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L’Allahicité, nouvelle religion républicaine!

Les réflexions de David Duquesne sur l’affaire du conseil municipal d’Ivry-sur-Seine


L’Allahicité, nouvelle religion républicaine!
A Ivry-sur-Seine, la sinistre adjointe au maire Fenda Diarra porte le voile islamique en conseil municipal. RS.

Pour défendre le voile islamique, les islamo-gauchistes passent leur temps à dénoncer la laïcité, présentée à tort comme une «religion» républicaine. Mais, à Ivry-sur-Seine, un élu nationaliste a ingénieusement démontré qu’un petit grain de sable peut suffire à enrayer la machine séparatiste infernale. Pris au piège, les élus et la presse progressiste prétendent avoir eu affaire à un intégriste catho…


La Nouvelle France fait parler d’elle et arbore désormais ses nouveaux atours jusque dans les conseils municipaux, ces lieux où l’on débattait autrefois de la gestion quotidienne de la cité mais où viennent aujourd’hui se révéler, derrière les discussions administratives les plus ordinaires, les grandes fractures idéologiques et civilisationnelles de notre époque.

Voile à l’étalage

Ainsi, à Ivry-sur-Seine, ancienne terre du communisme municipal où les drapeaux rouges racontaient jadis l’histoire des ouvriers, des métallos, des mineurs et de cette classe populaire que la gauche prétendait incarner, un simple débat sur la laïcité aura suffi à dévoiler les contradictions d’une famille politique qui semble avoir progressivement troqué le bleu de travail du prolétaire contre le hijab et le djilbab des racisées, entre une rupture de jeun du ramadan et une inauguration de mosquée.

Le voile à l’étalage remplit désormais de fierté Monsieur le maire, qui voit dans ces marqueurs religieux ostensibles non plus une interrogation sur la place du sacré dans l’espace politique, mais l’expression lumineuse de cette fameuse diversité devenue l’un des nouveaux catéchismes obligatoires de notre époque, une diversité homogénéisée dans un islam rigoriste digne d’une pétromonarchie !

Une diversité célébrée, proclamée, sanctifiée, répétée dans chaque discours officiel avec cette ferveur étrange que l’on retrouve souvent chez ceux qui pensent avoir définitivement remplacé les anciennes croyances par de nouveaux dogmes.

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Un élu d’opposition proposa pourtant une chose simple : inscrire dans le règlement intérieur du conseil municipal l’interdiction des signes religieux ostensibles pendant les séances, au nom d’une conception stricte de la laïcité qui considère qu’une assemblée représentant l’ensemble des citoyens devrait conserver une certaine neutralité symbolique.

Le débat aurait pu être passionnant, car il existe effectivement une véritable discussion juridique et philosophique sur la question : un élu n’est pas un fonctionnaire, il tient sa légitimité du suffrage et certains considèrent qu’il conserve donc le droit d’afficher ses convictions personnelles. Mais encore faudrait-il qu’un principe soit capable de survivre à cette épreuve terrible que l’on appelle l’universalité. Lorsque Monsieur le maire expliqua qu’il n’était pas question, dans ce cas précis, d’appliquer cette conception de la laïcité dans l’enceinte du conseil municipal, considérant qu’il fallait au contraire défendre cette diversité érigée en valeur supérieure, la scène avait déjà basculé avant même que le moindre crucifix n’apparaisse.

Un magasin de porcelaine

L’élu d’opposition fit alors quelque chose d’absolument impardonnable dans une époque où les grands principes ressemblent parfois à ces magnifiques porcelaines familiales que l’on expose derrière une vitrine mais que personne n’ose plus toucher de peur de découvrir qu’elles sont fissurées : il décida simplement de prendre Monsieur le maire au mot.

Puisque le religieux visible était devenu une composante de cette fameuse diversité, puisque l’expression d’une conviction spirituelle dans l’enceinte du conseil municipal ne devait plus être regardée comme une entorse à l’idéal laïque mais comme une richesse supplémentaire offerte au grand bouquet républicain, au très bon « vivre ensemble », il poussa cette logique jusqu’à son terme, jusqu’à cette frontière merveilleuse où les grandes déclarations viennent parfois se fracasser contre leurs propres contradictions.

Il sortit donc un crucifix et récita un « Je vous salue Marie ».

Et c’est précisément à cet instant que cette scène prit une dimension presque moliéresque, car Monsieur le maire, qui venait de défendre la visibilité du religieux comme une expression naturelle de la diversité, ne sembla pas accueillir cette nouvelle contribution spirituelle au grand banquet multiculturel avec le même enthousiasme.

La petite croix provoqua une réaction spectaculaire.

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Monsieur le maire vit rouge, dans une colère telle qu’on aurait presque pu craindre que ce modeste crucifix provoque chez lui une crise d’apoplexie républicaine, parlant de « crime politique » et voulant expulser celui qui venait pourtant moins de combattre son raisonnement que de l’appliquer jusqu’à l’absurde.

Car le crucifix n’était pas apparu au milieu d’un débat sur les travaux de voirie ou la rénovation d’une école comme l’illumination mystique d’un élu soudainement décidé à transformer le conseil municipal en chapelle improvisée.

Il était une réponse. Un miroir tendu à un raisonnement. Et le reflet sembla manifestement difficile à supporter. La nouvelle règle venait d’apparaître dans toute sa splendeur : le voile à l’étalage, oui ; le crucifix à l’abordage, non.

Réalité parallèle

Mais cette pièce de théâtre politique ne pouvait évidemment pas s’arrêter dans la salle du conseil municipal, car notre époque possède désormais une deuxième chambre d’enregistrement où les événements ne sont plus seulement racontés, mais découpés, remontés et parfois reconstruits jusqu’à fabriquer une réalité parallèle dans laquelle la conséquence devient la cause et où celui qui révèle une contradiction devient soudain celui qui l’a créée.

On vit alors circuler sur les réseaux sociaux, relayés parfois sans la moindre contextualisation, ces extraits soigneusement amputés où l’élu d’opposition apparaissait soudainement avec son crucifix récitant un « Je vous salue Marie », comme si cette scène avait jailli de nulle part, comme si un conseiller municipal frappé d’une soudaine ferveur mystique avait décidé entre deux délibérations de convertir l’hôtel de ville.

Le RN Kévin Nader brandit une croix, le maire d’extrème gauche Philippe Bouyssou dénonce un « crime politique ». Ivry sur Seine, le 11 juin 2026. Captures / Images retouchées avec Open AI.

Mais il manquait évidemment l’essentiel : tout ce qui précédait.

Il manquait le débat sur la laïcité, il manquait la défense du voile au nom de la diversité, il manquait la logique qui avait conduit à cette démonstration par l’absurde.

Car retirer le contexte n’est jamais innocent. C’est parfois la manière la plus efficace de mentir tout en montrant des images vraies. C’est arracher une page au milieu d’un roman, la présenter seule au public, puis accuser l’auteur d’avoir écrit une histoire qui n’a aucun sens.

Mais cette scène d’Ivry raconte peut-être quelque chose de beaucoup plus profond qu’une simple querelle municipale, car elle s’inscrit dans une histoire idéologique commencée bien avant les débats actuels sur la laïcité.

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Lorsque le prolétaire européen, ce héros annoncé de la révolution mondiale, refusa obstinément de jouer le rôle que certains intellectuels avaient écrit pour lui, lorsqu’il préféra améliorer son existence plutôt que renverser la civilisation dans laquelle il vivait, une partie de la gauche révolutionnaire partit chercher ailleurs son nouveau sujet historique.

Dans les années 60 et 70, cette quête prit la forme du tiers-mondisme révolutionnaire, de la fascination pour les mouvements venus du Sud perçus comme des forces capables de combattre l’Occident bourgeois, libéral et héritier du judéo-christianisme. Avec le temps, les références changèrent, les anciens slogans furent remplacés par le vocabulaire contemporain de la convergence des luttes, de l’intersectionnalité et du décolonialisme, mais une tentation demeura : chercher dans ce qui s’oppose à l’Occident une énergie révolutionnaire que le prolétariat européen n’avait jamais fournie.

C’est ainsi que l’Histoire, avec son sens incomparable de la farce, nous offre aujourd’hui le spectacle de certains héritiers de Marx, pour qui la religion était l’opium du peuple, regardant certains marqueurs religieux non plus comme une aliénation mais comme des instruments possibles d’une contestation civilisationnelle.

Lorsque la République réalise des miracles, lorsque le communisme orphelin de ses ouvriers, de ses usines et de ses corons part chercher ailleurs le peuple révolutionnaire qui lui a échappé, il finit par accomplir cette étrange transmutation idéologique : remplacer le prolétariat par le prophétariat. Au fond, ce soir-là à Ivry, l’élu d’opposition n’a peut-être pas seulement sorti une croix. Il a sorti un miroir. Et il existe une chose que les idéologies supportent encore moins que leurs adversaires : contempler leur propre reflet.



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David Duquesne est infirmier et un citoyen engagé auteur du livre "Ne fais pas ton Français !" (2024)

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