TF1 diffuse, ce soir, un téléfilm sur l’affaire Sauvage. Inspiré du livre de la graciée du président Hollande, il colporte les mêmes contre-vérités qui ont fait d’une meurtrière une figure people et féministe.


Nouvelle intervention pétitionnaire des privilégiés du showbiz. Ils s’étaient déjà signalés avec un soutien appuyé au jeune Théo soi-disant violé par la police. La suite de l’instruction avait montré l’inanité de cette accusation. Plus récemment entre deux avions, du haut de leur supériorité morale et de leur empreinte carbone, ils ont trouvé le temps de nous intimer de sauver la planète. Ils nous ont enfin enjoint d’accueillir dans les ports français les bateaux des trafiquants organisateurs de la nouvelle traite humaine. Entre-temps, et c’est ce qui nous occupe aujourd’hui, profitant de la diffusion par TF1, ce 1er octobre, d’un téléfilm totalement mensonger sur l’affaire Jacqueline Sauvage, ils nous ont gratifié d’une nouvelle sommation. Présentant cette dernière, pourtant meurtrière à froid de son mari, comme une victime des violences conjugales. Et la mort donnée à son époux de trois balles dans le dos comme la juste réponse à celles-ci. Jacqueline Sauvage devenant ainsi l’emblème des violences faites aux femmes. Une imposture.

Faire petit écran à la vérité

Rappelons que Jacqueline sauvage avait été condamnée par deux cours d’assises successives à 10 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son mari. Une instruction irréprochable, deux audiences successives devant deux juridictions différentes ont abouti à cette condamnation. Ceux qui se sont donnés la peine de se pencher vraiment sur le dossier ne peuvent que partager cette conviction. Le jeu des réseaux numériques sociaux a permis de mobiliser toute une partie de la sphère féministe et de lancer un combat pour obtenir la grâce présidentielle de la meurtrière. Une campagne assez stupéfiante par rapport à la réalité des faits a amené François Hollande, jamais en retard d’une finasserie, à accorder cette grâce. Qui fut perçue comme une insulte par les magistrats, experts, jurés populaires, juges de l’application des peines, qui, eux, avaient fait leur travail de façon méritoire et rigoureuse.

Nous avons à plusieurs reprises dans ces colonnes démontré l’étonnante imposture qui a fait d’une véritable meurtrière le symbole des femmes battues. Un livre d’Hélène Mathieu et de Daniel Grandclément, La vérité sur l’affaire Sauvage, l’a également établie.

Jacqueline Sauvage, vedette des gens de bien

Peine perdue, certains professionnels du show bizz se sont emparés de cette fausse cause et ont réalisé ce téléfilm qui est aussi une insulte à la mémoire d’un homme qui, s’il n’était pas un modèle, n’était pas non plus le monstre que l’on nous décrit. Bonne occasion pour les batteurs d’estrade soucieux de prendre la pose, cette diffusion s’accompagne d’une pétition en forme d’adresse au président de la République. Et la petite cohorte des démagogues utilisant cette mauvaise action, et se servant de ce mensonge, avance à nouveau l’effarante revendication de « la légitime défense différée » qui n’est rien d’autre qu’un permis de tuer.

La lutte contre les violences faites aux femmes est une cause essentielle qui mérite autre chose que ce dévoiement.

Pour rafraîchir les mémoires et tenter de rétablir un minimum de réalité et de vérité, nous avons regroupé les liens qui renvoient, dans un ordre chronologique, aux articles publiés à ce propos sur Causeur.fr. Nous invitons ceux qui entendent regarder le téléfilm à en prendre connaissance auparavant:

Affaire Jacqueline Sauvage: Hollande et le récit médiatique

«Jacqueline Sauvage avait des circonstances atténuantes»

Jacqueline Sauvage, le président et l’opinion

Jacqueline Sauvage, un procès très politique

Jacqueline Sauvage grâciée, libérée mais pas innocentée

Jacqueline Sauvage: paysage après la bataille

Jacqueline Sauvage: responsabilité, ma soeur

Jacqueline Sauvage: la tyrannie des minorités

Jacqueline Sauvage: une criminelle graciée par les réseaux sociaux

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