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Notre chroniqueuse en remet une couche!

Après le scandale Orpea

Notre chroniqueuse en remet une couche!
Projet Atalante de la société Wandercraft. Capture d'écran YOUTUBE.

Pour réparer des ans l’irréparable outrage…


Quand, entre 18 mois pour les plus dégourdis et  trois ans et demi pour les plus flemmards, les bambins deviennent (déjà ou enfin) propres, c’est indubitablement le franchissement d’une étape.  La porte des WC leur est grande ouverte et ils entrent, auréolés de leur victoire sphinctérienne, dans le monde hygiénique et parfumé de leurs aînés attentifs.

Quand un ancien fait ses adieux à la dite-porte et qu’ « on »  commence à lui mettre des couches, c’est le début de la fin. Qui survient le plus souvent dans les trois ans. Une belle infection urinaire, une complication d’escarres, les suites malencontreuses d’une gastro ont habituellement raison du plus coriace des élans de vie.

© GILE Michel/SIPA Numéro de reportage : 01058703_000002

Un temps fou

Dans les scandales Orpea et Korian, cette affaire de couches revient en boucle. « Rétrocommissions sur les couches », « économie sur les couches », « budget couches insuffisant » … (pour info : la dépense pour un niveau « correct » d’hygiène et de  confort (!) est estimée à 100 € par mois, prix de gros, sans compter les pommades et adjuvants nécessaires, avec une TVA à 20% alors que celle des protections périodiques a été abaissée à 5,5% en 2015).

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L’affaire semble entendue : à partir d’un certain âge, et c’est aussi évident qu’inéluctable : impossible de se passer de couches. La boucle doit être bouclée. On finit comme on a commencé. Mais, l’incontinence urinaire ne touche que 25% des plus de 85 ans et l’incontinence anale (rarement totale) 20%. Comment se fait-il que ce taux grimpe à 50%, voire à 75%, pour les personnes en institution ? Les explications sont assez simples. D’une part, certains pensionnaires arrivent avec des troubles cognitifs souvent (ou quelquefois ?) accompagnés d’incontinence, et d’autre part le placement en Ehpad est généralement consécutif à une perte d’autonomie. Qui nécessite obligatoirement une  assistance lourde pour aller aux toilettes, « service » que très peu de maisons de retraite ne veulent (ou ne peuvent) offrir, du moins dans le système actuel. Dans le meilleur des cas, pour les moments fatidiques, les personnels soignants utilisent un verticalisateur ou un lève-personne. Manœuvrer ces engins prend un temps « fou ». Les utiliser au bon moment demande une organisation de dingue. Et pire, les bénéficiaires ont souvent l’impression d’effectuer des  tours de manège (désenchantés). Et finissent, à leur grande tristesse, par se faire une raison et lâcher l’affaire. D’où la dérive de la couche à tous les étages. Avec son lot de souffrances et l’abominable sentiment de perte de dignité pour tous ces incontinents malgré eux.

L’espoir de progrès techniques

Mais, peut-être plus pour longtemps. Deux types d’innovations sont dans les tuyaux. Tout d’abord, les exosquelettes qui visent à redonner de l’autonomie aux bénéficiaires. Pour faire simple, des combinaisons, plus ou moins rigides, utilisent les signaux émis par les cerveaux des porteurs. Ces signaux sont recueillis par des capteurs sophistiqués et, grâce à tout un système d’algorithmes, l’appareil, qui répond à la milliseconde près, bouge en symbiose avec l’individu qui la porte. Ainsi, par exemple, Atalante de la société Wandercraft (bravo à nos polytechniciens à l’origine de ce beau projet), et Keeogo, machine à marcher canadienne.

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Le deuxième axe de recherche, l’assistance par des robots, est tout aussi prometteur. Il s’agit de mettre à disposition des personnes « empêchées » une aide extérieure ultra performante et toujours disponible, comme « Bai Ze » le robot intelligent mis au point par l’institut de recherche de Ningbo, en Chine, qui « accompagne » aux toilettes.

Certes, ces dispositifs « modernes » ne sont pas encore totalement opérationnels. Mais, ils ne demandent qu’à l’être. Orpea, Korian et compagnie se rachèteraient une conduite en consacrant à de telles initiatives une partie de leurs somptueux résultats. Et, si ça se trouve, nos courageux  investisseurs de la « silver economy » se referaient la cerise en exploitant ce type de produits !

Ne crions pas non plus à la déshumanisation (elle est déjà là), ni à la solitude qu’entraîneraient ces « nouvelles pratiques ». Je suis persuadée qu’au petit coin, le regard placide du robot est plus facile à supporter que celui de l’humain débordé. Et, je connais pas mal de vieux et de vieilles qui sont de mon avis.  


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