Albert Besnard naît en 1849 dans une famille d’artistes. Après le départ de son père et la mort de ses six frères et sœurs, il est choyé par sa mère, miniaturiste. L’amant de cette dernière, un peintre respecté, s’occupe aussi de lui et le soutient lorsqu’il souhaite entrer dans l’atelier d’Alexandre Cabanel. Puis, le jeune Albert est admis à la Villa Médicis, à Rome. C’est là qu’il rencontre sa femme, également artiste. Ensuite, sa carrière démarre. Il enchaîne les commandes. Il devient finalement directeur de l’Académie de France à Rome, puis de l’École des beaux-arts à Paris et membre de l’Institut, sur le fauteuil d’Ingres. Les photos le montrent ventru, bourgeoisement vêtu et arborant sa Légion d’honneur. En 1934, la République lui fait des funérailles nationales. Sa biographie semble correspondre au stéréotype du peintre officiel. Peut-être trop bien, justement…

En réalité, ce parcours très classique coexiste avec un talent original. La singularité de cet artiste se décide vers la trentaine. Il accompagne alors sa femme, sculptrice, en Angleterre où elle doit honorer une série de commandes. Durant près de trois années, Besnard met quasiment en berne sa production et entame une sorte de période sabbatique.

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est écrivain.Dernier ouvrage paru : Précipitation en milieu acide (L'éditeur, 2013).