On se souvient du barouf orchestré par l’administration Obama et de ses obligés européens lors de la dernière élection présidentielle russe. Or si celle-ci a été marquée par maintes irrégularités, somme toute assez inévitables en démocratie normale, donc imparfaite, personne, à l’arrivée, n’a parlé de hold-up du vainqueur sur les résultats – comme ce fut par exemple le cas pour la présidentielle américaine de 2000, marquée par les magouilles que l’on sait en Floride et ailleurs.

N’empêche, le ton était donné : si les USA et l’UE envoient des observateurs contrôler le scrutin, c’est donc que Poutine est un truand électoral et la Fédération de Russie une sorte d’Haïti en moins bien gérée ou de Côte d’Ivoire à mammouths congelés.
Ladite Russie – qui a d’ailleurs laissé les observateurs assermentés et les ONG à la noix faire leur semblant de boulot durant le scrutin – s’en est d’abord tenu aux protestation d’usage. Mais le stalinien à la mémoire longue et les origines notamment ashkénazes du KGB ont semble-t-il laissé des traces dans la culture d’entreprise de l’espionnage soviétique dont l’actuel président russe est le plus beau surgeon. Nul doute que Vladimir sait bien que l’humour vache peut se révéler bien plus dangereux que le polonium.

C’est ainsi qu’on vient d’apprendre, via nos très informés confrères chinois de l’agence Xinhua que la Russie compte envoyer des observateurs pour surveiller l’élection présidentielle aux États-Unis ce mardi 6 novembre.
Selon une déclaration faite vendredi par le ministère russe des Affaires étrangères, le Kremlin enverra certains députés de son Parlement aux États-Unis dans le cadre de la délégation de supervision de 57 membres de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Les observateurs russes comprendront également les diplomates de l’ambassade russe à Washington et les employés des consulats russes dans plusieurs villes des Etats-Unis.

Par ailleurs, le porte-parole du ministère Alexandre Loukachévitch a également accusé les autorités américaines d’empêcher une supervision internationale complète des élections présidentielles, selon un communiqué publié sur le site Web du ministère.

« Les élections aux États-Unis peuvent difficilement être considérées comme parfaites du point de vue des normes et critères généralement acceptés », a déclaré M. Loukachévitch, qui a en outre souligné le « caractère obsolète et indirect » de la présidentielle américaine, ainsi que l’absence de système d’accréditation des observateurs étrangers au niveau national.

En revanche, pour des raisons inconnues à ce jour, aucun dispositif russe n’a été prévu pour contrôler la régularité des référendums organisés dans les pays d’Europe pour consulter les peuples du Vieux Continent sur la régularité et l’opportunité et la constitutionnalité du Pacte Budgétaire.

*Photo : AZRainman.

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