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Impressions d’Avignon

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Bon d’accord, je n’y étais pas ! Pas plus que vous en Afrique du Sud en juin dernier; et pourtant j’en ai entendu, des conneries sur la Coupe du Monde ! Les miennes ont les mêmes sources : ce que j’ai pu voir à la télé du Festival d’Avignon.
En temps normal, je n’aurais sans doute pas regardé ça. Là, ce qui m’a mis la puce à l’oreille, ce sont les controverses qui ont entouré dès le début cette 64ème édition – jusqu’à gagner la une de journaux aussi prestigieux que Le Monde et Libération.

« Avignon 2010 : un millésime trop audacieux ? » s’interrogeait le 20 juillet dernier l’ex quotidien-de-référence. « Avignon : un Festival de polémiques », répondait comme en écho l’ex quotidien-de-Sartre, avec ce sens de l’humour qui fait le petit plus des anciens maoïstes par rapport aux anciens trotskistes.

En question : la programmation 2010, marquée par une quasi absence de pièces du répertoire (deux en tout !). La direction du Festival, apprend-on, avait choisi de privilégier les œuvres non théâtrales, et en particulier les performances pluridisciplinaires – « convoquant » entre autres, danse, chant, vidéo, arts plastiques, marionnettes et cirque. Encore ne s’agissait-il là – précisons-le pour les néophytes – que du Festival officiel, et non du « off » tout court. Celui-là aura accueilli cette année, en 123 lieux, pas mois de 1092 spectacles, dont aucun n’a malheureusement été retransmis à la télé.

Monsieur Alice et Monsieur Gertrude

Moi, le premier auquel j’aie eu droit c’était Fairy Queen, annoncé à grand son de trompe par mon Télérama à moi : « un tourbillon de fantaisie surprenant de bout en bout. »[1. Arte, samedi 17 juillet, 14h. J’avais mis le réveil.]
De fait, en matière de surprises, j’ai été gâté : primo, il ne s’agissait pas d’une quelconque « relecture » du semi-opéra de Purcell, mais d’une œuvre originale d’Olivier Cadiot. Secundo, l’argument en était lui-même de la dernière originalité : l’écrivain Gertrude Stein et sa compagne Alice B. Toklas, interprétées comme il se doit par deux hommes, – dont un Deschiens et une sorte de danseur-étoile – recevaient à déjeuner… une fée. Le tout donnait lieu à un show forcément féérique, où se mélangeaient lieux, époques et niveaux de narration – comme dans une « construction onirique », le rêve en moins.

Mais le pire c’est que ce spectacle, programmé dans le cadre d’une Journée spéciale Avignon 2010, n’était en fait qu’une rediff’ de 2004… Comment voulez-vous, dans ces conditions, que je fasse correctement mon boulot de critique théâtral ?

Tel n’était heureusement pas le cas de Richard II, (France 2, vendredi 23 juillet, 22h05). Certes c’était la troisième fois que cette pièce était montée pour le Festival. Mais justement ! Après Jean Vilar (1947) et Ariane Mnouchkine (1983), la mise en scène de Jean-Baptiste Sastre était attendue comme l’« événement » de cette édition. Un événement « chic et choc a priori », s’enthousiasmait de confiance mon bon Télérama, qui a dû être quelque peu déçu. A en croire la critique autorisée, Sastre ne fait qu’illustrer, assez platement somme toute, la réflexion shakespearienne sur le pouvoir.

Certes, Podalydès est souverain dans le rôle de ce roi qui renonce volontairement à son trône – sans même réclamer un cheval en échange… Certes une traduction novatrice s’autorise ça et là quelques gros mots en français, et même dans la langue de William.
N’empêche ! Comme le dit Libé, « l’ensemble pêche par trop d’académisme (…) C’est du théâtre à l’ancienne, statique et déclamatoire, tout à fait réfractaire à la modernité (…) Rendez-nous Marthaler ! »

Enfin Marthaler vint !

Mais qui donc est ce Marthaler ? Eh bien, je l’ai appris cet été : un fameux metteur en scène suisse, familier d’Avignon, qui présentait cette année, en ouverture du festival, sa dernière création intitulée Paperlapapp (Arte, samedi 17 juillet, 22h20). Une œuvre spécialement conçue pour la Cour d’honneur du Palais des Papes, d’où son titre. Equivalent allemand de « bla-bla », Papperlapapp se veut aussi, en l’occurrence, une référence humoristique à la fonction de souverain pontife.

« Attention, génie en action ! » m’avait prévenu d’emblée Télérama, qui consacrait pas moins de trois papiers apologiques à l’homme et à son œuvre, « d’une insolence et d’une exigence extrêmes ». Peu désireux de mourir idiot, j’ai voulu voir ça. De quoi s’agit-il ? A priori encore d’une « réflexion sur le pouvoir » (temporel et spirituel, cette fois). Mais tout est dans la manière, et là, Marthaler diffère sensiblement de Shakespeare ; ses spectacles, à peine écrits, reposent largement sur les improvisations de ses comédiens-chanteurs.

Mais d’abord, plantons le décor. Au sol, un assemblage apparemment aléatoire de carrelages et de linoléum, sur lequel sont posés ça et là des tombeaux de papes recouverts de vieux matelas. Au premier plan, une machine à laver, un réfrigérateur siglé Coca et un confessionnal en travaux.

Bien entendu, rien de tout cela n’est là par hasard, et chaque signifiant a son signifié : au spectateur de deviner ! De toute façon, si le spectateur n’était pas malin, il ne serait pas là… La preuve, raconte l’AFP : tous les soirs, ils seront une bonne centaine à s’esquiver plus ou moins discrètement en pleine représentation – alors même que certains ont payé !
Pourtant, les personnages sont là pour nous aider à comprendre le décor. Prenez par exemple les fantômes de papes : s’ils défroquent littéralement sous nos yeux, c’est pour mettre leurs mitres et habits à tourner dans le lave-linge. Superbe allégorie des crimes qu’ils ont commis – et qu’ils persistent pourtant à nier, préférant hurler à la cantonade : « Il y a prescription ! » ou « J’appelle les Suisses ! »

Un scoop : Dieu est mort !

N’allez pas croire pour autant que feu ces papes d’Avignon aient perdu toute religion : une fois convenablement défroqués, ne s’agenouillent-ils pas en demi-cercle pour prier devant une poussette vide ? Quant à l’autre groupe de personnages, il est constitué d’un troupeau de touristes, guidés par un aveugle dans la visite d’un Palais des papes visiblement déserté par l’Esprit.

Cette symbolique lourde de sens est heureusement allégée par une avalanche de gags visuels tout droit sortis des premiers Charlot, qui font pouffer l’assistance branchée.Un bonhomme tombe par terre : rires ! Un pape s’allonge sur sa tombe et y tombe : rires redoublés ! Un chevalier médiéval soulève son heaume, sous lequel il fume une clope : hilarité générale !

On l’aura compris : si les pantins de Marthaler donnent à penser, c’est dans la bonne humeur. Mais au fait, penser quoi ? Pour être sûr de ne pas me tromper, je m’en remets une fois encore à Télérama : au-delà du « triste constat d’une religion défunte », qu’on se le dise, l’auteur déplore que « nulle transcendance ne règne plus que la consommation ».

Allons bon ! C’est donc ça, en 2010, l’apport de Christoph Marthaler à la modernitude avignonnaise ? La mort de Dieu, déjà annoncée par Nietzsche, plus la critique de la société de consommation, déjà esquissée dans les Elucubrations d’Antoine ? Mais après tout, les artistes sont libres n’est-ce pas – dès lors qu’ils assument les conséquences de leur irresponsabilité… Dans son lave-linge personnel, Marthaler fourre en vrac anticléricalisme, parabole du Veau d’Or et écologisme hippie. Pas étonnant que ça tourne en rond !

Le général Woerth

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[access capability= »lire_inedits »]Eric Woerth

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Le peintre Henri Plenel n’avait pas un talent immense. Comme l’art contemporain n’existait pas encore à son époque, il consacra sa vie à produire des croûtes toutes plus laides et insipides les unes que les autres. S’il y avait eu, chez Henri Plenel, la moindre once d’élan esthétique, on pourrait, à la rigueur, conclure que chacune de ses toiles était ratée. Ce n’est même pas le cas.

[access capability= »lire_inedits »]Il n’y a rien, absolument rien, à retenir de l’œuvre du peintre Plenel. Et si nous vous infligeons aujourd’hui cet affreux portrait, ce n’est pas pour ses qualités esthétiques, mais pour le modèle que Plenel fut le seul à peindre. Il s’agit du général Woerth. La postérité n’a pas retenu son nom. Malheureusement. Il fut l’un des héros les plus insignes de la Retraite de Russie : au soir du 18 octobre 1812, lorsque Napoléon donna l’ordre à la Grande Armée de se retirer, le général Woerth décida de rester sur place, proclamant devant ses soldats rassemblés au bivouac : « Nous sommes jeunes. Nous sommes combatifs. Nous n’avons pas l’âge de partir en retraite ! » Les soldats du général Woerth tinrent si bien leur position qu’ils rentrèrent à Paris à la fin de l’année 1870.

H. Loireau, Le général Woerth, collection particulière.

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Rothschild émigre avec son cheval

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Le quotidien israélien Yediot Aharonot annonce qu’Edouard de Rothschild, principal actionnaire de Libération et président de France Galop vient d’immigrer en Israël. Il résidera principalement dans sa villa de Kfar Shemaryahou, le Neuilly de Tel Aviv. Il va recevoir la nationalité israélienne, sans pour autant abandonner la citoyenneté de la République Française.

On se perd en conjectures sur les raisons de cette alya de luxe. Est-il excédé par le schnorrer insistant Laurent Joffrin, qui vient régulièrement le taper pour maintenir son journal à flot ? Craint-il les nouvelles mesures gouvernementales visant à priver de la nationalité française ceux qui, venus d’ailleurs, se conduisent mal dans leur pays d’accueil ? Veut-il se guérir de son addiction aux courses de chevaux dans un pays où elles sont interdites par les rabbins ? Que nenni ! C’est dans la presse hippique que l’on trouve la vraie raison de cette arrivée en Terre Sainte du rejeton de l’illustre famille qui tenait boutique à Francfort à l’enseigne de l’Ecu rouge. Snobé par la Fédération française d’équitation, qui lui refuse pour d’obscures raisons sa licence de cavalier de concours, il veut participer, sous les couleurs israéliennes aux Jeux Olympiques de Londres en 2012. Pour mettre toutes les chances de son côté, il a acquis à grand frais Lamm de Fetan, le bourrin réputé meilleur sauteur du monde. Le cheval, paraît-il, est ravi, car il ne risque pas, en cas de contre-performance, de finir à l’étal d’une boucherie hippophagique, cette viande étant définitivement non cachère.

Surenchère droitière ? Chouette alors !

Le discours prononcé par Sarkozy à Grenoble a provoqué comme on pouvait s’y attendre de nombreuses réactions. Peu variées mais nombreuses. Ce n’était pas le premier sur ce thème et sur ce ton mais on ne peut pas dire que les critiques aient brillé par leur originalité. Comme d’habitude, comme pour les peines-plancher ou l’interdiction de la burqa, les propositions avancées sont inacceptables et inapplicables, scandaleuses et anticonstitutionnelles, contraires à notre histoire et à nos valeurs.

Le braillomètre s’affole : c’est bon signe !

Même si ces réponses au gouvernement prennent des airs pavloviens, quand le braillomètre s’affole, on ne boude pas son plaisir et quand la Ligue des Droits de l’Homme nous met en garde, quand la LICRA contacte le MRAP pour envisager une action en justice concertée (après les propos tenus sur les roms), on peut espérer que la répression qui suivra sera à la hauteur de nos besoins.

Nos vœux pourraient être bientôt exaucés car les 537 camps de « gens du voyage » illégaux, connus depuis longtemps des pouvoirs publics et dans lesquels la police n’entre pas vont être évacués. Est-ce le début d’une reconquête de nos territoires perdus ?

On dénonce partout une surenchère droitière. Je m’en réjouis parce que, dans l’épreuve de force engagée entre le pouvoir et le crime, la surenchère reste la bonne solution à moins de lui préférer l’attentisme ou la défaite, ou de chercher une autre voie mais pas trop longtemps.
On peut aussi regretter que les choses n’aillent pas plus vite et déclarer avec le Front national « Assez de bavardages ! », mais en démocratie, le rouleau-compresseur de la loi avance très lentement, respecte la signalisation des contre-pouvoirs, et son carburant, c’est l’opinion. Il faut donc commencer par la gagner. Ce qu’on peut espérer, c’est, qu’une fois lancé, rien ne l’arrête. Sur ce plan-là, les images récentes d’une expulsion de clandestins à la Courneuve, visibles sur le site du DAL, peuvent nous rassurer.

J’ose espérer que ces discours sécuritaires ne visent pas seulement la réélection mais qu’ils tâtent le terrain et préparent l’action. On lance une idée, puis des sondages et on sait (à la louche) de combien de divisions électorales on dispose avant de lancer une offensive. Ça peut sembler vulgairement populiste et on pourrait se contenter de demander son avis à Robert Badinter, ce qui serait beaucoup plus distingué et assurément constitutionnel. Moi, je ne suis pas fâché qu’on se soucie de mon opinion, et même de mes bas instincts de survie.

Quand les propositions présidentielles désacralisent le droit du sol ou l’irrévocabilité de la nationalité française, la plupart des analystes ont mal à la Constitution. À les entendre, c’est l’âme de la nation qui est menacée. J’ai peut-être l’âme bien accrochée, mais je ne crains pas de la voir tomber à la première secousse, au premier coup rendu ni même à la première révision des principes généreux et fondateurs de notre République comme le droit du sol.

Séparer le bon grain de l’ivraie

Les révolutionnaires qui ont pensé notre Constitution ont voulu faire de la République naissante la terre promise de tous les amants passionnés de la liberté. Ce phare de la civilisation occidentale qu’était notre nation a attiré des étrangers qui sont venus donner un peu de cœur contre de l’égalité, du courage contre de la liberté et de la reconnaissance contre de la fraternité.

Aujourd’hui, parce que nous avons manqué d’exigence selon les uns, parce que nous avons cessé de briller selon les autres, la France n’a plus l’immigration qu’elle mérite et nous avons un problème d’intégration qui ne cessera de s’aggraver du fait de la démographie des arrivants du Maghreb et de l’Afrique sub-saharienne, comme on dit pudiquement au CNRS. Il faut être aveugle ou journaliste à France Inter pour ne pas voir le rapport entre délinquance et immigration. Veut-on que le pays entier ressemble un jour aux quartiers nord de Marseille parce que nous aurons tenu à rester fidèles à une Constitution faite en d’autres temps et pour d’autres mœurs ?

Alors on fait quoi ? On ne change rien et on se laisse submerger par une criminalité et une hostilité grandissante à la culture française parce qu’on est les Lumières ou on cherche des solutions ?

Il n’est pas envisageable de renvoyer dans leurs pays d’origine des générations de Français d’origine étrangère mais il ne me paraît pas indigne de commencer à pratiquer une discrimination salutaire. Pourquoi ne pas séparer le bon grain de l’ivraie sur les critères de l’honnêteté des intentions et des pratiques et expulser les mauvais Français d’origine étrangère pour épargner aux bons enfants d’immigrés toute stigmatisation et les préserver du racisme dont ils sont victimes ?

Non au passeport à points ? Et pourquoi pas ? Français à l’essai ? Et alors ? Si nés de parents étrangers, vous devenez criminel multirécidiviste, si vous voulez pratiquez l’excision, la polygamie ou porter la burqa, ou rester membre, même passif, d’Al Qaïda, la France devrait pouvoir vous dire que « Non, désolés, il y a eu méprise, vous vous êtes trompés de pays, sans rancune, le monde est vaste et bon vent ».

Où irez-vous ? Ce n’est plus un problème français, il fallait y penser avant.
Cette solution qui aurait l’avantage de nous débarrasser des individus irrécupérables pour la France et d’inviter les autres à plus de respect et de zèle dans l’effort d’intégration pose d’autres problèmes, j’en suis conscient mais il va bien falloir les affronter ou chercher d’autres pistes si on ne veut pas disparaître en tant que peuple.

« On ne naît pas forcément Français, on peut le devenir. Mais quand on l’est, sauf exception rarissime, c’est pour toujours », nous rappelle notre causeuse en chef. Ce n’est pas une loi naturelle, c’est une loi française que la France peut défaire et doit revoir si elle veut sauver sa peau.

Un accommodement raisonnable : couper la main des voleurs…

Elle en perdrait son âme, nous dit-on. C’est à croire que l’âme de la France, ce n’est pas son peuple en voie de colonisation on ne peut plus constitutionnelle, ce ne sont pas ses vieux contraints dans les quartiers de leur enfance de descendre du trottoir pour ne pas être bousculés, ce sont les principes gravés dans le marbre de sa Constitution.

Un droit du sol relatif, sous conditions, une terre d’accueil qui n’accueillerait pas de façon automatique et irrévocable, ce n’est ni indigne ni contraire à notre histoire. Ce qui l’est en revanche, c’est de se laisser envahir et de disparaître sans le moindre esprit de résistance, sans la moindre envie de Jeanne ou de Charles.

Pour ceux qui se livrent au gendarmicide, c’est autre chose. L’idée a été avancée par Sarkozy qu’on pourrait déchoir de sa nationalité un Français d’origine étrangère qui n’aimerait pas la France au point d’avoir attenté à la vie d’un de ses représentants. Je ne suis pas opposé à cet aménagement de la loi par principe mais je doute qu’en réalité, la réponse soit bien adaptée. D’abord, parce que si on prend le cas de Karim ou de Luigi, je ne vois pas bien l’intérêt de les défranciser et que les tueurs de flics, je les préfère français et morts qu’apatrides et vivants.
Ensuite parce que pour ceux qui se laissent arrêter, la perpétuité est prévue et que les prisons étant plus étanches que nos frontières, ils sont mieux à l’ombre qu’au soleil. Par contre, la mesure pourrait s’appliquer à ceux de leur communauté qui ont mis quartier et village à sac et sont venus par centaines les enterrer, affichant une nette préférence pour des tueurs de leur ethnie que pour les lois de leur pays d’accueil.

Cela dit, je doute que cette proposition soit très dissuasive car en réalité, être Français, ceux qui tirent sur la police s’en fichent.

On pourrait d’une seule mesure combattre la délinquance et faciliter l’intégration en s’inspirant de l’exemple de Martin Hirsch qui, en déclarant que l’intégration serait réussie le jour où « des catholiques appelleraient leur enfant Mohammed » , a fait progresser l’idée « d’accommodement raisonnable ». Allons plus loin et intégrons à notre système pénal une loi issue des cultures d’origine des derniers arrivés. Nous pourrions par exemple couper les mains des voleurs multirécidivistes.

Mais ça, vous verrez que ce n’est pas constitutionnel. Décidément, on ne peut rien faire !

Belgique, le pays à plat…

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Belgique

C’est un pays « en voie d’évaporation » (dixit le séparatiste flamand Bart De Wever, grand vainqueur des élections législatives du 13 juin) qui vient de prendre, le 1er juillet, la présidence de l’Union européenne. De quoi justifier le titre du récent livre de Jean-Pierre Stroobants, correspondant du Monde à Bruxelles : Belgique, laboratoire de la désunion européenne, publié aux éditions du Cygne.

[access capability= »lire_inedits »]L’Europe est donc présidée par un pays sans gouvernement, car celui issu des dernières élections législatives ne devrait pas être constitué avant l’automne. Voilà qui laisse toute latitude à un autre Belge, Herman Van Rompuy, alias « Mr Nobody », pour donner toute la mesure de son impuissance à gérer le chaos provoqué par le désaccord de plus en plus profond entre l’Allemagne de Merkel et la France de Sarkozy. Président permanent du Conseil européen, voilà qui fait classe sur une carte de visite ! On aurait d’ailleurs dû le nommer président perpétuel, comme le secrétaire de l’Académie française, pour donner encore plus de poids symbolique à une fonction où il peut tranquillement ciseler ses haïkus, dont il est un auteur compulsif.

La Belgique s’évapore

L’« évaporation » de la Belgique, accélérée par les chaleurs estivales, ne devrait pas être sans conséquence sur l’ensemble du système institutionnel européen : quand ça s’évapore, personne n’est à l’abri du destin des méduses échouées sur le sable par grand soleil : au bout de quelques heures, il n’en reste qu’une petite tache humide sur la grève. Il faut espérer que cette disparition par passage de l’état solide à l’état gazeux épargne les talentueux auteurs belges de BD, qui sauront mettre en image l’évaporation du Berlaymont, de Van Rompuy, de Barroso et de la trace verte que « Dany le Rouge » aura laissée sur le pavé bruxellois. À la rentrée, Bernard Guetta fera une grave dépression et fondra tous les matins en larmes sur France Inter. Cela nous consolera de l’éviction de Stéphane Guillon.[/access]

Cocufiage : faudrait pas se tromper !

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Une longue et coûteuse enquête, menée par Christopher Ryan et Cacilda Jetha vient d’aboutir cette année à la publication de leurs conclusions sous forme d’un pavé de plus de 400 pages, gracieusement intitulé Sex at Dawn: The Prehistoric Origins of Modern Sexuality. Les auteurs y répondent à cette lancinante question qui taraude même les plus ingénues d’entre nous depuis la nuit des temps : pourquoi les hommes trompent-ils leur femme ? Et bien, nous allons pouvoir nous préoccuper d’autres choses, Mesdames, car Christopher Ryan et Cacilda Jetha ont découvert le fin mot de l’histoire.

Comme pour l’art de faire un créneau ou celui, plus téméraire encore, de trouver le beurre dans le frigo, il faut remonter à l’époque, visiblement très constructive, où nos ancêtres, même pas Gaulois, se prélassaient dans des grottes, réfléchissant à la répartition des tâches ménagères.

Et ils décidèrent ceci : nous, les hommes, on a la testostérone qui se raréfie avec l’âge. Donc, faut qu’on se stimule la guimauve et pour ça y a un truc, faut qu’on se mette en contact avec d’autres gonzesses qu’on connaît pas encore. Ils se sont mis d’accord sur le chiffre d’une remontée de 14% de la précieuse substance, arguant que la régulière était priée de pas trop la ramener vu qu’elle profiterait, elle aussi, du regain d’activité de son cher et tendre sous la couette en peau de pécari. Bien, bien.

J’ignore totalement comment on calcule le taux de testostérone, mais du fond de ma cuisine, arrosant le gigot d’une main et branchée sur radio confidences des copines de l’autre, j’aurais pu, moi aussi, vous livrer mon expertise. Car la vraie question n’est pas de savoir pourquoi les hommes trompent leur femme, mais pourquoi eux, ils se font toujours choper.

Parce que quand un homme galipette hors des liens sacrés du mariage, en général, c’est avec une femme, non ?

Sex at Dawn: The Prehistoric Origins of Modern Sexuality

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Les Français peuvent gagner

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Athletisme
La France, enfin victorieuse à un championnat de quelque chose.

L’athlétisme, tout le monde s’en fout. C’est un peu comme pour les fléchettes ou le curling : y a jamais grand-monde pour assister aux championnats du monde de ces disciples à la noix. L’athlétisme est une discipline à la noix.

Athlètes du sexe : je dis oui !

Je ne dis pas : les athlètes, je ne crache pas dessus. Qu’il s’en présente seulement un, bien gaulé, les épaules larges, le muscle saillant, le petit cul rebondi dans un short moulant, et je peux lui rechanter la Chevauchée des Walkyries sur tous les tons. Certes, ce n’est pas gagné d’avance – sauf si l’athlète en question concoure en handisport et qu’un esprit bien intentionné a pris soin de lui enlever les roues de son fauteuil. Et de l’attacher solidement, on n’est jamais trop prudent. J’ai une vraie passion pour les athlètes. Une passion d’esthète[1. Je ne me fais pas d’illusion : les athlètes sont tous gays.]. Mais de là à m’inquiéter des résultats, voire de la présumée existence de « championnats du monde d’athlétisme », faut pas courir ! Enfin si, justement, il faut courir, mais ne m’interrompez pas !

Or, voilà que j’apprends que des Français auraient participé à une telle compétition et que – ô miracle – ils en auraient rapporté des médailles : 18 en tout, dont 8 en or. Et le pays tout entier célèbre ses champions.

Primo, il faudrait apporter la preuve incontestable que des « championnats du monde d’athlétisme » existent réellement. Deuxio, que lesdits championnats se soient bien déroulés à Barcelone. Tertio, que des Français aient pu avoir été admis à y participer, après l’effroyable pâtée que leur équipe nationale s’est prise en Afrique du Sud : c’est la première fois, depuis 1940, qu’un aussi grand nombre de Français ont demandé la nationalité allemande, rien que pour faire partie du grand pays qui a remporté la petite finale, lui.

Barcelone : l’Equipe de France victorieuse

Admettons que tous ces doutes soient levés – ça m’étonnerait, quand même, qu’il y ait des gens assez cinglés pour organiser un meeting international où des types courent en short –, il n’en demeure pas moins qu’autant de victoires françaises laisseraient songeur plus d’un honnête homme. La présumée victoire de l’équipe nationale de France d’athlétisme à Barcelone nous invitent donc à quelques menues réflexions :

1. La France court vite, merci la Police. Si le Français est aussi bon à la course à pied, c’est qu’il est entraîné : il a appris à se déplacer très vite du lieu de son larcin vers le transformateur EDF le plus proche. Pour la prochaine coupe du monde de foot (le seul sport qui vaille de vider des bières devant une télé), il faudrait que les forces de l’ordre adoptent une autre tactique d’entrainement avec les jeunes délinquants, afin qu’ils maîtrisent autre chose que la course.

2. Les Français sont des coureurs. Le problème est qu’ils ne savent faire que cela : Franck Ribery l’a montré avec une incomparable maestria.

3. Les Français ont tout dans les jambes. Rien dans la tête. Pour courir, c’est sûr, il vaut mieux avoir les mollets musclés. Pour jouer au foot, un peu de « mental » est requis. D’ailleurs, il faut être sacrément con pour aller à Barcelone et s’y enfermer des journées entières dans un stade. Il y a tellement de choses plus saines à faire dans cette ville exceptionnelle : visiter la Fondation Miró, prendre une ligne de coke, aller baiser des putes, jouer à la corrida avec des nationalistes catalans, se refaire une ligne de coke.

Bien entendu, aucune de ces questions essentielles ne trouvera de réponse. La France ne veut pas savoir. Elle ne veut pas entendre que l’athlétisme, franchement, tout le monde s’en fout. On lui souhaite néanmoins de remporter d’autres victoires mondiales. Ping-pong, curling, fléchettes, lancer de nains : les Français n’ont, pour exceller, que l’embarras du choix.

Les nihilismes de Villiers-le-Bel

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Villiers-le-Bel

La condamnation des accusés de Villiers-le-Bel à des peines de trois ans, neuf ans, douze ans et quinze ans de prison, en l’absence de toute certitude quant à leur culpabilité, est une décision injuste et scandaleuse. Les méthodes de l’enquête et le procès de Villiers-le-Bel sont un déshonneur pour la France. Il est inconcevable de condamner à des peines de prison aussi lourdes des hommes dont aucun élément tangible ne permet d’établir avec certitude la culpabilité, sur la simple foi de témoignages anonymes et rémunérés. La justice française vient d’accomplir un pas de plus vers le nihilisme en s’inscrivant dans le registre de la vengeance et du sacrifice de boucs émissaires.

[access capability= »lire_inedits »]Cependant, dans l’affaire de Villiers-le-Bel, la justice française ne me semble malheureusement pas la seule à glisser vers le nihilisme. Si je partage entièrement l’exigence d’une justice équitable et la dénonciation des méthodes de la police et de la justice concernant cette affaire, je me sens sur tous les autres points en désaccord avec les signataires de l’appel « Pour les cinq de Villiers-le-Bel » publié le 21 juin dans Libération. Les « membres » de « l’ultragauche » me semblent faire partie, avec certaines bandes de clochards royalistes, des cœurs – des corps – les plus nobles parmi nos contemporains. Ce qui suscite mon admiration et mon sentiment fraternel, ce sont les tâches de construction nombreuses auxquelles ils s’attèlent avec musicalité et longue haleine. Je crois que c’est seulement dans les moments où ils (nous ?) éprouvent (éprouvons ?) un essoufflement ou un découragement passager dans l’ordre de la construction de mondes que la fascination pour la destruction grandit et prend le dessus. J’ai partagé ce sentiment, moi aussi. Dans les moments de désespoir, toute destruction semble bonne à prendre et le discernement est perdu. Je ne crois pas du tout, pour ma part, que les émeutes de Villiers-le-Bel constituent un événement historique glorieux et laissant augurer de grands espoirs. Je ne trouve pas du tout que le fait de tirer sur la police soit une forme de délassement honnête et sympathique. Je ne crois pas du tout, enfin, que la haine soit le seul affect politique authentique, ni que la politique doive être pensée exclusivement dans le registre de la haine. Dans tout cela, j’aperçois une menace nihiliste qui réclame la plus grande prudence.

Les hommes ne sont pas des symboles

Dans l’affaire de Villiers-le-Bel, il existe malheureusement un point de convergence éthique entre l’État français et ses ennemis : le fait d’accepter de transformer une personne humaine réelle en symbole ; le fait d’être incapable de résister à la séduction morbide et abstraite des symboles ; le fait de consentir à ce qu’un homme devienne de la chair à symboles, glisse dans le cercueil d’un symbole. Dans cette situation, il est urgent de nous rappeler les mots de Milan Kundera dans L’Art du roman : « L’homme est un enfant égaré dans les “forêts de symboles”. Le critère de la maturité : la faculté à résister aux symboles. »

C’est précisément cet oubli de la personne humaine concrète, sensible, charnelle, derrière les symboles, qui est meurtrier et qui constitue l’élément éthique qui permet à la machine de la haine mimétique la plus destructrice de s’emballer. Depuis la mort tragique de Lakamy et Mushin, en novembre 2007, qui semble s’apparenter en partie à un accident et en partie à un homicide involontaire causé par un policier, depuis cet événement qui fut perçu comme un premier sacrifice, c’est le même envoûtement morbide qui autorise la montée mimétique de la haine, telle que l’a décrite René Girard. Dès lors, la haine ordonne à chacun de sacrifier de nouveaux boucs émissaires pris au hasard et arrachés à leur tour à leur humanité.

C’est le même nihilisme, né de la même haine aveugle, qui est à l’œuvre lorsque des hommes, dont nous ne connaissons toujours pas l’identité, tentent de sacrifier « des flics au hasard », érigés en symboles abstraits de la police et de l’État. Mais c’est encore la même haine aveugle, le même désir de sacrifier un bouc émissaire pris au hasard, qui a conduit la justice française à jeter en prison Abderhamane Kamara, Adama Kamara, Mara Kanté, Ibrahima Sow et Samuel Lambalamba, qui ne sont à mes yeux ni les symboles de « la banlieue » – que je refuse de considérer comme une entité magique intrinsèquement différente du reste de l’humanité, qui ne me semble être ni radicalement meilleure, ni éminemment pire que le reste de l’humanité –, ni les symboles de la Révolution, mais simplement cinq hommes dont la culpabilité n’a pas été établie de manière honnête et qui, à ce titre, doivent être libérés.

Si la justice française ne fait pas marche arrière et n’interrompt pas le cycle de la haine sacrificielle, il est à craindre que le nihilisme poursuive encore son œuvre et que des innocents soient tués à Villiers-le-Bel au prétexte qu’ils seraient peut-être des témoins sous X. Comme les flics, comme les accusés, la haine les choisira au hasard et poursuivra ainsi ses désastres.[/access]

Du pain, des jeux… et pas de blé !

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Décidément, les Britanniques n’ont pas de chance avec leurs Jeux Olympiques, il flotte toujours sur leur organisation une étrange odeur de poisse. Déjà en 1908, Londres n’avait été désignée qu’en catastrophe, après qu’une éruption épouvantable a dévasté Naples où devait se tenir une partie des compétitions. L’édition de 1944 fut annulée pour cause de guerre mondiale et de V2 en goguette. On se souvient qu’elle se déroula finalement quatre ans après, dans une ville exsangue et encore dévastée par le Blitz, où les athlètes logés dans des baraques militaires avaient dû amener leur manger pour ne pas mourir de faim. On peut raisonnablement penser qu’ils seront nourris en 2012, mais c’est la crise économique qui donne des sueurs froides au comité et à son chef, lord Sebastian Coe. Le fourbe qui après un lobbying féroce auprès des membres du Commonwealth nous avait arraché de quatre votes sur 104 une organisation qui nous revenait de droit. Forcément, notre projet était bien meilleur, même le CIO l’avait dit. Mais entre le savoir-faire et le faire-savoir, il y a… 340 kilomètres, soit la distance entre Paris et Londres. On dit que Bertrand Delanoë, qui se voyait déjà au moins premier secrétaire, ne s’en est jamais remis.

Il y a une justice. Le cadeau était sacrément empoisonné. Que ferions-nous d’un tel bébé à l’heure des restrictions budgétaires draconiennes ? Il reste exactement deux ans aux Anglais, pas un jour de plus, pour faire pousser les Pounds aux branches de Hyde Park. Comme on pouvait s’y attendre, les coûts des chantiers manifestement sous-évalués ont explosé dès le premier coup de truelle. De deux milliards, le budget est passé à dix. Où trouver les fonds manquants ? Cameron fait le mort, la City regarde ailleurs, les sponsors ont le blues… A moins d’un miracle, la magnificence chinoise restera sans égale. Mais ils vous disent avec une moue charmante que telle n’a jamais été leur ambition. Ils comptent sur le charme de la vieille Angleterre et ses capacités uniques à rebondir et résister pour s’en sortir. Le pire est qu’ils en sont capables. A un petit détail près auquel personne n’avait pensé en choisissant les dates des prochains JO. Ils tombent pile poil en plein ramadan…

Sarkozy, pour la vie

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Les Français n’imaginent pas leur chance, avec Sarkozy. A gauche, on nous serine, des sanglots dans la voix, l’exception française par-ci, l’exception française par-là. On nous rebat les oreilles comme quoi il est en train de la tuer. Grossière erreur : c’est rigoureusement impossible, puisque notre exception française, c’est lui ! Notre président, on nous l’envie partout en Europe, en ces temps si troublés. Si, si.

Il ne viendrait à personne l’idée d’envier la France parce qu’elle est, par exemple, un pays parmi les plus prisés des investisseurs étrangers et des touristes. Pensez-vous, comment pourrait-il y avoir réellement tant d’investisseurs dans un pays de feignasses surmutualisées défendues par des syndicats archaïques et un Code du travail soviétiforme ? Il doit y avoir une erreur. Les économistes doivent mentir sur les chiffres. Quant aux touristes, c’est pareil. A qui allez-vous faire croire que la France reste la destination la plus prisée au monde ? Vous les avez vus, au foot, en Afrique du Sud, les Français ? Pays de racailles, d’islamistes, de caïds. Encore deux ans et c’est une mosquée au Mont Saint-Michel et le parvis de Notre-Dame transformé en aire pour voleurs de poules, pardon pour roms, pardon pour gens du voyage…

Tourisme, investissement et vols de carambars

Au passage, rappelons que les investisseurs et les touristes font chez nous à peu près la même chose : amener du pognon. La seule différence est qu’un investisseur suédois ne prend pas de photos de la Tour Eiffel, ne se laisse pas inviter à boire un chocolat chez Angelina et a de moins jolies jambes que la touriste de même nationalité. Il y a néanmoins un cas particulier où l’investisseur permet de voir de jolies jambes. C’est quand Woody Allen[1. En profiter pour lire l’excellent Woody Allen de Laurent Dandrieu (CNRS éditions).] tourne Midnight in Paris avec un rôle pour la Première Dame, Carla Bruni.

Sarkozy, qui est en guerre cet été – on s’attend toujours à le voir avec un casque lourd quand il arrive quelque part – trouve tout de même deux heures dans son emploi du temps de généralissime en pleine bataille de la Marne pour regarder Carla Bruni refaire trente deux fois sa prise, celle où elle tient à la main une baguette de pain[2. D’après les journaux anglais… Mais ça sent le cliché, tout de même, Woody.].

Mais Sarkozy rattrapera le temps perdu en grimpant dans son Air Force One pour se rendre à Chatouilly-sur-Loire, où l’épicière vient de se faire voler pour la cinquième fois ses carambars. Là, il déclarera solennellement la guerre aux voleurs de carambars, en profitera pour élargir son propos à la nécessité de faire des sacrifices : « Il faut que les parents apprennent à leurs enfants qu’il y a des périodes où c’est un carambar, pas deux. » Et juste après, il remontera dans son avion tout neuf à deux cent millions d’euros et téléphonera pour virer le préfet de Chatouilly-sur-Loire, qui n’a pas été foutu de démanteler un trafic de carambars dans son département.

Quand on vous dit que c’est Sarkozy et rien d’autre qu’on nous envie ! On ne va pas nous envier pour notre système de santé, tout de même ? Vous rigolez ? Il est en ruine. Il faut vraiment être Anglais pour venir se faire soigner chez nous les yeux, les dents, le cœur. Les Anglais sont un des moteurs de la finance mondiale. Sans eux, on en serait encore au troc. Ils ont inventé la City pour faire de la finance moderne, c’est-à-dire de la finance qui finance la finance. Du coup leurs trains déraillent, leurs écoles aussi et on est mis sur liste d’attente quand on arrive avec un infarctus à l’hosto. Mais gouverner, c’est choisir.

La France ne sera plus le Cuba de l’Europe !

Vous avez vu, nous, ce qu’on avait choisi, avant Sarkozy ? La honte. S’occuper prioritairement de la santé, de l’éducation et de projets industriels à très long terme. Du coup, ce n’est pas compliqué, depuis la Libération et le programme du CNR, les Français ne vivaient que pour la retraite et les congés payés. Et vous avez sous les yeux les résultats de soixante ans d’économie administrée. Trois fois rien. Des trains à grande vitesse, des Airbus, des fusées Ariane et une indépendance énergétique accrue grâce au nucléaire.

On ne lui sera jamais assez reconnaissant, à Sarkozy, d’en avoir fini avec l’éducation et la santé. Il a écarté de nous cette honte : être le Cuba de l’Europe. Ne souriez pas. On n’en était pas loin. C’était quoi la France, avant lui, sinon un pays où l’on dansait sur la plage avec des emplois à vie ? Où l’on dépensait des fortunes pour soigner les vieux. Où l’on envoyait tout le monde à l’école, même les Arabes, lire La Princesse de Clèves. Tout ça, ça creusait les déficits et on n’était même pas foutu d’inventer des produits financiers sérieux, genre subprimes, pour faire comme les anglo-saxons, ces champions.

Une longévité exceptionnelle

Oui, mais là où Sarkozy est incontestablement le plus fort, c’est dans sa longévité au ministère de l’Intérieur et la cohérence profonde en matière de sécurité depuis. Il n’a pas varié d’un iota et il n’y a pas à dire, c’est une réussite complète. Sarkozy est ministre de l’Intérieur depuis 2002. Accessoirement, il s’est fait élire président de la République en 2007 pour garder le job.

Quand il a eu, d’ailleurs, cette formule célèbre, « J’ai tué le job », ce n’est pas de ministre de l’Intérieur qu’il parlait, contrairement à ce qu’on croit. C’était du job de président. Et s’il n’avait pas été là, pendant ces presque dix ans, place Beauvau, on se demande où on en serait. Vraiment.

Les scénarios de science-fiction ne me font pas peur. Aussi invraisemblable que cela puisse vous paraître, il n’est pas impossible que, sans cette politique de la tolérance zéro, on se soit retrouvé avec des quartiers qui seraient devenus des zones de non-droit et des bases arrière pour le grand banditisme. On peut même aller jusqu’à imaginer que s’il n’y avait eu la poigne de fer de Nicolas, des émeutes auraient éclaté pendant plusieurs semaines partout en France, faisant des centaines de blessés et des millions d’euros de dégâts, et que la gendarmerie soit obligée d’intervenir dans la vallée du Cher comme dans n’importe quel djebel où traînerait une katiba à éradiquer. On pourrait également prédire que tout le monde ayant perdu le sens de la mesure, on commence à s’en prendre à des parties de la population non en raison de ce qu’elles font mais de ce qu’elles sont, que des Chinois, des Noirs et des Algériens rejouent South Central et Watts à Belleville, le quartier symbole de la Commune de Paris.

On pourrait imaginer, pourquoi pas, une France qui aurait l’impression d’être à la limite d’une guerre civile ou ethnique, ça dépend de quel côté de saucisson on se place. Oui, je sais, je vais un peu loin. Mais cette dystopie insécuritaire aurait été hélas fort vraisemblable si Sarkozy n’avait pas été là pour impulser une politique rigoureuse en la matière.

C’est pourquoi, je propose une modification de la Constitution (on trouvera bien la voix de Jack Lang au Congrès pour faire une majorité des deux tiers), laquelle devrait être ainsi rédigée : « Article I, la République attribue à vie le poste de ministre de l’Intérieur. Article II, il est confié à Nicolas Sarkozy. » Comme ça, quand il ne pourra pas se représenter en 2017, il sera toujours là pour œuvrer à cette paix civile qu’il a si heureusement entretenue depuis 2002.

Et les Français seront bien rassurés. Comme maintenant.

Impressions d’Avignon

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Bon d’accord, je n’y étais pas ! Pas plus que vous en Afrique du Sud en juin dernier; et pourtant j’en ai entendu, des conneries sur la Coupe du Monde ! Les miennes ont les mêmes sources : ce que j’ai pu voir à la télé du Festival d’Avignon.
En temps normal, je n’aurais sans doute pas regardé ça. Là, ce qui m’a mis la puce à l’oreille, ce sont les controverses qui ont entouré dès le début cette 64ème édition – jusqu’à gagner la une de journaux aussi prestigieux que Le Monde et Libération.

« Avignon 2010 : un millésime trop audacieux ? » s’interrogeait le 20 juillet dernier l’ex quotidien-de-référence. « Avignon : un Festival de polémiques », répondait comme en écho l’ex quotidien-de-Sartre, avec ce sens de l’humour qui fait le petit plus des anciens maoïstes par rapport aux anciens trotskistes.

En question : la programmation 2010, marquée par une quasi absence de pièces du répertoire (deux en tout !). La direction du Festival, apprend-on, avait choisi de privilégier les œuvres non théâtrales, et en particulier les performances pluridisciplinaires – « convoquant » entre autres, danse, chant, vidéo, arts plastiques, marionnettes et cirque. Encore ne s’agissait-il là – précisons-le pour les néophytes – que du Festival officiel, et non du « off » tout court. Celui-là aura accueilli cette année, en 123 lieux, pas mois de 1092 spectacles, dont aucun n’a malheureusement été retransmis à la télé.

Monsieur Alice et Monsieur Gertrude

Moi, le premier auquel j’aie eu droit c’était Fairy Queen, annoncé à grand son de trompe par mon Télérama à moi : « un tourbillon de fantaisie surprenant de bout en bout. »[1. Arte, samedi 17 juillet, 14h. J’avais mis le réveil.]
De fait, en matière de surprises, j’ai été gâté : primo, il ne s’agissait pas d’une quelconque « relecture » du semi-opéra de Purcell, mais d’une œuvre originale d’Olivier Cadiot. Secundo, l’argument en était lui-même de la dernière originalité : l’écrivain Gertrude Stein et sa compagne Alice B. Toklas, interprétées comme il se doit par deux hommes, – dont un Deschiens et une sorte de danseur-étoile – recevaient à déjeuner… une fée. Le tout donnait lieu à un show forcément féérique, où se mélangeaient lieux, époques et niveaux de narration – comme dans une « construction onirique », le rêve en moins.

Mais le pire c’est que ce spectacle, programmé dans le cadre d’une Journée spéciale Avignon 2010, n’était en fait qu’une rediff’ de 2004… Comment voulez-vous, dans ces conditions, que je fasse correctement mon boulot de critique théâtral ?

Tel n’était heureusement pas le cas de Richard II, (France 2, vendredi 23 juillet, 22h05). Certes c’était la troisième fois que cette pièce était montée pour le Festival. Mais justement ! Après Jean Vilar (1947) et Ariane Mnouchkine (1983), la mise en scène de Jean-Baptiste Sastre était attendue comme l’« événement » de cette édition. Un événement « chic et choc a priori », s’enthousiasmait de confiance mon bon Télérama, qui a dû être quelque peu déçu. A en croire la critique autorisée, Sastre ne fait qu’illustrer, assez platement somme toute, la réflexion shakespearienne sur le pouvoir.

Certes, Podalydès est souverain dans le rôle de ce roi qui renonce volontairement à son trône – sans même réclamer un cheval en échange… Certes une traduction novatrice s’autorise ça et là quelques gros mots en français, et même dans la langue de William.
N’empêche ! Comme le dit Libé, « l’ensemble pêche par trop d’académisme (…) C’est du théâtre à l’ancienne, statique et déclamatoire, tout à fait réfractaire à la modernité (…) Rendez-nous Marthaler ! »

Enfin Marthaler vint !

Mais qui donc est ce Marthaler ? Eh bien, je l’ai appris cet été : un fameux metteur en scène suisse, familier d’Avignon, qui présentait cette année, en ouverture du festival, sa dernière création intitulée Paperlapapp (Arte, samedi 17 juillet, 22h20). Une œuvre spécialement conçue pour la Cour d’honneur du Palais des Papes, d’où son titre. Equivalent allemand de « bla-bla », Papperlapapp se veut aussi, en l’occurrence, une référence humoristique à la fonction de souverain pontife.

« Attention, génie en action ! » m’avait prévenu d’emblée Télérama, qui consacrait pas moins de trois papiers apologiques à l’homme et à son œuvre, « d’une insolence et d’une exigence extrêmes ». Peu désireux de mourir idiot, j’ai voulu voir ça. De quoi s’agit-il ? A priori encore d’une « réflexion sur le pouvoir » (temporel et spirituel, cette fois). Mais tout est dans la manière, et là, Marthaler diffère sensiblement de Shakespeare ; ses spectacles, à peine écrits, reposent largement sur les improvisations de ses comédiens-chanteurs.

Mais d’abord, plantons le décor. Au sol, un assemblage apparemment aléatoire de carrelages et de linoléum, sur lequel sont posés ça et là des tombeaux de papes recouverts de vieux matelas. Au premier plan, une machine à laver, un réfrigérateur siglé Coca et un confessionnal en travaux.

Bien entendu, rien de tout cela n’est là par hasard, et chaque signifiant a son signifié : au spectateur de deviner ! De toute façon, si le spectateur n’était pas malin, il ne serait pas là… La preuve, raconte l’AFP : tous les soirs, ils seront une bonne centaine à s’esquiver plus ou moins discrètement en pleine représentation – alors même que certains ont payé !
Pourtant, les personnages sont là pour nous aider à comprendre le décor. Prenez par exemple les fantômes de papes : s’ils défroquent littéralement sous nos yeux, c’est pour mettre leurs mitres et habits à tourner dans le lave-linge. Superbe allégorie des crimes qu’ils ont commis – et qu’ils persistent pourtant à nier, préférant hurler à la cantonade : « Il y a prescription ! » ou « J’appelle les Suisses ! »

Un scoop : Dieu est mort !

N’allez pas croire pour autant que feu ces papes d’Avignon aient perdu toute religion : une fois convenablement défroqués, ne s’agenouillent-ils pas en demi-cercle pour prier devant une poussette vide ? Quant à l’autre groupe de personnages, il est constitué d’un troupeau de touristes, guidés par un aveugle dans la visite d’un Palais des papes visiblement déserté par l’Esprit.

Cette symbolique lourde de sens est heureusement allégée par une avalanche de gags visuels tout droit sortis des premiers Charlot, qui font pouffer l’assistance branchée.Un bonhomme tombe par terre : rires ! Un pape s’allonge sur sa tombe et y tombe : rires redoublés ! Un chevalier médiéval soulève son heaume, sous lequel il fume une clope : hilarité générale !

On l’aura compris : si les pantins de Marthaler donnent à penser, c’est dans la bonne humeur. Mais au fait, penser quoi ? Pour être sûr de ne pas me tromper, je m’en remets une fois encore à Télérama : au-delà du « triste constat d’une religion défunte », qu’on se le dise, l’auteur déplore que « nulle transcendance ne règne plus que la consommation ».

Allons bon ! C’est donc ça, en 2010, l’apport de Christoph Marthaler à la modernitude avignonnaise ? La mort de Dieu, déjà annoncée par Nietzsche, plus la critique de la société de consommation, déjà esquissée dans les Elucubrations d’Antoine ? Mais après tout, les artistes sont libres n’est-ce pas – dès lors qu’ils assument les conséquences de leur irresponsabilité… Dans son lave-linge personnel, Marthaler fourre en vrac anticléricalisme, parabole du Veau d’Or et écologisme hippie. Pas étonnant que ça tourne en rond !

Le général Woerth

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Eric Woerth

[access capability= »lire_inedits »]Eric Woerth

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Le peintre Henri Plenel n’avait pas un talent immense. Comme l’art contemporain n’existait pas encore à son époque, il consacra sa vie à produire des croûtes toutes plus laides et insipides les unes que les autres. S’il y avait eu, chez Henri Plenel, la moindre once d’élan esthétique, on pourrait, à la rigueur, conclure que chacune de ses toiles était ratée. Ce n’est même pas le cas.

[access capability= »lire_inedits »]Il n’y a rien, absolument rien, à retenir de l’œuvre du peintre Plenel. Et si nous vous infligeons aujourd’hui cet affreux portrait, ce n’est pas pour ses qualités esthétiques, mais pour le modèle que Plenel fut le seul à peindre. Il s’agit du général Woerth. La postérité n’a pas retenu son nom. Malheureusement. Il fut l’un des héros les plus insignes de la Retraite de Russie : au soir du 18 octobre 1812, lorsque Napoléon donna l’ordre à la Grande Armée de se retirer, le général Woerth décida de rester sur place, proclamant devant ses soldats rassemblés au bivouac : « Nous sommes jeunes. Nous sommes combatifs. Nous n’avons pas l’âge de partir en retraite ! » Les soldats du général Woerth tinrent si bien leur position qu’ils rentrèrent à Paris à la fin de l’année 1870.

H. Loireau, Le général Woerth, collection particulière.

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Rothschild émigre avec son cheval

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Le quotidien israélien Yediot Aharonot annonce qu’Edouard de Rothschild, principal actionnaire de Libération et président de France Galop vient d’immigrer en Israël. Il résidera principalement dans sa villa de Kfar Shemaryahou, le Neuilly de Tel Aviv. Il va recevoir la nationalité israélienne, sans pour autant abandonner la citoyenneté de la République Française.

On se perd en conjectures sur les raisons de cette alya de luxe. Est-il excédé par le schnorrer insistant Laurent Joffrin, qui vient régulièrement le taper pour maintenir son journal à flot ? Craint-il les nouvelles mesures gouvernementales visant à priver de la nationalité française ceux qui, venus d’ailleurs, se conduisent mal dans leur pays d’accueil ? Veut-il se guérir de son addiction aux courses de chevaux dans un pays où elles sont interdites par les rabbins ? Que nenni ! C’est dans la presse hippique que l’on trouve la vraie raison de cette arrivée en Terre Sainte du rejeton de l’illustre famille qui tenait boutique à Francfort à l’enseigne de l’Ecu rouge. Snobé par la Fédération française d’équitation, qui lui refuse pour d’obscures raisons sa licence de cavalier de concours, il veut participer, sous les couleurs israéliennes aux Jeux Olympiques de Londres en 2012. Pour mettre toutes les chances de son côté, il a acquis à grand frais Lamm de Fetan, le bourrin réputé meilleur sauteur du monde. Le cheval, paraît-il, est ravi, car il ne risque pas, en cas de contre-performance, de finir à l’étal d’une boucherie hippophagique, cette viande étant définitivement non cachère.

Surenchère droitière ? Chouette alors !

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Le discours prononcé par Sarkozy à Grenoble a provoqué comme on pouvait s’y attendre de nombreuses réactions. Peu variées mais nombreuses. Ce n’était pas le premier sur ce thème et sur ce ton mais on ne peut pas dire que les critiques aient brillé par leur originalité. Comme d’habitude, comme pour les peines-plancher ou l’interdiction de la burqa, les propositions avancées sont inacceptables et inapplicables, scandaleuses et anticonstitutionnelles, contraires à notre histoire et à nos valeurs.

Le braillomètre s’affole : c’est bon signe !

Même si ces réponses au gouvernement prennent des airs pavloviens, quand le braillomètre s’affole, on ne boude pas son plaisir et quand la Ligue des Droits de l’Homme nous met en garde, quand la LICRA contacte le MRAP pour envisager une action en justice concertée (après les propos tenus sur les roms), on peut espérer que la répression qui suivra sera à la hauteur de nos besoins.

Nos vœux pourraient être bientôt exaucés car les 537 camps de « gens du voyage » illégaux, connus depuis longtemps des pouvoirs publics et dans lesquels la police n’entre pas vont être évacués. Est-ce le début d’une reconquête de nos territoires perdus ?

On dénonce partout une surenchère droitière. Je m’en réjouis parce que, dans l’épreuve de force engagée entre le pouvoir et le crime, la surenchère reste la bonne solution à moins de lui préférer l’attentisme ou la défaite, ou de chercher une autre voie mais pas trop longtemps.
On peut aussi regretter que les choses n’aillent pas plus vite et déclarer avec le Front national « Assez de bavardages ! », mais en démocratie, le rouleau-compresseur de la loi avance très lentement, respecte la signalisation des contre-pouvoirs, et son carburant, c’est l’opinion. Il faut donc commencer par la gagner. Ce qu’on peut espérer, c’est, qu’une fois lancé, rien ne l’arrête. Sur ce plan-là, les images récentes d’une expulsion de clandestins à la Courneuve, visibles sur le site du DAL, peuvent nous rassurer.

J’ose espérer que ces discours sécuritaires ne visent pas seulement la réélection mais qu’ils tâtent le terrain et préparent l’action. On lance une idée, puis des sondages et on sait (à la louche) de combien de divisions électorales on dispose avant de lancer une offensive. Ça peut sembler vulgairement populiste et on pourrait se contenter de demander son avis à Robert Badinter, ce qui serait beaucoup plus distingué et assurément constitutionnel. Moi, je ne suis pas fâché qu’on se soucie de mon opinion, et même de mes bas instincts de survie.

Quand les propositions présidentielles désacralisent le droit du sol ou l’irrévocabilité de la nationalité française, la plupart des analystes ont mal à la Constitution. À les entendre, c’est l’âme de la nation qui est menacée. J’ai peut-être l’âme bien accrochée, mais je ne crains pas de la voir tomber à la première secousse, au premier coup rendu ni même à la première révision des principes généreux et fondateurs de notre République comme le droit du sol.

Séparer le bon grain de l’ivraie

Les révolutionnaires qui ont pensé notre Constitution ont voulu faire de la République naissante la terre promise de tous les amants passionnés de la liberté. Ce phare de la civilisation occidentale qu’était notre nation a attiré des étrangers qui sont venus donner un peu de cœur contre de l’égalité, du courage contre de la liberté et de la reconnaissance contre de la fraternité.

Aujourd’hui, parce que nous avons manqué d’exigence selon les uns, parce que nous avons cessé de briller selon les autres, la France n’a plus l’immigration qu’elle mérite et nous avons un problème d’intégration qui ne cessera de s’aggraver du fait de la démographie des arrivants du Maghreb et de l’Afrique sub-saharienne, comme on dit pudiquement au CNRS. Il faut être aveugle ou journaliste à France Inter pour ne pas voir le rapport entre délinquance et immigration. Veut-on que le pays entier ressemble un jour aux quartiers nord de Marseille parce que nous aurons tenu à rester fidèles à une Constitution faite en d’autres temps et pour d’autres mœurs ?

Alors on fait quoi ? On ne change rien et on se laisse submerger par une criminalité et une hostilité grandissante à la culture française parce qu’on est les Lumières ou on cherche des solutions ?

Il n’est pas envisageable de renvoyer dans leurs pays d’origine des générations de Français d’origine étrangère mais il ne me paraît pas indigne de commencer à pratiquer une discrimination salutaire. Pourquoi ne pas séparer le bon grain de l’ivraie sur les critères de l’honnêteté des intentions et des pratiques et expulser les mauvais Français d’origine étrangère pour épargner aux bons enfants d’immigrés toute stigmatisation et les préserver du racisme dont ils sont victimes ?

Non au passeport à points ? Et pourquoi pas ? Français à l’essai ? Et alors ? Si nés de parents étrangers, vous devenez criminel multirécidiviste, si vous voulez pratiquez l’excision, la polygamie ou porter la burqa, ou rester membre, même passif, d’Al Qaïda, la France devrait pouvoir vous dire que « Non, désolés, il y a eu méprise, vous vous êtes trompés de pays, sans rancune, le monde est vaste et bon vent ».

Où irez-vous ? Ce n’est plus un problème français, il fallait y penser avant.
Cette solution qui aurait l’avantage de nous débarrasser des individus irrécupérables pour la France et d’inviter les autres à plus de respect et de zèle dans l’effort d’intégration pose d’autres problèmes, j’en suis conscient mais il va bien falloir les affronter ou chercher d’autres pistes si on ne veut pas disparaître en tant que peuple.

« On ne naît pas forcément Français, on peut le devenir. Mais quand on l’est, sauf exception rarissime, c’est pour toujours », nous rappelle notre causeuse en chef. Ce n’est pas une loi naturelle, c’est une loi française que la France peut défaire et doit revoir si elle veut sauver sa peau.

Un accommodement raisonnable : couper la main des voleurs…

Elle en perdrait son âme, nous dit-on. C’est à croire que l’âme de la France, ce n’est pas son peuple en voie de colonisation on ne peut plus constitutionnelle, ce ne sont pas ses vieux contraints dans les quartiers de leur enfance de descendre du trottoir pour ne pas être bousculés, ce sont les principes gravés dans le marbre de sa Constitution.

Un droit du sol relatif, sous conditions, une terre d’accueil qui n’accueillerait pas de façon automatique et irrévocable, ce n’est ni indigne ni contraire à notre histoire. Ce qui l’est en revanche, c’est de se laisser envahir et de disparaître sans le moindre esprit de résistance, sans la moindre envie de Jeanne ou de Charles.

Pour ceux qui se livrent au gendarmicide, c’est autre chose. L’idée a été avancée par Sarkozy qu’on pourrait déchoir de sa nationalité un Français d’origine étrangère qui n’aimerait pas la France au point d’avoir attenté à la vie d’un de ses représentants. Je ne suis pas opposé à cet aménagement de la loi par principe mais je doute qu’en réalité, la réponse soit bien adaptée. D’abord, parce que si on prend le cas de Karim ou de Luigi, je ne vois pas bien l’intérêt de les défranciser et que les tueurs de flics, je les préfère français et morts qu’apatrides et vivants.
Ensuite parce que pour ceux qui se laissent arrêter, la perpétuité est prévue et que les prisons étant plus étanches que nos frontières, ils sont mieux à l’ombre qu’au soleil. Par contre, la mesure pourrait s’appliquer à ceux de leur communauté qui ont mis quartier et village à sac et sont venus par centaines les enterrer, affichant une nette préférence pour des tueurs de leur ethnie que pour les lois de leur pays d’accueil.

Cela dit, je doute que cette proposition soit très dissuasive car en réalité, être Français, ceux qui tirent sur la police s’en fichent.

On pourrait d’une seule mesure combattre la délinquance et faciliter l’intégration en s’inspirant de l’exemple de Martin Hirsch qui, en déclarant que l’intégration serait réussie le jour où « des catholiques appelleraient leur enfant Mohammed » , a fait progresser l’idée « d’accommodement raisonnable ». Allons plus loin et intégrons à notre système pénal une loi issue des cultures d’origine des derniers arrivés. Nous pourrions par exemple couper les mains des voleurs multirécidivistes.

Mais ça, vous verrez que ce n’est pas constitutionnel. Décidément, on ne peut rien faire !

Belgique, le pays à plat…

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Belgique

Belgique

C’est un pays « en voie d’évaporation » (dixit le séparatiste flamand Bart De Wever, grand vainqueur des élections législatives du 13 juin) qui vient de prendre, le 1er juillet, la présidence de l’Union européenne. De quoi justifier le titre du récent livre de Jean-Pierre Stroobants, correspondant du Monde à Bruxelles : Belgique, laboratoire de la désunion européenne, publié aux éditions du Cygne.

[access capability= »lire_inedits »]L’Europe est donc présidée par un pays sans gouvernement, car celui issu des dernières élections législatives ne devrait pas être constitué avant l’automne. Voilà qui laisse toute latitude à un autre Belge, Herman Van Rompuy, alias « Mr Nobody », pour donner toute la mesure de son impuissance à gérer le chaos provoqué par le désaccord de plus en plus profond entre l’Allemagne de Merkel et la France de Sarkozy. Président permanent du Conseil européen, voilà qui fait classe sur une carte de visite ! On aurait d’ailleurs dû le nommer président perpétuel, comme le secrétaire de l’Académie française, pour donner encore plus de poids symbolique à une fonction où il peut tranquillement ciseler ses haïkus, dont il est un auteur compulsif.

La Belgique s’évapore

L’« évaporation » de la Belgique, accélérée par les chaleurs estivales, ne devrait pas être sans conséquence sur l’ensemble du système institutionnel européen : quand ça s’évapore, personne n’est à l’abri du destin des méduses échouées sur le sable par grand soleil : au bout de quelques heures, il n’en reste qu’une petite tache humide sur la grève. Il faut espérer que cette disparition par passage de l’état solide à l’état gazeux épargne les talentueux auteurs belges de BD, qui sauront mettre en image l’évaporation du Berlaymont, de Van Rompuy, de Barroso et de la trace verte que « Dany le Rouge » aura laissée sur le pavé bruxellois. À la rentrée, Bernard Guetta fera une grave dépression et fondra tous les matins en larmes sur France Inter. Cela nous consolera de l’éviction de Stéphane Guillon.[/access]

Cocufiage : faudrait pas se tromper !

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Une longue et coûteuse enquête, menée par Christopher Ryan et Cacilda Jetha vient d’aboutir cette année à la publication de leurs conclusions sous forme d’un pavé de plus de 400 pages, gracieusement intitulé Sex at Dawn: The Prehistoric Origins of Modern Sexuality. Les auteurs y répondent à cette lancinante question qui taraude même les plus ingénues d’entre nous depuis la nuit des temps : pourquoi les hommes trompent-ils leur femme ? Et bien, nous allons pouvoir nous préoccuper d’autres choses, Mesdames, car Christopher Ryan et Cacilda Jetha ont découvert le fin mot de l’histoire.

Comme pour l’art de faire un créneau ou celui, plus téméraire encore, de trouver le beurre dans le frigo, il faut remonter à l’époque, visiblement très constructive, où nos ancêtres, même pas Gaulois, se prélassaient dans des grottes, réfléchissant à la répartition des tâches ménagères.

Et ils décidèrent ceci : nous, les hommes, on a la testostérone qui se raréfie avec l’âge. Donc, faut qu’on se stimule la guimauve et pour ça y a un truc, faut qu’on se mette en contact avec d’autres gonzesses qu’on connaît pas encore. Ils se sont mis d’accord sur le chiffre d’une remontée de 14% de la précieuse substance, arguant que la régulière était priée de pas trop la ramener vu qu’elle profiterait, elle aussi, du regain d’activité de son cher et tendre sous la couette en peau de pécari. Bien, bien.

J’ignore totalement comment on calcule le taux de testostérone, mais du fond de ma cuisine, arrosant le gigot d’une main et branchée sur radio confidences des copines de l’autre, j’aurais pu, moi aussi, vous livrer mon expertise. Car la vraie question n’est pas de savoir pourquoi les hommes trompent leur femme, mais pourquoi eux, ils se font toujours choper.

Parce que quand un homme galipette hors des liens sacrés du mariage, en général, c’est avec une femme, non ?

Sex at Dawn: The Prehistoric Origins of Modern Sexuality

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Les Français peuvent gagner

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Athletisme
La France, enfin victorieuse à un championnat de quelque chose.
Athletisme
La France, enfin victorieuse à un championnat de quelque chose.

L’athlétisme, tout le monde s’en fout. C’est un peu comme pour les fléchettes ou le curling : y a jamais grand-monde pour assister aux championnats du monde de ces disciples à la noix. L’athlétisme est une discipline à la noix.

Athlètes du sexe : je dis oui !

Je ne dis pas : les athlètes, je ne crache pas dessus. Qu’il s’en présente seulement un, bien gaulé, les épaules larges, le muscle saillant, le petit cul rebondi dans un short moulant, et je peux lui rechanter la Chevauchée des Walkyries sur tous les tons. Certes, ce n’est pas gagné d’avance – sauf si l’athlète en question concoure en handisport et qu’un esprit bien intentionné a pris soin de lui enlever les roues de son fauteuil. Et de l’attacher solidement, on n’est jamais trop prudent. J’ai une vraie passion pour les athlètes. Une passion d’esthète[1. Je ne me fais pas d’illusion : les athlètes sont tous gays.]. Mais de là à m’inquiéter des résultats, voire de la présumée existence de « championnats du monde d’athlétisme », faut pas courir ! Enfin si, justement, il faut courir, mais ne m’interrompez pas !

Or, voilà que j’apprends que des Français auraient participé à une telle compétition et que – ô miracle – ils en auraient rapporté des médailles : 18 en tout, dont 8 en or. Et le pays tout entier célèbre ses champions.

Primo, il faudrait apporter la preuve incontestable que des « championnats du monde d’athlétisme » existent réellement. Deuxio, que lesdits championnats se soient bien déroulés à Barcelone. Tertio, que des Français aient pu avoir été admis à y participer, après l’effroyable pâtée que leur équipe nationale s’est prise en Afrique du Sud : c’est la première fois, depuis 1940, qu’un aussi grand nombre de Français ont demandé la nationalité allemande, rien que pour faire partie du grand pays qui a remporté la petite finale, lui.

Barcelone : l’Equipe de France victorieuse

Admettons que tous ces doutes soient levés – ça m’étonnerait, quand même, qu’il y ait des gens assez cinglés pour organiser un meeting international où des types courent en short –, il n’en demeure pas moins qu’autant de victoires françaises laisseraient songeur plus d’un honnête homme. La présumée victoire de l’équipe nationale de France d’athlétisme à Barcelone nous invitent donc à quelques menues réflexions :

1. La France court vite, merci la Police. Si le Français est aussi bon à la course à pied, c’est qu’il est entraîné : il a appris à se déplacer très vite du lieu de son larcin vers le transformateur EDF le plus proche. Pour la prochaine coupe du monde de foot (le seul sport qui vaille de vider des bières devant une télé), il faudrait que les forces de l’ordre adoptent une autre tactique d’entrainement avec les jeunes délinquants, afin qu’ils maîtrisent autre chose que la course.

2. Les Français sont des coureurs. Le problème est qu’ils ne savent faire que cela : Franck Ribery l’a montré avec une incomparable maestria.

3. Les Français ont tout dans les jambes. Rien dans la tête. Pour courir, c’est sûr, il vaut mieux avoir les mollets musclés. Pour jouer au foot, un peu de « mental » est requis. D’ailleurs, il faut être sacrément con pour aller à Barcelone et s’y enfermer des journées entières dans un stade. Il y a tellement de choses plus saines à faire dans cette ville exceptionnelle : visiter la Fondation Miró, prendre une ligne de coke, aller baiser des putes, jouer à la corrida avec des nationalistes catalans, se refaire une ligne de coke.

Bien entendu, aucune de ces questions essentielles ne trouvera de réponse. La France ne veut pas savoir. Elle ne veut pas entendre que l’athlétisme, franchement, tout le monde s’en fout. On lui souhaite néanmoins de remporter d’autres victoires mondiales. Ping-pong, curling, fléchettes, lancer de nains : les Français n’ont, pour exceller, que l’embarras du choix.

Les nihilismes de Villiers-le-Bel

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Villiers-le-Bel

Villiers-le-Bel

La condamnation des accusés de Villiers-le-Bel à des peines de trois ans, neuf ans, douze ans et quinze ans de prison, en l’absence de toute certitude quant à leur culpabilité, est une décision injuste et scandaleuse. Les méthodes de l’enquête et le procès de Villiers-le-Bel sont un déshonneur pour la France. Il est inconcevable de condamner à des peines de prison aussi lourdes des hommes dont aucun élément tangible ne permet d’établir avec certitude la culpabilité, sur la simple foi de témoignages anonymes et rémunérés. La justice française vient d’accomplir un pas de plus vers le nihilisme en s’inscrivant dans le registre de la vengeance et du sacrifice de boucs émissaires.

[access capability= »lire_inedits »]Cependant, dans l’affaire de Villiers-le-Bel, la justice française ne me semble malheureusement pas la seule à glisser vers le nihilisme. Si je partage entièrement l’exigence d’une justice équitable et la dénonciation des méthodes de la police et de la justice concernant cette affaire, je me sens sur tous les autres points en désaccord avec les signataires de l’appel « Pour les cinq de Villiers-le-Bel » publié le 21 juin dans Libération. Les « membres » de « l’ultragauche » me semblent faire partie, avec certaines bandes de clochards royalistes, des cœurs – des corps – les plus nobles parmi nos contemporains. Ce qui suscite mon admiration et mon sentiment fraternel, ce sont les tâches de construction nombreuses auxquelles ils s’attèlent avec musicalité et longue haleine. Je crois que c’est seulement dans les moments où ils (nous ?) éprouvent (éprouvons ?) un essoufflement ou un découragement passager dans l’ordre de la construction de mondes que la fascination pour la destruction grandit et prend le dessus. J’ai partagé ce sentiment, moi aussi. Dans les moments de désespoir, toute destruction semble bonne à prendre et le discernement est perdu. Je ne crois pas du tout, pour ma part, que les émeutes de Villiers-le-Bel constituent un événement historique glorieux et laissant augurer de grands espoirs. Je ne trouve pas du tout que le fait de tirer sur la police soit une forme de délassement honnête et sympathique. Je ne crois pas du tout, enfin, que la haine soit le seul affect politique authentique, ni que la politique doive être pensée exclusivement dans le registre de la haine. Dans tout cela, j’aperçois une menace nihiliste qui réclame la plus grande prudence.

Les hommes ne sont pas des symboles

Dans l’affaire de Villiers-le-Bel, il existe malheureusement un point de convergence éthique entre l’État français et ses ennemis : le fait d’accepter de transformer une personne humaine réelle en symbole ; le fait d’être incapable de résister à la séduction morbide et abstraite des symboles ; le fait de consentir à ce qu’un homme devienne de la chair à symboles, glisse dans le cercueil d’un symbole. Dans cette situation, il est urgent de nous rappeler les mots de Milan Kundera dans L’Art du roman : « L’homme est un enfant égaré dans les “forêts de symboles”. Le critère de la maturité : la faculté à résister aux symboles. »

C’est précisément cet oubli de la personne humaine concrète, sensible, charnelle, derrière les symboles, qui est meurtrier et qui constitue l’élément éthique qui permet à la machine de la haine mimétique la plus destructrice de s’emballer. Depuis la mort tragique de Lakamy et Mushin, en novembre 2007, qui semble s’apparenter en partie à un accident et en partie à un homicide involontaire causé par un policier, depuis cet événement qui fut perçu comme un premier sacrifice, c’est le même envoûtement morbide qui autorise la montée mimétique de la haine, telle que l’a décrite René Girard. Dès lors, la haine ordonne à chacun de sacrifier de nouveaux boucs émissaires pris au hasard et arrachés à leur tour à leur humanité.

C’est le même nihilisme, né de la même haine aveugle, qui est à l’œuvre lorsque des hommes, dont nous ne connaissons toujours pas l’identité, tentent de sacrifier « des flics au hasard », érigés en symboles abstraits de la police et de l’État. Mais c’est encore la même haine aveugle, le même désir de sacrifier un bouc émissaire pris au hasard, qui a conduit la justice française à jeter en prison Abderhamane Kamara, Adama Kamara, Mara Kanté, Ibrahima Sow et Samuel Lambalamba, qui ne sont à mes yeux ni les symboles de « la banlieue » – que je refuse de considérer comme une entité magique intrinsèquement différente du reste de l’humanité, qui ne me semble être ni radicalement meilleure, ni éminemment pire que le reste de l’humanité –, ni les symboles de la Révolution, mais simplement cinq hommes dont la culpabilité n’a pas été établie de manière honnête et qui, à ce titre, doivent être libérés.

Si la justice française ne fait pas marche arrière et n’interrompt pas le cycle de la haine sacrificielle, il est à craindre que le nihilisme poursuive encore son œuvre et que des innocents soient tués à Villiers-le-Bel au prétexte qu’ils seraient peut-être des témoins sous X. Comme les flics, comme les accusés, la haine les choisira au hasard et poursuivra ainsi ses désastres.[/access]

Du pain, des jeux… et pas de blé !

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Décidément, les Britanniques n’ont pas de chance avec leurs Jeux Olympiques, il flotte toujours sur leur organisation une étrange odeur de poisse. Déjà en 1908, Londres n’avait été désignée qu’en catastrophe, après qu’une éruption épouvantable a dévasté Naples où devait se tenir une partie des compétitions. L’édition de 1944 fut annulée pour cause de guerre mondiale et de V2 en goguette. On se souvient qu’elle se déroula finalement quatre ans après, dans une ville exsangue et encore dévastée par le Blitz, où les athlètes logés dans des baraques militaires avaient dû amener leur manger pour ne pas mourir de faim. On peut raisonnablement penser qu’ils seront nourris en 2012, mais c’est la crise économique qui donne des sueurs froides au comité et à son chef, lord Sebastian Coe. Le fourbe qui après un lobbying féroce auprès des membres du Commonwealth nous avait arraché de quatre votes sur 104 une organisation qui nous revenait de droit. Forcément, notre projet était bien meilleur, même le CIO l’avait dit. Mais entre le savoir-faire et le faire-savoir, il y a… 340 kilomètres, soit la distance entre Paris et Londres. On dit que Bertrand Delanoë, qui se voyait déjà au moins premier secrétaire, ne s’en est jamais remis.

Il y a une justice. Le cadeau était sacrément empoisonné. Que ferions-nous d’un tel bébé à l’heure des restrictions budgétaires draconiennes ? Il reste exactement deux ans aux Anglais, pas un jour de plus, pour faire pousser les Pounds aux branches de Hyde Park. Comme on pouvait s’y attendre, les coûts des chantiers manifestement sous-évalués ont explosé dès le premier coup de truelle. De deux milliards, le budget est passé à dix. Où trouver les fonds manquants ? Cameron fait le mort, la City regarde ailleurs, les sponsors ont le blues… A moins d’un miracle, la magnificence chinoise restera sans égale. Mais ils vous disent avec une moue charmante que telle n’a jamais été leur ambition. Ils comptent sur le charme de la vieille Angleterre et ses capacités uniques à rebondir et résister pour s’en sortir. Le pire est qu’ils en sont capables. A un petit détail près auquel personne n’avait pensé en choisissant les dates des prochains JO. Ils tombent pile poil en plein ramadan…

Sarkozy, pour la vie

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nicolas-sarkozy-exception-francaise

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Les Français n’imaginent pas leur chance, avec Sarkozy. A gauche, on nous serine, des sanglots dans la voix, l’exception française par-ci, l’exception française par-là. On nous rebat les oreilles comme quoi il est en train de la tuer. Grossière erreur : c’est rigoureusement impossible, puisque notre exception française, c’est lui ! Notre président, on nous l’envie partout en Europe, en ces temps si troublés. Si, si.

Il ne viendrait à personne l’idée d’envier la France parce qu’elle est, par exemple, un pays parmi les plus prisés des investisseurs étrangers et des touristes. Pensez-vous, comment pourrait-il y avoir réellement tant d’investisseurs dans un pays de feignasses surmutualisées défendues par des syndicats archaïques et un Code du travail soviétiforme ? Il doit y avoir une erreur. Les économistes doivent mentir sur les chiffres. Quant aux touristes, c’est pareil. A qui allez-vous faire croire que la France reste la destination la plus prisée au monde ? Vous les avez vus, au foot, en Afrique du Sud, les Français ? Pays de racailles, d’islamistes, de caïds. Encore deux ans et c’est une mosquée au Mont Saint-Michel et le parvis de Notre-Dame transformé en aire pour voleurs de poules, pardon pour roms, pardon pour gens du voyage…

Tourisme, investissement et vols de carambars

Au passage, rappelons que les investisseurs et les touristes font chez nous à peu près la même chose : amener du pognon. La seule différence est qu’un investisseur suédois ne prend pas de photos de la Tour Eiffel, ne se laisse pas inviter à boire un chocolat chez Angelina et a de moins jolies jambes que la touriste de même nationalité. Il y a néanmoins un cas particulier où l’investisseur permet de voir de jolies jambes. C’est quand Woody Allen[1. En profiter pour lire l’excellent Woody Allen de Laurent Dandrieu (CNRS éditions).] tourne Midnight in Paris avec un rôle pour la Première Dame, Carla Bruni.

Sarkozy, qui est en guerre cet été – on s’attend toujours à le voir avec un casque lourd quand il arrive quelque part – trouve tout de même deux heures dans son emploi du temps de généralissime en pleine bataille de la Marne pour regarder Carla Bruni refaire trente deux fois sa prise, celle où elle tient à la main une baguette de pain[2. D’après les journaux anglais… Mais ça sent le cliché, tout de même, Woody.].

Mais Sarkozy rattrapera le temps perdu en grimpant dans son Air Force One pour se rendre à Chatouilly-sur-Loire, où l’épicière vient de se faire voler pour la cinquième fois ses carambars. Là, il déclarera solennellement la guerre aux voleurs de carambars, en profitera pour élargir son propos à la nécessité de faire des sacrifices : « Il faut que les parents apprennent à leurs enfants qu’il y a des périodes où c’est un carambar, pas deux. » Et juste après, il remontera dans son avion tout neuf à deux cent millions d’euros et téléphonera pour virer le préfet de Chatouilly-sur-Loire, qui n’a pas été foutu de démanteler un trafic de carambars dans son département.

Quand on vous dit que c’est Sarkozy et rien d’autre qu’on nous envie ! On ne va pas nous envier pour notre système de santé, tout de même ? Vous rigolez ? Il est en ruine. Il faut vraiment être Anglais pour venir se faire soigner chez nous les yeux, les dents, le cœur. Les Anglais sont un des moteurs de la finance mondiale. Sans eux, on en serait encore au troc. Ils ont inventé la City pour faire de la finance moderne, c’est-à-dire de la finance qui finance la finance. Du coup leurs trains déraillent, leurs écoles aussi et on est mis sur liste d’attente quand on arrive avec un infarctus à l’hosto. Mais gouverner, c’est choisir.

La France ne sera plus le Cuba de l’Europe !

Vous avez vu, nous, ce qu’on avait choisi, avant Sarkozy ? La honte. S’occuper prioritairement de la santé, de l’éducation et de projets industriels à très long terme. Du coup, ce n’est pas compliqué, depuis la Libération et le programme du CNR, les Français ne vivaient que pour la retraite et les congés payés. Et vous avez sous les yeux les résultats de soixante ans d’économie administrée. Trois fois rien. Des trains à grande vitesse, des Airbus, des fusées Ariane et une indépendance énergétique accrue grâce au nucléaire.

On ne lui sera jamais assez reconnaissant, à Sarkozy, d’en avoir fini avec l’éducation et la santé. Il a écarté de nous cette honte : être le Cuba de l’Europe. Ne souriez pas. On n’en était pas loin. C’était quoi la France, avant lui, sinon un pays où l’on dansait sur la plage avec des emplois à vie ? Où l’on dépensait des fortunes pour soigner les vieux. Où l’on envoyait tout le monde à l’école, même les Arabes, lire La Princesse de Clèves. Tout ça, ça creusait les déficits et on n’était même pas foutu d’inventer des produits financiers sérieux, genre subprimes, pour faire comme les anglo-saxons, ces champions.

Une longévité exceptionnelle

Oui, mais là où Sarkozy est incontestablement le plus fort, c’est dans sa longévité au ministère de l’Intérieur et la cohérence profonde en matière de sécurité depuis. Il n’a pas varié d’un iota et il n’y a pas à dire, c’est une réussite complète. Sarkozy est ministre de l’Intérieur depuis 2002. Accessoirement, il s’est fait élire président de la République en 2007 pour garder le job.

Quand il a eu, d’ailleurs, cette formule célèbre, « J’ai tué le job », ce n’est pas de ministre de l’Intérieur qu’il parlait, contrairement à ce qu’on croit. C’était du job de président. Et s’il n’avait pas été là, pendant ces presque dix ans, place Beauvau, on se demande où on en serait. Vraiment.

Les scénarios de science-fiction ne me font pas peur. Aussi invraisemblable que cela puisse vous paraître, il n’est pas impossible que, sans cette politique de la tolérance zéro, on se soit retrouvé avec des quartiers qui seraient devenus des zones de non-droit et des bases arrière pour le grand banditisme. On peut même aller jusqu’à imaginer que s’il n’y avait eu la poigne de fer de Nicolas, des émeutes auraient éclaté pendant plusieurs semaines partout en France, faisant des centaines de blessés et des millions d’euros de dégâts, et que la gendarmerie soit obligée d’intervenir dans la vallée du Cher comme dans n’importe quel djebel où traînerait une katiba à éradiquer. On pourrait également prédire que tout le monde ayant perdu le sens de la mesure, on commence à s’en prendre à des parties de la population non en raison de ce qu’elles font mais de ce qu’elles sont, que des Chinois, des Noirs et des Algériens rejouent South Central et Watts à Belleville, le quartier symbole de la Commune de Paris.

On pourrait imaginer, pourquoi pas, une France qui aurait l’impression d’être à la limite d’une guerre civile ou ethnique, ça dépend de quel côté de saucisson on se place. Oui, je sais, je vais un peu loin. Mais cette dystopie insécuritaire aurait été hélas fort vraisemblable si Sarkozy n’avait pas été là pour impulser une politique rigoureuse en la matière.

C’est pourquoi, je propose une modification de la Constitution (on trouvera bien la voix de Jack Lang au Congrès pour faire une majorité des deux tiers), laquelle devrait être ainsi rédigée : « Article I, la République attribue à vie le poste de ministre de l’Intérieur. Article II, il est confié à Nicolas Sarkozy. » Comme ça, quand il ne pourra pas se représenter en 2017, il sera toujours là pour œuvrer à cette paix civile qu’il a si heureusement entretenue depuis 2002.

Et les Français seront bien rassurés. Comme maintenant.