Dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 mars, une explosion a retenti devant la synagogue de Liège, en Belgique, brisant le silence, ravivant de sombres souvenirs mais ne faisant heureusement aucun blessé. Le gouvernement belge a immédiatement dénoncé « un acte antisémite abject » et une enquête a été ouverte. Dans un contexte international marqué par l’affrontement entre Israël, Trump, et ce qu’il qualifie d’« islamo-nazisme » de la République islamique d’Iran, cette attaque rappelle que l’antisémitisme demeure un poison tenace pour le monde libre, explique notre contributeur.
C’est un ignoble et nouvel acte antisémite qui vient de frapper, dans cette nuit du 8 au 9 mars 2026, le cœur de l’Europe et, plus précisément, le centre de Liège, l’une des principales villes francophones – mais aussi ma propre ville natale – de Belgique.
Bilan ? Pas de victimes humaines, fort heureusement, mais de conséquents dégâts matériels. Avec une indignation, dans tout le pays, à la hauteur de la déflagration !
Certes, l’actuel conflit au Proche et Moyen-Orient – celui mettant aujourd’hui aux prises la coalition israélo-américaine dans sa volonté d’éradiquer l’abominable régime des mollahs de la République islamique d’Iran, ainsi que l’un de ses plus redoutables proxis, le Hezbollah au Liban – n’est pas étranger à ce que l’on peut donc également qualifier, dans cet odieux attentat à la bombe à l’encontre de la synagogue de la cité liégeoise, d’acte terroriste !
L’antisionisme, abject et hypocrite alibi idéologique de l’antisémitisme
Mais, par-delà même cette explicite et ferme condamnation, sans appel ni réserve, du terrorisme islamiste, comme par ailleurs de tout type de terrorisme, de racisme ou de xénophobie, à travers le monde, il ne sera guère superflu de rappeler ici, afin de mieux en sonder le danger planétaire, à quel point l’antisionisme (la haine de l’Etat d’Israël en tant que tel) n’est jamais, et de plus en plus avéré en ces sombres temps présents, que l’idéologique alibi, hypocrite et sournois, de l’antisémitisme (la haine des Juifs en général) en ce qu’il a, malheureusement, de plus virulent.
C’est là, précisément, ce que donne à voir, et surtout à comprendre sur le plan plus strictement intellectuel, une philosophe aussi incisive, à cet épineux et douloureux sujet, que Hannah Arendt dans un essai emblématiquement intitulé Sur l’antisémitisme (1951), premier volet de ses magistrales Origines du totalitarisme (œuvre répartie en trois tomes): « l’antisémitisme, une insulte au bon sens », y affirme-t-elle, en effet, à juste titre.
Critique psycho-philosophique de l’antisémitisme selon Hannah Arendt
Hannah Arendt, dans la substantielle préface qu’elle a rédigée pour cet important opus, Sur l’antisémitisme donc, distingue par ailleurs, d’emblée, plusieurs formes d’antisémitisme, de diverses natures à travers les différentes époques historiques, bien que toutes irrationnelles et comme issues, tout aussi funestes dans leurs conséquences les plus extrêmes, de préjugés tenaces au sein de l’imaginaire populaire.
Elle y observe, donc, à raison : « Il faut bien se garder de confondre deux choses très différentes : l’antisémitisme, idéologie laïque du XIXe siècle, mais qui n’apparaît sous ce nom qu’après 1870, et la haine du Juif, d’origine religieuse, inspirée par l’hostilité réciproque de deux fois antagonistes. On peut même se demander jusqu’à quel point l’antisémitisme tire son argumentation et son aspect passionnel de la haine religieuse du Juif. L’idée d’une succession ininterrompue de persécutions, d’expulsions et de massacres depuis la fin de l’Empire romain, tout au long du Moyen Âge, des temps modernes et jusqu’à l’époque actuelle souvent assortie de cette autre idée que l’antisémitisme moderne n’est qu’une version laïcisée de superstitions populaires médiévales, n’est pas moins fallacieuse, encore que moins pernicieuse, bien entendu, que l’idée antisémite qui lui fait pendant : celle d’une société secrète juive qui aurait gouverné, ou aspiré à gouverner le monde depuis la plus haute antiquité. »
Affinant ensuite, dans le corps proprement dit de son texte, sa réflexion, Hannah Arendt pose alors, en des termes plus clairs encore, le problème, y mettant dès lors en relation directe, de manière plus spécifique cette fois, l’antisémitisme idéologique avec, au XXe siècle, la barbarie nazie, qui perpétra ce crime unique et absolu, dans les annales de l’(in)humanité, qu’est la Shoah.
Elle y stipule, critiquant au passage cet aveuglement, aussi coupable qu’incompréhensible, dont fit preuve, de sinistre mémoire en ces obscures années-là, l’opinion publique en son ensemble: « Nombreux sont ceux qui pensent encore que c’est par accident que l’idéologie nazie s’est cristallisée autour de l’antisémitisme, et que la politique nazie s’est fixé pour but, délibérément et implacablement, la persécution puis l’extermination des Juifs. Ce n’est que l’horreur de la catastrophe finale, et plus encore le sort des survivants, déracinés et sans patrie, qui ont donné à la ‘question juive’ la place essentielle qu’elle a occupé dans notre vie politique quotidienne. »
Elle poursuit, non moins opportunément: « Les nazis prétendaient avoir découvert le rôle du peuple juif dans la politique mondiale ; ils proclamèrent leur but : la persécution des Juifs dans le monde entier. L’opinion publique ne voulut voir là qu’un moyen de gagner les masses ou un intéressant artifice démagogique. »
L’islamo-nazisme de la République Islamique d’Iran : une menace existentielle pour Israël et, plus globalement, pour les juifs
Paroles, certes, on ne peut plus tragiques mais pourtant lucides, par-delà même leur indicible douleur, en ces temps où l’actuelle République Islamique d’Iran s’inscrit pleinement, le fondamentalisme islamique en plus, dans ce honteux héritage nazi pour en faire, précisément, l’islamo-nazisme !
Ainsi, cet antisémitisme que l’on voit à nouveau poindre aujourd’hui aux quatre coins de la planète – dont l’abominable pogrom de nature génocidaire perpétré, le 7 octobre 2023, par les terroristes islamistes du Hamas à l’encontre des Juifs d’Israël – ne se révèle finalement être que la manifestation la plus tragiquement tangible et visible, depuis la Shoah, de cette haine, aussi viscérale qu’irrationnelle, des Juifs.
Le plus féroce de cet antisémitisme, précisément : celui ouvertement affiché aujourd’hui, depuis la tristement célèbre « révolution islamique » de l’ayatollah Khomeiny en 1979 à l’encontre du Shah, par l’actuelle République Islamique d’Iran, pourvoyeuse et commanditaire à la fois du terrorisme international de surcroît, avec, à sa criminelle suite, ses affidés les plus sanguinaires, que ce soient, fanatiques entre tous, le Hezbollah au Liban, le Hamas dans la bande de Gaza, les Houthis au Yémen ou les milices chiites en Irak.
L’antisémitisme : un poison pour le monde libre, sinon l’humanité tout entière, la sauvegarde de la démocratie et l’avenir de la civilisation
Conclusion ? Oui, c’est de ce poison qu’il faut, de toute urgence aujourd’hui, se débarrasser, pour le bien du monde libre, sinon de l’humanité tout entière, et, en dernière instance, l’avenir de la civilisation en ses principes universels, valeurs morales et idéaux les plus nobles (la démocratie, la tolérance des idées, les droits de l’homme et de la femme), par-delà même la menace existentielle qu’il représente pour Israël comme pour les Juifs en leur ensemble, ainsi qu’on vient donc effectivement de le voir avec ce dramatique attentat à l’encontre de la synagogue de Liège.
C’est là, de fait, un enjeu de civilisation tout autant qu’un combat pour la paix !
Un combat pour la paix du monde
Et, à propos de cet hypothétique bien que souhaitable renversement de cette tyrannique théocratie iranienne, que ce soit par l’intervention israélo-américaine ou par la contestation populaire interne, a-t-on remarqué que l’inversion du mot « mollahs » donne exactement en hébreu, à une consonne redoublée près (l), « shalom », signifiant littéralement « paix » justement ? A méditer, et non seulement sur le plan linguistique, mais, plus extraordinaire encore, à un niveau hautement symbolique !
Critique de la déraison antisémite: Un enjeu de civilisation, un combat pour la paix
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