La crise sanitaire n’est pas encore terminée que l’Élysée réfléchit déjà à un Mémorial! Comme pour François Hollande, s’inscrire dans l’histoire est une idée fixe chez Emmanuel Macron. Le président est attendu ce dimanche dans l’Aisne pour commémorer la bataille de France (2e guerre mondiale) et lancer l’année « De Gaulle ». 


A-t-on jamais entendu un président de la Vème République (ou même de la IVème) parler de « politique mémorielle » ? Ou même de « sa » politique mémorielle ? Seul Emmanuel Macron évoque si ouvertement le sujet. 

Si l’on en croit le Parisien du 15 mai, Emmanuel Macron réfléchit à faire des cérémonies du 14 juillet « un grand moment de libération du peuple de France » mais aussi à créer un Mémorial des victimes du Covid comme il existe un Mémorial de la Shoah par exemple. « L’idée d’un Mémorial des victimes du Covid fait débat en Macronie » nous apprend le Parisien.

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Emmanuel Macron imagine-t-il que les Français pourraient lui être reconnaissants de se recueillir une fois par an sur une statue ou une stèle dédiée au virus tueur échappé d’un pangolin ou d’un laboratoire livré par la France à la Chine ? Pourquoi pas un jour férié tant qu’on y est ?

Le quinquennat de cauchemar, c’était son destin!

L’article du Parisien est évidemment un ballon d’essai. Il s’agit de savoir s’il serait possible pour Emmanuel Macron de se sculpter un destin sur la maladie, alors que son gouvernement l’a bien mal anticipée (frontières laissées ouvertes, pas de masques, pas de tests, pas de gel hydroalcoolique), et alors que les couacs politiques ont été nombreux et que le virus a endeuillé presque 30 000 familles. 

Ce président qui génère les crises depuis sa nomination ne semble au fond préoccupé que d’une chose : son « destin ». Le 16 avril dernier, il donne une interview au Financial Times dans laquelle il déclare s’être « toujours placé dans les mains du destin » et affirme qu’il entend « se rendre disponible à sa destinée ».

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Dès son élection, il s’est fait filmer marchant seul dans la cour du Louvre, lieu emblématique de l’Histoire des rois de France. Quand Notre-Dame de Paris a brûlé, notre président a parlé de reconstruire la cathédrale en cinq ans et « plus belle ». Et là encore, pour lui, il s’agissait d’associer son nom à un socle pluriséculaire qui le dépassait mais qui l’aurait grandi. 

Dans l’avion qui l’a ramené de Tel Aviv, à l’issue du Forum mondial sur l’Holocauste qui s’est tenu en Israël le 23 janvier 2020, le président de la République a empêché de dormir trois journalistes qui l’accompagnaient pour leur parler des « sujets mémoriels (qui) sont au cœur de la vie des nations. » Il a déclaré : « Qu’ils soient utilisés, refoulés ou assumés, ils disent quelque chose de ce que vous voulez faire de votre pays et de votre géopolitique. » 

Plus à une déclaration hasardeuse près…

Diable ! De quoi ce galimatias était-il le sens ? Dans ce Tel-Aviv- Paris, le président de la République française semblait tester l’idée de faire de la « guerre d’Algérie » un grand moment de repentance nationale. Déjà en 2017, le président candidat avait été en Algérie pour affirmer que la colonisation française, « avait représenté un crime contre l’humanité ». En revenant de Jérusalem en 2020, le président semble avoir imaginé de faire pleurer les Français sur les seuls morts algériens: « la guerre d’Algérie est sans doute le (défi le) plus dramatique. Je le sais depuis ma campagne. Il est là (le défi), et je pense qu’il a à peu près le même statut que la Shoah pour Chirac en 1995. » 

On ne sait encore à quel grand moment de l’Histoire le président pourra effectivement un jour associer son nom. Mais savoir qu’il s’agit d’une obsession éclaire déjà l’invraisemblable « itinérance mémorielle » qu’il s’est infligé en novembre 2018. Emmanuel Macron avait alors tenté de lier les réformes aux commémorations du centenaire de la première guerre mondiale. Entre les étapes « mémorielles » de son programme (arrêts à Morhange, aux Eparges, à Verdun, à Notre-Dame-de-Lorette), Emmanuel Macron avait visité un Ehpad, un centre social, et des entreprises (Novasep, PSA, Renault) etc. Selon l’Élysée, il fallait « lier les douleurs d’hier à celles d’aujourd’hui ». Diantre !

Ainsi s’éclaire aussi la politique africaine d’Emmanuel Macron : l’abandon du franc CFA et la restitution des œuvres d’art à des potentats africains y ont une place importante. « C’est une politique mémorielle pour l’Afrique » dira Emmanuel Macron au Monde. Le président ne veut pas seulement marquer la mémoire nationale, il veut aussi marquer la mémoire des Africains !

Que de maladresse!

Mais il est à craindre que les tentatives multiples d’Emmanuel Macron d’écrire lui-même sa page Wikipedia ne finissent par ressembler à Un président ne devrait pas dire ça. On sait que ce qui devait être une biographie héroïque et la justification politique du quinquennat de François Hollande est devenu, sous la plume de deux journalistes du Monde, un cercueil politique qui a empêché la deuxième candidature du président « normal ». 

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Ces tentatives hollando-macronienne de se forger un nom dans l’Histoire ne sont pas simplement un tantinet mégalo, elles reposent aussi sur un invraisemblable paradoxe : comment ces énarques qui ont privé la France de ses frontières et de sa monnaie, qui ont détruit son industrie, laminé ses institutions et pulvérisé l’enseignement de l’Histoire de France et le « roman national », comment peuvent-ils rêver de marquer la mémoire d’un peuple qu’ils ont entrepris de fondre dans un hypothétique « peuple européen » ? À quel peuple de France rêvent-ils quand ils ouvrent grand les frontières à des millions de migrants musulmans qui ne viennent pas toujours pour commémorer Louis XI ni Charles de Gaulle ? À quel peuple de France rêvent-ils quand ils mitraillent à coups de LBD les plus révoltés de ceux que leur politique a relégués à la périphérie ? 

Force de l’inconscient, Emmanuel Macron continue de rêver national quand réforme après réforme, c’est un pays entier qu’il éparpille.

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