Yann Arthus-Bertrand pensait sans doute que ses portraits affichés place de la Concorde feraient des miracles, mais il a surtout réussi à prouver que le « vivre ensemble » ne résiste pas à un après-match du PSG un peu trop musclé. Les clichés du célèbre photographe ont fini aussi froissés que les illusions de nos élites progressistes.
Eux aussi saccagent la France impunément. Mais ceux-là sont insérés dans la société et ils portent des prénoms français. Les vandales de luxe sont plus dangereux que les barbares produits par leur société multiculturelle. Ces « élites » progressistes ont fracturé la nation ouverte. Or rien ne les arrête en dépit des désastres qu’ils produisent.
Diversité bénie
« On va continuer à croire au vivre ensemble, plus que jamais », a expliqué le photographe Yann Arthus-Bertrand, en constatant jeudi dernier la destruction de son exposition « Vivre Ensemble »[1], place de la Concorde, par des émeutiers issus des cités d’immigration après la victoire du PSG contre le Bayern, à Munich. En s’interdisant de s’interroger sur l’ironique symbole de l’échec de sa croyance angélique, Arthus-Bertrand révèle l’imposture humanitariste. Ses exhibitions morales relèvent de la propagande idéologique. C’est d’ailleurs avec l’immigrationniste Hervé Le Bras, le Lyssenko de la démographie, que le prosélyte de la pensée labellisée a conçu sa série de clichés – aux deux sens du terme – qui invitent « à faire société », comme on fait la tambouille : 150 photographies d’acteurs de différents métiers, posées sur des trépieds bricolés et identifiées par des prénoms dans les titres des présentations. Ce sont ces icônes de l’idéal multiculturel (« Ici on sauve des vies », pouvait-on lire aussi sur un écriteau) qui ont été profanées, parfois au nom du Coran ou de la Palestine, par des enfants de la diversité bénie reproduisant dans l’euphorie les rites de la razzia ou de l’intifada. A quelques mètres de là, Louis XVI montant jadis sur l’échafaud avait dit à la foule : « Je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France ».
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Bêtise et ignorance
En fait, les bousilleurs d’en haut sont pareils à ceux d’en bas : ils se contrefichent bien sûr des fantômes des décapités de la Terreur, mais également de l’élégante harmonie architecturale de cet espace urbain préservé. Bourgeois et racailles partagent, dans leur trou de mémoire, un semblable attrait pour le cheap et la déglingue. Comme l’avait vu Nicolas Gomez Davila, « les riches ne sont plus que des pauvres avec de l’argent ». La déculturation des rééducateurs est semblable à celle des délinquants. Tous font preuve, par bêtise ou ignorance, d’une même brutalité contre la France et son âme. La mise à sac de « Vivre Ensemble » ne doit certes rien à une indignation esthétique, au contraire des quelques révoltés qui, en 2014, avaient saboté le plug anal qui conchiait la Place Vendôme.
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Pourtant cette violence des voyous reste en-deçà de la violence des nantis qui ont permis de défigurer un mois durant, avec l’aval de la municipalité socialiste qui se réclame pourtant d’un « droit au beau » (Le Figaro, ce lundi), le chef d’œuvre du XVIII e siècle qu’est la place de la Concorde, dessinée sous Louis XV.
La zadification du patrimoine historique, réquisitionné pour des affichages politiques dignes de centres socio-culturels, dit la prétention de ceux qui s’approprient les plus beaux endroits pour y imposer leurs convictions. Cette gauche squatteuse, qui partout cherche à s’incruster, abime tout ce qu’elle touche. Son vivre ensemble est de la camelote. C’est pourquoi les faussaires, démasqués, doivent dégager.
[1] L’exposition s’est terminée dimanche soir.
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