Légiférer sur la mort ? C’est le sprint final: M. Macron accélère sur la loi fin de vie
Pas une seconde à perdre ! Pas une seconde ! Comme cela n’allait pas assez vite, le président Macron a décidé de passer en force sur la loi de la fin de vie en réunissant secrètement, à l’Elysée, le Premier ministre, et Laurent Panifous, ministre des Relations avec le Parlement, juge et partie un peu trop engagés dans le dossier sur l’euthanasie. Comme M. Lecornu, toujours en désaccord avec cette loi, affichait sa préférence pour un report en septembre, le président Macron a tranché, avec l’autorité qu’on lui connaît, et décidé d’anticiper la date du vote. Ce sera donc le 15 juillet, quand les Français pensent à leur serviette de bain et leur pouvoir d’achat que, sauf accident, le texte sur la fin de vie sera voté définitivement. Un cocktail pour fêter cette aide à mourir dans la joie avait même été prévu, démenti juste à temps par le très allant et néanmoins très embarrassé M. Panifous. A moins que le cocktail financé par le contribuable (CESE) ne soit remplacé par une soirée privée avec Olés et castagnettes ?
Le bras de M. Lecornu tordu
Pourquoi cette hâte, cette indécence, à légiférer sur pareille loi ? C’est que cette loi sur la mort est une promesse de 2022 qui tarde à se réaliser. Comprenons bien le président Macron: M. Hollande avait eu le mariage pour tous, Mitterrand l’abolition de la peine de mort. Lui, avait promis l’aide à mourir dans la dignité à la Grande Prêtresse, Line Renaud, et à ses supporters. Or, une promesse, c’est sacré ! Il avait raté la dissolution de l’Assemblée. Pas question de manquer ici l’occasion ! Le texte sera donc voté mercredi « sans concession » aucune aux opposants, aux frileux, aux hésitants. Que les mains ne tremblent pas ! Madame Pannier-Runacher n’assura-t-elle pas la semaine dernière : « Il faut un vote définitif sur la fin de vie. C’est un enjeu de justice, de dignité humaine et d’égalité devant la mort. » Quant aux promesses de Macron, comment y croire ? Le président a-t-il tenu la sienne dans le cas, pourtant vital pour le pays, des retraites ? Dans le cas présent, où est-elle sa promesse d’un texte non partisan qui ne répondrait à des cas d’exception qu’une fois les soins palliatifs généralisés ? Au lieu de la tenir, sa promesse, il tord le bras à son Premier ministre, responsable devant le Parlement.
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Charge mentale
Inutile de revenir sur les débats d’une loi à laquelle aucune loi morale ne préside mais que deux choses justifient : la loi du marché et la transgression. La maladie, le handicap, la pauvreté, la misère, les soins, la vieillesse, ça coûte cher, et ce n’est pas productif. Les plus fragiles, nos aînés, ils ornent les discours mais comme ils pèsent à la société ! C’est surtout « une charge mentale » inutile. Quant à la transgression, elle est au cœur des quinquennats de M. Macron avec les lois sociétales. Aux autres lois dont l’inscription de l’avortement dans la Constitution manquait la mainmise sur la mort. Ce sera bientôt fait. Enfin le Graal ! Un amendement du RN n’avait-il pas failli tout faire basculer, il y a peu, en excluant de l’aide à mourir les médecins qui administrent le produit létal ? Il a été rejeté à temps ! Au mépris du serment d’Hippocrate.
Cette hâte à légiférer témoigne d’une volonté politique aux conséquences dangereuses. Non, un chef d’Etat ne devrait pas faire ça ! Interrogé par Darius Rochebin, le 30 juin, à donner son avis sur les huit chefs d’Etat de la Vème République, Marine Le Pen avait répondu qu’Emmanuel Macron était celui qui avait « voulu construire autre chose et avait juste détruit. » Emmanuel Macron sera-t-il le président qui aura fait accéder à la magistrature suprême, dans un acte d’autodestruction inédit, le parti à la flamme, qu’il s’est acharné, durant ses deux quinquennats, à détruire ?




