« L’autre jour au fond d’un vallon, Un serpent piqua Jean Fréron ; Que croyez-vous qu’il arriva ? Ce fut le serpent qui creva. Quand un serpent venimeux est doté de bonne conscience, comme le nommé Hessel, il est compréhensible qu’on ait envie de lui écraser la tête..

Ces lignes inscrites sur le mur facebook de Pierre-André Taguieff n’ont pas fini de faire parler d’elles. Attribuées à tort à l’un des meilleurs historiens français des idées, elles lui valent l’avanie du MRAP. Déjà, un appel solennel à la condamnation – et au boycott d’Israël – enjoint au CNRS et à Sciences Po de congédier leur turbulent chercheur.

Reconnaissons-le : s’en prendre à un nonagénaire humaniste émérite n’est pas du meilleur goût. C’est probablement la raison qui poussa Taguieff à retirer ce petit apologue de son mur puis à suspendre son compte Facebook, une fois assailli par les attaques.

Mais voilà, certains ont leurs coups de gueules. Et celui qui a signé ce pastiche a droit aux siens, y compris pour égratigner un membre du tribunal Russel sur les « crimes de guerre en Palestine », s’il juge sa palestinophilie trop complaisante envers le Hamas. N’en déplaise aux censeurs : en République, la liberté d’expression ne se borne pas aux limites fixées par les ligues de vertu. Que certain propalestiniens détestent Taguieff, soutien assumé d’Israël et pourfendeur du tiers-mondisme, c’est leur affaire. De là à menacer le droit à la privauté virtuelle, à la libre confrontation des opinions, voire à l’exercice de son métier, il y a un pas que nul ne saurait franchir, hormis le MRAP, bien entendu.

J’invite donc tous les lecteurs de Causeur à signer la pétition de soutien à Taguieff.

N.B : Hier, j’ai posté sur Facebook la bande-annonce du film Mon curé chez les Thaïlandaises. Bientôt un communiqué indigné du MRAP ?

Lire la suite