La dernière réforme de la justice punit de cinq ans d’emprisonnement l’analyse statistique des décisions des juges. Cette mesure protégera les magistrats les plus politisés des remontrances des citoyens.


La tyrannie cool du progressisme aime à se nicher dans les détails des lois que les députés votent à la pelle. La loi de programmation et de réforme pour la justice comporte ainsi en son article 33 une disposition de nature à mieux asseoir le gouvernement des juges. « Les données d’identité des magistrats et des membres du greffe ne peuvent faire l’objet d’une réutilisation ayant pour objet ou pour effet d’évaluer, d’analyser, de comparer ou de prédire leurs pratiques professionnelles réelles ou supposées. »

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Les décisions des tribunaux demeurant (encore) publiques, consultables et analysables, leur mise en ligne fait en effet courir le risque d’une utilisation statistique pointue. L’intention première du législateur est d’empêcher une forme de consumérisme dans le choix d’un tribunal ou d’un magistrat. Que l’on puisse identifier tel juge aux affaires familiales plus favorable aux femmes dans les divorces ou tel autre magistrat correctionnel hostile à l’incarcération des délinquants pourrait fausser les rapports entre justice et justiciables.

Le législateur entend interdire que la réputation d’un magistrat puisse être confirmée ou infirmée par l’analyse statistique de ses décisions

Cet argument ne tient pas. Les magistrats

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Été 2019 - Causeur #70

Article extrait du Magazine Causeur

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