Thérapie de conversion, option démon très collant

Le Lévitique, troisième livre du Pentateuque comme chacun sait, règlemente le pur et l’impur – et, entre autres choses, ce qui relève de l’impureté sexuelle. D’où le titre Leviticus, donné à son premier long métrage par le monteur, scénariste et réalisateur Adrian Chiarella, 45 ans, né à Sydney d’un père italien et d’une mère chinoise, lequel s’était déjà fait connaître par quelques courts métrages fortement prisés, en festivals, par la mouvance gay australienne. Présenté en avant-première dans le cadre de l’édition 2026 du Sundance, voilà que Leviticus fond sur nos écrans.
Si le cinéma d’horreur exploite à foison la libido hétérosexuelle, il est presque inédit que la romance queer, a fortiori celle d’une paire de teenagers encore glabres, investisse cette spécialité du septième art. L’idylle se noue, clandestinement bien sûr, entre deux bichons, Naim et Ryan, au cœur d’un bled industriel repoussant où le premier vient de l’installer, à contre-cœur, avec sa mère. C’est au hasard d’un jeu de lutte virile, ébats classiques entre adolescents, que Naim, le petit brun, se découvre , se découvre une incoercible attraction pour Ryan, archange aux cheveux d’or qui en fera craquer plus d’un, archange aux cheveux d’or qui en fera craquer plus d’un : l’étau viril se change en étreinte lascive ; ils finissent par se rouler une pelle ; bientôt, un onanisme confraternel les colle l’un à l’autre. Mais cette fringale sexuelle nourrit la jalousie de Naim. Se découvrant trompé par son amant avec le rejeton boutonneux du pasteur, Naim se trahit malgré lui auprès de la communauté fanatiquement religieuse à laquelle ils appartiennent. Le coming out ne passe pas ; ledit pasteur prescrit aux parents un rituel de délivrance propre à libérer leur progéniture de ses désirs impurs. Satanas ! la thérapie de conversion va libérer le double de Ryan, entité démoniaque qui, épousant ses traits – soit ceux de la personne que la victime désire suprêmement -, ne se manifeste que dans la solitude – ce qui oblige les deux garçons, pour échapper à la malédiction, à ne jamais se quitter. Mais sans pouvoir s’aimer jamais… Métaphore, à ce qu’il semblerait, de l’homophobie intériorisée.
Plutôt indifférent aux lévitations et autres effets visuels qui jalonnent cet improbable canevas horrifique, le spectateur peine à croire à cette fable, que le scénario à ellipses rend d’ailleurs assez confuse. À noter que l’éphèbe Stacy Clausen, 21 ans, star montante à l’international, apparaissait dès 2023 dans La jeune fille et la mer, récidive cette année dans Trash (Nature prédatrice), films l’un comme l’autre visionnables sur Netflix. On pourra encore retrouver sa jolie frimousse, toujours sur Netflix, à partir du 25 novembre dans le film de l’Américain Peter Berg, The Mosquito Bowl.

Leviticus, film de Adrian Chiarella. Avec Joe Bird, Stacy Clausen. Australie, couleur, 2026. Durée: 1h28. En salles le 7 octobre.




