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L’imam de Toulouse n’est pas un cas isolé

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Le hadith antisémite prononcé par l’imam de Toulouse, Mohamed Tataï, est largement répandu. Comment les autorités musulmanes de France pourraient-elles lui jeter la pierre ? 


L’imam de la Grande mosquée de Toulouse, Mohamed Tataï, est un Algérien qui vit en France depuis près de trente ans, mais il ne prêche qu’en arabe. Cela lui a notamment permis, dans un de ses sermons en ligne, de se moquer de la démocratie, « cette religion bizarre ».

« Et les musulmans tueront les juifs… »

Les autorités locales ne sont pas très regardantes. La mairie a même aidé Mohamed Tataï à se procurer un terrain pour y construire une nouvelle mosquée, immense et luxueuse – 6 millions d’euros, partiellement payés par l’Algérie et le Koweït. Les islamistes, il est vrai, sont nombreux à avoir des liens avec Toulouse, et ils peuvent nuire, soit aux élections, soit autrement. Certains d’entre eux ont même défrayé la chronique du djihadisme : Mohamed Merah ; Sabri Essid et son beau-fils qui, à douze ans, a assassiné un otage israélien en Syrie ; les frères Clain, qui ont revendiqué l’organisation des attentats du 13 novembre 2015 à Paris ; et Olivier Corel, qui a inspiré tout ce monde.

Et puisqu’il parle en arabe, l’imam Tataï déclare le vendredi 15 décembre 2017 : « Le Prophète nous a parlé de la bataille décisive, la bataille finale, disant : « L’Heure de la fin ne viendra pas avant que les musulmans ne combattent les juifs. Et les musulmans tueront les juifs, jusqu’à ce que le juif se cache derrière les pierres et derrière les arbres. Alors la pierre ou l’arbre dira : ‘Ô musulman, ô esclave d’Allah ! Il y a un juif derrière moi, viens le tuer !’ Seul l’arbre du gharkad[tooltips content= »Le ghadkad, nom scientifique Nitraria retusa, est un arbre épineux aux jolies baies blanches. »]1[/tooltips] ne le fera pas, parce que c’est un arbre des juifs[tooltips content= »Rapporté par Moslem. Traduction LMN. »]2[/tooltips]

Dalil Boubakeur peut être embarrassé

L’imam Tataï n’a fait que citer un hadith dit « authentique », rapporté par l’imam Moslem. À ce titre, il est très connu : le lecteur arabophone le voit cité dans des fatwas innombrables, dans des vidéos en ligne de sermons en arabe. On le trouve notamment dans un des livres islamiques les plus populaires en France, Les Jardins des Vertueux de l’imam Nawawi, sorte de concentré du Coran et des principaux hadiths authentiques. L’édition française la plus répandue des Jardins des Vertueux est celle de Tawhid, l’éditeur de Hani et Tariq Ramadan. L’apprenti djihadiste peut y lire le hadith en arabe et dans la traduction française suivante (orthographe respectée) :

N° 1820. Selon Abu Hurayra, Ie Prophète a dit :

L’Heure ne viendra pas tant que les musulmans n’auront pas combattu les juifs qui n’auront d’autre recours que de se cacher derrière les pierres et les arbres qui diront :

« Musulman ! Voici un juif qui se trouve derrière moi, viens donc le tuer ! », à l’exception d’un arbre appelé gharqad et qui est un des arbres des juifs. [Bukhari et Muslim]

"Les Jardins des Vertueux", éditions Tawhid, 2007, p. 238
« Les Jardins des Vertueux », éditions Tawhid, 2007, p. 238

Confiant, l’imam Tataï a fait mettre le sermon sur sa chaîne Youtube sans tarder. De fait, il y a eu un silence total pendant six mois. Et l’imam fit un discours sur la modération, le 23 juin 2018, lors de l’inauguration de sa nouvelle mosquée en présence des politiciens locaux. Trois jours plus tard, la partie du sermon contenant le hadith ci-dessus fut publiée par le site de Memri, l’institut de recherche des médias du Moyen Orient, avec sous-titrage en anglais.

Les oulémas et recteurs de mosquée furent pris à partie et sommés de condamner l’extrémiste. Mais comment jeter la pierre à leur confrère, quand eux-mêmes ont recommandé la lecture de ce livre et dit aux musulmans de se conformer à ce qui s’y trouvait ? Dalil Boubakeur est le plus embarrassé de tous, car ce hadith précis figure dans un très grand nombre de livres qu’il impose aux futurs imams de France dans l’institut Ghazali dont il est le recteur, et qui dépend de la Grande mosquée de Paris[tooltips content= »À ce sujet et au sujet des relations de Boubakeur avec l’Algérie, lire : Lina Murr Nehmé : Tariq Ramadan, Tareq Oubrou, Dalil Boubakeur : ce qu’ils cachent. Salvator, 2016. »]3[/tooltips].

A lire aussi: Islam: le dangereux discours de la Mosquée de Paris

Les oulémas ont donc déclaré que les juifs dont parlait ce hadith étaient des agresseurs car Mahomet dit dans un autre hadith : « Les juifs vous combattront, mais vous les dominerez. Alors la pierre dira : ‘Ô musulman, ô esclave d’Allah ! Il y a un juif derrière moi. Tue-le[tooltips content= »Rapporté par Bokhari. »]4[/tooltips] !’ »

Ils savent pourtant que le fait que les pierres et les arbres parlent n’est pas spécifique. Nombreux sont les hadiths ou les passages coraniques qui montrent des animaux ou des végétaux parlant à des êtres privilégiés.

Le bouc émissaire Tataï

En réalité, ce n’est pas du tout le même hadith. Le premier hadith concernait la fin des temps. Ce n’est pas le cas du second qui parle probablement des guerres qui ont opposé Mahomet aux juifs de son temps. Ce qui se déduit d’un autre hadith authentique rapporté par Bokhari :

Tandis que nous étions à la mosquée, raconte Abou Horeira, le Prophète sortit et dit : ‘Allez vers les juifs.’ Nous marchâmes jusqu’à arriver à l’école où les juifs étudiaient leurs Écritures. Il leur dit : ‘Aslimou, taslamou [Devenez musulmans pour être épargnés]. Vous devez savoir que la terre appartient à Allah et son Apôtre, et que je veux vous chasser de cette terre. Si l’un de vous a quelque propriété, il a le droit de la vendre. Sinon, sachez que la terre appartient à Allah et son Apôtre[tooltips content= »Rapporté par Bokhari. »]5[/tooltips].’ 

Cette scène ne montre pas les juifs en position d’agresseurs, ce qui est confirmé par les autres textes islamiques qui, tous sans exception, affirment que c’est sous les remparts des juifs que se sont déroulées toutes les batailles qui les ont opposés à Mahomet.

Le hadith cité par l’imam Tataï ne montre pas non plus les juifs comme des assaillants. Ils ne combattent pas, mais se cachent. Il est vrai qu’à la mort de Mahomet, tous les juifs vivant en Arabie ont été soumis au traité de dhimmitude qui leur a interdit le port d’armes. Plusieurs hadiths authentiques montrent que Mahomet croyait que la fin des temps aurait lieu peu après sa mort. À cette époque, il n’y avait plus en Arabie que des juifs et des chrétiens vaincus, des dhimmis qui ne pouvaient se défendre qu’en se cachant.

Il serait hypocrite de jeter la pierre à l’imam Tataï sans poser de questions aux autres, à ceux qui ont un langage doux quand ils parlent en public, mais disent à leurs fidèles de suivre tous les hadiths authentiques, y compris ceux cités plus haut. C’est d’autant plus grave que des jeunes ont tué sur la base de ces incitations à la haine[tooltips content= »Lire à ce sujet : Lina Murr Nehmé, L’Islamisme et les Femmes : Meurtre de Sarah Halimi, princesses saoudiennes séquestrées et autres scandales passés sous silence, Salvator 2017″]6[/tooltips].

Je demande à l’État français pourquoi il autorise la propagation de ces textes qui tombent sous le coup de la loi : est-ce sous prétexte qu’ils sont religieux ? Car j’ai encore la faiblesse de croire que la République ne reconnaît aucun culte.

Moi, David, pas juif mais victime d’antisémitisme


Fils d’une Algérienne musulmane et d’un Français catholique, David Duquesne a prématurément pris conscience du nouvel antisémitisme. Pas toujours facile de porter un prénom « juif » devant ses cousins du bled…


Pour moi, le « nouvel » antisémitisme est une vieille affaire de famille. Je me prénomme David, rien de bien original pour une personne née au début des années 1970, c’était un prénom en vogue. Ma mère est une fille d’immigrés musulmans originaires d’Algérie. Jeune femme éprise de libertés, elle s’est très vite affranchie des pesanteurs de sa religion, avant d’apostasier et de se marier avec un jeune homme rencontré sur son lieu de travail. Je suis le premier enfant de cette union et mon prénom a été une source de gêne pour ma famille maternelle.

« Tu ne veux pas t’appeler Malik, c’est beau Malik, non ? »

Lorsque j’étais bébé, ma grand-mère prise au dépourvue par l’insistance de ses copines musulmanes à connaître mon prénom, m’en inventa un autre, arabe, devant ma mère décontenancée ! Plus tard, la sœur aînée de maman me supplia de changer ce prénom : « David, c’est juif ! Tu vas avoir des problèmes avec les Arabes ! Tu ne veux pas t’appeler Malik, c’est beau Malik, non ? »

Du haut de mes quatre ans, ne comprenant rien à ces histoires de juifs, je me réfugiais dans les toilettes, très déstabilisé. Je voulais garder mon prénom ! Une autre de mes tantes, affublée d’un nez particulier, était surnommée « Crochue la Juive »…

Mais qui étaient donc ces juifs et pourquoi étaient-ils si méprisables ? De plus, on n’en parlait que dans ma famille maternelle, jamais dans celle, catholique non pratiquante, de mon père.

Mon étoile de David

C’est en voyant, vers l’âge de huit ans, un film sur la Deuxième Guerre mondiale que j’ai enfin compris que les juifs avaient eu de sérieux ennuis dans le passé. Plus tard au lycée, alors que j’avais intégré ce qu’était l’antisémitisme, j’essuyais des « shalom » méprisants de musulmans arrogants. Je ne relevais pas, je n’avais pas à me défendre d’être juif.

À l’époque le seul antisémitisme que l’on dénonçait était celui de Jean-Marie Le Pen, qui était aussi contre l’immigration. Il m’inquiétait, on disait qu’il allait me « renvoyer » avec ma famille dans un pays que je ne connaissais pas. Les musulmans originaires d’Afrique du Nord étaient considérés comme les « nouveaux juifs » par les gens qui pensent bien ; alors qui aurait pris le risque de dénoncer l’antisémitisme des « banlieues » ?

En 2014, quelques semaines avant de mourir, ma grand-mère Fatima me confia qu’elle était très fière de son nom de jeune fille, mais qu’elle l’avait toujours caché à ses copines musulmanes. « Elles vont me faire la misère si elles le savent, les musulmans n’aiment pas les juifs ! Et pourtant, Lazaar c’est un beau nom et je l’aime bien. » Cette peur de sa communauté est bien la preuve que l’hostilité aux juifs était répandue, culturelle.

Fréquenter un juif, c’est haram 

Ma grand-mère avait été marquée par sa scolarité dans l’Algérie française des années 1930, elle avait été insultée, frappée, on lui crachait dessus. Elle ne comprenait pas pourquoi elle subissait vexations, brimades et coups de la part des enfants musulmans. Un jour, une de ses tantes lui expliqua que ce harcèlement venait de son nom d’origine juive berbère.

Évidemment, tous les musulmans ne sont pas antisémites. Toutefois, lors du décès de ma grand-mère, alors que toute la communauté musulmane locale était invitée chez elle conformément à la tradition, je compris que ses craintes étaient fondées. Une de mes tantes raconta que son mari, décédé d’un cancer, avait été soigné par un admirable cancérologue juif, déclenchant des réactions nauséabondes de quelques anciennes qui avaient un hadith pour chaque circonstance de la vie.

Le gang des barbares et le calvaire d’Ilan Halimi, l’exécution de juifs par Mohamed Merah, le carnage de l’hypercacher, les meurtres de Sarah Halimi et de Mireille Knoll ne m’ont pas surpris. La volonté de déshumaniser une catégorie d’hommes précède toujours celle de la détruire.

Le Nouvel Antisémitisme en France

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Lettre d’un « lépreux » ch’ti au président de la République

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Emmanuel Macron a dénoncé dans un discours, fin juin, la « lèpre qui monte en Europe ». David Duquesne s’est senti visé. Il lui répond. 


Monsieur le président de la République,

Je vous écris de mon Nord natal, du bassin minier précisément, une terre de souffrance généreuse dans ses sacrifices et dans l’accueil qu’elle aura réservé à des centaines de milliers de Polonais, d’Italiens ou de Nord-africains venus user leur santé dans nos mines et nos industries. Je voudrais vous parler des Ch’tis, des gens simples et attachants qui n’ont pas la chance d’avoir des origines extra-européennes et qu’on peut brocarder et humilier à loisir, ils ne menaceront personne de mort. Leurs grands-parents formaient le plus gros des bataillons de ceux qui remontaient le charbon.

Les plus pauvres d’entre eux vivent aujourd’hui dans des anciens corons et des cités HLM et subissent l’insécurité culturelle, physique, économique et n’ont pas tellement le droit de dire ce qu’ils voient et ce qu’ils vivent, ils subiraient autrement une forme de terrorisme intellectuel.

Dans certains milieux laïques, on dit d’eux qu’ils feraient partie de la tenaille identitaire.

Ils préfèrent se taire ou ne parlent qu’avec des personnes de confiance et ils votent souvent pour la « lèpre » puisqu’ils ne sont pas écoutés par les gens qui pensent bien et qui sont susceptibles de danser sur votre perron à la gloire d’une fellation ou d’une explosion. En terme d’enrichissement culturel, nous avons franchi un cap, atteint un sommet !

Les fiers et humbles descendants des mineurs, ces gueules noires qui ont sacrifié leurs vies dans les mines de charbon ont vécu 270 ans d’humiliations, de manifestations réprimées dans le sang, subi deux guerres sur leur sol et n’ont eu de cesse de se remettre à la tâche pour reconstruire leurs maisons, leurs cités, leurs villes.

Si les gamins des banlieues, qui brûlent des voitures et tirent à vue sur la police, avaient enduré le dixième du quart de ce que le peuple ch’ti a encaissé, notre pays serait à feu et à sang.

Le petit peuple laborieux de cette France périphérique n’a jamais décidé des guerres que les puissants aux affaires ont commencées ou déclarées.

Ils ne se sont jamais enrichis sur l’esclavage et la colonisation, ils sont justes responsables de leurs actes. En 1948, on envoyait les chars écraser les bicyclettes des mineurs en grève, des milliers furent blessés, il y eut de nombreux morts, mais aucun BHL pour demander une intervention pour libérer le bassin artésien de la cruauté des dirigeants de l’époque. Ils auraient pu fuir dans des barcasses en mer du Nord. Ils ont préféré continuer à participer à l’effort de solidarité nationale, toute l’économie française reposait sur les bras de ces femmes et de ces hommes au cœur vaillant.

A lire aussi: Au secours Manu, moi aussi j’ai la lèpre !

Les ch’tis ont une identité culturelle qui fait partie de l’identité culturelle française, leur identité n’est pas un suprématisme ethnique ni un racisme. Cette identité culturelle, c’est leur épanouissement car c’est ce qui leur va le mieux et leur permet d’être heureux.

Leur identité, c’est ce qui leur reste, une fois qu’on leur a tout pris, à l’image de tous les Français qui ne vivent pas dans ces « villes-monde », où le bobo devise dans un Starbucks près d’un centre d’affaires, à quelques coudées seulement de quartiers où les lois de la République ne sont plus appliquées.

Ces enclaves où les prêches de religieux importés de pays liberticides, encouragent la partition culturelle, territoriale, quand ils n’encouragent pas le djihad.

La France des terroirs et des clochers n’est pas un nazisme, vous pourrez abuser de la qualification « identitaires », toutes les cultures ne se valent pas, elles n’ont rien de biologique ou d’ethnique, le racisme n’a rien à faire dans cette histoire !

Au contraire, humilier les Français sur leur histoire, leur culture, leur identité, leur religion historique, c’est un racisme hideux qui procède par l’inversion accusatoire et qui se soumet dans la collaboration avec les récipiendaires de la Charia et de l’indigénisme revanchard.

Le « barbensemblisme » de façade entre barbus hipsters et barbus salafistes n’est pas notre tasse de thé et nous goûtons peu l’entrisme des Frères musulmans dans toutes les strates de la société.

La lèpre n’est pas là où certains le croient.

Apres quatre décennies d’impéritie dans la gestion de l’immigration, des quartiers en partition sont séparés de la communauté nationale.

Cinq millions de personnes y vivent, dominées par des caïds qui régentent une économie parallèle. Les islamistes protégés par le service de sécurité local colonisent les cœurs d’enfants offerts par les élus. Des professeurs qui se censurent pour éviter les menaces physiques, des immeubles défigurés et abîmés par le civisme de quelques uns. Cette contre-société nous a été imposée, et vous et vos prédécesseurs l’avez accompagnée pour de sombres avantages économiques d’un côté et des gains électoralistes de l’autre. Cette contre-société n’est pas la France, n’est pas notre continuité historique, nous ne l’aimons pas car elle est l’antithèse de tout ce qui fonde notre socle républicain et nos valeurs communes.

Nos voisins d’Europe centrale, mais aussi allemands et italiens n’ont pas envie de connaître les joies d’un tel échec qui risque d’atomiser notre pays. Ils ne souffrent pas non plus du syndrome postcolonial.

Après 42 ans d’échec dans la gestion de l’immigration et d’importation de normes socioculturelles qui changent dangereusement la nature de portions importantes de notre territoire national, on peut être méfiant.

D’autant plus que les mêmes phénomènes s’observent à Cologne, Marseille, Londres, Malmö ou Amsterdam.

Plutôt que de lutter contre la peste islamiste et la gangrène des caïds, vous préférez insulter ceux qui attendent de l’État d’être protégés de ces entités dangereuses.

François Mitterrand a mis en place un épouvantail permettant de jouer avec les peurs, méfiez-vous de cet épouvantail, il y a fort à parier qu’une majorité de Français finissent par le retourner contre ces « élites » qui ont trahi leur peuple en recevant des communautés qu’elles ont encouragées à détester notre mode de vie, notre culture, notre histoire, nos enfants.

Je suis d’autant mieux placé par rapport à ce sujet que je suis moi-même issu de l’immigration nord-africaine et que j’ai joué le jeu de l’assimilation et de la méritocratie, refusant la victimisation perpétuelle, systématique.

Aujourd’hui, je suis trahi car je passe pour un traitre aux yeux de communautés qui haïssent la France, j’agace cette gauche qui refuse l’émancipation à une culture rétrograde et je peux être victime de racistes, heureusement très minoritaires.

Votre France, c’est le communautarisme, le séparatisme culturel et ethnique et à terme la libanisation du pays.

Votre Europe, c’est les « élites » contre le peuple.

Je vous invite, Monsieur le président, à revoir vos positions sur la gestion de l’immigration, de l’islamisme et des territoires perdus de la République, avant que le peuple ne redevienne souverain, car c’est vous qui lui êtes redevable et non l’inverse.

Le peuple français a été accueillant, bienveillant, patient, ne le poussez pas vers des issues radicales, une colère sourde traverse le pays, écoutez-la et soyez au rendez-vous de notre histoire et à la hauteur de notre nation.

Quand Libé se demande si sa rédaction est « blanche »

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Dans sa rubrique dédiée au « fact-checking », Libé publie un article intitulé: « La rédaction de ‘Libé’ est-elle ‘blanche’ ? ». Et recense ses collaborateurs issus des « minorités visibles »


Été 1998, la France, ivre de sa victoire à la Coupe du Monde de football croit le multiculturalisme accompli et se vautre dans le « black blanc beur ». Eté 2018, le quotidien Libération, dans un long papier commis par Cédric Mathiot, se pose la question suivante : « La rédaction de Libé est-elle blanche ? ».

D’après l’auteur, le questionnement est parti d’un journaliste noir américain de The Atlantic, Ta-Nehisi Coates qui demande en 2015 après la tuerie de Charlie Hebdo à parler à un journaliste maghrébin, on lui répond qu’il n’y en a qu’un, pigiste de surcroit : Rachid Laïreche, celui-ci témoigne : « Il était venu me voir, ça l’avait rendu dingue. Il m’a dit ‘Mais attends, tu es le seul dans toute la rédaction ?’ Il me disait qu’aux Etats Unis il y avait un manque, mais qu’il y avait des latinos, des noirs dans toutes les rédacs. Il disait que ça, cette absence de noirs et d’arabes ça expliquait aussi, le ‘Je suis Charlie’ et le ‘Je ne suis pas Charlie’. Que faut-il comprendre ? Qu’être Charlie était un truc de « blancs » ? Il semble que le Parti des Indigènes de la République (PIR) ait bien compris la leçon. Mais qui est ce Ta-Nahisi Coates, qui vient mettre son nez dans notre tradition universaliste française ?

« C’est quoi un blanc ? »

Fils d’un Black Panther, il est journaliste et écrivain et s’intéresse particulièrement aux violences raciales aux Etats-Unis. En 2015, son ouvrage, Between the world and me, traduit en français par Une colère noire, connait un certain succès. Ecrit comme une longue lettre à son fils, il y explique, qu’en dépit de décennies de luttes, le racisme anti-noir est encore très présent dans son pays. J’aurais envie de lui répondre « mind your business », les Etats-Unis ne sont pas la France, nous n’avons jamais connu de ségrégation et la République est censée intégrer tous les citoyens sans distinction de race. M’est avis que notre Houria Bouteldja nationale doit avoir un portrait de Ta-Nahisi au-dessus de son lit.

Il est souvent reproché à Libération, surtout sur les réseaux sociaux, d’être en effet une rédaction « blanche ». La photo prise en 2015 dans leurs anciens locaux de la rue Béranger en témoigne, et a même provoqué un mini tollé sur Twitter : « Cet odieux entre soi d’ignobles petits blancs frileux qui refusent de se faire enrichir culturellement ». Rien que ça.

D’autant plus que Libé se fait le chantre de l’antiracisme et de l’indigénisme, on ne compte plus les tribunes de ces derniers au sein du quotidien, sans compter leur soutien inconditionnel au martyr des banlieues, Adama Traore.

On sent toutefois l’auteur du papier un peu gêné. Libération est-il légitime pour traiter des minorités ? Mathiot essaie de définir maladroitement ce qu’est un « blanc » : «  D’abord il y a des raisons a priori de ne pas répondre à cette question. La première étant qu’on a pas envie de ranger ses collègues par couleur de peau. La deuxième est que c’est compliqué, forcément arbitraire de classer. C’est quoi un blanc ? Un grand-père coréen vous place-t-il dans la liste des non blancs ? » Nous n’en saurons pas plus. S’en suit un éloge du Bondy Blog : « Le Bondy Blog c’était la preuve que toutes les discussions qui avaient existé à Libé n’avaient servi à rien. (…). Ce que le Bondy Blog a fait ensuite a montré qu’il y avait un énorme potentiel, des jeunes qui avaient envie de faire ce métier et qui sont restés à la porte. ». Bizarrement les ignobles tweet racistes, antisémites et homophobes de Medhi Meklat (ou de son double maléfique), sont passés sous silence.

La liste de Libé

Libé, aurait-il l’ambition, depuis le traumatisme de 2015, de devenir un Bondy Blog bis ? Notamment pour récupérer un lectorat issu des banlieues, son socle de lecteurs blancs de gauche CSP+ l’abandonnant peu à peu ? Tout porte à le croire, en particulier sous l’impulsion de Johan Hufnagel, cofondateur de la version française et africaine de la revue en ligne Slate. Entre 2014 et 2017, il devient le numéro deux de Libération auprès de Laurent Joffrin. Son intention est claire : il veut faire de Libération un journal non pas de la diversité, mais de la « normalité » selon ces propres termes, « Tu regardes Libé, à l’intérieur de Libé, et aussi à ce qu’on donnait à montrer dans les images en une, il y avait un vrai problème de représentation des minorités visibles ». Jusque-là, pourquoi pas, la France est effectivement devenu un pays multiculturel. Seulement, Mathiot aurait mieux fait de s’en tenir à sa non définition du blanc, car il tombe dans le piège et nous fait une longue litanie des saints de tous les contributeurs issus des « minorités visibles » de Libé depuis 2015. Cela ressemble furieusement à de la statistique ethnique, ce qui reste strictement interdit en France. Balla, du Bondy Blog, Ismaël, Hala Kodmani, journaliste à France 24, officiant maintenant à Libé qui réussit l’exploit d’être femme, racisée, et, selon ses propres termes, « vieille ».

Cela nous rappelle un autre recensement ethnique, celui que Robert Ménard avait effectué en 2015 dans les écoles de Béziers concernant les enfants musulmans et qui lui avait valu l’ouverture d’une enquête de la part du procureur de la République et nombres d’articles furibards dans la presse. Encore une fois, nous voyons à l’œuvre ce processus que j’ai souvent observé : les antiracistes et les « racistes » sont renvoyés dos à dos, car ils finissent par employer les mêmes méthodes.

Je suis animaliste, pas un violent brouteur d’herbe

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L’écrivain animaliste, Laurent Dingli, se dresse contre les clichés auquel est parfois confronté son combat pour la cause des animaux. 


Le débat sur la condition animale s’est imposé récemment grâce à l’action percutante d’associations, telles que L-214, et à la contribution de personnalités qui se sont fait les relais de la cause auprès de l’opinion.

Pour la plupart de leurs détracteurs, les défenseurs de la cause animale sont des idéologues fanatisés ou de doux rêveurs qui auraient perdu le sens des réalités comme celui des valeurs. Les amabilités qui leur sont régulièrement servies sur les réseaux sociaux vont du brouteur d’herbe pacifique et légèrement déluré au dangereux extrémiste qui menace rien moins que les fondements de la civilisation, voire l’essence même de la nature humaine. Fichtre !

Il n’y a pas d’opposition entre l’homme et l’animal

L’animaliste penserait plus à l’animal qu’à l’être humain : c’est le plus ancien et le plus fréquent des clichés. Il y a une quinzaine d’années, quand l’ours Cannelle, la dernière représentante de sa sous-espèce – des Pyrénées –, fut abattue par un chasseur, j’avais été consterné d’entendre le philosophe Michel Serres déclarer que l’on ferait mieux de s’occuper des enfants qui mouraient de faim dans le monde, comme si, les problèmes s’excluant, notre capacité psycho-affective d’appréhender le vivant dans sa diversité était définitivement bornée. La disparition d’une sous-espèce de notre planète n’était pas seulement un non-sujet, sa seule évocation constituait une sorte d’insulte, d’hérésie, un fâcheux parasitage au sein de l’éternel monologue entre l’homme et lui-même, en somme, un crime de lèse-humanité.

Pourtant, lorsque je pense à certains défenseurs prestigieux de la cause animale – Victor Hugo, Louise Michel ou le Mahatma Ghandi – je n’ai pas l’impression qu’ils se soient jamais désintéressés de notre divine espèce. Que dire encore du médecin, pasteur et théologien protestant Albert Schweitzer, prix Nobel de la Paix ; du compagnon de la Libération et double prix Goncourt, Romain Gary ; de l’académicienne Marguerite Yourcenar ou encore du biologiste protestant et sympathisant communiste, Théodore Monod ?

C’est parce qu’il est humain que Finkielkraut aime les vaches

Dans la vision du monde qui est la mienne, qui est la nôtre, il n’existe pas d’opposition entre l’homme et l’animal : l’être humain est réintégré dans une nature, un cosmos, que seuls son arrogance et son sentiment de toute-puissance lui donnent encore l’illusion d’avoir quitté. J’aime le beau symbole qu’exprime le nom de l’association de mon amie Muriel Arnal, présidente-fondatrice de One Voice : une voix pour les hommes et les animaux. En vérité, là où certains ne comprennent qu’exclusion, appauvrissement, d’autres pensent association d’idées, enrichissement de la pensée et de la sensibilité. J’apprécie également cette idée d’une passerelle jetée entre les espèces, d’une compassion qui ne se limite pas à nos semblables comme nous y engage depuis si longtemps l’exemple du scientifique et moine bouddhiste Matthieu Ricard. Si Alex Hershaft, co-fondateur de l’Animal Rights Movement, a dédié sa vie au bien-être animal, c’est qu’il a vécu la Shoah, comme il le confie lui-même, et qu’une grande partie de sa famille a été assassinée à Treblinka. N’est-il pas révélateur que la « crise de la vache folle » ait modifié la vision du monde d’Alain Finkielkraut, qui allait un jour évoquer avec profondeur, et malgré l’interruption des rieurs, la joie des vaches qui « dansent », c’est-à-dire celle d’individus libérés, désaliénés, le même Finkielkraut qui fit graver la représentation d’une vache sur son épée d’académicien ?

La violence n’est pas du côté que l’on croit

L’animaliste serait un militant violent. Cette accusation est brandie par des personnalités médiatiques, comme le philosophe Raphaël Enthoven. Ce qui a très sérieusement indigné ce dernier en 2013, ce n’est pas le « spectacle » du taureau que l’on torture longuement à coup de lance et de banderilles, ce n’est pas davantage l’agonie des chevaux éventrés qui répandent leurs viscères dans l’arène ou celle des taurillons suppliciés, non, ce qui l’a choqué c’est… la violence verbale des anti-corrida. Tout aussi burlesque est l’attitude actuelle des bouchers qui se prétendent terrorisés parce que du faux sang a été aspergé sur leurs boutiques. La bêtise et le sectarisme se rencontrent chez les animalistes comme dans tous groupements humains, ce n’est pas une révélation.

A lire aussi: « Pour les animalistes, l’industrie animale est un éternel Treblinka »

Mais la violence est avant tout celle d’un système qui réduit des milliards d’êtres sensibles au rang d’objets de consommation, de machines à produire ou à divertir, niant leurs besoins les plus élémentaires, leur souffrance, leur existence même. Les véritables violences sont celles que nous refusions de voir avant que des associations nous obligent à les affronter : images insoutenables de ces chiens hurlant de douleur qui tentent de s’échapper du chaudron où les restaurateurs vietnamiens ou chinois sont en train de les bouillir vivants comme nous le faisons ici avec les crustacés ; moutons qui meurent piétinés, assoiffés ou littéralement cuits par la chaleur suffocante des camions ou des navires-mouroirs qui partent d’Australie ou d’Europe vers le Moyen Orient ; cochons de nos usines à viande nationales, entassés par millions sur des caillebotis, mutilés à vif, privés de la lumière du soleil, puis gazés ; poules entassées, écrasées ; poussins broyés ; oies et canards gavés, saignés ou asphyxiés dans des sacs par milliers lorsqu’ils sont malades ; veaux que, la semaine dernière encore, des paysans de Courchevel, avec une cruauté inouïe et par économie, ont laissé mourir de faim et de soif, attachés à une corde au milieu des alpages ; renards ou autres animaux sauvages et leurs petits déterrés, piégés, électrifiés par l’anus ou déchiquetés avec un raffinement de sadisme ; chats et chiens euthanasiés en masse – plus de 100 000 chaque année en France –, parce que, pour beaucoup d’entre eux, ils ont été vendus, achetés puis éliminés comme de vulgaires déchets ; poissons écrasés dans les filets de pêche, éventrés vivants, suffocant sur les ponts, serrés dans des bassins d’élevage où, atteints de dépression, ils restent prostrés et s’automutilent ; tortues, dauphins, requins, balancés en mer alors qu’ils sont blessés ou agonisants ; lions, éléphants, tigres, ours, encagés à vie et contraints de faire des numéros douloureux et ridicules ; individus que la réclusion rend fous, souvent atteints de mouvements stéréotypés et que l’on abattra sans merci s’ils tentent de s’évader et de se rebeller… De telles monstruosités ne se dénoncent pas seulement lors de conversations mondaines. C’est pourquoi, si nous refusons la violence, la radicalité nous est parfois nécessaire.

La cause animale ne menace pas notre identité

Les animalistes menacent notre identité et nos traditions, nous dit-on encore. Mais en quoi la longévité d’une pratique la rendrait-elle acceptable ? L’excision, le mariage forcé des enfants, sont également des traditions. Est-ce une raison pour les perpétuer ? Sous l’Ancien Régime, en place de Grève, on enfermait chaque année une douzaine de chats vivants et parfois un renard dans un sac que l’on hissait au bout d’un mât et auquel on mettait le feu. Jusqu’en 1880, il existait des arènes mobiles à Paris, très fréquentées par le peuple, et dans lesquelles on faisait s’affronter jusqu’à la mort des taureaux, des fauves, des chiens. Ces traditions ont fort heureusement disparu. La ville de Paris a-t-elle pour autant perdu son identité ? Le sud-ouest perdra-t-il la sienne lorsqu’il abandonnera la corrida mise à la mode tardivement par l’impératrice Eugénie ? Et nos compatriotes, juifs ou musulmans pratiquants, ont-ils besoin de tourmenter des êtres vivants pour exprimer leur foi ? Est-il acceptable au XXIe siècle d’égorger des êtres sensibles, de les laisser se vider de leur sang et parfois souffrir pendant un long quart d’heure, parce que cela correspond à des croyances antiques ou médiévales ? L’identité d’une région ou d’une collectivité n’est jamais figée. Elle est, à l’exemple de nos villes, un substrat de traditions qui s’amalgament et se modifient.

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Véritable phénomène de société, la cause animale transcende les clivages politiques, économiques, religieux et sociaux. Le respect des autres espèces est une fin en soi, mais également un puissant moyen de repenser notre relation au monde sans toutefois verser dans l’utopie millénariste et totalitaire. En plus du travail effectué par des associations, des élus et de simples citoyens, nous disposons aujourd’hui d’un nouveau cadre, le Parti animaliste. Le mouvement a plusieurs défis à relever, notamment celui d’éviter le sectarisme afin d’opérer un large rassemblement tout en conservant une ligne claire, ferme et cohérente. La mobilisation est d’autant plus urgente que le pouvoir actuel, en France, continue de défendre des traditions et un modèle productiviste éculés, tournant ainsi le dos à ce qui constitue l’un des éléments clés de la modernité. Partout dans le monde cependant, le changement est palpable. Le nouveau ministre de la Culture espagnol est un animaliste convaincu ; un parlementaire sud-coréen propose d’interdire l’élevage et la consommation de viande de chiens ; la Grande-Bretagne a banni la chasse aux renards ; la Norvège a annoncé qu’elle n’acceptera plus de fermes à fourrure sur son sol à partir de 2025 ; la Suisse, la Belgique, ont pris des initiatives d’avant-garde tandis que des dizaines de villes et de pays ont interdit les cirques avec animaux. En Argentine, un tribunal a reconnu le droit d’une orang-outan, « personne non-humaine », à la liberté et un juge de New-Delhi celle des oiseaux « à voler dans le ciel ». La cause animale s’est même invitée lors de la campagne présidentielle en Turquie après qu’un chiot labrador a été retrouvé, abandonné dans un bois, encore vivant mais les membres coupés. Autant de prises de conscience qui nous donnent des raisons d’espérer.

L'animalisme est un anti-humanisme

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Eric Ciotti et l’extrême obsession de Public Sénat

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Les journalistes de Public Sénat ont insisté pour qu’Eric Ciotti qualifie le ministre de l’Intérieur italien d’homme politique d’ « extrême droite ».


On a pu assister lundi 2 juillet, sur Public Sénat, à une séance de torture inquisitoriale d’Eric Ciotti par un peloton de journalistes de cette chaîne. Le but, sur un ton agressif et primaire, était de faire dire au député des Républicains qu’il approuvait l’action de « l’extrême droite » italienne et donc qu’il était lui aussi d’extrême droite. Sous-entendu : un « danger-pour-la-démocratie ». Eric Ciotti s’est défendu tant qu’il a pu et a refusé de qualifier le ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, membre du gouvernement de coalition au pouvoir en Italie, de « néo-fasciste ». Qui va, un jour, enfin, définir « l’extrême droite » ? Et quand va-t-on cesser de schématiser et proscrire des idées politiques dans un débat supposé démocratique où l’on devrait librement et calmement exposer ses idées ? Qui plus est sur la chaîne du Sénat et auprès d’un élu de la nation.

Or voici qu’on apprend, cette semaine, que le gouvernement italien, si décrié, vient au secours des classes moyennes et inférieures en adoptant des mesures pour favoriser l’emploi. Dans la nuit de mardi à mercredi, le Conseil des ministres a adopté un décret-loi introduisant des mesures urgentes pour la « dignité des travailleurs et des entreprises » : il s’agit de rendre plus difficiles les licenciements, et de sanctionner les entreprises subventionnées par l’État qui délocaliseraient. Elles devront alors rembourser de deux à quatre fois le montant de la subvention. Ce qu’aucun gouvernement, de gauche ou de droite, n’a su faire jusqu’au bout en France.

Le meilleur moyen de s’empêcher de penser

Le Communiqué officiel du gouvernement annonce aussi la « limitation de l’utilisation des contrats à durée déterminée » (désormais plafonnés à  deux ans au lieu de trois ans) ; et les indemnités fixées par le juge lors d’un licenciement fautif seront également augmentées de moitié. « L’Italie vire à gauche » a titré à ce propos le site de Franceinfo. Drôle de trajectoire pour un gouvernement qui comprend des membres d’ « extrême droite ».

Le Mouvement 5 Étoiles (M5S) avait fait de ces mesures (ainsi que du rétablissement des retraites, en cours d’étude) son thème majeur de campagne électorale. Une partie du patronat italien a réaffirmé son hostilité à de telles mesures suspectées de décourager les embauches. Nous verrons d’ici au maximum trois mois (début septembre) si les deux assemblées ratifient ce texte ou le modifient.

Quand on ne sait plus penser et qu’on se contente de répéter en chorus des slogans : on taxe le gouvernement italien, suivi par une majorité de la population, tantôt de « populiste », tantôt d’ « extrémiste » ou d’ « anti-européen »… En attendant la suite, qui ne sera pas forcément rectiligne, ce gouvernement italien avance, alors qu’en France « En Marche » recule dans les sondages. Et, comble de l’impolitesse, ce gouvernement italien prend les mesures sociales promises par le programme de gouvernement… L’idée d’écouter les demandes des peuples serait-elle donc « extrémiste » ?

Non, Tahar Ben Jelloun le verdict du Hirak n’est pas une « provocation »

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L’écrivain marocain a dénoncé un « retour des années de plomb » pour critiquer le verdict du procès des émeutiers du Hirak, en 2016 et 2017, dans la ville d’Al Hoceima au Maroc. 


Dans une tribune publiée sur le site web du Point, le grand écrivain marocain, Tahar Ben Jelloun, s’insurge contre le sort réservé à la cinquantaine d’individus jugés pour leur implication dans le Hirak, neuf mois de manifestations et d’émeutes qui ont secoué la ville d’Al Hoceima (novembre 2016 – juillet 2017). Dans un verdict prononcé le 26 juin, la Chambre criminelle de Casablanca a émis des sentences allant d’un an à vingt ans de prison ferme.

Le Maroc n’est pas la France

Tahar Ben Jelloun a raison d’écrire que « la démocratie exige le respect de l’individu qu’il soit contestataire, opposant ou pas ». Mais, il n’existe pas de démocratie sans Etat de droit et ce dernier doit se défendre et prévaloir aux quatre coins du territoire. Les juges marocains n’ont fait qu’appliquer le code pénal en vigueur. Face à eux, il y avait des gens qui ont participé ou inspiré des actes très graves, comme mettre le feu à un immeuble habité par des policiers, provoqué des traumatismes crâniens chez des fonctionnaires de police ou causé d’énormes dégâts matériels aux biens publics. Le Maroc n’est pas la France : ses institutions ne sont pas assez fortes et sa « démocratie » pas assez mûre pour vivre avec des zones de non-droit où l’autorité de l’Etat est constamment battue en brèche. Le pays est fragile et les expériences de ses voisins (de l’Algérie à la Libye) montre que le désordre est très vite installé en dépit des bonnes intentions et des gestes généreux.

Après tout, quel aurait été un verdict correct ou acceptable ? L’acquittement pur et simple, des amendes légères avec une tape sur le dos et les excuses du ministère de la Justice par-dessus le marché ? Cela aurait été une prime à l’impunité, tout le contraire de ce dont le Maroc a besoin. La chienlit n’a jamais été une bonne définition de la démocratie, ni la foule un bon synonyme du corps social.

Le meilleur ennemi du Hirak est lui-même

La sentence délivrée par le tribunal de Casablanca intervient sept ans après les sinistres printemps arabes, une authentique catastrophe qui a démontré que les peuples arabes sont (pour l’instant) dépourvus de leaders capables de penser une nouvelle société. A Al Hoceima, il y a eu une jacquerie, rien de plus. La foule ne nous a rien appris de nouveau, elle n’a rien dit de transcendant : misère, chômage, enclavement. Tout cela nous le savions déjà. C’est le lot de toutes les régions du Maroc. Pas besoin de mettre une ville à feu et à sang pendant neuf mois pour nous le prouver. Ce qui intéresse les Marocains, c’est comment réduire la misère, comment mettre les jeunes au travail, comment cesser de produire de la frustration à échelle industrielle. Autant de questions que les meneurs du Hirak ont ignoré pendant neuf long mois où tous les micros leur avaient été tendus avec complaisance.

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Leur échec est celui d’une jacquerie qui s’est affaissée sur elle-même comme une plante qui a pourri de l’intérieur. Le meilleur ennemi du Hirak est lui-même car il est le portrait craché d’une société dépourvue d’élites à même de raconter une histoire qui fasse sens. Zefzafi et ses compagnons ont brandi les portraits d’Abdelkrim comme d’autres portent des tee-shirts à l’effigie de Che Guevara : c’est un raccourci confortable qui ne mène nulle part. Abdelkrim est le symbole d’une défaite et le fondateur d’une république qui se voulait islamique (c’est-à-dire gouvernée par la Charia). Il aurait fallu travailler un peu plus les symboles pour raconter une histoire qui fasse sens auprès des Marocains qui ne sont ni républicains ni nostalgiques d’une époque où le Rif était en sécession.

Ni une « provocation » ni un retour des « années de plomb »

Tahar Ben Jelloun voit dans ce verdict un retour des « années de plomb » et une « provocation ». Je m’inscris en faux. Cette décision judiciaire n’est qu’une étape et ne représente en rien le mot de la fin. Loin de là. C’est un acte de plus dans une comédie humaine où le metteur en scène a toujours le dernier mot et dont l’épilogue n’a pas encore été écrit. Les protagonistes du Hirak ont été les instruments d’une séquence politique qui a servi des intérêts qui les dépassaient largement. Ils ont dans un sens rendu service à l’Etat en cochant toutes les cases que l’on attendait d’eux : violence, destruction, flirt avec le séparatisme.

Le Hirak (dérivé du mot arabe pour mouvement) a permis à l’Etat de réaffirmer son hégémonie face à trois grands groupes de pression : le PJD, la société civile et la bourgeoisie. Tout d’abord, le PJD, le parti préféré des Marocains (d’obédience islamiste), a été aux abonnés absents et a laissé faire les « pros » du ministère de l’Intérieur de bout en bout (nommés par le Roi). Ça tombe mal pour un parti qui se disait en capacité de gérer le pays pour peu qu’on arrête de se méfier de lui et qu’on le laisse accéder aux postes clés de l’administration. Ensuite, la société civile a montré ses limites, incapable de prévoir la révolte et encore moins de canaliser les revendications des jeunes Rifains. Elle qui croyait avoir son mot à dire a été remise à sa place c’est-à-dire celle d’un simple client qui dépend du pouvoir pour recevoir ses subventions. Enfin, les élites économiques ont eu tout le temps nécessaire (neuf mois de troubles quotidiens) pour faire connaissance avec une jeunesse agressive et indisciplinée et qui attend la première défaillance de l’Etat pour leur sauter au cou.

Le Maroc fonctionne ainsi

Derrière les barreaux, les meneurs du Hirak ont encore une mission à accomplir : participer à la réconciliation nationale et à la main tendue qui, tôt ou tard, sera à l’ordre du jour concernant Al Hoceima. Le Maroc fonctionne ainsi : on se met en colère, on se chamaille mais on préfère toujours revenir à une situation marquée par une soumission renouvelée d’une part et une certaine mansuétude de l’autre. Dans deux ou trois ans peut-être viendra le moment de tourner la page, une fois la tempête calmée et les passions apaisées. Les individus les plus « tranquilles » feront probablement l’objet d’une grâce ou d’une réduction de peine. Ils doivent au préalable montrer leur disposition à faire amende honorable. En soi, ce mécanisme a ses qualités car il permet, qu’on le veuille ou non, de recoudre certaines blessures et de mettre fin à la détresse des familles séparées. Il a fonctionné pour de nombreux salafistes marocains, sortis de prison contre la promesse d’une bonne conduite. Il n’y a aucune raison qu’il en soit autrement pour le noyau dur du Hirak.

Tout le monde ou presque devrait donc tirer son épingle du jeu : les militants les plus disposés à mettre de l’eau dans leur vin, l’Etat bien sûr, les élites économiques qui participent d’un modèle de développement qui « oublie » une bonne moitié du territoire. Et la cause du peuple dans tout cela ? Elle n’est pas à l’ordre du jour. Les jacqueries ont donc toutes les chances de se multiplier et de surgir là où on les attend le moins. Jusqu’à présent, il s’agit de poussées de fièvre limitées aux petites villes (Séfrou en 2007, Larache en 2012, Al Hoceima en 2017 etc.). Les métropoles sont, pour le moment, hors du radar et font plutôt face à une hausse de la criminalité. Comment croire que les immenses faubourgs de Casablanca ou la populeuse banlieue sud de Tanger vont rester à jamais immunisés contre un Hirak 2.0 ?

La punition

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LREM déchire la « race »: un vote dangereux et inutile


Les députés (LREM, principalement) ont voté pour la disparition du mot « race » de la Constitution. En pleine racialisation de l’Etat et de la société française, la mesure interroge…


Le gouvernement a déposé, le mercredi 9 mai 2018, le projet de loi constitutionnelle pour une démocratie plus représentative, responsable et efficace. Pêle-mêle, ce projet prévoit la création d’une chambre de la société civile en remplacement du Conseil économique, social et environnemental, la réduction du nombre de parlementaires, la suppression de la Cour de justice de la République, la création d’incompatibilités entre les fonctions ministérielles et l’exercice de certaines responsabilités locales, la simplification de la procédure législative ou encore l’inscription de la Corse dans la Constitution. Conformément à la procédure de révision de la Constitution, le Conseil d’Etat a donné un avis sur le projet de loi constitutionnelle le 3 mai dernier.

Le tour de passe-race des députés

Une mesure symbolique de cette réforme ne figure toutefois pas dans le projet déposé : la suppression du mot « race » de l’article 1er de la Constitution. Elle est issue d’un amendement parlementaire ajouté pendant les discussions sur le projet. Mercredi 27 juin, les députés ont donc décidé que le mot « race » serait ôté de l’article 1 de la Constitution, qui disposerait désormais que « la France assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction de sexe, d’origine ou de religion ». La mesure a été votée à l’unanimité en commission à l’Assemblée nationale, le 27 juin, et devrait, selon toute logique, être adoptée le 10 juillet prochain.

Ajouter des mesures à un texte dans le cadre des discussions parlementaires comporte un avantage considérable, cela permet d’éviter opportunément l’avis du Conseil d’Etat (qui ne peut porter que sur le projet présenté par le gouvernement) au cas où le Conseil mettrait en lumière les incohérences juridiques de tels ajouts. Et il y a effectivement lieu à discuter de la nécessité tant juridique que symbolique de cette mesure.

La suppression du mot « race » de la Constitution, c’est un peu comme le droit de vote des étrangers, cela fait des années qu’on en entend parler mais cela n’a jamais abouti. Promesse de campagne de François Hollande finalement abandonnée, cette mesure a été relancée par des députés LREM qui considèrent que le terme de « race » ne serait plus adapté à une société démocratique du XXIe siècle, qu’il rend la Constitution symboliquement violente, mal comprise (on se demande bien par qui) et infondée. Vraiment ? A y regarder de plus près, cette mesure apparaît pourtant aussi inutile que dangereuse.

La Constitution n’a pas le monopole de la « race »

Inutile car la Constitution n’est pas le seul texte qui interdit la distinction fondée sur la race. L’article 2 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, l’article 14 de la Convention européenne des droits de l’homme et l’article 21 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne adoptée en 2000 prohibent toute distinction fondée sur la « race ». Supprimez le mot « race », il demeurera malgré tout en vigueur au sommet de l’ordonnancement juridique. Les tribunaux français sont les juges de droit commun du droit international, en particulier de celui de l’Union européenne, rien ne les empêchera de se fonder sur ces textes, quand bien même le mot « race » aurait été expurgé de la Constitution.

A lire aussi: Niquez vos (prétendues) races !

Aussi, pour que la suppression du mot « race » soit effective, outre la suppression des textes de droit international, il conviendrait de procéder à une réécriture complète du code pénal dans lequel il figure toujours. Se borner à le supprimer de la seule Constitution, cela ne sert strictement à rien.

Si elle part d’un bon sentiment, cette démarche trahit une méconnaissance de l’histoire constitutionnelle de la France. L’introduction du terme « race » dans la Constitution en 1946, confirmée en 1958 n’a jamais eu pour objet ou pour effet d’exprimer une pensée raciste. Bien au contraire, il s’agissait, après l’horreur du nazisme, de nommer clairement son ennemi afin de mieux le combattre. La volonté de prohiber toute distinction de race s’inscrit dans la droite ligne de la Déclaration des droits de l’homme de 1789, selon laquelle les distinctions ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. Vouloir supprimer le mot « race » en considérant d’une part qu’il affirme l’existence des races et d’autre part qu’il permet de valider le racisme, c’est manifestement ne rien comprendre à son utilité dans le texte suprême.

La sacralisation du racialisme

Supprimer le mot « race » est en plus dangereux. Vouloir supprimer le mot « race », c’est vouloir supprimer l’expression qui lui est associée à savoir « sans distinction de race », c’est-à-dire la suppression du principe selon lequel on ne distingue plus selon la race. C’est extrêmement préoccupant à une époque où justement les distinctions raciales à l’anglo-saxonne deviennent de plus en plus présentes.

Depuis 1998, on se gargarise bêtement devant une France prétendument « black, blanc, beur », la diversité est promue au rang de dogme et chacun est renvoyé à sa race. Le président de la République lui-même (ainsi que la ministre de la Culture et la présidente de France Télévisions) regrette la surreprésentation des « mâles blancs » et invite à l’Elysée un artiste s’affichant ostensiblement « noir et pédé ». En 2016, sous le slogan « les compétences d’abord », le gouvernement, en se chargeant de véhiculer des stéréotypes, prétendait lutter contre les discriminations à l’embauche par une campagne d’affichage dans laquelle chaque affiche fusionnait les visages d’un candidat blanc et d’un candidat de couleur : au visage blanc était associée une réponse positive de recruteur, au visage de couleur, une réponse négative. Il était insinué que les seuls blancs étaient favorisés et qu’ils devaient être nécessairement culpabilisés pour cela.

Du sommet de l’Etat jusqu’à la base, la société se racialise, le travail de sape du modèle français républicain est à l’œuvre et on glisse dangereusement vers une américanisation de la pensée (mais qu’importe après tout, pour notre chef de l’Etat, la culture française n’existerait pas).

Vouloir supprimer le mot « race », c’est vouloir supprimer l’expression qui lui est associée à savoir « sans distinction de race ». Sans distinction de race, nous pouvons justifier toutes les revendications farfelues, à commencer par les fameux ateliers racisés en non mixité qui sont particulièrement à la mode. Sans distinction de race, on banalise les discours effrayants comme celui tenu à l’occasion de la scène surréaliste survenue dans l’émission « Arrêt sur images », ce week-end, dans laquelle l’homme qui prétendait ne pas en être un regrettait aussi d’être considéré comme « blanc ». Comme s’il ne pouvait exister de débat sans composition raciale.

La Constitution n’est pas un tract 

Comme l’a très justement écrit l’essayiste Mathieu Bock-Côté : « Que pensent les députés qui se sont ralliés à cet amendement de cette effrayante racialisation des appartenances ? »

Certains défenseurs de cette suppression considèrent que c’est parce que les races n’existent pas que le mot doit disparaître. Soit, mais si la Constitution ne devait comporter que des notions qui existent, pourquoi ne supprimerions-nous pas celle qui donne au gouvernement le pouvoir de « déterminer et de conduire la politique de la nation » ? Pour beaucoup d’adeptes de la déconstruction du roman national, il n’existe pas de nation française et nous serions face à une fiction juridique. Mais peut-être devrions-nous aussi supprimer la référence à la parité au motif que pour certains la distinction homme-femme n’a aucune consistance et qu’ils ne s’y retrouvent pas ?

Tout cela n’a aucun sens. La Constitution n’est pas un essai biologique. C’est un texte de droit.

« Tully »: nous sommes tous égaux, et puis il y a Charlize Theron


Dans Tully, le dernier film du réalisateur de JunoCharlize Theron est, encore une fois, monstrueusement sublime…


Rappelez-vous. La dernière fois que vous l’avez vue, c’était dans Atomic Blonde. Où elle était radicalement belle, même couverte d’ecchymoses qu’elle soignait plongée dans un bain plein de glaçons et sirotant une vodka — un double on the rocks, si je puis dire…

Mais un peu avant, elle tenait la vedette dans Mad Max Fury Road, boule à zéro, le visage taché de suie, de poudre, de sueur, un œil au beurre noir, amputée d’un bras…

Encore avant, elle avait décroché un Oscar pour un rôle de tueuse en série, dans Monster — elle avait pris 30 kilos tout exprès, et s’était fait infiltrer du collagène dans le visage pour devenir Aileen Wuornos, exécutée en 2002 en Floride pour une série impressionnante de meurtres…

Et la voici dans Tully, de Jason Reitman (remember Juno ?), où elle joue le rôle d’une mère de famille, Marlo, affligée d’un mari qui passe ses nuits, près d’elle, à tuer des morts-vivants sur sa console, d’une gamine peu douée, d’un fils hyper-actif qu’il faut brosser comme un cheval, chaque soir, pour qu’il consente à se coucher, et elle vient d’accoucher d’une gamine qui hurle sans cesse… Elle a pris 20 kilos pendant sa grossesse (et pour le film), et elle n’a pas l’air de vouloir les perdre…

Toujours plus Charlize Theron…

Et elle reste sublime. Le cinéma, c’est ça aussi. Nous, on fréquente des baleines bardées de capitons, elle, elle explique qu’elle a des varices dans ses varices, et on la trouve exquise.

Bref, Marlo s’offre une dépression post partum que je vous dis que ça. Alors on lui offre une nounou de nuit — une profession qui déjà vous fait dresser l’oreille, hein… C’est elle, la Tully du titre. Mackenzie Davis.

Une fille tout aussi exquise, un mixte de Charlize Theron et d’Uma Thurman (nous ne sommes pas tous égaux, il y a Charlize Theron, il y a aussi Uma Thurman), une Canadienne déjà vue dans Blade Runner 2049, qui se retrouve ici face à Charlize dans ce qui paraît être un passage de témoin — comme Robert Redford faisait semblant de passer le témoin à Brad Pitt dans Spy Game, si vous vous souvenez. Une nounou qui l’envoie dormir, car elle a fait de la psychanalyse jungienne et cite Samuel Pepys, ce qui a fait tiquer le critique du Figaro, Eric Neuhoff : il n’a pas dû repérer que c’était Marlo / Theron qui avait fait des études de littérature anglaise, et que cette référence savante Samuel Pepys était un indice, parmi d’autres, tous semés afin de préparer… Arrête, Brighelli ! Ne dis rien !

Ce qui m’a beaucoup amusé, c’est d’imaginer le discours qu’auraient tenu les médias si c’était une femme qui avait signé ce film…

>>> Lisez la suite de l’article sur le blog de Jean-Paul Brighelli <<<

C'est le français qu'on assassine

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Ultradroite: on ne combat pas le terrorisme par le terrorisme

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D’après les informations disponibles à ce jour, le groupe Action des Forces opérationnelles (AFO) aurait eu comme projet d’empoisonner de la nourriture hallal dans les supermarchés pour, selon eux, riposter aux attentats djihadistes et combattre l’islamisation. Est-il besoin de souligner ce qu’un tel projet a de monstrueux, en plus d’être stratégiquement inepte ?

Nombre de familles de culture musulmane achètent de la nourriture hallal, sans pour autant être partisanes de l’islam politique. Quel sens y aurait-il à s’en prendre à elles ? Qu’elle me pardonne de la mentionner ici, mais ne peut-on imaginer que quelqu’un comme Souâd Ayada souhaite cuisiner hallal si elle invite des membres de sa famille du Maroc, dont certains sont peut-être attachés à cette tradition ? Et pourtant ! Cette Française de culture musulmane a fait plus pour la France, les Français et le français, et pour la lutte contre l’islamisme, que la majorité de nos compatriotes.

Hors-limite

Et quand bien même. Imaginons que seuls des islamistes consomment du hallal. Imaginons que tous ceux qui en achètent y voient ce que cet achat est effectivement parfois, c’est-à-dire un acte politique, une sécession alimentaire et culturelle, un financement de réseaux à l’opacité souvent volontaire. Est-ce une raison suffisante pour les tuer ? Est-ce une raison suffisante pour tuer leurs enfants, qui partagent leurs repas ?

Je sais bien qu’il n’est pas toujours possible d’éviter les victimes innocentes, que la vraie vie n’est pas toujours faite de déclarations de principe moralement réconfortantes mais aussi de décisions parfois terriblement difficiles. Qu’il fallait bombarder les enfants de Dresde pour délivrer les enfants d’Auschwitz. Mais qui pourrait sérieusement prétendre que nous en serions là, aujourd’hui, pour lutter contre l’islam politique en France ?

Il semblerait que certains membres du groupe AFO aient désapprouvé ce projet. Auraient-ils eu le courage de l’empêcher ? Nous ne le saurons jamais, et heureusement. Et que voulaient-ils faire exactement ? Menacer ou détruire des bâtiments, bien qu’illégal, n’est pas la même chose qu’agresser physiquement, voire assassiner. Cibler des prédicateurs prônant le djihad n’est pas non plus, sur le plan éthique, la même chose que s’en prendre à des musulmans au hasard.

La violence n’est pas une aventure romantique

Plus généralement, cette affaire nous pose une fois de plus la question de la violence politique, lancinante dans notre société qui confond trop souvent violence, force et sauvagerie, soit pour les condamner indistinctement, soit pour les parer d’une aura exaltante souvent imméritée. C’est AFO, mais aussi d’une autre manière les zadistes, les étudiants d’extrême gauche ayant saccagé les facultés, les black blocks, une actrice soutenant publiquement la cavale de l’assassin d’une policière, etc.

Au pays de l’Armée secrète et des FFI, toute condamnation absolue de la violence politique serait évidemment ridicule. Pour autant, l’exemple glorieux des héros du Maquis et la beauté du « Chant des Partisans » ne doivent pas servir de blanc-seing à n’importe quel activiste surexcité.

Le choix de l’illégalité et des coups de force, s’il est parfois nécessaire, est toujours grave et lourd de conséquences. Parce que ce choix impose de contraindre plutôt que de chercher à convaincre, parce qu’en faisant ce choix un groupe se donne à lui-même le droit d’incarner la véritable légitimité, la tentation totalitaire et l’arbitraire ne sont jamais loin, et la violence illégale ne peut donc appuyer un idéal démocratique qu’au prix d’une extrême prudence et d’une vigilance de chaque instant. Quoi qu’il en soit, elle ne peut être qu’un ultime recours mûrement réfléchi, et non une aventure romantique.

Est-il vraiment opportun d’affaiblir l’autorité de l’Etat ?

Quelle que soit la cause qu’elle défend, l’action illégale ne peut réussir qu’en fragilisant l’autorité de l’État. Elle doit donc se poser la question de ce qui se substituera à cette autorité, faute de quoi elle ne fera que semer le chaos. La Résistance avait anticipé cette question, avec une profonde lucidité. Les nationalistes corses aussi, dans un autre registre. Même Lénine, Mao, Al Qaïda ou l’Etat islamique l’ont anticipée. En revanche, la coalition occidentale qui a abattu Kadhafi s’est bien gardée de penser sérieusement à l’après, et on voit le résultat. Même constat en Irak, ou en Afghanistan où les talibans reviennent lentement au pouvoir.

Pense-t-on vraiment qu’il soit opportun aujourd’hui en France d’affaiblir l’autorité de l’État ? Il me semble qu’il serait plutôt urgent de la restaurer dans le respect de la volonté générale. Au passage, il n’est pas très sage non plus de faire chanter « brûlons cette maison » à l’Élysée pendant qu’on impose des réglementations absurdes sur les routes et que les forces de sécurité sont à bout

Que le gouvernement se souvienne que sa seule légitimité lui vient de la souveraineté du peuple, et de sa capacité à assumer ses missions régaliennes au service du peuple : Bercy n’est qu’un outil, pas une fin.

Il y a d’autres moyens d’action

N’oublions pas, enfin, la question des buts poursuivis. Les méthodes sont importantes, et certaines peuvent suffire à faire condamner la cause qu’elles prétendent défendre, mais elles ne sont pas tout. Ces membres d’AFO, notamment ceux qui se seraient opposés au projet d’empoisonnement aveugle et gardent donc peut-être une certaine dignité, sont-ils juste décidés à combattre le totalitarisme de l’islam politique, un peu à l’image des peshmergas kurdes ? Ou forment-ils un groupuscule nazillon avide d’une pureté ethnique fantasmée, aux rêves aussi sinistres que ceux des islamistes ? Que les actions de tels groupes puissent conduire à disqualifier les uns à cause des crimes des autres n’est pas leur moindre défaut.

Si demain, certains imams prêcheurs de haine, certains soutiens logistiques des terroristes, certains membres de leurs familles qui encouragent leur idéologie, venaient à glisser malencontreusement dans les escaliers, sans forcément approuver il faudrait être singulièrement dénué de sens moral pour crier au scandale.

Serait-ce pour autant une bonne chose ? Je suis le premier à dénoncer le manque de volonté politique, pour ne pas dire la complaisance, face aux islamistes. Mais se substituer à l’État et choisir la « propagande par le fait » n’est pas forcément le meilleur moyen de faire évoluer les choses.

La photo du petit Alan Kurdi, abondamment instrumentalisée, n’a-t-elle pas eu plus d’impact que les actions des ONG prétendument humanitaires qui vont chercher des migrants par bateau ? Les vidéos tournées et diffusées par L214 des atrocités commises dans des élevages et des abattoirs, ne sont-elles pas plus efficaces pour faire avancer la cause animale que les violences contre des bouchers ?

Vaincre l’islamisme sur le plan des idées

Qu’un groupe parvienne à filmer ce qui se dit vraiment dans certaines mosquées, à montrer la pression qui s’abat au quotidien sur les femmes dans certains quartiers, à dévoiler ce qu’est vraiment le projet de société des groupes islamistes même légaux, et surtout à donner à ces révélations un impact médiatique suffisant pour que les pouvoirs publics ne puissent plus feindre de les ignorer, et j’applaudirai.

A lire aussi: Ces « petits riens » de l’islamisme « soft » qui s’infiltrent dans notre quotidien

Que ce groupe reste purement factuel dans ses dénonciations, et évite de tomber dans des outrances similaires à celles qu’il dénonce, ne serait-ce que pour empêcher le déni sous prétexte de « ne pas faire le jeu » ou de « ne pas stigmatiser », et j’applaudirai encore plus.

Que ce groupe sache faire la différence entre les musulmans humanistes et les thuriféraires de l’islam politique, et obliger la fameuse « majorité silencieuse » à se positionner clairement entre les deux et à assumer son positionnement, et je me lèverai pour applaudir en hurlant de joie. Que ce groupe, enfin, parvienne à s’appuyer sur son succès pour convaincre la majorité des Français qu’il est par-dessus tout urgent lors des élections de « faire barrage » aux candidats qui ne défendent pas fermement la République – contre les islamistes mais aussi contre les communautaristes de tous poils, couleurs ou sexes – et je pourrai me rasseoir, apaisé et confiant dans l’avenir de notre pays.

La force ne servira à rien si l’islam politique n’est pas aussi vaincu sur le plan des idées, ce qui suppose de dévoiler sa nature totalitaire mais aussi de démontrer que d’autres projets sont possibles, au nom d’autres convictions métaphysiques, philosophiques, politiques.

Nous n’y parviendrons certes pas si notre seule réponse aux attentats est d’allumer des bougies à côté de mignonnes peluches. Mais nous y parviendrons encore moins en empoisonnant des enfants.

L’imam de Toulouse n’est pas un cas isolé

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Mohamed Tataï, octobre 2017. ©Capture d'écran Youtube

Le hadith antisémite prononcé par l’imam de Toulouse, Mohamed Tataï, est largement répandu. Comment les autorités musulmanes de France pourraient-elles lui jeter la pierre ? 


L’imam de la Grande mosquée de Toulouse, Mohamed Tataï, est un Algérien qui vit en France depuis près de trente ans, mais il ne prêche qu’en arabe. Cela lui a notamment permis, dans un de ses sermons en ligne, de se moquer de la démocratie, « cette religion bizarre ».

« Et les musulmans tueront les juifs… »

Les autorités locales ne sont pas très regardantes. La mairie a même aidé Mohamed Tataï à se procurer un terrain pour y construire une nouvelle mosquée, immense et luxueuse – 6 millions d’euros, partiellement payés par l’Algérie et le Koweït. Les islamistes, il est vrai, sont nombreux à avoir des liens avec Toulouse, et ils peuvent nuire, soit aux élections, soit autrement. Certains d’entre eux ont même défrayé la chronique du djihadisme : Mohamed Merah ; Sabri Essid et son beau-fils qui, à douze ans, a assassiné un otage israélien en Syrie ; les frères Clain, qui ont revendiqué l’organisation des attentats du 13 novembre 2015 à Paris ; et Olivier Corel, qui a inspiré tout ce monde.

Et puisqu’il parle en arabe, l’imam Tataï déclare le vendredi 15 décembre 2017 : « Le Prophète nous a parlé de la bataille décisive, la bataille finale, disant : « L’Heure de la fin ne viendra pas avant que les musulmans ne combattent les juifs. Et les musulmans tueront les juifs, jusqu’à ce que le juif se cache derrière les pierres et derrière les arbres. Alors la pierre ou l’arbre dira : ‘Ô musulman, ô esclave d’Allah ! Il y a un juif derrière moi, viens le tuer !’ Seul l’arbre du gharkad[tooltips content= »Le ghadkad, nom scientifique Nitraria retusa, est un arbre épineux aux jolies baies blanches. »]1[/tooltips] ne le fera pas, parce que c’est un arbre des juifs[tooltips content= »Rapporté par Moslem. Traduction LMN. »]2[/tooltips]

Dalil Boubakeur peut être embarrassé

L’imam Tataï n’a fait que citer un hadith dit « authentique », rapporté par l’imam Moslem. À ce titre, il est très connu : le lecteur arabophone le voit cité dans des fatwas innombrables, dans des vidéos en ligne de sermons en arabe. On le trouve notamment dans un des livres islamiques les plus populaires en France, Les Jardins des Vertueux de l’imam Nawawi, sorte de concentré du Coran et des principaux hadiths authentiques. L’édition française la plus répandue des Jardins des Vertueux est celle de Tawhid, l’éditeur de Hani et Tariq Ramadan. L’apprenti djihadiste peut y lire le hadith en arabe et dans la traduction française suivante (orthographe respectée) :

N° 1820. Selon Abu Hurayra, Ie Prophète a dit :

L’Heure ne viendra pas tant que les musulmans n’auront pas combattu les juifs qui n’auront d’autre recours que de se cacher derrière les pierres et les arbres qui diront :

« Musulman ! Voici un juif qui se trouve derrière moi, viens donc le tuer ! », à l’exception d’un arbre appelé gharqad et qui est un des arbres des juifs. [Bukhari et Muslim]

"Les Jardins des Vertueux", éditions Tawhid, 2007, p. 238
« Les Jardins des Vertueux », éditions Tawhid, 2007, p. 238

Confiant, l’imam Tataï a fait mettre le sermon sur sa chaîne Youtube sans tarder. De fait, il y a eu un silence total pendant six mois. Et l’imam fit un discours sur la modération, le 23 juin 2018, lors de l’inauguration de sa nouvelle mosquée en présence des politiciens locaux. Trois jours plus tard, la partie du sermon contenant le hadith ci-dessus fut publiée par le site de Memri, l’institut de recherche des médias du Moyen Orient, avec sous-titrage en anglais.

Les oulémas et recteurs de mosquée furent pris à partie et sommés de condamner l’extrémiste. Mais comment jeter la pierre à leur confrère, quand eux-mêmes ont recommandé la lecture de ce livre et dit aux musulmans de se conformer à ce qui s’y trouvait ? Dalil Boubakeur est le plus embarrassé de tous, car ce hadith précis figure dans un très grand nombre de livres qu’il impose aux futurs imams de France dans l’institut Ghazali dont il est le recteur, et qui dépend de la Grande mosquée de Paris[tooltips content= »À ce sujet et au sujet des relations de Boubakeur avec l’Algérie, lire : Lina Murr Nehmé : Tariq Ramadan, Tareq Oubrou, Dalil Boubakeur : ce qu’ils cachent. Salvator, 2016. »]3[/tooltips].

A lire aussi: Islam: le dangereux discours de la Mosquée de Paris

Les oulémas ont donc déclaré que les juifs dont parlait ce hadith étaient des agresseurs car Mahomet dit dans un autre hadith : « Les juifs vous combattront, mais vous les dominerez. Alors la pierre dira : ‘Ô musulman, ô esclave d’Allah ! Il y a un juif derrière moi. Tue-le[tooltips content= »Rapporté par Bokhari. »]4[/tooltips] !’ »

Ils savent pourtant que le fait que les pierres et les arbres parlent n’est pas spécifique. Nombreux sont les hadiths ou les passages coraniques qui montrent des animaux ou des végétaux parlant à des êtres privilégiés.

Le bouc émissaire Tataï

En réalité, ce n’est pas du tout le même hadith. Le premier hadith concernait la fin des temps. Ce n’est pas le cas du second qui parle probablement des guerres qui ont opposé Mahomet aux juifs de son temps. Ce qui se déduit d’un autre hadith authentique rapporté par Bokhari :

Tandis que nous étions à la mosquée, raconte Abou Horeira, le Prophète sortit et dit : ‘Allez vers les juifs.’ Nous marchâmes jusqu’à arriver à l’école où les juifs étudiaient leurs Écritures. Il leur dit : ‘Aslimou, taslamou [Devenez musulmans pour être épargnés]. Vous devez savoir que la terre appartient à Allah et son Apôtre, et que je veux vous chasser de cette terre. Si l’un de vous a quelque propriété, il a le droit de la vendre. Sinon, sachez que la terre appartient à Allah et son Apôtre[tooltips content= »Rapporté par Bokhari. »]5[/tooltips].’ 

Cette scène ne montre pas les juifs en position d’agresseurs, ce qui est confirmé par les autres textes islamiques qui, tous sans exception, affirment que c’est sous les remparts des juifs que se sont déroulées toutes les batailles qui les ont opposés à Mahomet.

Le hadith cité par l’imam Tataï ne montre pas non plus les juifs comme des assaillants. Ils ne combattent pas, mais se cachent. Il est vrai qu’à la mort de Mahomet, tous les juifs vivant en Arabie ont été soumis au traité de dhimmitude qui leur a interdit le port d’armes. Plusieurs hadiths authentiques montrent que Mahomet croyait que la fin des temps aurait lieu peu après sa mort. À cette époque, il n’y avait plus en Arabie que des juifs et des chrétiens vaincus, des dhimmis qui ne pouvaient se défendre qu’en se cachant.

Il serait hypocrite de jeter la pierre à l’imam Tataï sans poser de questions aux autres, à ceux qui ont un langage doux quand ils parlent en public, mais disent à leurs fidèles de suivre tous les hadiths authentiques, y compris ceux cités plus haut. C’est d’autant plus grave que des jeunes ont tué sur la base de ces incitations à la haine[tooltips content= »Lire à ce sujet : Lina Murr Nehmé, L’Islamisme et les Femmes : Meurtre de Sarah Halimi, princesses saoudiennes séquestrées et autres scandales passés sous silence, Salvator 2017″]6[/tooltips].

Je demande à l’État français pourquoi il autorise la propagation de ces textes qui tombent sous le coup de la loi : est-ce sous prétexte qu’ils sont religieux ? Car j’ai encore la faiblesse de croire que la République ne reconnaît aucun culte.

Moi, David, pas juif mais victime d’antisémitisme

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Un homme visite le Mémorial de la Shoah à Paris, février 2013. SIPA. AP21362607_000008

Fils d’une Algérienne musulmane et d’un Français catholique, David Duquesne a prématurément pris conscience du nouvel antisémitisme. Pas toujours facile de porter un prénom « juif » devant ses cousins du bled…


Pour moi, le « nouvel » antisémitisme est une vieille affaire de famille. Je me prénomme David, rien de bien original pour une personne née au début des années 1970, c’était un prénom en vogue. Ma mère est une fille d’immigrés musulmans originaires d’Algérie. Jeune femme éprise de libertés, elle s’est très vite affranchie des pesanteurs de sa religion, avant d’apostasier et de se marier avec un jeune homme rencontré sur son lieu de travail. Je suis le premier enfant de cette union et mon prénom a été une source de gêne pour ma famille maternelle.

« Tu ne veux pas t’appeler Malik, c’est beau Malik, non ? »

Lorsque j’étais bébé, ma grand-mère prise au dépourvue par l’insistance de ses copines musulmanes à connaître mon prénom, m’en inventa un autre, arabe, devant ma mère décontenancée ! Plus tard, la sœur aînée de maman me supplia de changer ce prénom : « David, c’est juif ! Tu vas avoir des problèmes avec les Arabes ! Tu ne veux pas t’appeler Malik, c’est beau Malik, non ? »

Du haut de mes quatre ans, ne comprenant rien à ces histoires de juifs, je me réfugiais dans les toilettes, très déstabilisé. Je voulais garder mon prénom ! Une autre de mes tantes, affublée d’un nez particulier, était surnommée « Crochue la Juive »…

Mais qui étaient donc ces juifs et pourquoi étaient-ils si méprisables ? De plus, on n’en parlait que dans ma famille maternelle, jamais dans celle, catholique non pratiquante, de mon père.

Mon étoile de David

C’est en voyant, vers l’âge de huit ans, un film sur la Deuxième Guerre mondiale que j’ai enfin compris que les juifs avaient eu de sérieux ennuis dans le passé. Plus tard au lycée, alors que j’avais intégré ce qu’était l’antisémitisme, j’essuyais des « shalom » méprisants de musulmans arrogants. Je ne relevais pas, je n’avais pas à me défendre d’être juif.

À l’époque le seul antisémitisme que l’on dénonçait était celui de Jean-Marie Le Pen, qui était aussi contre l’immigration. Il m’inquiétait, on disait qu’il allait me « renvoyer » avec ma famille dans un pays que je ne connaissais pas. Les musulmans originaires d’Afrique du Nord étaient considérés comme les « nouveaux juifs » par les gens qui pensent bien ; alors qui aurait pris le risque de dénoncer l’antisémitisme des « banlieues » ?

En 2014, quelques semaines avant de mourir, ma grand-mère Fatima me confia qu’elle était très fière de son nom de jeune fille, mais qu’elle l’avait toujours caché à ses copines musulmanes. « Elles vont me faire la misère si elles le savent, les musulmans n’aiment pas les juifs ! Et pourtant, Lazaar c’est un beau nom et je l’aime bien. » Cette peur de sa communauté est bien la preuve que l’hostilité aux juifs était répandue, culturelle.

Fréquenter un juif, c’est haram 

Ma grand-mère avait été marquée par sa scolarité dans l’Algérie française des années 1930, elle avait été insultée, frappée, on lui crachait dessus. Elle ne comprenait pas pourquoi elle subissait vexations, brimades et coups de la part des enfants musulmans. Un jour, une de ses tantes lui expliqua que ce harcèlement venait de son nom d’origine juive berbère.

Évidemment, tous les musulmans ne sont pas antisémites. Toutefois, lors du décès de ma grand-mère, alors que toute la communauté musulmane locale était invitée chez elle conformément à la tradition, je compris que ses craintes étaient fondées. Une de mes tantes raconta que son mari, décédé d’un cancer, avait été soigné par un admirable cancérologue juif, déclenchant des réactions nauséabondes de quelques anciennes qui avaient un hadith pour chaque circonstance de la vie.

Le gang des barbares et le calvaire d’Ilan Halimi, l’exécution de juifs par Mohamed Merah, le carnage de l’hypercacher, les meurtres de Sarah Halimi et de Mireille Knoll ne m’ont pas surpris. La volonté de déshumaniser une catégorie d’hommes précède toujours celle de la détruire.

Le Nouvel Antisémitisme en France

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Lettre d’un « lépreux » ch’ti au président de la République

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Emmanuel Macron en visite en Mauritanie, juillet 2018. SIPA. 00866308_000016

Emmanuel Macron a dénoncé dans un discours, fin juin, la « lèpre qui monte en Europe ». David Duquesne s’est senti visé. Il lui répond. 


Monsieur le président de la République,

Je vous écris de mon Nord natal, du bassin minier précisément, une terre de souffrance généreuse dans ses sacrifices et dans l’accueil qu’elle aura réservé à des centaines de milliers de Polonais, d’Italiens ou de Nord-africains venus user leur santé dans nos mines et nos industries. Je voudrais vous parler des Ch’tis, des gens simples et attachants qui n’ont pas la chance d’avoir des origines extra-européennes et qu’on peut brocarder et humilier à loisir, ils ne menaceront personne de mort. Leurs grands-parents formaient le plus gros des bataillons de ceux qui remontaient le charbon.

Les plus pauvres d’entre eux vivent aujourd’hui dans des anciens corons et des cités HLM et subissent l’insécurité culturelle, physique, économique et n’ont pas tellement le droit de dire ce qu’ils voient et ce qu’ils vivent, ils subiraient autrement une forme de terrorisme intellectuel.

Dans certains milieux laïques, on dit d’eux qu’ils feraient partie de la tenaille identitaire.

Ils préfèrent se taire ou ne parlent qu’avec des personnes de confiance et ils votent souvent pour la « lèpre » puisqu’ils ne sont pas écoutés par les gens qui pensent bien et qui sont susceptibles de danser sur votre perron à la gloire d’une fellation ou d’une explosion. En terme d’enrichissement culturel, nous avons franchi un cap, atteint un sommet !

Les fiers et humbles descendants des mineurs, ces gueules noires qui ont sacrifié leurs vies dans les mines de charbon ont vécu 270 ans d’humiliations, de manifestations réprimées dans le sang, subi deux guerres sur leur sol et n’ont eu de cesse de se remettre à la tâche pour reconstruire leurs maisons, leurs cités, leurs villes.

Si les gamins des banlieues, qui brûlent des voitures et tirent à vue sur la police, avaient enduré le dixième du quart de ce que le peuple ch’ti a encaissé, notre pays serait à feu et à sang.

Le petit peuple laborieux de cette France périphérique n’a jamais décidé des guerres que les puissants aux affaires ont commencées ou déclarées.

Ils ne se sont jamais enrichis sur l’esclavage et la colonisation, ils sont justes responsables de leurs actes. En 1948, on envoyait les chars écraser les bicyclettes des mineurs en grève, des milliers furent blessés, il y eut de nombreux morts, mais aucun BHL pour demander une intervention pour libérer le bassin artésien de la cruauté des dirigeants de l’époque. Ils auraient pu fuir dans des barcasses en mer du Nord. Ils ont préféré continuer à participer à l’effort de solidarité nationale, toute l’économie française reposait sur les bras de ces femmes et de ces hommes au cœur vaillant.

A lire aussi: Au secours Manu, moi aussi j’ai la lèpre !

Les ch’tis ont une identité culturelle qui fait partie de l’identité culturelle française, leur identité n’est pas un suprématisme ethnique ni un racisme. Cette identité culturelle, c’est leur épanouissement car c’est ce qui leur va le mieux et leur permet d’être heureux.

Leur identité, c’est ce qui leur reste, une fois qu’on leur a tout pris, à l’image de tous les Français qui ne vivent pas dans ces « villes-monde », où le bobo devise dans un Starbucks près d’un centre d’affaires, à quelques coudées seulement de quartiers où les lois de la République ne sont plus appliquées.

Ces enclaves où les prêches de religieux importés de pays liberticides, encouragent la partition culturelle, territoriale, quand ils n’encouragent pas le djihad.

La France des terroirs et des clochers n’est pas un nazisme, vous pourrez abuser de la qualification « identitaires », toutes les cultures ne se valent pas, elles n’ont rien de biologique ou d’ethnique, le racisme n’a rien à faire dans cette histoire !

Au contraire, humilier les Français sur leur histoire, leur culture, leur identité, leur religion historique, c’est un racisme hideux qui procède par l’inversion accusatoire et qui se soumet dans la collaboration avec les récipiendaires de la Charia et de l’indigénisme revanchard.

Le « barbensemblisme » de façade entre barbus hipsters et barbus salafistes n’est pas notre tasse de thé et nous goûtons peu l’entrisme des Frères musulmans dans toutes les strates de la société.

La lèpre n’est pas là où certains le croient.

Apres quatre décennies d’impéritie dans la gestion de l’immigration, des quartiers en partition sont séparés de la communauté nationale.

Cinq millions de personnes y vivent, dominées par des caïds qui régentent une économie parallèle. Les islamistes protégés par le service de sécurité local colonisent les cœurs d’enfants offerts par les élus. Des professeurs qui se censurent pour éviter les menaces physiques, des immeubles défigurés et abîmés par le civisme de quelques uns. Cette contre-société nous a été imposée, et vous et vos prédécesseurs l’avez accompagnée pour de sombres avantages économiques d’un côté et des gains électoralistes de l’autre. Cette contre-société n’est pas la France, n’est pas notre continuité historique, nous ne l’aimons pas car elle est l’antithèse de tout ce qui fonde notre socle républicain et nos valeurs communes.

Nos voisins d’Europe centrale, mais aussi allemands et italiens n’ont pas envie de connaître les joies d’un tel échec qui risque d’atomiser notre pays. Ils ne souffrent pas non plus du syndrome postcolonial.

Après 42 ans d’échec dans la gestion de l’immigration et d’importation de normes socioculturelles qui changent dangereusement la nature de portions importantes de notre territoire national, on peut être méfiant.

D’autant plus que les mêmes phénomènes s’observent à Cologne, Marseille, Londres, Malmö ou Amsterdam.

Plutôt que de lutter contre la peste islamiste et la gangrène des caïds, vous préférez insulter ceux qui attendent de l’État d’être protégés de ces entités dangereuses.

François Mitterrand a mis en place un épouvantail permettant de jouer avec les peurs, méfiez-vous de cet épouvantail, il y a fort à parier qu’une majorité de Français finissent par le retourner contre ces « élites » qui ont trahi leur peuple en recevant des communautés qu’elles ont encouragées à détester notre mode de vie, notre culture, notre histoire, nos enfants.

Je suis d’autant mieux placé par rapport à ce sujet que je suis moi-même issu de l’immigration nord-africaine et que j’ai joué le jeu de l’assimilation et de la méritocratie, refusant la victimisation perpétuelle, systématique.

Aujourd’hui, je suis trahi car je passe pour un traitre aux yeux de communautés qui haïssent la France, j’agace cette gauche qui refuse l’émancipation à une culture rétrograde et je peux être victime de racistes, heureusement très minoritaires.

Votre France, c’est le communautarisme, le séparatisme culturel et ethnique et à terme la libanisation du pays.

Votre Europe, c’est les « élites » contre le peuple.

Je vous invite, Monsieur le président, à revoir vos positions sur la gestion de l’immigration, de l’islamisme et des territoires perdus de la République, avant que le peuple ne redevienne souverain, car c’est vous qui lui êtes redevable et non l’inverse.

Le peuple français a été accueillant, bienveillant, patient, ne le poussez pas vers des issues radicales, une colère sourde traverse le pays, écoutez-la et soyez au rendez-vous de notre histoire et à la hauteur de notre nation.

Quand Libé se demande si sa rédaction est « blanche »

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Laurent Joffrin, novembre 2017.

Dans sa rubrique dédiée au « fact-checking », Libé publie un article intitulé: « La rédaction de ‘Libé’ est-elle ‘blanche’ ? ». Et recense ses collaborateurs issus des « minorités visibles »


Été 1998, la France, ivre de sa victoire à la Coupe du Monde de football croit le multiculturalisme accompli et se vautre dans le « black blanc beur ». Eté 2018, le quotidien Libération, dans un long papier commis par Cédric Mathiot, se pose la question suivante : « La rédaction de Libé est-elle blanche ? ».

D’après l’auteur, le questionnement est parti d’un journaliste noir américain de The Atlantic, Ta-Nehisi Coates qui demande en 2015 après la tuerie de Charlie Hebdo à parler à un journaliste maghrébin, on lui répond qu’il n’y en a qu’un, pigiste de surcroit : Rachid Laïreche, celui-ci témoigne : « Il était venu me voir, ça l’avait rendu dingue. Il m’a dit ‘Mais attends, tu es le seul dans toute la rédaction ?’ Il me disait qu’aux Etats Unis il y avait un manque, mais qu’il y avait des latinos, des noirs dans toutes les rédacs. Il disait que ça, cette absence de noirs et d’arabes ça expliquait aussi, le ‘Je suis Charlie’ et le ‘Je ne suis pas Charlie’. Que faut-il comprendre ? Qu’être Charlie était un truc de « blancs » ? Il semble que le Parti des Indigènes de la République (PIR) ait bien compris la leçon. Mais qui est ce Ta-Nahisi Coates, qui vient mettre son nez dans notre tradition universaliste française ?

« C’est quoi un blanc ? »

Fils d’un Black Panther, il est journaliste et écrivain et s’intéresse particulièrement aux violences raciales aux Etats-Unis. En 2015, son ouvrage, Between the world and me, traduit en français par Une colère noire, connait un certain succès. Ecrit comme une longue lettre à son fils, il y explique, qu’en dépit de décennies de luttes, le racisme anti-noir est encore très présent dans son pays. J’aurais envie de lui répondre « mind your business », les Etats-Unis ne sont pas la France, nous n’avons jamais connu de ségrégation et la République est censée intégrer tous les citoyens sans distinction de race. M’est avis que notre Houria Bouteldja nationale doit avoir un portrait de Ta-Nahisi au-dessus de son lit.

Il est souvent reproché à Libération, surtout sur les réseaux sociaux, d’être en effet une rédaction « blanche ». La photo prise en 2015 dans leurs anciens locaux de la rue Béranger en témoigne, et a même provoqué un mini tollé sur Twitter : « Cet odieux entre soi d’ignobles petits blancs frileux qui refusent de se faire enrichir culturellement ». Rien que ça.

D’autant plus que Libé se fait le chantre de l’antiracisme et de l’indigénisme, on ne compte plus les tribunes de ces derniers au sein du quotidien, sans compter leur soutien inconditionnel au martyr des banlieues, Adama Traore.

On sent toutefois l’auteur du papier un peu gêné. Libération est-il légitime pour traiter des minorités ? Mathiot essaie de définir maladroitement ce qu’est un « blanc » : «  D’abord il y a des raisons a priori de ne pas répondre à cette question. La première étant qu’on a pas envie de ranger ses collègues par couleur de peau. La deuxième est que c’est compliqué, forcément arbitraire de classer. C’est quoi un blanc ? Un grand-père coréen vous place-t-il dans la liste des non blancs ? » Nous n’en saurons pas plus. S’en suit un éloge du Bondy Blog : « Le Bondy Blog c’était la preuve que toutes les discussions qui avaient existé à Libé n’avaient servi à rien. (…). Ce que le Bondy Blog a fait ensuite a montré qu’il y avait un énorme potentiel, des jeunes qui avaient envie de faire ce métier et qui sont restés à la porte. ». Bizarrement les ignobles tweet racistes, antisémites et homophobes de Medhi Meklat (ou de son double maléfique), sont passés sous silence.

La liste de Libé

Libé, aurait-il l’ambition, depuis le traumatisme de 2015, de devenir un Bondy Blog bis ? Notamment pour récupérer un lectorat issu des banlieues, son socle de lecteurs blancs de gauche CSP+ l’abandonnant peu à peu ? Tout porte à le croire, en particulier sous l’impulsion de Johan Hufnagel, cofondateur de la version française et africaine de la revue en ligne Slate. Entre 2014 et 2017, il devient le numéro deux de Libération auprès de Laurent Joffrin. Son intention est claire : il veut faire de Libération un journal non pas de la diversité, mais de la « normalité » selon ces propres termes, « Tu regardes Libé, à l’intérieur de Libé, et aussi à ce qu’on donnait à montrer dans les images en une, il y avait un vrai problème de représentation des minorités visibles ». Jusque-là, pourquoi pas, la France est effectivement devenu un pays multiculturel. Seulement, Mathiot aurait mieux fait de s’en tenir à sa non définition du blanc, car il tombe dans le piège et nous fait une longue litanie des saints de tous les contributeurs issus des « minorités visibles » de Libé depuis 2015. Cela ressemble furieusement à de la statistique ethnique, ce qui reste strictement interdit en France. Balla, du Bondy Blog, Ismaël, Hala Kodmani, journaliste à France 24, officiant maintenant à Libé qui réussit l’exploit d’être femme, racisée, et, selon ses propres termes, « vieille ».

Cela nous rappelle un autre recensement ethnique, celui que Robert Ménard avait effectué en 2015 dans les écoles de Béziers concernant les enfants musulmans et qui lui avait valu l’ouverture d’une enquête de la part du procureur de la République et nombres d’articles furibards dans la presse. Encore une fois, nous voyons à l’œuvre ce processus que j’ai souvent observé : les antiracistes et les « racistes » sont renvoyés dos à dos, car ils finissent par employer les mêmes méthodes.

Je suis animaliste, pas un violent brouteur d’herbe

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Marche pour la fermeture de tous les abattoirs organisée par L214, à Paris, juin 2018. SIPA. 00864987_000027

L’écrivain animaliste, Laurent Dingli, se dresse contre les clichés auquel est parfois confronté son combat pour la cause des animaux. 


Le débat sur la condition animale s’est imposé récemment grâce à l’action percutante d’associations, telles que L-214, et à la contribution de personnalités qui se sont fait les relais de la cause auprès de l’opinion.

Pour la plupart de leurs détracteurs, les défenseurs de la cause animale sont des idéologues fanatisés ou de doux rêveurs qui auraient perdu le sens des réalités comme celui des valeurs. Les amabilités qui leur sont régulièrement servies sur les réseaux sociaux vont du brouteur d’herbe pacifique et légèrement déluré au dangereux extrémiste qui menace rien moins que les fondements de la civilisation, voire l’essence même de la nature humaine. Fichtre !

Il n’y a pas d’opposition entre l’homme et l’animal

L’animaliste penserait plus à l’animal qu’à l’être humain : c’est le plus ancien et le plus fréquent des clichés. Il y a une quinzaine d’années, quand l’ours Cannelle, la dernière représentante de sa sous-espèce – des Pyrénées –, fut abattue par un chasseur, j’avais été consterné d’entendre le philosophe Michel Serres déclarer que l’on ferait mieux de s’occuper des enfants qui mouraient de faim dans le monde, comme si, les problèmes s’excluant, notre capacité psycho-affective d’appréhender le vivant dans sa diversité était définitivement bornée. La disparition d’une sous-espèce de notre planète n’était pas seulement un non-sujet, sa seule évocation constituait une sorte d’insulte, d’hérésie, un fâcheux parasitage au sein de l’éternel monologue entre l’homme et lui-même, en somme, un crime de lèse-humanité.

Pourtant, lorsque je pense à certains défenseurs prestigieux de la cause animale – Victor Hugo, Louise Michel ou le Mahatma Ghandi – je n’ai pas l’impression qu’ils se soient jamais désintéressés de notre divine espèce. Que dire encore du médecin, pasteur et théologien protestant Albert Schweitzer, prix Nobel de la Paix ; du compagnon de la Libération et double prix Goncourt, Romain Gary ; de l’académicienne Marguerite Yourcenar ou encore du biologiste protestant et sympathisant communiste, Théodore Monod ?

C’est parce qu’il est humain que Finkielkraut aime les vaches

Dans la vision du monde qui est la mienne, qui est la nôtre, il n’existe pas d’opposition entre l’homme et l’animal : l’être humain est réintégré dans une nature, un cosmos, que seuls son arrogance et son sentiment de toute-puissance lui donnent encore l’illusion d’avoir quitté. J’aime le beau symbole qu’exprime le nom de l’association de mon amie Muriel Arnal, présidente-fondatrice de One Voice : une voix pour les hommes et les animaux. En vérité, là où certains ne comprennent qu’exclusion, appauvrissement, d’autres pensent association d’idées, enrichissement de la pensée et de la sensibilité. J’apprécie également cette idée d’une passerelle jetée entre les espèces, d’une compassion qui ne se limite pas à nos semblables comme nous y engage depuis si longtemps l’exemple du scientifique et moine bouddhiste Matthieu Ricard. Si Alex Hershaft, co-fondateur de l’Animal Rights Movement, a dédié sa vie au bien-être animal, c’est qu’il a vécu la Shoah, comme il le confie lui-même, et qu’une grande partie de sa famille a été assassinée à Treblinka. N’est-il pas révélateur que la « crise de la vache folle » ait modifié la vision du monde d’Alain Finkielkraut, qui allait un jour évoquer avec profondeur, et malgré l’interruption des rieurs, la joie des vaches qui « dansent », c’est-à-dire celle d’individus libérés, désaliénés, le même Finkielkraut qui fit graver la représentation d’une vache sur son épée d’académicien ?

La violence n’est pas du côté que l’on croit

L’animaliste serait un militant violent. Cette accusation est brandie par des personnalités médiatiques, comme le philosophe Raphaël Enthoven. Ce qui a très sérieusement indigné ce dernier en 2013, ce n’est pas le « spectacle » du taureau que l’on torture longuement à coup de lance et de banderilles, ce n’est pas davantage l’agonie des chevaux éventrés qui répandent leurs viscères dans l’arène ou celle des taurillons suppliciés, non, ce qui l’a choqué c’est… la violence verbale des anti-corrida. Tout aussi burlesque est l’attitude actuelle des bouchers qui se prétendent terrorisés parce que du faux sang a été aspergé sur leurs boutiques. La bêtise et le sectarisme se rencontrent chez les animalistes comme dans tous groupements humains, ce n’est pas une révélation.

A lire aussi: « Pour les animalistes, l’industrie animale est un éternel Treblinka »

Mais la violence est avant tout celle d’un système qui réduit des milliards d’êtres sensibles au rang d’objets de consommation, de machines à produire ou à divertir, niant leurs besoins les plus élémentaires, leur souffrance, leur existence même. Les véritables violences sont celles que nous refusions de voir avant que des associations nous obligent à les affronter : images insoutenables de ces chiens hurlant de douleur qui tentent de s’échapper du chaudron où les restaurateurs vietnamiens ou chinois sont en train de les bouillir vivants comme nous le faisons ici avec les crustacés ; moutons qui meurent piétinés, assoiffés ou littéralement cuits par la chaleur suffocante des camions ou des navires-mouroirs qui partent d’Australie ou d’Europe vers le Moyen Orient ; cochons de nos usines à viande nationales, entassés par millions sur des caillebotis, mutilés à vif, privés de la lumière du soleil, puis gazés ; poules entassées, écrasées ; poussins broyés ; oies et canards gavés, saignés ou asphyxiés dans des sacs par milliers lorsqu’ils sont malades ; veaux que, la semaine dernière encore, des paysans de Courchevel, avec une cruauté inouïe et par économie, ont laissé mourir de faim et de soif, attachés à une corde au milieu des alpages ; renards ou autres animaux sauvages et leurs petits déterrés, piégés, électrifiés par l’anus ou déchiquetés avec un raffinement de sadisme ; chats et chiens euthanasiés en masse – plus de 100 000 chaque année en France –, parce que, pour beaucoup d’entre eux, ils ont été vendus, achetés puis éliminés comme de vulgaires déchets ; poissons écrasés dans les filets de pêche, éventrés vivants, suffocant sur les ponts, serrés dans des bassins d’élevage où, atteints de dépression, ils restent prostrés et s’automutilent ; tortues, dauphins, requins, balancés en mer alors qu’ils sont blessés ou agonisants ; lions, éléphants, tigres, ours, encagés à vie et contraints de faire des numéros douloureux et ridicules ; individus que la réclusion rend fous, souvent atteints de mouvements stéréotypés et que l’on abattra sans merci s’ils tentent de s’évader et de se rebeller… De telles monstruosités ne se dénoncent pas seulement lors de conversations mondaines. C’est pourquoi, si nous refusons la violence, la radicalité nous est parfois nécessaire.

La cause animale ne menace pas notre identité

Les animalistes menacent notre identité et nos traditions, nous dit-on encore. Mais en quoi la longévité d’une pratique la rendrait-elle acceptable ? L’excision, le mariage forcé des enfants, sont également des traditions. Est-ce une raison pour les perpétuer ? Sous l’Ancien Régime, en place de Grève, on enfermait chaque année une douzaine de chats vivants et parfois un renard dans un sac que l’on hissait au bout d’un mât et auquel on mettait le feu. Jusqu’en 1880, il existait des arènes mobiles à Paris, très fréquentées par le peuple, et dans lesquelles on faisait s’affronter jusqu’à la mort des taureaux, des fauves, des chiens. Ces traditions ont fort heureusement disparu. La ville de Paris a-t-elle pour autant perdu son identité ? Le sud-ouest perdra-t-il la sienne lorsqu’il abandonnera la corrida mise à la mode tardivement par l’impératrice Eugénie ? Et nos compatriotes, juifs ou musulmans pratiquants, ont-ils besoin de tourmenter des êtres vivants pour exprimer leur foi ? Est-il acceptable au XXIe siècle d’égorger des êtres sensibles, de les laisser se vider de leur sang et parfois souffrir pendant un long quart d’heure, parce que cela correspond à des croyances antiques ou médiévales ? L’identité d’une région ou d’une collectivité n’est jamais figée. Elle est, à l’exemple de nos villes, un substrat de traditions qui s’amalgament et se modifient.

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Véritable phénomène de société, la cause animale transcende les clivages politiques, économiques, religieux et sociaux. Le respect des autres espèces est une fin en soi, mais également un puissant moyen de repenser notre relation au monde sans toutefois verser dans l’utopie millénariste et totalitaire. En plus du travail effectué par des associations, des élus et de simples citoyens, nous disposons aujourd’hui d’un nouveau cadre, le Parti animaliste. Le mouvement a plusieurs défis à relever, notamment celui d’éviter le sectarisme afin d’opérer un large rassemblement tout en conservant une ligne claire, ferme et cohérente. La mobilisation est d’autant plus urgente que le pouvoir actuel, en France, continue de défendre des traditions et un modèle productiviste éculés, tournant ainsi le dos à ce qui constitue l’un des éléments clés de la modernité. Partout dans le monde cependant, le changement est palpable. Le nouveau ministre de la Culture espagnol est un animaliste convaincu ; un parlementaire sud-coréen propose d’interdire l’élevage et la consommation de viande de chiens ; la Grande-Bretagne a banni la chasse aux renards ; la Norvège a annoncé qu’elle n’acceptera plus de fermes à fourrure sur son sol à partir de 2025 ; la Suisse, la Belgique, ont pris des initiatives d’avant-garde tandis que des dizaines de villes et de pays ont interdit les cirques avec animaux. En Argentine, un tribunal a reconnu le droit d’une orang-outan, « personne non-humaine », à la liberté et un juge de New-Delhi celle des oiseaux « à voler dans le ciel ». La cause animale s’est même invitée lors de la campagne présidentielle en Turquie après qu’un chiot labrador a été retrouvé, abandonné dans un bois, encore vivant mais les membres coupés. Autant de prises de conscience qui nous donnent des raisons d’espérer.

Manifeste animaliste

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L'animalisme est un anti-humanisme

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Eric Ciotti et l’extrême obsession de Public Sénat

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Capture d'écran Dailymotion/Public Sénat

Les journalistes de Public Sénat ont insisté pour qu’Eric Ciotti qualifie le ministre de l’Intérieur italien d’homme politique d’ « extrême droite ».


On a pu assister lundi 2 juillet, sur Public Sénat, à une séance de torture inquisitoriale d’Eric Ciotti par un peloton de journalistes de cette chaîne. Le but, sur un ton agressif et primaire, était de faire dire au député des Républicains qu’il approuvait l’action de « l’extrême droite » italienne et donc qu’il était lui aussi d’extrême droite. Sous-entendu : un « danger-pour-la-démocratie ». Eric Ciotti s’est défendu tant qu’il a pu et a refusé de qualifier le ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, membre du gouvernement de coalition au pouvoir en Italie, de « néo-fasciste ». Qui va, un jour, enfin, définir « l’extrême droite » ? Et quand va-t-on cesser de schématiser et proscrire des idées politiques dans un débat supposé démocratique où l’on devrait librement et calmement exposer ses idées ? Qui plus est sur la chaîne du Sénat et auprès d’un élu de la nation.

Or voici qu’on apprend, cette semaine, que le gouvernement italien, si décrié, vient au secours des classes moyennes et inférieures en adoptant des mesures pour favoriser l’emploi. Dans la nuit de mardi à mercredi, le Conseil des ministres a adopté un décret-loi introduisant des mesures urgentes pour la « dignité des travailleurs et des entreprises » : il s’agit de rendre plus difficiles les licenciements, et de sanctionner les entreprises subventionnées par l’État qui délocaliseraient. Elles devront alors rembourser de deux à quatre fois le montant de la subvention. Ce qu’aucun gouvernement, de gauche ou de droite, n’a su faire jusqu’au bout en France.

Le meilleur moyen de s’empêcher de penser

Le Communiqué officiel du gouvernement annonce aussi la « limitation de l’utilisation des contrats à durée déterminée » (désormais plafonnés à  deux ans au lieu de trois ans) ; et les indemnités fixées par le juge lors d’un licenciement fautif seront également augmentées de moitié. « L’Italie vire à gauche » a titré à ce propos le site de Franceinfo. Drôle de trajectoire pour un gouvernement qui comprend des membres d’ « extrême droite ».

Le Mouvement 5 Étoiles (M5S) avait fait de ces mesures (ainsi que du rétablissement des retraites, en cours d’étude) son thème majeur de campagne électorale. Une partie du patronat italien a réaffirmé son hostilité à de telles mesures suspectées de décourager les embauches. Nous verrons d’ici au maximum trois mois (début septembre) si les deux assemblées ratifient ce texte ou le modifient.

Quand on ne sait plus penser et qu’on se contente de répéter en chorus des slogans : on taxe le gouvernement italien, suivi par une majorité de la population, tantôt de « populiste », tantôt d’ « extrémiste » ou d’ « anti-européen »… En attendant la suite, qui ne sera pas forcément rectiligne, ce gouvernement italien avance, alors qu’en France « En Marche » recule dans les sondages. Et, comble de l’impolitesse, ce gouvernement italien prend les mesures sociales promises par le programme de gouvernement… L’idée d’écouter les demandes des peuples serait-elle donc « extrémiste » ?

Non, Tahar Ben Jelloun le verdict du Hirak n’est pas une « provocation »

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Tahar Ben Jelloun, septembre 2008. SIPA. 00567155_000007

L’écrivain marocain a dénoncé un « retour des années de plomb » pour critiquer le verdict du procès des émeutiers du Hirak, en 2016 et 2017, dans la ville d’Al Hoceima au Maroc. 


Dans une tribune publiée sur le site web du Point, le grand écrivain marocain, Tahar Ben Jelloun, s’insurge contre le sort réservé à la cinquantaine d’individus jugés pour leur implication dans le Hirak, neuf mois de manifestations et d’émeutes qui ont secoué la ville d’Al Hoceima (novembre 2016 – juillet 2017). Dans un verdict prononcé le 26 juin, la Chambre criminelle de Casablanca a émis des sentences allant d’un an à vingt ans de prison ferme.

Le Maroc n’est pas la France

Tahar Ben Jelloun a raison d’écrire que « la démocratie exige le respect de l’individu qu’il soit contestataire, opposant ou pas ». Mais, il n’existe pas de démocratie sans Etat de droit et ce dernier doit se défendre et prévaloir aux quatre coins du territoire. Les juges marocains n’ont fait qu’appliquer le code pénal en vigueur. Face à eux, il y avait des gens qui ont participé ou inspiré des actes très graves, comme mettre le feu à un immeuble habité par des policiers, provoqué des traumatismes crâniens chez des fonctionnaires de police ou causé d’énormes dégâts matériels aux biens publics. Le Maroc n’est pas la France : ses institutions ne sont pas assez fortes et sa « démocratie » pas assez mûre pour vivre avec des zones de non-droit où l’autorité de l’Etat est constamment battue en brèche. Le pays est fragile et les expériences de ses voisins (de l’Algérie à la Libye) montre que le désordre est très vite installé en dépit des bonnes intentions et des gestes généreux.

Après tout, quel aurait été un verdict correct ou acceptable ? L’acquittement pur et simple, des amendes légères avec une tape sur le dos et les excuses du ministère de la Justice par-dessus le marché ? Cela aurait été une prime à l’impunité, tout le contraire de ce dont le Maroc a besoin. La chienlit n’a jamais été une bonne définition de la démocratie, ni la foule un bon synonyme du corps social.

Le meilleur ennemi du Hirak est lui-même

La sentence délivrée par le tribunal de Casablanca intervient sept ans après les sinistres printemps arabes, une authentique catastrophe qui a démontré que les peuples arabes sont (pour l’instant) dépourvus de leaders capables de penser une nouvelle société. A Al Hoceima, il y a eu une jacquerie, rien de plus. La foule ne nous a rien appris de nouveau, elle n’a rien dit de transcendant : misère, chômage, enclavement. Tout cela nous le savions déjà. C’est le lot de toutes les régions du Maroc. Pas besoin de mettre une ville à feu et à sang pendant neuf mois pour nous le prouver. Ce qui intéresse les Marocains, c’est comment réduire la misère, comment mettre les jeunes au travail, comment cesser de produire de la frustration à échelle industrielle. Autant de questions que les meneurs du Hirak ont ignoré pendant neuf long mois où tous les micros leur avaient été tendus avec complaisance.

A lire aussi: Maroc et Algérie: l’équilibre de la rancœur

Leur échec est celui d’une jacquerie qui s’est affaissée sur elle-même comme une plante qui a pourri de l’intérieur. Le meilleur ennemi du Hirak est lui-même car il est le portrait craché d’une société dépourvue d’élites à même de raconter une histoire qui fasse sens. Zefzafi et ses compagnons ont brandi les portraits d’Abdelkrim comme d’autres portent des tee-shirts à l’effigie de Che Guevara : c’est un raccourci confortable qui ne mène nulle part. Abdelkrim est le symbole d’une défaite et le fondateur d’une république qui se voulait islamique (c’est-à-dire gouvernée par la Charia). Il aurait fallu travailler un peu plus les symboles pour raconter une histoire qui fasse sens auprès des Marocains qui ne sont ni républicains ni nostalgiques d’une époque où le Rif était en sécession.

Ni une « provocation » ni un retour des « années de plomb »

Tahar Ben Jelloun voit dans ce verdict un retour des « années de plomb » et une « provocation ». Je m’inscris en faux. Cette décision judiciaire n’est qu’une étape et ne représente en rien le mot de la fin. Loin de là. C’est un acte de plus dans une comédie humaine où le metteur en scène a toujours le dernier mot et dont l’épilogue n’a pas encore été écrit. Les protagonistes du Hirak ont été les instruments d’une séquence politique qui a servi des intérêts qui les dépassaient largement. Ils ont dans un sens rendu service à l’Etat en cochant toutes les cases que l’on attendait d’eux : violence, destruction, flirt avec le séparatisme.

Le Hirak (dérivé du mot arabe pour mouvement) a permis à l’Etat de réaffirmer son hégémonie face à trois grands groupes de pression : le PJD, la société civile et la bourgeoisie. Tout d’abord, le PJD, le parti préféré des Marocains (d’obédience islamiste), a été aux abonnés absents et a laissé faire les « pros » du ministère de l’Intérieur de bout en bout (nommés par le Roi). Ça tombe mal pour un parti qui se disait en capacité de gérer le pays pour peu qu’on arrête de se méfier de lui et qu’on le laisse accéder aux postes clés de l’administration. Ensuite, la société civile a montré ses limites, incapable de prévoir la révolte et encore moins de canaliser les revendications des jeunes Rifains. Elle qui croyait avoir son mot à dire a été remise à sa place c’est-à-dire celle d’un simple client qui dépend du pouvoir pour recevoir ses subventions. Enfin, les élites économiques ont eu tout le temps nécessaire (neuf mois de troubles quotidiens) pour faire connaissance avec une jeunesse agressive et indisciplinée et qui attend la première défaillance de l’Etat pour leur sauter au cou.

Le Maroc fonctionne ainsi

Derrière les barreaux, les meneurs du Hirak ont encore une mission à accomplir : participer à la réconciliation nationale et à la main tendue qui, tôt ou tard, sera à l’ordre du jour concernant Al Hoceima. Le Maroc fonctionne ainsi : on se met en colère, on se chamaille mais on préfère toujours revenir à une situation marquée par une soumission renouvelée d’une part et une certaine mansuétude de l’autre. Dans deux ou trois ans peut-être viendra le moment de tourner la page, une fois la tempête calmée et les passions apaisées. Les individus les plus « tranquilles » feront probablement l’objet d’une grâce ou d’une réduction de peine. Ils doivent au préalable montrer leur disposition à faire amende honorable. En soi, ce mécanisme a ses qualités car il permet, qu’on le veuille ou non, de recoudre certaines blessures et de mettre fin à la détresse des familles séparées. Il a fonctionné pour de nombreux salafistes marocains, sortis de prison contre la promesse d’une bonne conduite. Il n’y a aucune raison qu’il en soit autrement pour le noyau dur du Hirak.

Tout le monde ou presque devrait donc tirer son épingle du jeu : les militants les plus disposés à mettre de l’eau dans leur vin, l’Etat bien sûr, les élites économiques qui participent d’un modèle de développement qui « oublie » une bonne moitié du territoire. Et la cause du peuple dans tout cela ? Elle n’est pas à l’ordre du jour. Les jacqueries ont donc toutes les chances de se multiplier et de surgir là où on les attend le moins. Jusqu’à présent, il s’agit de poussées de fièvre limitées aux petites villes (Séfrou en 2007, Larache en 2012, Al Hoceima en 2017 etc.). Les métropoles sont, pour le moment, hors du radar et font plutôt face à une hausse de la criminalité. Comment croire que les immenses faubourgs de Casablanca ou la populeuse banlieue sud de Tanger vont rester à jamais immunisés contre un Hirak 2.0 ?

La punition

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LREM déchire la « race »: un vote dangereux et inutile

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Richard Ferrand, rapporteur général du texte sur la disparition du mot "race", juin 2018, à l'Assemblée nationale. SIPA. 00865455_000041

Les députés (LREM, principalement) ont voté pour la disparition du mot « race » de la Constitution. En pleine racialisation de l’Etat et de la société française, la mesure interroge…


Le gouvernement a déposé, le mercredi 9 mai 2018, le projet de loi constitutionnelle pour une démocratie plus représentative, responsable et efficace. Pêle-mêle, ce projet prévoit la création d’une chambre de la société civile en remplacement du Conseil économique, social et environnemental, la réduction du nombre de parlementaires, la suppression de la Cour de justice de la République, la création d’incompatibilités entre les fonctions ministérielles et l’exercice de certaines responsabilités locales, la simplification de la procédure législative ou encore l’inscription de la Corse dans la Constitution. Conformément à la procédure de révision de la Constitution, le Conseil d’Etat a donné un avis sur le projet de loi constitutionnelle le 3 mai dernier.

Le tour de passe-race des députés

Une mesure symbolique de cette réforme ne figure toutefois pas dans le projet déposé : la suppression du mot « race » de l’article 1er de la Constitution. Elle est issue d’un amendement parlementaire ajouté pendant les discussions sur le projet. Mercredi 27 juin, les députés ont donc décidé que le mot « race » serait ôté de l’article 1 de la Constitution, qui disposerait désormais que « la France assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction de sexe, d’origine ou de religion ». La mesure a été votée à l’unanimité en commission à l’Assemblée nationale, le 27 juin, et devrait, selon toute logique, être adoptée le 10 juillet prochain.

Ajouter des mesures à un texte dans le cadre des discussions parlementaires comporte un avantage considérable, cela permet d’éviter opportunément l’avis du Conseil d’Etat (qui ne peut porter que sur le projet présenté par le gouvernement) au cas où le Conseil mettrait en lumière les incohérences juridiques de tels ajouts. Et il y a effectivement lieu à discuter de la nécessité tant juridique que symbolique de cette mesure.

La suppression du mot « race » de la Constitution, c’est un peu comme le droit de vote des étrangers, cela fait des années qu’on en entend parler mais cela n’a jamais abouti. Promesse de campagne de François Hollande finalement abandonnée, cette mesure a été relancée par des députés LREM qui considèrent que le terme de « race » ne serait plus adapté à une société démocratique du XXIe siècle, qu’il rend la Constitution symboliquement violente, mal comprise (on se demande bien par qui) et infondée. Vraiment ? A y regarder de plus près, cette mesure apparaît pourtant aussi inutile que dangereuse.

La Constitution n’a pas le monopole de la « race »

Inutile car la Constitution n’est pas le seul texte qui interdit la distinction fondée sur la race. L’article 2 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, l’article 14 de la Convention européenne des droits de l’homme et l’article 21 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne adoptée en 2000 prohibent toute distinction fondée sur la « race ». Supprimez le mot « race », il demeurera malgré tout en vigueur au sommet de l’ordonnancement juridique. Les tribunaux français sont les juges de droit commun du droit international, en particulier de celui de l’Union européenne, rien ne les empêchera de se fonder sur ces textes, quand bien même le mot « race » aurait été expurgé de la Constitution.

A lire aussi: Niquez vos (prétendues) races !

Aussi, pour que la suppression du mot « race » soit effective, outre la suppression des textes de droit international, il conviendrait de procéder à une réécriture complète du code pénal dans lequel il figure toujours. Se borner à le supprimer de la seule Constitution, cela ne sert strictement à rien.

Si elle part d’un bon sentiment, cette démarche trahit une méconnaissance de l’histoire constitutionnelle de la France. L’introduction du terme « race » dans la Constitution en 1946, confirmée en 1958 n’a jamais eu pour objet ou pour effet d’exprimer une pensée raciste. Bien au contraire, il s’agissait, après l’horreur du nazisme, de nommer clairement son ennemi afin de mieux le combattre. La volonté de prohiber toute distinction de race s’inscrit dans la droite ligne de la Déclaration des droits de l’homme de 1789, selon laquelle les distinctions ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. Vouloir supprimer le mot « race » en considérant d’une part qu’il affirme l’existence des races et d’autre part qu’il permet de valider le racisme, c’est manifestement ne rien comprendre à son utilité dans le texte suprême.

La sacralisation du racialisme

Supprimer le mot « race » est en plus dangereux. Vouloir supprimer le mot « race », c’est vouloir supprimer l’expression qui lui est associée à savoir « sans distinction de race », c’est-à-dire la suppression du principe selon lequel on ne distingue plus selon la race. C’est extrêmement préoccupant à une époque où justement les distinctions raciales à l’anglo-saxonne deviennent de plus en plus présentes.

Depuis 1998, on se gargarise bêtement devant une France prétendument « black, blanc, beur », la diversité est promue au rang de dogme et chacun est renvoyé à sa race. Le président de la République lui-même (ainsi que la ministre de la Culture et la présidente de France Télévisions) regrette la surreprésentation des « mâles blancs » et invite à l’Elysée un artiste s’affichant ostensiblement « noir et pédé ». En 2016, sous le slogan « les compétences d’abord », le gouvernement, en se chargeant de véhiculer des stéréotypes, prétendait lutter contre les discriminations à l’embauche par une campagne d’affichage dans laquelle chaque affiche fusionnait les visages d’un candidat blanc et d’un candidat de couleur : au visage blanc était associée une réponse positive de recruteur, au visage de couleur, une réponse négative. Il était insinué que les seuls blancs étaient favorisés et qu’ils devaient être nécessairement culpabilisés pour cela.

Du sommet de l’Etat jusqu’à la base, la société se racialise, le travail de sape du modèle français républicain est à l’œuvre et on glisse dangereusement vers une américanisation de la pensée (mais qu’importe après tout, pour notre chef de l’Etat, la culture française n’existerait pas).

Vouloir supprimer le mot « race », c’est vouloir supprimer l’expression qui lui est associée à savoir « sans distinction de race ». Sans distinction de race, nous pouvons justifier toutes les revendications farfelues, à commencer par les fameux ateliers racisés en non mixité qui sont particulièrement à la mode. Sans distinction de race, on banalise les discours effrayants comme celui tenu à l’occasion de la scène surréaliste survenue dans l’émission « Arrêt sur images », ce week-end, dans laquelle l’homme qui prétendait ne pas en être un regrettait aussi d’être considéré comme « blanc ». Comme s’il ne pouvait exister de débat sans composition raciale.

La Constitution n’est pas un tract 

Comme l’a très justement écrit l’essayiste Mathieu Bock-Côté : « Que pensent les députés qui se sont ralliés à cet amendement de cette effrayante racialisation des appartenances ? »

Certains défenseurs de cette suppression considèrent que c’est parce que les races n’existent pas que le mot doit disparaître. Soit, mais si la Constitution ne devait comporter que des notions qui existent, pourquoi ne supprimerions-nous pas celle qui donne au gouvernement le pouvoir de « déterminer et de conduire la politique de la nation » ? Pour beaucoup d’adeptes de la déconstruction du roman national, il n’existe pas de nation française et nous serions face à une fiction juridique. Mais peut-être devrions-nous aussi supprimer la référence à la parité au motif que pour certains la distinction homme-femme n’a aucune consistance et qu’ils ne s’y retrouvent pas ?

Tout cela n’a aucun sens. La Constitution n’est pas un essai biologique. C’est un texte de droit.

« Tully »: nous sommes tous égaux, et puis il y a Charlize Theron

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Charlize Theron dans "Tully" de Jason Reitman (2018). SIPA. Shutterstock40650243_000001

Dans Tully, le dernier film du réalisateur de JunoCharlize Theron est, encore une fois, monstrueusement sublime…


Rappelez-vous. La dernière fois que vous l’avez vue, c’était dans Atomic Blonde. Où elle était radicalement belle, même couverte d’ecchymoses qu’elle soignait plongée dans un bain plein de glaçons et sirotant une vodka — un double on the rocks, si je puis dire…

Mais un peu avant, elle tenait la vedette dans Mad Max Fury Road, boule à zéro, le visage taché de suie, de poudre, de sueur, un œil au beurre noir, amputée d’un bras…

Encore avant, elle avait décroché un Oscar pour un rôle de tueuse en série, dans Monster — elle avait pris 30 kilos tout exprès, et s’était fait infiltrer du collagène dans le visage pour devenir Aileen Wuornos, exécutée en 2002 en Floride pour une série impressionnante de meurtres…

Et la voici dans Tully, de Jason Reitman (remember Juno ?), où elle joue le rôle d’une mère de famille, Marlo, affligée d’un mari qui passe ses nuits, près d’elle, à tuer des morts-vivants sur sa console, d’une gamine peu douée, d’un fils hyper-actif qu’il faut brosser comme un cheval, chaque soir, pour qu’il consente à se coucher, et elle vient d’accoucher d’une gamine qui hurle sans cesse… Elle a pris 20 kilos pendant sa grossesse (et pour le film), et elle n’a pas l’air de vouloir les perdre…

Toujours plus Charlize Theron…

Et elle reste sublime. Le cinéma, c’est ça aussi. Nous, on fréquente des baleines bardées de capitons, elle, elle explique qu’elle a des varices dans ses varices, et on la trouve exquise.

Bref, Marlo s’offre une dépression post partum que je vous dis que ça. Alors on lui offre une nounou de nuit — une profession qui déjà vous fait dresser l’oreille, hein… C’est elle, la Tully du titre. Mackenzie Davis.

Une fille tout aussi exquise, un mixte de Charlize Theron et d’Uma Thurman (nous ne sommes pas tous égaux, il y a Charlize Theron, il y a aussi Uma Thurman), une Canadienne déjà vue dans Blade Runner 2049, qui se retrouve ici face à Charlize dans ce qui paraît être un passage de témoin — comme Robert Redford faisait semblant de passer le témoin à Brad Pitt dans Spy Game, si vous vous souvenez. Une nounou qui l’envoie dormir, car elle a fait de la psychanalyse jungienne et cite Samuel Pepys, ce qui a fait tiquer le critique du Figaro, Eric Neuhoff : il n’a pas dû repérer que c’était Marlo / Theron qui avait fait des études de littérature anglaise, et que cette référence savante Samuel Pepys était un indice, parmi d’autres, tous semés afin de préparer… Arrête, Brighelli ! Ne dis rien !

Ce qui m’a beaucoup amusé, c’est d’imaginer le discours qu’auraient tenu les médias si c’était une femme qui avait signé ce film…

>>> Lisez la suite de l’article sur le blog de Jean-Paul Brighelli <<<

C'est le français qu'on assassine

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Ultradroite: on ne combat pas le terrorisme par le terrorisme

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Une voiture de police devant la maison où a été arrêté le leader présumé de l'AFO. ©XAVIER LEOTY / AFP

D’après les informations disponibles à ce jour, le groupe Action des Forces opérationnelles (AFO) aurait eu comme projet d’empoisonner de la nourriture hallal dans les supermarchés pour, selon eux, riposter aux attentats djihadistes et combattre l’islamisation. Est-il besoin de souligner ce qu’un tel projet a de monstrueux, en plus d’être stratégiquement inepte ?

Nombre de familles de culture musulmane achètent de la nourriture hallal, sans pour autant être partisanes de l’islam politique. Quel sens y aurait-il à s’en prendre à elles ? Qu’elle me pardonne de la mentionner ici, mais ne peut-on imaginer que quelqu’un comme Souâd Ayada souhaite cuisiner hallal si elle invite des membres de sa famille du Maroc, dont certains sont peut-être attachés à cette tradition ? Et pourtant ! Cette Française de culture musulmane a fait plus pour la France, les Français et le français, et pour la lutte contre l’islamisme, que la majorité de nos compatriotes.

Hors-limite

Et quand bien même. Imaginons que seuls des islamistes consomment du hallal. Imaginons que tous ceux qui en achètent y voient ce que cet achat est effectivement parfois, c’est-à-dire un acte politique, une sécession alimentaire et culturelle, un financement de réseaux à l’opacité souvent volontaire. Est-ce une raison suffisante pour les tuer ? Est-ce une raison suffisante pour tuer leurs enfants, qui partagent leurs repas ?

Je sais bien qu’il n’est pas toujours possible d’éviter les victimes innocentes, que la vraie vie n’est pas toujours faite de déclarations de principe moralement réconfortantes mais aussi de décisions parfois terriblement difficiles. Qu’il fallait bombarder les enfants de Dresde pour délivrer les enfants d’Auschwitz. Mais qui pourrait sérieusement prétendre que nous en serions là, aujourd’hui, pour lutter contre l’islam politique en France ?

Il semblerait que certains membres du groupe AFO aient désapprouvé ce projet. Auraient-ils eu le courage de l’empêcher ? Nous ne le saurons jamais, et heureusement. Et que voulaient-ils faire exactement ? Menacer ou détruire des bâtiments, bien qu’illégal, n’est pas la même chose qu’agresser physiquement, voire assassiner. Cibler des prédicateurs prônant le djihad n’est pas non plus, sur le plan éthique, la même chose que s’en prendre à des musulmans au hasard.

La violence n’est pas une aventure romantique

Plus généralement, cette affaire nous pose une fois de plus la question de la violence politique, lancinante dans notre société qui confond trop souvent violence, force et sauvagerie, soit pour les condamner indistinctement, soit pour les parer d’une aura exaltante souvent imméritée. C’est AFO, mais aussi d’une autre manière les zadistes, les étudiants d’extrême gauche ayant saccagé les facultés, les black blocks, une actrice soutenant publiquement la cavale de l’assassin d’une policière, etc.

Au pays de l’Armée secrète et des FFI, toute condamnation absolue de la violence politique serait évidemment ridicule. Pour autant, l’exemple glorieux des héros du Maquis et la beauté du « Chant des Partisans » ne doivent pas servir de blanc-seing à n’importe quel activiste surexcité.

Le choix de l’illégalité et des coups de force, s’il est parfois nécessaire, est toujours grave et lourd de conséquences. Parce que ce choix impose de contraindre plutôt que de chercher à convaincre, parce qu’en faisant ce choix un groupe se donne à lui-même le droit d’incarner la véritable légitimité, la tentation totalitaire et l’arbitraire ne sont jamais loin, et la violence illégale ne peut donc appuyer un idéal démocratique qu’au prix d’une extrême prudence et d’une vigilance de chaque instant. Quoi qu’il en soit, elle ne peut être qu’un ultime recours mûrement réfléchi, et non une aventure romantique.

Est-il vraiment opportun d’affaiblir l’autorité de l’Etat ?

Quelle que soit la cause qu’elle défend, l’action illégale ne peut réussir qu’en fragilisant l’autorité de l’État. Elle doit donc se poser la question de ce qui se substituera à cette autorité, faute de quoi elle ne fera que semer le chaos. La Résistance avait anticipé cette question, avec une profonde lucidité. Les nationalistes corses aussi, dans un autre registre. Même Lénine, Mao, Al Qaïda ou l’Etat islamique l’ont anticipée. En revanche, la coalition occidentale qui a abattu Kadhafi s’est bien gardée de penser sérieusement à l’après, et on voit le résultat. Même constat en Irak, ou en Afghanistan où les talibans reviennent lentement au pouvoir.

Pense-t-on vraiment qu’il soit opportun aujourd’hui en France d’affaiblir l’autorité de l’État ? Il me semble qu’il serait plutôt urgent de la restaurer dans le respect de la volonté générale. Au passage, il n’est pas très sage non plus de faire chanter « brûlons cette maison » à l’Élysée pendant qu’on impose des réglementations absurdes sur les routes et que les forces de sécurité sont à bout

Que le gouvernement se souvienne que sa seule légitimité lui vient de la souveraineté du peuple, et de sa capacité à assumer ses missions régaliennes au service du peuple : Bercy n’est qu’un outil, pas une fin.

Il y a d’autres moyens d’action

N’oublions pas, enfin, la question des buts poursuivis. Les méthodes sont importantes, et certaines peuvent suffire à faire condamner la cause qu’elles prétendent défendre, mais elles ne sont pas tout. Ces membres d’AFO, notamment ceux qui se seraient opposés au projet d’empoisonnement aveugle et gardent donc peut-être une certaine dignité, sont-ils juste décidés à combattre le totalitarisme de l’islam politique, un peu à l’image des peshmergas kurdes ? Ou forment-ils un groupuscule nazillon avide d’une pureté ethnique fantasmée, aux rêves aussi sinistres que ceux des islamistes ? Que les actions de tels groupes puissent conduire à disqualifier les uns à cause des crimes des autres n’est pas leur moindre défaut.

Si demain, certains imams prêcheurs de haine, certains soutiens logistiques des terroristes, certains membres de leurs familles qui encouragent leur idéologie, venaient à glisser malencontreusement dans les escaliers, sans forcément approuver il faudrait être singulièrement dénué de sens moral pour crier au scandale.

Serait-ce pour autant une bonne chose ? Je suis le premier à dénoncer le manque de volonté politique, pour ne pas dire la complaisance, face aux islamistes. Mais se substituer à l’État et choisir la « propagande par le fait » n’est pas forcément le meilleur moyen de faire évoluer les choses.

La photo du petit Alan Kurdi, abondamment instrumentalisée, n’a-t-elle pas eu plus d’impact que les actions des ONG prétendument humanitaires qui vont chercher des migrants par bateau ? Les vidéos tournées et diffusées par L214 des atrocités commises dans des élevages et des abattoirs, ne sont-elles pas plus efficaces pour faire avancer la cause animale que les violences contre des bouchers ?

Vaincre l’islamisme sur le plan des idées

Qu’un groupe parvienne à filmer ce qui se dit vraiment dans certaines mosquées, à montrer la pression qui s’abat au quotidien sur les femmes dans certains quartiers, à dévoiler ce qu’est vraiment le projet de société des groupes islamistes même légaux, et surtout à donner à ces révélations un impact médiatique suffisant pour que les pouvoirs publics ne puissent plus feindre de les ignorer, et j’applaudirai.

A lire aussi: Ces « petits riens » de l’islamisme « soft » qui s’infiltrent dans notre quotidien

Que ce groupe reste purement factuel dans ses dénonciations, et évite de tomber dans des outrances similaires à celles qu’il dénonce, ne serait-ce que pour empêcher le déni sous prétexte de « ne pas faire le jeu » ou de « ne pas stigmatiser », et j’applaudirai encore plus.

Que ce groupe sache faire la différence entre les musulmans humanistes et les thuriféraires de l’islam politique, et obliger la fameuse « majorité silencieuse » à se positionner clairement entre les deux et à assumer son positionnement, et je me lèverai pour applaudir en hurlant de joie. Que ce groupe, enfin, parvienne à s’appuyer sur son succès pour convaincre la majorité des Français qu’il est par-dessus tout urgent lors des élections de « faire barrage » aux candidats qui ne défendent pas fermement la République – contre les islamistes mais aussi contre les communautaristes de tous poils, couleurs ou sexes – et je pourrai me rasseoir, apaisé et confiant dans l’avenir de notre pays.

La force ne servira à rien si l’islam politique n’est pas aussi vaincu sur le plan des idées, ce qui suppose de dévoiler sa nature totalitaire mais aussi de démontrer que d’autres projets sont possibles, au nom d’autres convictions métaphysiques, philosophiques, politiques.

Nous n’y parviendrons certes pas si notre seule réponse aux attentats est d’allumer des bougies à côté de mignonnes peluches. Mais nous y parviendrons encore moins en empoisonnant des enfants.