La Russe Xenia Fedorova, présente dans les médias du groupe de Vincent Bolloré, fait l’objet d’une intense campagne de presse hostile depuis quelques jours. Est-il à ce point insupportable de laisser parler une voix soutenant le Kremlin, dans la presse française? Pendant qu’on critique les ingérences russes, personne ne trouve rien à redire sur les ingérences qataries ou algériennes, observe notre chroniqueur1.
Il faut faire taire et expulser Xenia Fedorova, coupable d’être Russe et de s’exprimer sur CNews. C’est ce que réclament la propagande d’Etat et ses caniches, Le Monde en tête. Ces pourfendeurs habituels de la xénophobie voient en cette journaliste étrangère le symbole d’une ingérence venant contredire le récit officiel sur le conflit avec l’Ukraine. Les sycophantes réclament le retrait du titre de séjour de la jeune femme et son renvoi vers Moscou.
Deux poids, deux mesures
En revanche, les mêmes dénonciateurs ne disent rien du Qatar, notamment propriétaire du Paris-Saint-Germain (PSG) et de la chaine islamique Al Jazeera diffusée en France. L’émirat était hier encore protecteur et financier du Hamas, instigateur du pogrom anti-juif du 7-Octobre. Samedi, lors de la finale PSG-Arsenal, des supporters du club parisien brandissaient des drapeaux palestiniens et des banderoles « Free Palestine » ou « Stop genocide in Gaza », slogans agréés par le Qatar et LFI. C’est sous ces mots d’ordre que, le soir-même à Paris et dans d’autres villes, des casseurs et des pilleurs allaient mimer des scènes d’intifadas, en se prenant aux forces de l’ordre et en tentant, en certains endroits, de pénétrer dans des immeubles d’habitation. Une vidéo a montré également un émeutier tenant un mortier et expliquant : « Ça, c’est pour les Juifs ! ». Dimanche, Emmanuel Macron a reçu l’équipe de football à l’Elysée : les joueurs arboraient ostensiblement Qatar en lettres majuscules sur leur thorax. Jamais une ingérence étrangère n’a été plus visible que lors de cette scène au cœur de la République. Pourtant, aucun commentaire ne s’est ému de cette promotion d’un Etat au cœur de l’Etat, ni de l’éventuelle responsabilité du propriétaire du PSG dans l’orgie de violences de la « nouvelle France », issue principalement de l’immigration maghrébine et africaine.
A lire aussi, Didier Desrimais: Le cafteur et le rapporteur
Paris humiliée par la racaille après PSG / Arsenal
La Russie de Poutine est assurément critiquable. Mais elle n’a rien eu à voir avec les scènes de pré-guerre civile qui ont humilié l’Etat aux yeux du monde entier. Les assauts contre la police et la gendarmerie (178 blessés) n’ont pas été menés non plus par des hooligans ou des voyous désœuvrés. Les affrontements ont été conduits par des jeunes majoritairement issus de la contre-société, elle-même fédérée par l’apprentissage insidieux de la haine de la France et de son passé. Il y a, d’évidence, des ingérences étrangères en France. Pire : il y a des ennemis intérieurs.
Mais cette cinquième colonne a des liens idéologiques avec le Qatar, l’Algérie et l’islamisme plus généralement. Jean-Luc Mélenchon est d’ailleurs devenu l’instrument de cet entrisme. Bally Bagayoko, maire LFI de Saint Denis, a été acclamé le soir de son élection aux cris de : « Nous sommes tous des enfants de Gaza ! ».
Or, devant les ambiguïtés de l’émirat ou devant la dictature algérienne, dénoncée par Boualem Sansal dans son livre sorti hier, la diplomatie française reste muette. En revanche, elle ne ménage pas ses critiques contre Poutine ou Israël dans sa guerre contre le totalitarisme coranique.
Dans ce contexte de soumission de l’Etat à des forces étrangères conquérantes, assimiler Xénia Fedorova à une menace de déstabilisation relève du foutage de gueule.
- Ivan Rioufol intervient également sur CNews et est édité chez Fayard, comme Melle Federova NDLR. ↩︎
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !





