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Cisjordanie : quand Emmanuel Macron fait du Mélenchon à l’ONU

Le regard libre d'Elisabeth Lévy


Cisjordanie : quand Emmanuel Macron fait du Mélenchon à l’ONU
New York, 22 septembre 2026 © CNP i/AdMedia/SIPA

En multipliant les fake news sur Israël à la tribune de l’ONU, Emmanuel Macron flatte son public comme un élu LFI ou un journaliste du service public


Il y a des raisons de dénoncer la situation en Cisjordanie et la complaisance du gouvernement Netanyahou avec des fanatiques juifs. On n’est pas obligé d’être hémiplégique et de nier les agissements des fanatiques musulmans. Sur la Palestine, la copie d’Emmanuel Macron, présentée devant l’Assemblée générale de l’ONU, était pire que médiocre : francinterienne. Avec les trémolos d’usage : « Certains se flattent d’une paix prétendue, mais cette paix n’a pas ouvert une seule seconde les voies humanitaires. Devons-nous contempler ce spectacle qui nous fait honte à tous ? Regardez ce qui se passe en Cisjordanie, où chaque jour des violations sont commises. Au nom de quoi ? Le Hamas n’a jamais sévi en Cisjordanie. » Difficile de plaider l’erreur de traduction quand on cause français, l’une des deux langues officielles du « machin ». Le président a donc dû expliquer que sa langue avait fourché et qu’il n’avait pas voulu dire « sévi » mais « régné ». Le croie qui voudra.

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De l’étalage de vertu, beaucoup de boursouflures et deux contre-vérités en quelques secondes. L’aide humanitaire à Gaza n’est pas bloquée par Israël. Surtout, si le Hamas ne gouverne pas la Cisjordanie, parce qu’il a sur le dos Israël et l’Autorité palestinienne, il y commet des meurtres et des attentats et serait probablement le premier parti en cas d’élections libres — accessoirement, il n’y en a pas eu depuis 2006. Cela ne justifie pas les exactions de colons ni l’indulgence du gouvernement Netanyahou-Ben Gvir à leur endroit. Même pour les alliés d’Israël, ce gouvernement n’est pas vraiment un partenaire commode. En clair, il les rend fous! N’empêche, comme un élu LFI, le président de la République flatte son public (le Sud global) en dénonçant Israël, qui semble à ses yeux bien plus condamnable que le Hamas. Simplifications, méconnaissance des faits : on dirait un journaliste de l’audiovisuel public. Ce discours nous fait honte à tous. Et il ne satisfait même pas la gauche, qui braille et accuse Emmanuel Macron d’être complice de Bibi.

Trois ans après le 7-Octobre, il est clair que les médias, confits dans leurs bons sentiments, ont souvent raconté n’importe quoi, revenant très vite, après quelques jours de sidération, sur leurs rails idéologiques. Du Monde au New York Times, d’El País au Times de Londres : partout, d’honorables journaux ont repris la propagande et les bilans du Hamas sans pincettes, accréditant l’accusation de génocide devenue un permis d’antisémitisme. Lors du débat de la primaire socialiste, Ségolène Royal a doctement expliqué que la montée de l’antisémitisme était due aux dirigeants israéliens et qu’il « faudrait plus de voix israéliennes et juives pour dire que ce qui se passe est absolument intolérable ». En clair, les juifs sont un peu coupables de la haine qu’ils suscitent. S’ils aiment un État génocidaire, faut pas qu’ils s’étonnent qu’on ne les aime pas. On devrait dire à madame Royal que l’antisémitisme existait avant Israël. Y compris dans le monde musulman où il sévit toujours. Mais pardon, le voir c’est islamophobe. Peut-être Royal croit-elle que Mélenchon va gagner la présidentielle. Sûr qu’elle aurait un maroquin.

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Quand Israël tire sur une école, on oublie qu’elle était utilisée comme base de lancement de missiles. Pareil pour la famine, annoncée sur tous les tons, mais qui selon les organisations internationales, n’a finalement et heureusement pas eu lieu (ce qui ne veut pas dire qu’on mange bien à Gaza), ou encore les journalistes supposément assassinés (c’est-à-dire tués volontairement) par un État qui voudrait museler la presse. Il n’y a pas de liberté de la presse à Gaza et aucun journaliste au sens occidental, car pour travailler à Gaza, il faut avoir l’agrément du Hamas et se conformer strictement à sa ligne c’est-à-dire à sa propagande. Et on tient cette information de la bouche du cheval. Motaz Azaïza, réfugié aux États-Unis, était « la voix des Gazaouis ». En France, il a reçu le prix Liberté lors des 45 èmes commémorations du Débarquement, rien que ça. Aujourd’hui, il reconnaît avoir choisi de ne pas diffuser d’images du 7-octobre pour ne pas nuire à la cause et raconte le harcèlement du Hamas contre les journalistes tentés par l’indépendance. Évidemment, vous ne lirez pas son témoignage dans Le Monde ni dans aucun prétendu grand média. Et eux n’ont pas l’excuse d’être menacés par les fanatiques du Hamas.



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Fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur. Journaliste, elle est chroniqueuse sur Sud Radio. Auparavant, Elisabeth Lévy a notamment collaboré à CNews, à Marianne, au Figaro Magazine, à France Culture et aux émissions de télévision de Franz-Olivier Giesbert (France 2). Elle est l’auteur de plusieurs essais, dont le dernier "Les rien-pensants" (Cerf), est sorti en 2017.

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