Jérôme Leroy imagine un été sans 15 août férié, chômer le jour de l’Assomption de la Vierge étant trop catholique pour les uns, trop paresseux pour les autres. Petite pochade.


 

« Je pense que ce quinze août sera le dernier à être un jour férié. Il ne faut pas prendre les Français pour des idiots. » vient de déclarer Emmanuel Macron, par l’intermédiaire d’un tweet matinal depuis la piscine du Fort de Brégançon. Si la nouvelle peut surprendre, un certain nombre d’observateurs économique et politique s’attendaient à une annonce de ce genre, au cœur de l’été.

Le gouvernement unanime

Ce n’est en effet un secret pour personne que le nombre de jours fériés plombe l’économie française et représente un manque à gagner important pour les entreprises. « Les 11 jours fériés définis par le Code du Travail coûtent des milliards aux premiers de cordées » a déclaré Muriel Pénicaud, ministre du Travail, jointe à Davos où elle faisait de la randonnée avec le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux. Elle s’est refusée pour l’instant à donner des chiffres trop précis « pour éviter d’affoler les Français. »
Christophe Castaner, ministre chargé des Relations avec le Parlement et joint derrière un Casanis à Forcalquier pendant une partie de pétanque, a pour sa part précisé: « Je vous le dis très calmement, très sereinement, le 15 août est un archaïsme et sera l’une des lignes de fractures entre progressistes et rouges-bruns intégristes lors des prochaines européennes. Et les Français sont prêts à travailler plus, comme moi. La preuve, je vous laisse, y’a Paulo qui m’appelle pour pointer. »
Soutien total, aussi, du côté du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, qui  goûte un repos bien mérité depuis son passage devant la commission d’enquête de l’Assemblée Nationale où il a assumé avec courage son rôle et ses responsabilités dans l’affaire Benalla: « Le 15 août est une véritable provocation, en ces temps de fractures communautaristes, à l’égard de nos compatriotes protestants. Ce rôle central accordé à la Vierge ne peut que heurter les Eglises Réformées avec lesquelles la capitale des Gaules et le reste de la France vivent en bonne entente, même si mes services m’invitent à rester vigilants sur la création de réseaux armés qui pourraient vouloir passer à l’action sous l’influence de pasteurs venus de l’étranger, notamment du canton de Vaud. »

Mais le soutien le plus ferme à l’annonce présidentielle est venue de Marlène Schiappa, secrétaire d’état, à l’Egalité femmes-hommes: « Il était temps. Et le président a encore anticipé avec une incroyable lucidité sur le mouvement réel de la société. Enfin, quand même, l’Assomption, c’est une violence faite à toutes les femmes si on y réfléchit.  Je rappelle que c’est l’histoire d’une femme que des anges nus emmènent vers le ciel avec des regards appuyés sans son consentement. Ce n’est pas une métaphore de l’orgasme mais du viol. Je viens encore d’en discuter avec mes filles car on aime bien causer théologie au petit-déjeuner quand on se repose après un jogging. »

Et si Robespierre remplaçait Marie?


Surprise au coeur de l’été, et perplexe, l’opposition cherche encore une riposte. Du côté du PCF et FI, on propose de laïciser le 15 août ou de le remplacer par le 28 juillet, jour anniversaire de la mort de Robespierre. Chez LR, la discorde risque de se rallumer entre Laurent Wauquiez, qui voit là « une atteinte aux racines chrétiennes de la France » et son aile libérale qui avait l’intention de proposer la disparition de la moitié des jours fériés.
Jointe en Bretagne, Marine Le Pen a déclaré : « Tout ça nous confirme que ce gouvernement est fait de faux durs. A la première alerte, comme l’a avoué à mi-mot Gérard Collomb, on se dégonfle devant la menace terroriste parpaillote. »

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