasteur Verdâtre, chers amis protestants et ayants-droit, c’est l’heure d’aller se coucher. J’ai là une anecdote qui ne vous amuserait point. La Vierge Marie, euh, si elle a existé (– Encore là, les parpaillots ? Oui oui, vous fermez en sortant), sainte Marie Mère de Dieu, donc, confiait il y a 150 ans déjà, dans une interview exclusive à Bernadette Soubirous (Sud-Ouest) : « Je suis l’Immaculée Conception. »

Je parierais volontiers que sur ce sujet aussi, comme tous les « athéologiens » formés à l’école de Michel Onfray (que Dieu le savonne !), vous vous trompez d’erreur ! L’Immaculée Conception, c’est pas cette blague comme quoi Marie aurait conçu Jésus sans avoir couché : c’est l’autre ! Mais si, vous savez, celle qui consiste à prétendre que, parmi tout le genre humain, elle seule aurait été exemptée de ce fameux péché originel, ès-futures-qualités de Mère de Dieu. Quatre ans tout juste après la proclamation solennelle par Pie IX du dogme éponyme, et après vérifications d’usage, il semble que cette déclaration ne puisse définitivement pas être une forgerie, comme disent nos amis anglicistes.

Et voilà. Pour le consensus, je suis pas sûr-sûr. Quant à l’essentiel, en répondant à ce prosélyte courtois de Parsifal[5. Pour ta prochaine question, je suggère : « Si Dieu existe, pourquoi y a-t-il toutes ces guerres ? »], j’espère avoir aussi intéressé, ou au moins énervé, nos amis blogueurs. Je me sens même en droit d’attendre, des plus immanents d’entre eux, quelques insultes bien senties. Par solidarité avec Jésus, mon homeboy, je suis même prêt à tendre la joue gauche ! Sur Causeur, ça fait moins mal[6. Et puis à force de relire mes papiers – surtout au niveau des commentaires – je deviens vraiment catholique.].

Faut-il nationaliser Björk ?

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La chanteuse islandaise Björk s’est prononcée jeudi dernier à Bruxelles pour l’adoption de l’euro par son pays. Il faut rappeler que pour se faire l’île devrait d’abord intégrer l’Union européenne. Mais ce n’est qu’un détail. Lors d’une conférence de presse organisée par son mouvement écologique « Nattura », Björk a déclaré que l’Islande a besoin de l’euro pour stabiliser sa monnaie. En réponse à la question « Et pourquoi donc ? », la chanteuse s’est contentée de dire qu’elle a « forgé sa conviction devant les ravages de la crise économique », ajoutant aussitôt, avec une franchise désarmante, qu’étant musicienne elle « n’est pas sûre d’être la bonne personne pour répondre à cette question ». Non seulement nous sommes d’accord avec elle sur ce point mais comprenons un peu mieux pourquoi l’Islande a fait faillite.

Sarko et MAM

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Nos ultra gauchistes hexagonaux ont presque toujours été des guignols : à côté des Allemands, des Italiens et même des Américains, ils font pâle figure. Pendant les années dites de plomb, ils ont fait montre d’un amateurisme effarant dans leurs « actions directes », à l’exception du groupe Rouillan-Ménigon-Aubron dont les crimes terroristes (comment peut-on les qualifier autrement ?) ont pu être perpétrés car il n’avait été – pendant une brève période – ni repéré, ni infiltré par la police. Ainsi, les souvenirs des « taupes » de la DST infiltrées au cœur de la défunte Gauche prolétarienne se trouvent-ils aujourd’hui chez tous les bons libraires, à côté des opuscules anonymes des contempteurs radicaux de la vitesse, des OGM, du foie gras et d’autres bienfaits issus de l’ingéniosité de nos semblables.

On ne louera jamais assez la sagesse, la perspicacité et l’humanité des Raymond Marcellin et de la plupart de ses successeurs – de droite comme de gauche, d’ailleurs –, qui sont parvenus à empêcher de brillant(e)s jeunes gens et jeunes filles de commettre l’irréparable. Certains d’entre eux ont, certes, été coffrés quelque temps pour des actes de basse ou moyenne intensité. Il est probable que les « honorables correspondants » avaient contribué à les organiser, en bon pros, de telle manière à ce qu’ils ne provoquent pas de bavures sanglantes. Moyennant quoi les Geismar, Le Bris, Le Dantec, Benny Lévy, Olivier Rolin et quelques autres eurent tout loisir de se recycler dans l’Université, la littérature ou l’étude talmudique financée par Paris VII, pour le plus grand profit de la société qu’ils avaient voulu chambouler.

La riposte flexible du pouvoir bourgeois aux militants des « nouvelles radicalités » est l’une des facettes de la démocratie en acte que l’on ne met pas assez souvent en valeur.

Outre la liberté quasi-absolue d’expression garantie aux « théoriciens » de la révolution par embolie provoquée sur les réseaux complexes de l’Etat moderne, la République se soucie de surcroît de l’avenir de ceux qui mettraient en pratique ces balivernes pseudo-philosophiques. Elle les materne comme une ourse veille sur ses petits qui ont tendance à aller provoquer les vieux mâles irascibles et sanguinaires : elle ne les perd pas des yeux et leur balance de temps en temps une baffe pour les dissuader d’aller se faire manger tout crus.

N’étant pas infiltré dans les rangs de la nouvelle entité administrative née de la fusion de la DST et des Renseignements généraux, je ne dispose d’aucun élément factuel établissant que la récente arrestation du groupe anti-TGV relève d’une méthode policière dite pro-active. Celle-ci consiste à faire commettre à une cellule « révolutionnaire » une action délictueuse mineure, pour disposer d’un motif permettant d’en boucler les membres avant qu’ils ne soient en mesure d’en commettre de plus graves et plus dangereuses.

Mais quelques indices peuvent le laisser supposer : le tempo de l’opération, le jeu de ping-pong médiatique entre un Guillaume Pépy, PDG de la SNCF fâché tout rouge, et le sourire radieux de MAM venant annoncer l’arrestation des nuisibles quarante-huit heures après les faits, ainsi que la séparation d’un « accusé-témoin » du groupe des gardés à vue, tout cela semble bien ficelé. Vite fait, bien fait, pour que les transhumances de Noël ne risquent d’être perturbées par quelques bricolages à base de fer à béton.

Et la morale dans tout cela ? Est-elle du côté du vacarme des prophètes de l’apocalypse qui nous prêchent le slow pace pour nous libérer de l’enfer de la vitesse ? Ou bien dans le silence des obscurs, des sans-grades de l’appareil de sécurité d’Etat, fonctionnaires mal payés de la mansuétude discrète de la République envers ses enfants égarés ?

Le préfet était en Noir

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Après l’Arabe, le Noir. La France n’a pas encore son Obama mais elle peut au moins s’enorgueillir d’un « préfet visible », curieuse expression, employée sur France Inter par Alain Genestar, et qui a dû emplir d’allégresse tous les autres préfets, et l’intéressé aussi. On l’aura compris : contre la triste France de l’uniformité, invisible de surcroît, minée par ses « fièvres obsidionales », en proie à ses « détestables frilosités identitaires » comme a cru bon de le remarquer Le Monde, en grande forme, le jour où Goncourt et Renaudot étaient attribués à des écrivains d’origine étrangère, se dresse heureusement la France visible qui, coup de chance, est aussi celle de la diversité.

On ne savourera jamais assez le tête-à-queue sémantique qui conduit de pieux antiracistes à distinguer les individus et les groupes en fonction de leurs caractéristiques physiques. Pour faire court, plus t’es blanc, man, moins t’es visible.

Comme s’il ne suffisait pas de manier des catégories aussi déprimantes, certains visibles sont plus visibles que d’autres : c’est ainsi que les Asiatiques ont été implicitement éliminés de la course à la visibilité. On ne va pas tourner autour du pot : les « minorités visibles » dont il s’agit de favoriser la promotion pour réparer les crimes d’hier, ce sont les Arabes et les Noirs. À l’arrivée, les résultats de ce mic-mac sont croquignolets. On est raciste par antiracisme et discriminatoire pour lutter contre les discriminations. Ainsi quand certains commettent en toute visibilité des actes délictueux comme le brûlage de bagnoles, sociologues et journalistes se relaient pour expliquer en boucle que ces actes n’ont rien à voir avec la visibilité de leurs auteurs tout en réclamant d’un même élan que l’on réponde à ce malheur social par des mesures raciales – vous pouvez retourner la chose dans tous les sens, un avantage accordé en fonction de la couleur de la peau est bel et bien une mesure raciale[1. On dit généralement que le concept de race n’a aucune valeur scientifique. En fait, si : pendant longtemps, l’humanité s’est partagée entre plusieurs races, homo sapiens ceci ou cela. Mais cela fait quelques millions d’années qu’il y a une seule race humaine, aussi l’humanité est-elle à la fois une race et une espèce. Il y a une race humaine, pas une race indo-européenne. On se réfère ici au sens que donnent à l’idée de race racistes et antiracistes.]. Le « petit blanc » des cités a beau être aussi pauvre que ses copains, il n’a pas l’heur d’être issu de la diversité. Invisible. On vous dit qu’il n’y a rien à voir. Patrick Lozès, le président du CRAN, jure qu’il ne demande pas de discrimination ethnique mais il réclame « plus de couleurs » (sic !) sur les banc de l’Assemblée. Cherchez l’erreur. Au passage, sa réception à l’Elysée n’a pas manqué de déclencher une foire d’empoigne entre « visibles », les « domiens » (Antillais en novlangue) s’énervant contre les « d’origine africaine » tandis que les associations maghrébines s’inquiètent d’un « monopole des Noirs en matière de visibilité ». On attend avec impatience que les « minorités invisibles » (juifs, homos, pratiquants du saut à l’élastique) se mettent de la partie. On se marre, non ? Même pas.

Le plus hallucinant est que les journalistes, grands pourfendeurs d’idées reçues, se sont emparés de ces nouveaux hochets sans la moindre distance. Les idées niaises accrochées aux mots « visibilité » et « diversité », ils les ont non seulement reçues mais adoptées avec enthousiasme et manient maintenant ces concepts imbéciles avec le plus grand sérieux, incapables d’en percevoir la cocasserie. Dommage. Car tout cela se mesure, s’analyse, s’encourage. Ainsi peut-on lire sur le site du Nouvel Obs que « la diversité à la télévision n’a progressé que d’un point en dix ans ». Et dans l’entreprise ? Et dans la famille ? Que fait le gouvernement ? Comptez ! Combien de Noirs ? Combien d’Arabes ? Combien d’invisibles ? Il est vrai que le CSA qui, toujours sans aucun rapport avec le débat actuel, vient de pousser lui aussi sa gueulante, a cru bon de ramener les prolos dans la grande famille de la diversité. À en croire l’autorité de tutelle de l’audiovisuel public, non seulement il n’y a pas assez de ceux-ci et de ceux-là mais en plus, on manque de pauvres à la télé. Mais attention, la pauvreté, ce n’est pas un état (déplaisant) mais une origine. Ce qu’on veut, c’est des prolos qui causent prolo et qui sentent prolo. (page suivante)

I’ve got the bouse

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Noël Mamère et deux autres députés Verts dont j’ai heureusement réussi à oublier le nom ont déposé un projet de loi visant l’interdiction des braseros et autres chauffages d’appoint aux terrasses des cafés, pour cause d’émission intempestive de CO2. C’était jusque là la seule parade qu’avaient trouvé les débits de boisson pour enrayer la fuite de leur clients fumeurs. Lutter à la fois contre la propagation du vice tabagique, la fréquentation des estaminets et l’effet de serre : ces écolos sont très très forts. Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Noël Mamère sait-il qu’une bouse de vache, par exemple, émet une forte quantité de protoxyde d’azote et de méthane, soit deux gaz participant encore plus que le CO2 au supposé réchauffement de la planète ? A quand une loi proposant l’abattage total du cheptel ? Ou au moins un décret interdisant aux bovins de déféquer…

W : une série Z

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Il paraît qu’un imbécile s’est emparé de la première puissance de la planète. Entouré d’une poigné d’idiots et de cyniques, il a dirigé ce pays comme un gamin ivre qui vient de voler la voiture de sport de son père. Et tout ça, figurez-vous, pour gagner l’amour et l’estime de son père qui lui avait, semble-t-il, préféré son frère. On se dit que, même à la télévision française, on n’oserait pas utiliser un scénario aussi faible. Et pourtant, c’est l’histoire des Etats-Unis entre 2000 et 2008 telle que la raconte Oliver Stone. Et si l’argument est court, le film, malheureusement, est franchement longuet. Dans le genre, allez plutôt voir À l’est d’Eden d’Elia Kazan. En plus, il y a James Dean…

Admettons que Dobeuleyou, le vrai, peut concourir avec quelques chances de victoire pour l’oscar du pire président américain de l’histoire. Mais même pour les obamaniens et obamaniennes les plus convaincus – et peut-être plus encore pour eux – le ragoût mitonné par Stone sera un peu indigeste. Car enfin, à travers Bush, Oliver Stone traite de cons la moitié des Américains. Le président sortant a tout de même gagné deux élections, et si sa première victoire à l’arraché en 2000 était pour le moins contestable, l’élection de 2004, avec deux guerres en toile de fond, a été remportée avec une nette majorité.

Quid donc des 50 456 002 Américains qui ont voté pour lui en 2000, et des 62 040 610 qui l’ont fait, en connaissance de cause cette fois-ci, quatre ans plus tard ? Des débiles mentaux ? Des milliardaires espérant échapper aux impôts ? Ou peut-être une bande de pentecôtistes œuvrant pour le projet Armageddon ? Si l’on suit Stone, que faut-il penser de l’élection d’Obama, qui a recueilli seulement 3 millions de votes plus que l’abominable W en 2004 ?

Pour comprendre quelque chose à l’Amérique, j’irai jusqu’à dire que même Michael Moore est plus utile que cette caricature minable.

Sur la question, fort intéressante au demeurant, de ce qui pousse un homme à vouloir le pouvoir et à le conquérir, Stone ne nous apprend pas grand-chose. Sa psychologie à deux ronds mène à une impasse : à ma connaissance, tous les hommes mal-aimés par leur père ne deviennent pas des robots mus par le seul désir de gagner son amour. Ni président des Etats-Unis (comme papa). À l’extrême limite, on aimerait savoir pourquoi, dans le cas particulier des Bush, cette circonstance a engendré cette histoire-là.

Sur les ressorts intimes de George W. Bush, comme sur l’état d’esprit de ses électeurs, on n’apprendra rien. Nada. Il est vrai que Stone n’a pas dû avoir beaucoup de temps pour réfléchir. Le plan promo était inflexible. C’était le dernier moment pour exploiter le filon « Résistons au bushisme » juste avant que le personnage ne soit plus qu’un lame duck. Les professionnels français de l’anti-sarkozysme devraient en prendre de la graine.

Oliver Stone Ultimate Collection [12 DVD Box Set]

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Soutien total aux travailleurs licencieux !

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Qui a dit que la gauche se contrefoutait du sort des salariés ? Euh, moi, peut-être, et même à plusieurs reprises en cherchant bien. Eh bien, j’avais tort. L’excellent mensuel Têtu nous apprend qu’après la multiplication des fermetures administratives et des non-renouvellements d’autorisation d’ouverture de nuit à l’encontre de plusieurs bars gays du Marais, le PCF a décidé de se fâcher tout rouge. Ian Brossat, président du groupe communiste au Conseil de Paris, a pris la tête d’un vaste rassemblement pour « que Paris conserve, pour les touristes et pour les Parisiens, son énergie de ville dynamique et festive ». Suite à la large mobilisation populaire qui a suivi cet appel, il semble que l’Etat hétérobourgeois ait fait machine arrière. Le Préfet a solennellement promis qu’il n’était pas question de « coiffer Paris d’un bonnet de nuit ». Mais la plus grande vigilance s’impose néanmoins, car, comme le souligne Ian Brossat, derrière le sociétal, il y a aussi le social : « La situation reste extrêmement préoccupante. Au Carré, rue du Temple, les effectifs passent de 23 à 7 salariés et les pertes en terme de chiffre d’affaires s’élèveraient à près de 40.000 euros par mois. Le Eagle, rue des Lombards, perd 60 % de son chiffre d’affaires quotidien et doit se séparer de 4 salariés. » Comment oserais-je encore prétendre, après ça, que le PCF n’est pas travailleur-friendly ?

Princesse Marie-Frat’

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Dans la famille Ingres, on avait un pouvoir d’achat suffisamment élevé pour s’acheter des prénoms à n’en plus finir, mais quand il s’agissait d’acquérir du matériel de bonne qualité ou de payer des cours au petit dernier qui voulait faire peintre, il n’y avait plus personne. C’est ainsi que Jean Auguste Dominique Ingres devint le plus pitoyable artiste de sa génération (au point que beaucoup ont longtemps cru qu’il jouait du violon, pas qu’il faisait des tableaux). Quoiqu’il en soit, désargenté à cause de la politique mené par Napoléon III et sa femme Eugénie (une étrangère qui jouait de la guitare), Ingres accepta de faire le portrait de la princesse Marie-Fraternité. Vaguement apparentée à la famille royale hollandaise, cette Rémoise était la petite-nièce par alliance de Philippe Egalité. « C’est nous qu’on est la princesse » : c’est par cette légendaire sentence qu’elle fit son entrée à l’Académie française en 1864.

Jean Auguste Dominique Ingres, Portrait de la Princesse Marie-Frat’. Huile sur toile, 1857, conservée au musée municipal du Bouchon de Champagne de Reims.

Reims : les leftblogs ne pétillent pas

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Pour l’instant, l’opération drivée par Julien Dray qui consistait à inviter quelques « leftblogs » triés sur le volet (et visiblement garantis ségocompatibles) au congrès du PS ne fait pas d’étincelles. Interview s tranchantes comme du gras de jambon, du style « Jean-Louis Bianco, comment faites-vous pour être si intelligent ? » ; absence totale de potins croustillants ou d’échos de buvette ; diffusion de fausses rumeurs, toutes assez fortement orientées, du genre « Machin de la motion Aubry se rallie à Ségolène Royal » ou « la Motion Delanoë au bord de l’explosion ». Non seulement, on n’y croit pas une seconde, mais en plus, on s’ennuie autant qu’un délégué lambda… Un bon conseil, Juju, la prochaine fois, dans ton propre intérêt, invite plutôt Trudi Kohl…

Vive la Crise !

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C’est assurément un coup dur pour tous ceux qui, comme votre serviteur, restaient prudents quant à la réalité de la crise, ou qui du moins doutaient de sa gravité, en l’absence tangible, par exemple, de guerre mondiale ou d’expansion brutale de la pandémie islamiste.

Baudrillardiens attardés, tenants de l’armchair marxism, et autres sceptiques ricaneurs nourris de Retz et de Monty Python, tous, nous en sommes pour nos frais : cette fois la crise, c’est du réel, pas du virtuel ! La preuve ? Nous apprenons que suite aux « dérèglements mondiaux » et dans une situation, donc, d’ »urgence absolue », le groupe « rock » Noir Désir, s’est décidé, pour la première fois depuis 2001 et les aléas qu’on sait, à sortir deux nouveaux titres.

D’après leur attaché de presse habituel, Stéphane Davet, du Monde, « La crise donne le signal du retour à Noir Désir ». Ce forcément chef d’œuvre, featuring Bertrand Cantat en personne, comprendra une version « punk » du Temps des Cerises ainsi que la chanson Gagnants-Perdants dont ces auteurs nous disent qu’elle « a été enregistrée en réaction au contexte actuel, politique et humain dans toute l’acceptation (sic) du terme. Impossible d’attendre pour la mettre à disposition ». En conséquence de quoi, elle est en téléchargement gratuit sur leur site. Les paroles de Gagnants-Perdants, écrites par Bertrand Cantat et non pas, comme je l’avais cru après une première lecture, par Francis Lalanne, sont avant tout, faut-il le dire, une dénonciation sans appel de la crise du capitalisme mondialisé, dont l’auteur n’hésite pas à dresser le constat de faillite :
« Il y a la chair à canon
Il y a la chair à spéculation
Il y a la chair à publicité
Y a tout ce que vous aimez
Vous et moi on le sait
Le spectacle est terminé ! »

Et qui c’est-y qui trinque quand que c’est la crise ? Toujours les mêmes, les petits, les sans-grade, les soutiers ! Sauf que ça va pas se passer comme ça. Gagnants-Perdants est aussi un appel à ne pas laisser faire, un cri primal de rébellion :
« Les dégâts, les excès
Ils vont vous les faire payer
Les cendres qui resteront
C’est pas eux qui les ramasseront
Mais les esclaves et les cons
Qui n’auront pas su dire non. »

Bien sûr, il y a prix à payer, il y a un risque à s’engager[1. Vous avez vu, à force de lire du Cantat, je me mets à en écrire.]. On notera d’ailleurs une allusion implicite aux dangers qu’Edvige fait peser sur nos libertés :
« Faut pas bouger une oreille
Toutes sortes de chiens nous surveillent
Pas un geste, une esquisse
Sinon on tourne la vis. »

Chacun l’aura compris, qu’on ne compte pas sur le « talentueux quatuor » pour se taire face la crise. Ils ont, sans hésiter, choisi leur camp, et ce n’est pas celui de l’UMP. Mais que la gauche institutionnelle ne se réjouisse pas trop vite devant cette prise de position, elle aussi en prend pour son grade, et notamment sa représentante la plus en vue, une ancienne députée des Deux-Sèvres, non ouvertement nommée dans l’opus, mais chacun aura reconnu qui est désigné dans cette subtile parabole cantatienne :
« Pimprenelle et Nicolas
Vous nous endormez comme ça
Le marchand de sable est passé
Nous on garde un œil éveillé. »

Les auditeurs les plus concernés pourront regretter cette critique un peu trop soft contre la gauche du Capital et se demander pourquoi Bertrand ne s’attaque pas plus violemment à cette femme-là. Cependant j’en suis certain, les fans de Noirdez ne s’arrêteront pas à d’aussi insignifiants détails. L’essentiel est là : Vive la Crise ! Noir Désir revient !

Quant aux esthètes dégénérés qui pensent que la Révolution ne se fera pas avec des vers de mirliton, que le rock’n’roll peut se passer de leçons de morale estampillées NPA et que les Noir Désir peuvent se carrer ici-bas leur plan promo maquillé en sollicitude pour le prolétariat, ceux-là hausseront les épaules et iront siffler une chanson des Ramones pour se changer les idées.

Dites-le vous bien : si Bertrand Cantat revient, c’est uniquement pour défendre la veuve et l’orphelin victime de la violence capitaliste. Cette chanson a été faite dans l’urgence, sans préméditation, donc. Gagnants-Perdants, ce n’est jamais qu’un énième drame compassionnel.

Dieu III, le pilpoul

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Merci les amis, vos posts m’ont convaincu ! De vos jours, l’essentiel c’est comme les goûts et les couleurs, on n’en discute point.

Soyons juste : vous commencez par causer de Dieu (ce dont Il me charge de vous remercier) ; puis tout doucement, sans faire de bruit, vous glissez vers un débat entre anti-créationnistes et post-darwiniens. J’adore le concept – mais what the fuck, comme on dit par chez moi ?

Cela dit, dans ce débat hors sujet, je brûle d’envie de mettre mon grain de sel. Bien sûr, je ne peux pas croire au Grand Rien : l’Univers c’est comme la vaisselle, ça ne se fait pas tout seul ! En supposant donc, pour me faire plaisir, qu’il existe un Dieu créateur, par définition, Il serait tout-puissant (on le Lui a assez reproché !)

Alors, bien sûr qu’Il aurait pu décider de créer l’Univers en 6 jours il y a 6000 ans, ou en 3 centièmes de secondes et pas plus tard qu’hier. Simplement, il semble bien aux dernières nouvelles qu’Il en ait décidé autrement[1. Toujours « s’Il existe ».].Voilà, j’en ai terminé avec le hors-sujet.

Deux blogueurs au moins auront évité cet écueil-là, grâce leur en soit rendue. Il y a bien sûr le pittoresque Elvin, qui m’informe (assez sèchement) que « ma foi ne concerne que moi. » Et ton athéisme, donc, bande de gland !

Hormis cet étrangleur manchot, il y a Parsifal l’Agnostique qui, sous prétexte d’être courtois, me pose une nouvelle colle : donner « une définition simple, claire et compréhensible du péché originel ». Moi qui ne sais toujours pas comment fonctionne un transistor, et me demande parfois encore si les gens que je vois dans le poste sont vraiment dedans, il faudrait que j’explique « simplement » ce que ma Sainte Mère l’Eglise appelle un « mystère » ! T’as pas moins cher ?

Ok, j’essaye ! Mais uniquement pour les sans-opinion de bonne foi, si j’ose dire. Les autres, les athées intégristes, que Dieu ait leur âme ! Si on veut comprendre, ne serait-ce qu’un instant, l’idée de « péché originel » il faut se mettre – tout aussi brièvement, rassurez-vous – dans la peau du croyant, dans sa tête et dans son cœur.

Ma religion, savez-vous, est jalonnée de mystères ; mais pas plus que la vie des sans-Dieu, sauf qu’eux, avec leurs mots à eux, ils appellent ça des « trucs incompréhensibles[2. Des redoublants, sans doute.] ».

La Sainte Trinité, l’Incarnation, la Rédemption, c’est pas des mystères, ça ? Si tu veux imaginer le péché originel, faut aussi intégrer tout ça. J’en vois qui bâillent et c’est normal : « Je n’ai rien à dire à tout le monde » (Anouilh).

Toujours là, Parsifal ? J’allais dire : le péché originel, nous ne l’avons pas commis : nous l’avons contracté en naissant, comme une maladie génétique, ou une composante de notre ADN humain. Depuis quand ? C’est ça le « mystère » supposé (dont l’affaire dite de la « pomme d’Adam » n’est qu’une jolie image.)

L’essentiel est ailleurs : pourquoi diable on aurait chopé cette saleté, sans même avoir eu le temps de rien faire de mal ? C’est de la présomption de culpabilité, ou bien ?

Alors là, ça tombe à pic : j’ai préparé ma réponse, en même temps que la question. Le « mystère » du péché originel est parfaitement clair, en fait, pour quiconque a observé un tant soit peu la nature humaine – à commencer par soi-même.

L’homme n’est pas bon par nature, savez-vous. Il a en lui ce que Simone Weil appelait « la pesanteur et la grâce » : comme un écartèlement permanent entre l’aspiration à l’Amour et l’égoïsme sous toutes ses formes, père de tous les « péchés ».

Saint Paul, sévère mais juste – comme j’aime –, ne morigénait personne plus que lui-même : « Je fais le mal que je ne veux pas faire, et je ne fais pas le bien que je voudrais faire. » La définition même du péché ! S’il frappe même les saints[3. Qui, nous disent les Nouveaux Rouleaux Sacrés, pèchent eux-mêmes « 70 fois par jour ». Si ça se trouve, je suis un saint !] – et le premier d’entre eux – ce péché-là pourrait bien être originel, en fin de compte.

En un mot finissant[4. Le contraire de « comme en cent »… Je dis ça pour Barjot qui ne comprend pas en première lecture (comme au Sénat).], l’inclination naturelle de tous les humains les porte à préférer le facile au difficile – c’est-à-dire, au bout du compte, le Mal au Bien. Tous ? Non ! car enfin, attendez-vous à savoir que dans ma vraie religion à moi que j’ai, il y a pire encore à avaler pour un athée average. Je parle de l’exemption de ce prétendu « péché originel » par piston divin ! Telle est, imaginez-vous, l’histoire qu’on nous raconte sur « Marie-mère-de-Dieu-toujours-vierge ».

A présent Monsieur le pasteur Verdâtre, chers amis protestants et ayants-droit, c’est l’heure d’aller se coucher. J’ai là une anecdote qui ne vous amuserait point. La Vierge Marie, euh, si elle a existé (– Encore là, les parpaillots ? Oui oui, vous fermez en sortant), sainte Marie Mère de Dieu, donc, confiait il y a 150 ans déjà, dans une interview exclusive à Bernadette Soubirous (Sud-Ouest) : « Je suis l’Immaculée Conception. »

Je parierais volontiers que sur ce sujet aussi, comme tous les « athéologiens » formés à l’école de Michel Onfray (que Dieu le savonne !), vous vous trompez d’erreur ! L’Immaculée Conception, c’est pas cette blague comme quoi Marie aurait conçu Jésus sans avoir couché : c’est l’autre ! Mais si, vous savez, celle qui consiste à prétendre que, parmi tout le genre humain, elle seule aurait été exemptée de ce fameux péché originel, ès-futures-qualités de Mère de Dieu. Quatre ans tout juste après la proclamation solennelle par Pie IX du dogme éponyme, et après vérifications d’usage, il semble que cette déclaration ne puisse définitivement pas être une forgerie, comme disent nos amis anglicistes.

Et voilà. Pour le consensus, je suis pas sûr-sûr. Quant à l’essentiel, en répondant à ce prosélyte courtois de Parsifal[5. Pour ta prochaine question, je suggère : « Si Dieu existe, pourquoi y a-t-il toutes ces guerres ? »], j’espère avoir aussi intéressé, ou au moins énervé, nos amis blogueurs. Je me sens même en droit d’attendre, des plus immanents d’entre eux, quelques insultes bien senties. Par solidarité avec Jésus, mon homeboy, je suis même prêt à tendre la joue gauche ! Sur Causeur, ça fait moins mal[6. Et puis à force de relire mes papiers – surtout au niveau des commentaires – je deviens vraiment catholique.].

Faut-il nationaliser Björk ?

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La chanteuse islandaise Björk s’est prononcée jeudi dernier à Bruxelles pour l’adoption de l’euro par son pays. Il faut rappeler que pour se faire l’île devrait d’abord intégrer l’Union européenne. Mais ce n’est qu’un détail. Lors d’une conférence de presse organisée par son mouvement écologique « Nattura », Björk a déclaré que l’Islande a besoin de l’euro pour stabiliser sa monnaie. En réponse à la question « Et pourquoi donc ? », la chanteuse s’est contentée de dire qu’elle a « forgé sa conviction devant les ravages de la crise économique », ajoutant aussitôt, avec une franchise désarmante, qu’étant musicienne elle « n’est pas sûre d’être la bonne personne pour répondre à cette question ». Non seulement nous sommes d’accord avec elle sur ce point mais comprenons un peu mieux pourquoi l’Islande a fait faillite.

Sarko et MAM

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Nos ultra gauchistes hexagonaux ont presque toujours été des guignols : à côté des Allemands, des Italiens et même des Américains, ils font pâle figure. Pendant les années dites de plomb, ils ont fait montre d’un amateurisme effarant dans leurs « actions directes », à l’exception du groupe Rouillan-Ménigon-Aubron dont les crimes terroristes (comment peut-on les qualifier autrement ?) ont pu être perpétrés car il n’avait été – pendant une brève période – ni repéré, ni infiltré par la police. Ainsi, les souvenirs des « taupes » de la DST infiltrées au cœur de la défunte Gauche prolétarienne se trouvent-ils aujourd’hui chez tous les bons libraires, à côté des opuscules anonymes des contempteurs radicaux de la vitesse, des OGM, du foie gras et d’autres bienfaits issus de l’ingéniosité de nos semblables.

On ne louera jamais assez la sagesse, la perspicacité et l’humanité des Raymond Marcellin et de la plupart de ses successeurs – de droite comme de gauche, d’ailleurs –, qui sont parvenus à empêcher de brillant(e)s jeunes gens et jeunes filles de commettre l’irréparable. Certains d’entre eux ont, certes, été coffrés quelque temps pour des actes de basse ou moyenne intensité. Il est probable que les « honorables correspondants » avaient contribué à les organiser, en bon pros, de telle manière à ce qu’ils ne provoquent pas de bavures sanglantes. Moyennant quoi les Geismar, Le Bris, Le Dantec, Benny Lévy, Olivier Rolin et quelques autres eurent tout loisir de se recycler dans l’Université, la littérature ou l’étude talmudique financée par Paris VII, pour le plus grand profit de la société qu’ils avaient voulu chambouler.

La riposte flexible du pouvoir bourgeois aux militants des « nouvelles radicalités » est l’une des facettes de la démocratie en acte que l’on ne met pas assez souvent en valeur.

Outre la liberté quasi-absolue d’expression garantie aux « théoriciens » de la révolution par embolie provoquée sur les réseaux complexes de l’Etat moderne, la République se soucie de surcroît de l’avenir de ceux qui mettraient en pratique ces balivernes pseudo-philosophiques. Elle les materne comme une ourse veille sur ses petits qui ont tendance à aller provoquer les vieux mâles irascibles et sanguinaires : elle ne les perd pas des yeux et leur balance de temps en temps une baffe pour les dissuader d’aller se faire manger tout crus.

N’étant pas infiltré dans les rangs de la nouvelle entité administrative née de la fusion de la DST et des Renseignements généraux, je ne dispose d’aucun élément factuel établissant que la récente arrestation du groupe anti-TGV relève d’une méthode policière dite pro-active. Celle-ci consiste à faire commettre à une cellule « révolutionnaire » une action délictueuse mineure, pour disposer d’un motif permettant d’en boucler les membres avant qu’ils ne soient en mesure d’en commettre de plus graves et plus dangereuses.

Mais quelques indices peuvent le laisser supposer : le tempo de l’opération, le jeu de ping-pong médiatique entre un Guillaume Pépy, PDG de la SNCF fâché tout rouge, et le sourire radieux de MAM venant annoncer l’arrestation des nuisibles quarante-huit heures après les faits, ainsi que la séparation d’un « accusé-témoin » du groupe des gardés à vue, tout cela semble bien ficelé. Vite fait, bien fait, pour que les transhumances de Noël ne risquent d’être perturbées par quelques bricolages à base de fer à béton.

Et la morale dans tout cela ? Est-elle du côté du vacarme des prophètes de l’apocalypse qui nous prêchent le slow pace pour nous libérer de l’enfer de la vitesse ? Ou bien dans le silence des obscurs, des sans-grades de l’appareil de sécurité d’Etat, fonctionnaires mal payés de la mansuétude discrète de la République envers ses enfants égarés ?

Le préfet était en Noir

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Après l’Arabe, le Noir. La France n’a pas encore son Obama mais elle peut au moins s’enorgueillir d’un « préfet visible », curieuse expression, employée sur France Inter par Alain Genestar, et qui a dû emplir d’allégresse tous les autres préfets, et l’intéressé aussi. On l’aura compris : contre la triste France de l’uniformité, invisible de surcroît, minée par ses « fièvres obsidionales », en proie à ses « détestables frilosités identitaires » comme a cru bon de le remarquer Le Monde, en grande forme, le jour où Goncourt et Renaudot étaient attribués à des écrivains d’origine étrangère, se dresse heureusement la France visible qui, coup de chance, est aussi celle de la diversité.

On ne savourera jamais assez le tête-à-queue sémantique qui conduit de pieux antiracistes à distinguer les individus et les groupes en fonction de leurs caractéristiques physiques. Pour faire court, plus t’es blanc, man, moins t’es visible.

Comme s’il ne suffisait pas de manier des catégories aussi déprimantes, certains visibles sont plus visibles que d’autres : c’est ainsi que les Asiatiques ont été implicitement éliminés de la course à la visibilité. On ne va pas tourner autour du pot : les « minorités visibles » dont il s’agit de favoriser la promotion pour réparer les crimes d’hier, ce sont les Arabes et les Noirs. À l’arrivée, les résultats de ce mic-mac sont croquignolets. On est raciste par antiracisme et discriminatoire pour lutter contre les discriminations. Ainsi quand certains commettent en toute visibilité des actes délictueux comme le brûlage de bagnoles, sociologues et journalistes se relaient pour expliquer en boucle que ces actes n’ont rien à voir avec la visibilité de leurs auteurs tout en réclamant d’un même élan que l’on réponde à ce malheur social par des mesures raciales – vous pouvez retourner la chose dans tous les sens, un avantage accordé en fonction de la couleur de la peau est bel et bien une mesure raciale[1. On dit généralement que le concept de race n’a aucune valeur scientifique. En fait, si : pendant longtemps, l’humanité s’est partagée entre plusieurs races, homo sapiens ceci ou cela. Mais cela fait quelques millions d’années qu’il y a une seule race humaine, aussi l’humanité est-elle à la fois une race et une espèce. Il y a une race humaine, pas une race indo-européenne. On se réfère ici au sens que donnent à l’idée de race racistes et antiracistes.]. Le « petit blanc » des cités a beau être aussi pauvre que ses copains, il n’a pas l’heur d’être issu de la diversité. Invisible. On vous dit qu’il n’y a rien à voir. Patrick Lozès, le président du CRAN, jure qu’il ne demande pas de discrimination ethnique mais il réclame « plus de couleurs » (sic !) sur les banc de l’Assemblée. Cherchez l’erreur. Au passage, sa réception à l’Elysée n’a pas manqué de déclencher une foire d’empoigne entre « visibles », les « domiens » (Antillais en novlangue) s’énervant contre les « d’origine africaine » tandis que les associations maghrébines s’inquiètent d’un « monopole des Noirs en matière de visibilité ». On attend avec impatience que les « minorités invisibles » (juifs, homos, pratiquants du saut à l’élastique) se mettent de la partie. On se marre, non ? Même pas.

Le plus hallucinant est que les journalistes, grands pourfendeurs d’idées reçues, se sont emparés de ces nouveaux hochets sans la moindre distance. Les idées niaises accrochées aux mots « visibilité » et « diversité », ils les ont non seulement reçues mais adoptées avec enthousiasme et manient maintenant ces concepts imbéciles avec le plus grand sérieux, incapables d’en percevoir la cocasserie. Dommage. Car tout cela se mesure, s’analyse, s’encourage. Ainsi peut-on lire sur le site du Nouvel Obs que « la diversité à la télévision n’a progressé que d’un point en dix ans ». Et dans l’entreprise ? Et dans la famille ? Que fait le gouvernement ? Comptez ! Combien de Noirs ? Combien d’Arabes ? Combien d’invisibles ? Il est vrai que le CSA qui, toujours sans aucun rapport avec le débat actuel, vient de pousser lui aussi sa gueulante, a cru bon de ramener les prolos dans la grande famille de la diversité. À en croire l’autorité de tutelle de l’audiovisuel public, non seulement il n’y a pas assez de ceux-ci et de ceux-là mais en plus, on manque de pauvres à la télé. Mais attention, la pauvreté, ce n’est pas un état (déplaisant) mais une origine. Ce qu’on veut, c’est des prolos qui causent prolo et qui sentent prolo. (page suivante)

I’ve got the bouse

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Noël Mamère et deux autres députés Verts dont j’ai heureusement réussi à oublier le nom ont déposé un projet de loi visant l’interdiction des braseros et autres chauffages d’appoint aux terrasses des cafés, pour cause d’émission intempestive de CO2. C’était jusque là la seule parade qu’avaient trouvé les débits de boisson pour enrayer la fuite de leur clients fumeurs. Lutter à la fois contre la propagation du vice tabagique, la fréquentation des estaminets et l’effet de serre : ces écolos sont très très forts. Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Noël Mamère sait-il qu’une bouse de vache, par exemple, émet une forte quantité de protoxyde d’azote et de méthane, soit deux gaz participant encore plus que le CO2 au supposé réchauffement de la planète ? A quand une loi proposant l’abattage total du cheptel ? Ou au moins un décret interdisant aux bovins de déféquer…