Dans son nouveau film d’animation Dilili à Paris, Michel Ocelot raconte la très vraisemblable histoire d’une petite kanake aussi stupide qu’Amélie Poulain qui détruit le Daèche et démasque la Cagoule. On regrette Kirikou !


« Les personnages que j’aime sont des innocents (…) qui n’obéissent pas aux idées reçues. ». Michel Ocelot, aux Dernières Nouvelles d’Alsace.

Il n’y a pas très longtemps, voulant distraire un enfant malade, je l’ai emmené voir Dilili à Paris, le dernier dessin animé de Michel Ocelot.

Comme nous en avertissait Schopenhauer, il faut prêter une grande attention aux titres. Ici, c’est tout un programme d’abêtissement qui transparaît. Dilili à Paris : ce sont les premiers balbutiements des bébés au biberon qui, par le Q.I., sont encore assez proches du primate originel. J’aurais dû me méfier.

Un film bête…ment joli

Du point de vue esthétique, c’est bêtement joli. Sur fond de photographies style cartes postales de Paris, qu’il aurait été sans doute trop fatiguant de reproduire par le moyen de l’intellect et de la main artiste, se profilent des figures absolument plates, qui tiennent lieu de personnages. Tout d’abord Dilili au Champ de Mars, que des Parisiens Belle époque regardent éplucher des légumes dans un tableau vivant à visée ethnographique. Message : les pauvres Africains sont traités par l’Europe comme de simples animaux. C’est vraiment trop bête. Heureusement, la haute aristocratie s’occupe d’elle car, dans le bateau qui l’amenait chez nous, une comtesse avait pris en pitié cette fille de sang mêlé, jolie comme tout, et un jeune homme un peu trop plein de bonne volonté (mais dont le regard malicieux, sans doute celui du narrateur, trahit des aspirations quelque peu égoïstes et vicieuses) la promène dans tout Paris. Un Paris totalement factice où semble n’habiter que la classe des nantis et quelques misérables souffreteux qui excitent sa pitié et la révulsent : c’est elle-même, dans sa contrée natale, une petite princesse.

La Cagoule revient !

Et alors, voici l’idée, énorme : dans la métropole, un mystérieux groupe de méchants, les Mâle-Maîtres, enlève les petites filles. Il faut les sauver. Pour ce faire, on fréquente les artistes et les savants de l’époque (super-cocktail pour l’exportation) qui aident la fillette trop polie à déjouer les manigances de l’horrible conspiration. Et puis, à peu près au milieu du long-métrage, on comprend : ces Mâle-Maîtres, inspirés par la Cagoule (et oui !), contrôlent le sous-sol parisien, bénéficient de complices jusqu’au sommet de la hiérarchie policière et ambitionnent de prendre le pouvoir pour remettre de l’ordre et, surtout, les femmes à leur place. Il sont gros, laids, leur teint est blafard, leurs lèvres fines, leurs dents jaunâtres, leurs habits pas très neufs. Ils passent leur temps à lire et à boire du vin dans des caves, aiment l’absinthe et ricanent. Si ce n’était pas interdit, ils fumeraient. A coup sûr, leur inspirateur est Philippe Muray.

Et Ocelot créa la femme-tabouret

Tandis que les Sarah Bernhardt, Louise Michel, Camille Claudel et autres figures du féminisme imposé ne semblent se soucier que du Bien, un Bien très accueillant aux fortunés, il faut aller jusqu’au bout de la mentalité manichéenne et prêter à nos fascistes dégoûtants des idées plus répugnantes encore que celles d’Adolf Hitler lui-même. Sautant allègrement par-dessus les époques, on n’hésite pas à faire intervenir l’abominable monstre des temps modernes : le Daèche. Les filles enlevées sont donc vouées à être rééduquées. Ces malheureuses, vêtues d’une burqa, ont interdiction de se dresser sur leurs membres postérieurs ; elles doivent sans cesse se tenir à quatre pattes, servir et la fermer, tandis que les hommes sont invités à s’asseoir sur elles. Voici qu’Ocelot a inventé la femme-tabouret, c’est fameux (vieux fantasme ?) Et, comme il n’est pas d’export sans happy-end, ces infortunées seront sauvées, à la fin, par une brochette de grand-bourgeois, de gauchistes et d’artistes fendant les airs à travers un Zeppelin affrété d’Allemagne !

Méchoui d’imbéciles

Suggestion pour une suite trash (qui dit succès dit feuilletonnage de l’œuvre, et puis les Américains, gros marché, aiment bien quand ça saigne, il ne faut jamais l’oublier) : le Zeppelin s’embrase, tous ces imbéciles se transforment en méchoui et nos conspirateurs misogynes, sortant des égouts, libèrent enfin l’humanité reconnaissante du joug de la Bonne Pensée. Pour le financement, on peut songer à l’axe Washington-Budapest-Moscou, ce n’est pas impossible. Si Ocelot ne veut pas s’en charger, on verrait bien Kusturica.

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