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La drôle de défense de l’élue verte Florence Lamblin

La drôle de défense de l’élue verte Florence Lamblin

Florence Lamblin, mise en examen avec huit autres personnes pour blanchiment en bande organisée et association de malfaiteurs et placée sous contrôle judiciaire dans une affaire de gigantesque trafic de drogue entre le Maroc et la France, est bien sûr, jusqu’à preuve du contraire, innocente.

Ce qui n’empêche d’ailleurs pas ses collègues de droite de réclamer (et d’avoir obtenu) sa démission, tous comme d’ailleurs nombre d’élus Verts. Florence Lamblin est innocente jusqu’à preuve du contraire, donc, puisque militer dans le parti le plus grotesque de notre paysage politique ne constitue pas encore un délit pénal. Tout comme ne relève pas du droit, l’émission d’idées hallucinantes sur l’urbanisation de la ville, ce qui est à la fois la profession de la dame –elle est architecte- et son domaine politique de prédilection.

C’est à ce titre qu’elle a coécrit, avec Jean-Marc Pasquet, président du think tank spécialiste des politiques publiques Novo-ideo.fr, un article retentissant, publié le 3 décembre 2010 par Les Echos, intitulé « Berges de la Seine : et si on enlevait le haut ? »

Pour les heureux habitants de nos provinces, précisons qu’à Paris, notre bien-aimé maire a décidé d’interdire à la circulation toute une partie des voies rapides qui font que jusque là, les embouteillages de chez nous étaient hélas très en retard sur ceux de Rome, Bangkok ou Mexico City : “Au printemps 2013, dixit Bertrand, ce sont plus de quatre hectares qui offriront à tous, entre le Musée d’Orsay et le pont de l’Alma, des occasions nouvelles de promenades, d’animations et de loisirs”.

Oui mais voilà, on trouve toujours plus royaliste que le roi, heu pardon, le Maire. Florence, elle, en bonne khmère verte, ne voulait pas entendre parler de ces “occasions nouvelles de promenades, d’animations et de loisirs” qu’elle qualifiait sèchement dans son article des Echos : «Le projet propose des zones d’activité dans lesquelles on trouve un cinéma en plein air, des îles artificielles, des parcours pédagogiques, des cafés, une boîte de nuit, des terrains de volley ou de pétanque, des barges végétalisées… » La liste est longue et la concertation invite les Parisiens à amender cette liste, qui fait déjà figure d’inventaire à la Prévert.

Son projet à elle reposait sur un rejet pur et simple de ces activités, beurk, divertissantes et même, rebeurk, mercantiles : « Pourquoi cette frénésie à vouloir divertir et occuper coûte que coûte les Parisiens déjà placés sous stimuli permanents ? De peur que l’ennui ne les guette ? Un espace non fonctionnel, un peu de presque rien, pour le simple plaisir d’être présent, là, au bord de la Seine, suffirait pourtant à les combler ». En clair, Florence Lamblin proposait de transformer l’espace libéré des honnies autos en terrain vague. Balaise, Thérèse !

On espère qu’un procureur aux idées rétrogrades ne va pas chercher à savoir quels types d’activités, voire de commerces peu légaux en rapport avec notre dossier de blanchiment pourraient se développer dans un immense terrain vague au cœur de la capitale. Mais bon, répétons-le, les délires écolos ne tombent pas sous le coup de la loi, mais nous énervent doublement car en plus de faire froid dans le dos, ils font presque passer l’actuel bourgmestre pour un mec raisonnable.

Mais trêve de digressions, ce qui m’agace vraiment dans cette affaire, c’est la ligne de défense choisie par l’accusée. En effet, elle a mille fois répété qu’elle ignorait tout du trafic de cannabis auquel elle n’a pu être mêlée que contre son gré. Soit.

En revanche, elle a admis que les 350 000 euros en liquide trouvés chez elle par les enquêteurs ne provenaient pas du loto sportif ou de la vente de T-shirts à l’effigie de Dominique Voynet. C’est, dit-elle, de l’argent provenant d’un héritage, planqué dans un compte suisse, et qu’elle a voulu rapatrier discrètement pour échapper à l’ISF. Et là je dis, minute papillon !

Les Verts, à ma connaissance sont favorables à la légalisation du cannabis. Nombre de leurs leaders, reconnaissent publiquement en consommer. Ils prônent aussi, à l’instar des néobabas du monde entier, les miraculeuses vertus thérapeutiques de l’herbe en question. Florence Lamblin ne devrait donc avoir aucune honte, si tel était le cas, à avoir pallié les conséquences dramatiques d’une prohibition d’un autre âge : en Verte logique, elle devrait expliquer pour sa défense que le trafic illégal actuel n’est, à l’instar du mariage gay de Bègles célébré le 5 juin 2004 par Noël Mamère, que la préfiguration des pratiques courantes de demain, voire d’un futur service public des drogues douces.

Au lieu de quoi la mise en examen et son sémillant avocat Jean-Marc Fédida, plaident l’évasion fiscale. Mais là, mes amis, on n’est plus dans la banale contradiction politique, mais dans la schizo pure et simple. Quel parti a mis au cœur de sa campagne présidentielle l’éradication des pratiques financières douteuses ? Quel parti s’est choisi une candidate sur mesure, spécialisée non plus, comme ses prédécesseurs écolos, dans la défense des bébés pandas ou l’agriculture bio, mais dans les transferts monétaires internationaux ? On comprend aisément qu’Eva Joly soit la plus ardente des Verts à réclamer la tête de sa camarade au terme d’une condamnation sans appel : « Je tiens l’évasion fiscale pour une gangrène qui impuissante l’Etat, abîme l’esprit d’égalité et, ce faisant, détruit notre contrat social.»

Et pour une fois, je crois qu’Eva a raison. En plaidant l’évasion fiscale plutôt que le chichon, Florence Lamblin se met dans la situation d’un conducteur qui conteste un PV de stationnement en arguant qu’à cette heure là, il était bien dans sa voiture mais à 200 km de là, en plein délit de fuite après avoir renversé une poussette…

*Photo : eleda 1/Flickr


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De l’Autonomie ouvrière à Jalons, en passant par l’Idiot International, la Lettre Ecarlate et la Fondation du 2-Mars, Marc Cohen a traîné dans quelques-unes des conjurations les plus aimables de ces dernières années. On le voit souvent au Flore.

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