Avec Harold Hyman, Gil Mihaely et Jeremy Stubbs.
La défaite de Viktor Orban représente-t-elle un grand revers pour le populisme en Europe? N’en déplaise à de nombreux commentateurs et politiques, il n’en est rien. Certes, l’ex-leader hongrois a bien compris et exploité le ressentiment populaire, notamment la déception par rapport à l’Union européenne. C’est à bon escient qu’il a répondu à l’inquiétude générale au sujet de l’immigration, et les mesures qu’il a prises à cet égard n’ont pas rencontré de vraie opposition de la part de Bruxelles.
Pourtant, le système Orban, la machine qu’il avait créée, était propre à lui et au contexte hongrois post-communisme. Très souvent, les différents souverainistes européens ont des points de convergence, comme à l’époque où le Groupe de Visegrád réunissait la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie et la République tchèque. Mais en réalité, ces alliances sont conjoncturelles. Derrière elles se cachent des intérêts particuliers qui finissent toujours par s’affirmer. C’est ainsi que Georgia Meloni, en arrivant au pouvoir, s’est arrangé avec l’Union européenne. C’est aussi pour cette raison que le mouvement MAGA a du mal à prendre pied en Europe.
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Pendant ce temps Donald Trump a réussi à reprendre l’initiative vis-à-vis des Iraniens. Le cessez-le-feu entre Israël et le Liban a très clairement montré que traiter avec l’Iran et traiter avec ses proxies constituaient deux choses séparées. Si Trump parvient à mettre en oeuvre une vraie désescalade en confisquant la matière fissile des Iraniens et en ramenant la situation à celle, antérieure, d’une guerre froide, il pourra peut-être sauver suffisamment de sièges républicains au Congrès en novembre pour continuer à gouverner comme il veut.
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Les Européens se sont distingués jusqu’ici soit par leur inaction, soit par leur inconstance. Néanmoins, il y a une opportunité à saisir s’ils peuvent relancer leur industrie de la défense et leurs forces armées. Ils pourraient se présenter à l’avenir comme des alliés plus fiables que les Etats-Unis, ce qui pourrait intéresser, par exemple, les Etats du Golfe. Sauront-ils saisir cette opportunité? Aujourd’hui, un certain nombre de dirigeants se sont rencontrés à Paris – physiquement ou par visioconférence – afin de discuter d’un projet pour garder ouvert le détroit d’Ormuz. Il se peut que ce soit le début d’une renaissance européenne. Ou pas…
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