En Afrique du Sud, le président Cyril Ramaphosa maintient la mobilisation de 3 000 policiers pour encadrer les manifestations anti-immigration qui se succèdent chaque semaine. Sous la pression d’une partie de l’opinion, le gouvernement durcit sa politique d’expulsion des migrants en situation irrégulière, faisant du pays un laboratoire de la « remigration ».
En mars, un citoyen nigérian s’est fait couronner « roi du Cap-Oriental », cette province de l’est de l’Afrique du Sud. Cette intronisation, condamnée par les autorités, a entraîné des émeutes anti-migrants illégaux dans les villes d’East London et de Durban, puis à Johannesburg, à Pretoria et au Cap. Des migrants ont été délogés avec des machettes et d’autres ont été tués. Un Malawien a notamment été lapidé à mort à Pietermaritzburg.
Le nombre de migrants illégaux est estimé à 5 millions en Afrique du Sud, pays de 65 millions d’habitants. Venant principalement du Zimbabwe, du Malawi, du Ghana, du Nigeria et du Mozambique, ils débarquent généralement dans les townships ou les zones déshéritées des centres-villes. Dans un pays où 46 % des 15-34 ans sont officiellement au chômage, ils sont accusés de voler les emplois et de tirer les salaires vers le bas. On les accuse aussi de se faire attribuer illégalement des logements sociaux par des fonctionnaires corrompus ou de squatter des immeubles abandonnés pour s’y livrer à des trafics en tout genre.
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Né en 2008, le mouvement anti-immigration illégale Dudula (« expulser » en langue zoulou) vient de forcer le président Ramaphosa à sortir de sa réserve. Soucieux du score de l’ANC lors des prochaines élections, ce dernier ne s’est pas contenté de condamner comme de coutume la violence et la xénophobie supposées des manifestants, mais a annoncé des mesures de renforcement des frontières, de lutte contre la corruption au sein des services migratoires ou encore le contrôle plus strict des commerces susceptibles d’exploiter les migrants comme des mulets. En parallèle, les pays concernés ont mis en place des charters afin de rapatrier une partie de leurs ressortissants.
Avec plus de 100 000 migrants expulsés depuis deux ans, la « nation arc-en-ciel » devient un pays phare de la « remigration ».




