Nous avons donc appris, au détour de « confidences » faites non pas sur l’oreiller mais au micro de deux journalistes triés sur le volet que François Hollande, ci-devant président de la République, avouait « ne pas avoir eu de bol » avec le chômage. Parce qu’il est bien connu que tout ceci, le chômage comme la politique économique, c’est une pure question de chance. Bref que l’on joue la vie de millions de Français à pile ou face.

Sauf que, depuis quelques jours, le joueur est tout ragaillardi. Pensez-vous, la chance vient donc de tourner. L’INSEE publie des données (au sens du BIT) du chômage qui sont favorables. Bien sûr, celles de Pôle emploi, la DARES, le sont un peu moins. Mais, on vous le dit, la chance vient de tourner ! Du moins, tel est le refrain que l’on entend en boucle sur les médias.

Alors regardons les chiffres, ceux de la DARES en particulier. On sait que la catégorie qu’il convient d’observer n’est pas la catégorie « A » mais l’agrégat « A + B + D » qui reflète plus honnêtement les évolutions.

Si la catégorie A diminue de juin à juillet (de 3,5257 millions à 3,5066 millions soit de 19 100 personnes), les deux autres catégories (B et D) elles augmentent de 16 700 pour la catégorie « B » et de 10 000 pour la catégorie « D », soit un total de 26 700, qui fait plus que compenser la diminution de 19 100 personnes de la catégorie « A ». Caramba, encore raté !

Mais il y a plus inquiétant encore. Les statistiques données de mois en mois ont peu d’intérêt, sauf quand on est en présence d’une rupture majeure. Il faut alors observer la tendance dans la durée.

 

Evolution depuis octobre 2012 des catégories « A+B+D » et « C+E » (quasi-chômage).

Données DARES
 

On constate que la courbe représentative du chômage (A+B+D) montre une stabilisation mais non une inversion du mouvement. Mais, on constate aussi que la courbe des catégories C+E, qui est représentative du « quasi-chômage » ou des emplois précaires, continue d’augmenter. Caramba, toujours raté !

Retrouvez cet article sur le blog de Jacques Sapir.

Vous venez de lire un article en accès libre.
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !
Partager
Jacques Sapir
économiste, spécialiste de la Russie.