Après la diffusion d’un reportage d’ « Envoyé spécial » sur les liens supposés entre le Rassemblement national (RN) et l’ancien conseiller de Donald Trump, Steve Bannon, plusieurs parlementaires ont réclamé l’ouverture d’une commission d’enquête accusant le RN de « collusion ». Le RN veut porter plainte. La réponse de Louis Aliot, député et membre de son bureau exécutif, et de Jérôme Rivière, membre de son bureau national. 


Que des hommes politiques français aient l’occasion d’échanger des vues avec un homme de média étranger, en l’occurrence l’Américain Steve Bannon, dont la réputation n’est plus à faire puisqu’il est un des artisans du succès de Donald Trump à la dernière élection présidentielle états-unienne, n’a rien d’anormal. En fait d’une « rencontre secrète », notre entrevue avec Steve Bannon était privée mais n’était pas cachée. En effet, nous n’avions rien à cacher, n’en déplaise à Frédéric Lefebvre et ses amis, sans quoi nous aurions demandé aux vidéastes présents de quitter la pièce, ce que nous n’avons pas fait.

L’histoire aurait donc pu s’arrêter là, chacun étant libre de commenter cette rencontre en usant des suppositions habituelles. Le combat d’idées est un invariable du fait politique en démocratie, et il est logique que certains de nos adversaires puissent ne pas voir d’un œil amical la progression constante du Rassemblement national et les sympathies qu’il s’attire à l’étranger, tant chez de grands dirigeants occidentaux que chez des personnalités reconnues du monde médiatique ou intellectuel.

Cela, nous l’acceptons. Mais nous ne pouvons pas accepter que nos noms soient salis et calomniés sur des bases mensongères et fallacieuses. Ainsi, après la diffusion d’un extrait de notre rencontre avec Monsieur Bannon lors de l’émission « Envoyé spécial » sur France 2, plusieurs députés ont affirmé vouloir ouvrir une commission d’enquête sur les liens que nous entretiendrions avec le susnommé Bannon, répondant à un appel lancé au nom de l‘Observatoire international des nationalismes de l’ancien député LR des Français de l’étranger, Frédéric Lefebvre, aujourd’hui membre de la micro-formation Agir qui s’est donné pour objectif de recycler les anciens Républicains désireux de goûter à l’exercice du pouvoir macronien. Parmi les agités, figure notamment le député socialiste Rachid Temal qui n’a pas hésité à déclarer, toute honte bue, que la commission aurait pour mission de déterminer si notre échange avec Steve Bannon ne pourrait pas constituer une « intelligence avec une puissance étrangère ».

Pour qu’il y ait « intelligence », encore faudrait-il que Monsieur Bannon soit aux responsabilités dans l’appareil d’Etat américain. Au moment de notre rencontre, il ne l’était pas. Du reste, le sous-entendu de Monsieur Temal est clair. Pour lui, comme pour Frédéric Lefebvre semble-t-il, les Etats-Unis seraient aujourd’hui une puissance ennemie de la France. Délirant et ubuesque. Monsieur Lefebvre ne rencontrait pas d’Américains dans un cadre informel quand il était député de l’étranger aux Etats-Unis ? Espérons-le, car on se demande bien ce qu’il a pu faire si ce n’était pas le cas, hors des emplettes chez Zadig et Voltaire. On rassurera aussi Jean-Michel Mis, néo-député marcheur, qui se croit dans une série télévisée d’espionnage, affirmant que l’objet de notre rencontre avec Steve Bannon s’apparenterait à « une conjuration internationale contre les intérêts de la France ». Rien que ça !

Se rendent-ils bien compte du ridicule de leurs déclarations ? Hommes politiques français, nous avions le droit de discuter avec un journaliste et entrepreneur étranger qui se montre plutôt favorable à nos idées, duquel nous sommes proches sans toutefois être alignés. Nous continuerons à discuter avec des hommes de tous bords, tous attachés à la permanence de nos cultures et de nos nations, car nous sommes avant tout des patriotes français soucieux des intérêts de la France. Ce n’est pas nous qui accolons la « lèpre » à nos adversaires ou qui devons faire face à la colère de la rue depuis plus de six mois. Régulièrement, nos adversaires cherchent à mettre en doute cet attachement viscéral que nous portons à la France, nous dépeignant de manière fallacieuse en agents du KGB, et désormais… de la CIA. Bientôt peut-être serons-nous les séides de Xi Jinping, nous faisons confiance à Monsieur Lefebvre qui ne manque pas d’imagination, au moins dans le cadre de ses fonctions bien connues de lobbyiste depuis le début des années 2000 au sein de la société PIC Conseil. Tartuffe un jour, Tartuffe toujours.

De cette ridicule affaire qui n’aura agité que le landerneau, subsistera une fumée de persécution contre un Rassemblement national objet de toutes les haines et de tous les raccourcis, sans cesse caricaturé par une coterie d’hommes et de femmes doués pour s’accaparer le pouvoir mais incapables de l’exercer correctement.

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