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Curtis président!

Le regard libre d’Elisabeth Lévy


Curtis président!
Image d'illustration Unsplash

Affaire de la mort d’Elisa Pilarski: le chien Curtis passe aux aveux… « Ce chien n’est pas responsable de la façon dont il a été dressé » répond Elisabeth Lévy aux « amis des animaux » qui refusent qu’il se fasse piquer. Nous vous proposons d’écouter sa chronique.


Une pétition réclame la grâce de Curtis, pitbull qui a tué la compagne de son maitre.

Le 16 novembre 2019, Elisa Pilarski, 29 ans et enceinte de six mois est retrouvée morte dans l’Aisne, le corps lardé de 56 morsures dans une forêt où elle se promenait avec le petit molosse (deux ans et 20 kilos, quand même). Son compagnon et le maître du chien, Christophe Ellul, accuse des chiens de chasse à courre mais les expertises désignent Curtis.

Verdict attendu le 11 juin

La semaine dernière, M. Ellul était jugé pour homicide involontaire – il a dressé Curtis pour mordre. La procureure a requis quatre ans de prison avec sursis. Et réclamé l’euthanasie de Curtis qui, depuis six ans, vit dans un chenil en Haute-Garonne, avec une courette de six mètres carrés mais aucun contact humain ou canin.

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Cette perspective enrage les défenseurs des animaux, toujours prompts à « manger de l’homme ». Des crétins numériques proposent de piquer plutôt le maître. Et il y a déjà deux pétitions, dont l’une comptabilisait ce matin près de 35000 signatures. « Curtis a déjà payé un prix immense : six années de sa vie enfermé » peut-on lire. Il ne doit pas finir sa vie isolé ou euthanasié. Une association veut l’accueillir. On ne sait pas ce qui est prévu pour sa réinsertion…

N’ironisons pas, ce chien n’est pas responsable de la façon dont il a été dressé…

C’est ce que disent les avocats et sociologues de l’excuse sur les voyous. Je n’ironise pas sur ce pauvre chien. Mais sur ces grandes âmes qui oublient un détail. Curtis n’est pas un homme ni une personne morale. Il ne peut pas être déclaré coupable ni condamné ni contraint de se soigner. Il ignore qu’une proc demande sa mort. Les animaux peuvent souffrir mais ne savent pas ce qu’ils font. Et on ne déclare pas non plus coupable le lion qui mange l’antilope. Cette différence, je dirais cette supériorité humaine mais c’est très mal, ne nous autorise certainement pas à les torturer mais à les tuer, les faire travailler ou se reproduire sans consentement.

Le chien Curtis ne sait pas qu’il fait le mal. Après avoir tué Elisa, il a d’ailleurs attaqué Ellul et sa sœur – c’est sa nature ou ça l’est devenu. Il ne s’agit pas de punir un chien mais de protéger les hommes. Evidence partagée même par Aymeric Caron : si vous devez choisir entre la vie de votre enfant et celle de votre chien, vous sauverez l’enfant. Nous avons des devoirs envers les animaux. Pas celui de les considérer comme nos égaux et encore moins comme nos semblables.


Cette chronique a été diffusée sur Sud radio

Retrouvez Elisabeth Lévy dans la matinale au micro de Patrick Roger



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Fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur. Journaliste, elle est chroniqueuse sur CNews, Sud Radio... Auparavant, Elisabeth Lévy a notamment collaboré à Marianne, au Figaro Magazine, à France Culture et aux émissions de télévision de Franz-Olivier Giesbert (France 2). Elle est l’auteur de plusieurs essais, dont le dernier "Les rien-pensants" (Cerf), est sorti en 2017.

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