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L’heure des comptes affole les «intouchables»

Le billet politique d’Ivan Rioufol


L’heure des comptes affole les «intouchables»
Premier meeting pour le LR Bruno Retailleau, au parc floral à Paris, 20 juin 2026 © CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

Ce lundi, le Premier ministre reçoit le rapport d’inspection sur les dysfonctionnements de l’affaire Lyhanna, l’adolescente retrouvée morte le 4 juin dans le Gers. Pendant ce temps, le patron du journal Frontières Erik Tegner est condamné par la justice et Bruno Retailleau lance sa campagne présidentielle.


L’heure des comptes a sonné. Cinquante ans de choix irréfléchis obligent à faire l’inventaire des idées tordues. Mais le grand déballage invite aussi à identifier ceux qui défendent ce monde à la ramasse. Dans cette épreuve de vérité, personne ne peut se proclamer intouchable. Les interdictions de dire, que le projet de loi Bergé veut accentuer au prétexte de traquer des propos haineux, relèvent de la censure. Si l’enquête administrative sur le viol et le meurtre de la petite Lyhanna devait pointer, ce lundi, la responsabilité de certains magistrats, ceux-ci devront être nommés et sanctionnés. Ce matin, sur Europe1-CNews, la mère d’Elias, Stéphanie Bonhomme, a demandé la démission de Jacques Boulard, premier président de Cour d’appel de Paris, pour son « manque de courage » dans l’enquête sur l’assassinat de son fils. La gauche, elle, s’est félicitée, jeudi, de la condamnation (six mois de prison avec sursis, 30.000 euros d’amende) par le tribunal de Bobigny, du patron de Frontières, Erik Tegner. Il est reproché à son magazine d’avoir dévoilé les noms d’avocats spécialisés dans la défense subventionnée des clandestins. Or cette information n’avait aucune raison d’être tue, sinon pour protéger une caste progressiste. En l’occurrence, le détournement de la « loi Samuel Paty » (2021), conçue pour sanctionner le cyberharcèlement islamiste, a servi à justifier ce jugement. Et c’est l’AFP qui cette fois a dévoilé le nom du magistrat qui a présidé à cette décision. De fait, Youssef Badr ne fait pas mystère de son militantisme anti-discrimination et de son palestinisme. Pourtant, il menace de poursuites ceux qui le critiquent… Ces incohérences démontrent une chose, outre l’incapacité du législateur à écrire des textes limpides : l’urgence pour les Français trahis à se libérer d’un régime foutraque et liberticide, refusant de se remettre en question.

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« Je ne fais plus confiance en la justice française », a dit dimanche Marion Maréchal sur BFMTV. Ce sentiment est celui de bien des citoyens abandonnés. Mais cette défiance vise aussi la classe politique au pouvoir. François Bayrou, dans le JDD d’hier, explique : « L’opinion publique commande, les politiques suivent ». Il reproche au RN de « chercher toujours des boucs émissaires ». Mais l’ancien Premier ministre démontre d’abord, dans ce raisonnement brumeux, l’incapacité des « élites » à assumer leurs décisions, préférant désigner les Français comme coupables. Ce dérèglement des supposés beaux esprits, incapables de mesurer l’état d’abandon d’une société civile tenue à l’écart de son destin, oblige à mettre les points sur le i : trop d’âneries sont proférées par ces mandarins populophobes, adeptes du : « Je pense donc tu me suis ». L’initiative prise par Claire Geronimi, victime d’un viol, et le ciottiste Guilhem Carayon, de créer le mouvement Les Abandonnés est un symptôme parmi d’autres de la révolution des oubliés qui se met en place. Les Abandonnés projettent un recours contre l’Etat pour inaction sécuritaire. N’y-a-t-il pas eu aussi haute trahison du pouvoir dans ses choix énergétiques qui ont abimé la stratégie nucléaire initiale ? Samedi, Bruno Retailleau, en lançant sa campagne auprès de Boualem Sansal, a revendiqué rupture et radicalité. Cependant il y avait, au premier rang, Gérard Larcher, Valérie Pécresse, Michel Barnier, c’est-à-dire cette droite attirée par le centre. Or ces responsables font partie de tous ceux qui ont maltraités les Français. Ils doivent partir.

La révolution des oubliés

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Journaliste, éditorialiste, essayiste. (ex-Le Figaro, CNews, Causeur)

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