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Aérostat Palace : entre lyrisme et énergie

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Aérostat Palace : entre lyrisme et énergie
Aérostat Palace. D.R.

Chaque semaine, Philippe Lacoche nous donne des nouvelles de Picardie…


« Crois-moi, Sauvageonne ! Suis-moi ce soir, au Charleston ; tu ne vas pas le regretter. » Elle me contempla de ses sublimes yeux verts, secoua sa claire crinière de jeune lionne et acquiesça : « On y go ! Je te fais confiance, vieux Yak ! Difficile de faire autrement : c’est vrai que tu as débuté dans le journalisme chez Best… » Ma petite biche disait vrai. Best, en mai 1977 ; mes premiers pas dans le journalisme, au 23, de la rue d’Antin, au côté de Christian Lebrun (RIP), Brenda Jackson (RIP), Pierre de Chocqueuse, Stéphane Heurtaux (RIP), Jacky Souchu, Michel Embareck, Francis Dordor, Hervé Picart, Alain Pons, Sacha Reins, François Ducray, Gérard Bar-David, Bruno Blum, Patrick Eudeline et quelques autres. Eudeline qui est non seulement mon ami mais aussi celui d’Emmanuel Domont, le chanteur-guitariste d’Aérostat Palace, le groupe qui, justement, se produisait au Charleston ce soir-là. Est-il nécessaire de préciser que la Sauvageonne ne regretta pas notre déplacement ?

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Un mélange détonnant de mélodie et d’énergie

Groupe d’Amiens, fondé de membres ou d’anciens membres de gangs de la capitale picarde (The Void, Loïs Verne, Lagoon, Lady Godiva, etc.) est composé d’Emmanuel, de Quentin (guitare, chant), de Kevin, dit D. Tex (batterie) et de Gaby (basse). « Le nom vient d’un poème que j’ai écrit ; un vers se terminait par « aérostat », le vers suivant commençait par : « Palace de mes nuits endormies… »… » commente Emmanuel.  « J’ai réuni deux vers : la fin de l’un et le début de l’autre. L’idée, c’était d’imaginer des sortes de dirigeables qui soient aussi des palaces. Aérostat, ça fait très années 1930. Et ça me plaisait. » Il rappelle que le combo a donné au Charleston, justement, son premier gig en février 2024, « et que tu nous avais écrit un merveilleux article », poursuit-il, reconnaissant. (Ça devient si rare, la reconnaissance.) « Nos influences ? Les mélodies des Smiths avec une énergie punk. C’est un mélange détonnant entre l’importance de la mélodie et celle de l’énergie. On aime les Clash, les Smiths, mais aussi certains groupes californiens. Un mélange de lyrisme et d’énergie. Quentin me disait tout à l’heure : « Tu ne sais même pas comment est fait une guitare. » Il a raison ; pour moi, la guitare est un moyen. C’est comme si on demandait à un poète : « Comment est fait ton stylo ? » Le stylo est uniquement fait pour exprimer quelque chose qu’on a en soi. La mélodie est quelque chose que j’ai en moi et qu’il me faut exprimer à tout prix. J’écris aussi, mais l’écriture a une limite car les mots ne sont pas toujours mélodieux, même si on les place bien. La mélodie est la condition sine qua non de notre musique. »

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Emmanuel compose les chansons chez lui, sur sa guitare acoustique. « Elles sont ensuite électrifiées par l’ensemble du groupe. Les paroles sont de Quentin et de moi. Nos textes sont en anglais. Je fais un mélange de « je » et de « tu ». Je fais souvent un dialogue avec moi-même. Un dialogue intérieur sans que ça devienne du Marguerite Duras et heureusement ! Il s’agit souvent de marasmes émotionnels. » Le résultat est carrément épatant. Ça sonne merveilleusement bien. Emmanuel Domont et son groupe distillent un charisme fou, une aura bien particulière, très rock’n’roll qui envoûtent le public. Dans la vie, Emmanuel travaille au théâtre municipal de Neuilly-sur-Seine où il accueille les spectacles et les publics scolaires. « Un boulot alimentaire », précise-t-il. Son autre activité, c’est le journalisme. Il œuvre en particulier pour Causeur et pour L’Incorrect. Les prochains concerts d’Aérostat : à Amiens, le 1er mai, à la fête des commerçants, place du Beffroi, le 8 mai, à la Taverne Elektrik, le 28 mai à Mille et Une Bières. « On jouera aussi au R4 Festival, à Revelle, le 27 juin ; on aime beaucoup ce festival. On terminera notre tournée d’été au Supersonic, à Paris. » Ne les manquez pas car, oui, ils sont vraiment supers et je ne dis pas ça parce que mon copain Emmanuel bosse pour Causeur. Promis, juré, craché !



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Il a publié une vingtaine de livres dont "Des Petits bals sans importance, HLM (Prix Populiste 2000) et Tendre Rock chez Mille et Une Nuits. Ses deux derniers livres sont : Au Fil de Creil (Castor astral) et Les matins translucides (Ecriture). Journaliste au Courrier Picard et critique à Service littéraire, il vit et écrit à Amiens, en Picardie. En 2018, il est récompensé du prix des Hussards pour "Le Chemin des fugues".

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