« Peuple martyrisé », « étranglé », « assassiné » : à en juger par la couverture médiatique de la crise grecque, on a l’impression d’être entre 1940 et 1944, quand notre infortuné voisin souffrait sous la férule nazie. Mais cette fois, ce n’est pas Hitler qui tient le rôle de l’oppresseur, mais l’Union européenne ; et celle-ci n’a pas envoyé ses chars pour conquérir la Grèce, mais mis la main à la poche pour lui prêter quelque 240 milliards d’euros ! À l’évidence, la misère n’est pas moins pénible au soleil. Mais sans nier les dimensions objectives − l’appauvrissement − et subjectives − le déclassement et l’humiliation − du malheur grec −, il faut aller au-delà de la compassion et cesser de projeter nos angoisses sur les Grecs en répétant que nous attend le même sort qu’eux. Le pire cadeau qu’on puisse leur faire, ce serait de les enfermer dans le rôle de victime.

Aussi cruel que cela semble, il faut le dire : les principaux responsables de la crise grecque, ce sont les Grecs !
 

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