Il y a des marques qui, instantanément, évoquent le Sud, les vacances, la plage, le temps des copains et la société des loisirs. Quand on pense à Ricard, notre mémoire se met en branle et charrie des souvenirs à la pelle. D’abord, ce logo bleu et jaune, imprimé dans notre subconscient, qui rayonne, indélébile. « Au début, j’avais utilisé l’or, mais je me rendis compte qu’il était moins éclatant qu’un beau jaune citron », écrit Paul Ricard (1909-1997) dans La Passion de créer, paru en 1981 chez Albin Michel et sans cesse réédité depuis.
Mais l’imagerie populaire Ricard ne se réduit pas aux couleurs du Midi. Ce sont aussi des slogans qui ont fait le succès de cette boisson anisée. Du catégorique « Un Ricard, sinon rien ! », au posologique « Se boit avec cinq volumes d’eau », en passant par l’énergique « Garçon ! Un Ricard ! » et l’authentique « Le vrai pastis de Marseille », c’est la France des cafés qui renaît de ces pépites publicitaires, avec ses couleurs, ses mots, ses objets aussi : broc, carafe, verre, cendrier, bac à glace, sans oublier l’inénarrable bob, couvre-chef estival iconique, ont tissé entre les Français et la marque historique de « pastaga » un lien presque familial.

Exposition « Ricard SA depuis 1932 », jusqu’au 26 août 2012, Les Arts décoratifs, 107, rue de Rivoli, 75 001 Paris.

*Photo : Ricard, Les Arts décoratifs.

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Thomas Morales
Journaliste et écrivain. Dernier ouvrage paru : "Ma dernière séance : Marielle, Broca et Belmondo", Pierre-Guillaume de Roux Editions, 2021
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