Bruno Blum, ex-journaliste, écrivain, musicien et producteur, sort un essai-anthologie et un CD consacrés aux relations étroites entre les musiques caribéennes et américaines. C’est rythmé !

Bruno Blum est un grand garçon vif et bouillonnant, à la banane neigeuse et au physique de rocker. Il sait tout faire : journaliste, critique rock, écrivain, historien de la musique, musicien, producteur, auteur-compositeur-interprète, illustrateur, bédéiste… Cet ancien correspondant de la revue Best à Londres – en plein mouvement punk – entretient une grande passion pour les musiques des Caraïbes et pour tout ce qu’elles ont apporté comme chaleur, volutes de mélodies veloutées et rythmes percussifs et endiablés (vaudous) aux autres créations musicales. Il sort simultanément un essai-anthologie de 500 pages intitulé Caraïbes/États-Unis. Du calypso au ska, et un double CD du même nom, sous-titré « Du calypso au ska 1944-1972 ». Tout un programme.
« Je publie depuis 2009 des coffrets CD sur l’histoire des musiques américaines et caribéennes, explique-t-il. Caraïbes/États-Unis est le deuxième tome des Musiques des Caraïbes. Du vaudou au calypso. Les deux volumes sont accompagnés par un coffret CD du même nom. L’idée de concocter des livres dérivés des livrets de CD s’est imposée d’elle-même car malgré leur importance cruciale et leur influence, les musiques caribéennes sont aussi fabuleuses que méconnues et incomprises. Assez peu de choses étaient parues à ce sujet, même à l’étranger. » Bruno Blum ne peut s’arrêter de travailler. Il a déjà réalisé quelque 80 coffrets CD consacrés à ce répertoire et aux musiques rock. Comment s’y prend-il ? « Je travaille principalement à partir de disques originaux en vinyle que l’on restaure et de livres. » Et comment passe-t-on du travail dans l’urgence de rock-critique à celui, quasi universitaire, d’auteur publié par l’éditeur de référence en la matière (Frémeaux & Associés), et à celui d’historien de la musique adoubé par le musée du quai Branly – Jacques Chirac ? « Les médias, quand on fait des trucs pointus, c’est plutôt mal payé et toujours trop court, il faut faire une synthèse accrocheuse, un peu superficielle, où la substance, la profondeur échappent souvent au propos, avoue-t-il. Je préfère aller au fond des choses et j’ai appris à le faire en passant un master 2, que j’ai obtenu en un an alors que je n’avais même pas le bac ! C’est là que j’ai compris que ma passion pour la musique m’avait déjà apporté des connaissances très substantielles, à la fois en tant que musicien, producteur et auteur de commentaires sur l’histoire des musiques. Je les retransmets maintenant. La plupart des musiciens ont un boulot, moi, en ce moment, c’est historien ! »
Bruno ne fait pas qu’écrire. Il joue aussi et, là encore, ne manque pas de projets : « C’est très cohérent avec ma démarche d’historien et mon travail de rééditions. On fait l’inverse de l’électro sans âme et de l’IA : on fait de la Musique de culture bio, ce sera le nom du prochain album. De la vraie musique pour les vraies gens ! Faut m’écouter jouer de la gratte, je me défends ! Je crois aux chansons bien écrites. On trouve tout sur : brunoblum.bandcamp.com. » Toujours en mouvement !
À lire
Caraïbes/États-Unis. Du calypso au ska, Bruno Blum, Frémeaux & Associés, 2025. 498 pages
À écouter
Caraïbes/États-Unis. Du calypso au ska 1944-1972, sélection de Bruno Blum, 2 CD, livret 16 p., Frémeaux & Associés, 2025.


