On ne se réjouira jamais assez de la suppression du terme « Mademoiselle » des documents administratifs. Ce mot apparemment anodin manifestait en effet l’insupportable subordination de la femme à un « Monsieur » qui, lui, comme par hasard, ne changeait pas de dénomination après son mariage. Ce vocable ridicule − comme la plupart des mots dotés d’un suffixe en « elle » −, hérité de l’époque la plus obscurantiste de notre histoire, faisait du mariage l’élément déterminant du statut de la femme : en clair, il faisait fi de plusieurs décennies de conquêtes libératrices, celles qui ont permis à la femme de se montrer enfin, sur tous les plans, l’égale de l’homme et la maîtresse de son destin. En clair, la disparition de ce mot des formulaires administratifs revient à rogner un peu plus les « chaînes de l’esclavage ».

Mais ce faisant, on ne va pas encore assez loin : on ne va pas jusqu’au bout d’une approche vraiment moderne, c’est-à-dire, tout à la fois rationnelle, utilitaire et égalitaire, du problème.
Celle-ci exigerait que l’on supprime d’abord un autre reliquat du passé, les termes « Monsieur » et « Madame »
 

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