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Les cendres de Napoléon III reviendront-elles un jour en France?

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Tout au long de l’année 2023, des manifestations et commémorations seront organisées en hommage à Napoléon III (1808-1873). Le dernier Empereur des Français est décédé il y a 150 ans. En novembre dernier, le député (RN) Jean-Philippe Tanguy a annoncé qu’il avait l’intention de demander officiellement le retour des restes de l’Empereur qui reposent au Royaume-Uni. Des cendres qui sont jalousement gardées par les moines bénédictins de Farnborough.


C’est durant son adolescence, à l’heure où les consciences politiques se forgent, que le député Jean-Philippe Tanguy s’est pris de passion pour l’Empereur Napoléon III dont on fête cette année le 150e anniversaire de la mort. De nombreuses manifestations, reconstitutions d’époque et commémorations seront organisées tout au long de 2023. L’occasion pour le député de la Somme d’annoncer, dans une édition du Journal du Dimanche, qu’il avait le projet de déposer au Palais Bourbon, une motion officielle de restitution des restes du souverain. Des cendres qui reposent à l’abbaye Saint-Michel de Farnborough, au Royaume-Uni, loin de cette France que le neveu de Napoléon Ier a tant aimée. Jean-Philippe Tanguy, qui affirme rendre hommage aux deux Napoléon depuis ses 16 ans, entend se placer dans les pas de Philippe Séguin et reprendre son combat. L’ancien président de l’Assemblée nationale, passionné de Napoléon III, avait consacré une biographie éloquente à celui qui avait occupé également le poste de président de la République (1849-1851) avant de devenir le monarque que l’on connaît.

Un héritage qui n’est plus controversé

Autoritaire à ses débuts, le Second Empire (1852-1870) est devenu progressivement libéral. « C’est un règne qui a profondément transformé la France. C’est la plus grande période de prospérité de notre histoire » indique le prince Joachim Murat, joint par téléphone. « Droit de grève, inspection du travail, assurance maladie et caisse de retraite, repos hebdomadaire, accès à l’éducation scolaire gratuite, augmentation des salaires de 47%, Napoléon III a mis en place un véritable programme en faveur de la classe ouvrière » explique le descendant du plus célèbre maréchal du Premier Empire. Il égrène un à un toutes les réussites et les acquis sociaux de ce chapitre incontournable de l’histoire de France, d’une monarchie qui redessiné les principales villes de France sous l’autorité du préfet Haussmann et dont les institutions ont inspiré la Ve République avec son esprit référendaire. Paris reste d’ailleurs encore un des témoins, un des fleurons architecturaux de cette époque « que Napoléon III a parfois lui-même dessiné » précise le prince Joachim Murat. Il balaye la légende noire qui entoure ce souverain et qui lui colle encore à la peau aujourd’hui.  « On la doit en partie à Victor Hugo qui s’est exilé de son propre chef et qui n’a jamais été honnête vis-à-vis de l’héritage et des acquis sociaux de Napoléon III » affirme l’héritier au trône de Naples. 

« Par les réformes de libéralisation qu’il a accomplies jusqu’à la fin, Napoléon III a confirmé que son but était bien d’atteindre un régime démocratique. Je rappelle que sa méthode a été largement soutenue par le peuple, puisque le plébiscite de 1870 (quelques mois avant la défaite de Sedan qui signe la chute de l’Empire NDLR) enregistre encore le soutien de 83% des exprimés et même 67% de tous les inscrits. Napoléon III a réagi face à la volonté de certaines élites de supprimer le suffrage universel masculin, déjà bien insuffisant par son exclusion des femmes. Le Second Empire a par ailleurs favorisé la modernisation économique, éducative et administrative de la France pour en faire la grande puissance artistique, scientifique et industrielle du XXème siècle » explique le député dont les propos font échos à ceux du prince Murat. « Les deux empereurs qui ont permis à la France de devenir une démocratie et une république stables ont été investis par le suffrage populaire, non par un choix aristocratique ou le principe dynastique » renchérit encore Jean-Philippe Tanguy.

Le député RN Jean-Philippe Tanguy © NICOLAS MESSYASZ/SIPA

« Je ne considère pas Napoléon III comme le dernier souverain français mais comme l’un de nos plus importants chefs de l’État. L’historiographie française, de Pierre Milza à Eric Anceau, a désormais fait un bilan objectif de l’œuvre de Napoléon III et du leg du Second Empire. Il mérite de retrouver sa juste place dans l’histoire nationale, ni plus, ni moins » plaide-t-il. Pour Jean-Philippe Tanguy, le retour des cendres de Napoléon III devrait être considéré comme une priorité. « Le 9 janvier 2023 marque les 150 ans de la mort de Napoléon III. C’est donc l’occasion d’ouvrir ce débat pour enfin prendre cette décision. La France doit faire la paix avec toute son histoire, en particulier une période qui a déterminé tant d’aspects de notre société présente » explique encore le député. « (…) Ce geste d’unité, de continuité et de fierté nationales ne demande rien d’autre qu’un peu de courage, de hauteur de vue et de dignité » poursuit-il, tout en rappelant qu’il est conscient que les problèmes de ses concitoyens sont d’une autre nature. Ce n’est pas la première fois que le Rassemblement national s’empare de ce sujet impérial. En 2017, alors en pleine campagne présidentielle en Corse, Marine Le Pen (qui siège dans l’hémicycle comme députée et présidente de son groupe), avait proposé également de ramener les cendres de l’Empereur. Une annonce qui n’avait pas manqué de faire réagir les nostalgiques des deux Empires. « J’avais écrit à Marine Le Pen après cette déclaration et elle n’a jamais daigné me répondre » s’agace David Saforcada. Président de l’Appel au Peuple (AuP), une formation politique qui a compté de nombreux députés et sénateurs durant l’Entre-deux-guerres, récemment reformée, il s’étonne même de cette tentative de récupération par l’ancien parti frontiste.

Le Rassemblement national et le bonapartisme

Le RN, bonapartiste ? « Qu’il s’agisse de la défense de la souveraineté populaire et de l’indépendance nationale, du rétablissement de l’ordre et du mérite, du patriotisme économique et des révolutions technologiques à mettre en place, du rétablissement d’une école du mérite et du respect des savoirs, l’essence du programme mariniste poursuit l’œuvre bonapartiste » répond Jean-Philippe Tanguy, revendiquant ouvertement une étiquette gaullo-bonapartiste. Quitte à faire s’étrangler d’énervement le leader de l’AuP. « Le RN a peut-être la saveur du bonapartisme mais n’a certainement rien de bonapartiste en soi. Je ne me souviens pas que Jean-Philippe Tanguy, ancien de Debout La France, ait soutenu à un moment notre proposition de ramener ces cendres que nous avions faîtes à Nicolas Dupont-Aignan avec lequel nous avons collaboré un temps » tacle David Saforcada. Jean-Philippe Tanguy balaye toutes accusations de récupération par son parti. « Il n’y a que ceux qui ne font rien qui n’essuient pas de critiques. (…). J’estime que l’histoire de France est un bloc et que nous devons tout assumer. Imaginons que Robespierre ait fuit son destin tragique pour mourir, par exemple, aux Etats-Unis : j’aurais alors soutenu aujourd’hui que ses cendres soient ramenées dans sa patrie » affirme-t-il sur un ton qui ne laisse pas de place aux doutes. « Lors de la célébration du bicentenaire de Napoléon Ier, seule Marine Le Pen a fait un discours engagé et remarquable sur le leg du Consulat et de l’Empire » renchérit celui qui est aussi, à 36 ans, président d’une commission d’enquête parlementaire.

Avant le député Jean-Philippe Tanguy, d’autres ont tenté de ramener l’Empereur. D’abord Philippe Seguin dans les années 90 ou encore Christian Estrosi, maire de Nice. Alors Secrétaire d’État à l’Outre-mer, une demande déposée en 2007 n’avait pas eu l’effet escompté. Si l’AuP est favorable au retour des cendres de Napoléon III, le mouvement tient à temporiser l’ardeur du RN. « Ce serait un vrai moment de rassemblement populaire mais imaginer une telle opération sous le quinquennat d’Emmanuel Macron serait contre-productif » explique David Saforcada. « Les Français ont malheureusement d’autres soucis que de penser à ramener Napoléon III ou Charles X de là où ils reposent. Ils ne comprendraient pas l’importance de l’événement, encore moins si c’est Emmanuel Macron qui préside ce genre de cérémonie en lieu et place des descendants de la maison impériale qui ont plus de légitimité » renchérit-il. Un avis que rejoint le prince Joachim Murat. « Avant de penser à son retour, il faudrait déjà faire un effort de redécouverte pédagogique sur l’héritage « magiquissime » que Napoléon III nous a laissé ». Considéré comme une étoile montante de la droite souverainiste, Joachim Murat salue cependant l’initiative du député RN mais doute que cela puisse se réaliser. « Tout au plus son action est symbolique » dit le prince qui rappelle que l’aspect « diplomatique entre la France, l’Angleterre et le Vatican » n’est pas à négliger dans cette entreprise. « Enclave catholique sur un territoire anglican, l’abbaye Saint-Michel bénéficie d’une bulle papale qu’il faudrait casser » pointe du doigt cet ancien officier parachutiste. « Encore faut-il que nous ayons pour ce retour l’accord indispensable du prince Jean-Christophe Napoléon, actuel chef de la maison impériale. En admettant qu’il donne son accord, il faut aussi que les moines acceptent de nous rendre ses cendres. Enfin, où devons-nous inhumer l’Empereur ? Napoléon III aurait souhaité l’Église de Saint-Augustin, situé à Paris. Mais rien n’a été vraiment décidé par la famille impériale » explique Joachim Murat. Autant dire que l’initiative du député Jean-Philippe Tanguy, si elle reste louable, a toutes les chances de finir comme les autres tentatives de ses prédécesseurs. Avec un certain panache mais sans suites.

Louis Napoléon le Grand

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Sartre/Houellebecq: l’affaire dans l’«affaire»

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Alors qu’il se défendait, menacé par des poursuites judiciaires de religieux, France Inter a accusé l’écrivain Michel Houellebecq de mentir et de tordre d’anciens propos du philosophe, avec la complicité du journal Le Point. Le seul tort de Michel Houellebecq? Avoir parlé de «meurtre des hommes blancs», alors que Sartre parlait plus précisément d’abattre un «Européen». Qui a dit quoi, exactement?


Michel Onfray face à Michel Houellebecq. L’interview est sortie fin novembre, dans un numéro hors-série de Front Populaire. Sur une quarantaine de pages, les deux Michel livrent leurs angoisses respectives. C’est un peu un peu le match entre la France des deux écoles chantée par Michel Sardou, entre le Normand Onfray, éduqué dans les dortoirs sordides des Salésiens et Houellebecq, qui a surtout grandi dans une Bourgogne déchristianisée et baignant dans un milieu cryptocommuniste.

Pour Onfray, l’angoisse numéro 1, ce sont les savants fous de la Silicon Valley qui injectent des puces dans la cervelle des truies pour modifier leurs souvenirs. Pour Houellebecq, l’inquiétude, c’est l’euthanasie et le sort réservé aux vieux. Au détour d’une phrase, il déclare : « Parfois, je me demande s’il n’arrivera pas un jour où je choisirai de passer ma retraite chez les talibans : j’y serais mieux traité que dans un EHPAD. Enfin, les talibans, j’exagère peut-être un peu, disons le Maroc. » Effort louable pour se rapprocher du monde musulman !

Houellebecq craint des Bataclan à l’envers

Malheureusement, quelques autres passages n’ont pas échappé à la vigilance de la grande mosquée de Paris, qui a envisagé de déposer plainte pour « provocation à la haine contre les musulmans » dans un premier temps, avant de se rétracter. Les voici :

« Le souhait de la population française de souche, comme on dit, ce n’est pas que les musulmans s’assimilent, mais qu’ils cessent de les voler et de les agresser. Ou bien, autre solution, qu’ils s’en aillent. »

A lire aussi, Aurélien Marq: La Grande Mosquée de Paris peut-elle faire taire Michel Houellebecq?

« Quand des territoires entiers seront sous contrôle islamique, je pense que des actes de résistance auront lieu. Il y aura des attentats […] dans des mosquées, dans des cafés fréquentés par les musulmans, bref des Bataclan à l’envers ».


Quand on se souvient qu’il s’est écoulé neuf années entre la plainte contre Charlie Hebdo et le fameux attentat islamiste de janvier 2015, on peut comprendre que Michel Houellebecq ait pu amender et revenir sur ses propos dans les colonnes du Point, en rappelant tout de même qu’en son temps, Jean-Paul Sartre avait « appelé dans un texte demeuré célèbre au meurtre des hommes blancs ». C’était dans la préface des Damnés de la terre, ouvrage de Frantz Fanon, psychiatre martiniquais en poste en Algérie à la toute fin de la période coloniale. Quand l’ouvrage sort, en 1961, la guerre d’Algérie n’est pas terminée et les Européens présents en Algérie – qui n’étaient pas forcément tous d’affreux propriétaires fonciers faisant suer le burnou – subissent encore les attentats du FLN.

Ben, mon colon !

Le parallèle proposé par Houellebecq n’a pas échappé à la vigilance de Claude Askolovitch. À une époque, il y a vingt ans, on a connu Askolovitch défendant la ligne Finkielkraut contre la ligne Ramadan chez Ardisson, mais ça c’était avant. Depuis, Askolovitch a essayé de faire la danse du ventre auprès des Indigènes de la République, tentative qui n’a pas été appréciée à sa juste valeur par Houria Bouteldja! Dans son homélie quotidienne, sur France Inter, Claude Askolovitch estime que Michel Houellebecq a volontairement tronqué une citation de Sartre, avec la complicité du Point : « En le premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé: restent un homme mort et un homme libre ». Dit comme ça, ça jure. Pourtant, selon Askolovitch, « pas un instant [Sartre] n’appelle au meurtre des hommes blancs… ». Dans sa version complète [1], la citation n’est plus, selon Askolovitch, « une proclamation » mais l’issue d’un « long raisonnement », qui doit se comprendre dans le contexte d’ « inhumanité du colonialisme ».

A lire aussi, Stéphane Germain: CO2: la tentation communiste

On pourrait rétorquer que Houellebecq n’incite à rien lui non plus quand il annonce qu’il y aura des Bataclan à l’envers mais ne fait là qu’une sombre prophétie (exercice pour lequel il a montré qu’il n’était pas trop mauvais). Le contexte des attentats de l’année 1961 et les possibles effets de la préface de Sartre ne sont pas un seul instant évoqués par Askolovitch: philosophe, Sartre peut manier des concepts, sans se soucier de leur impact dans le réel, lui.

On est en droit de préférer Albert Camus, malgré tout, qui écrivait onze ans à l’avance : « J’ai horreur de la violence confortable. J’ai horreur de ceux dont les paroles vont plus loin que les actes. C’est en cela que je me sépare de quelques-uns de nos grands esprits, dont je m’arrêterai de mépriser les appels au meurtre quand ils tiendront eux-mêmes les fusils de l’exécution [2] ».

Les damnés de la terre

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[1] « Car en le premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre ; le survivant, pour la première fois, sent un sol national sous la plante de ses pieds ».

[2] Albert Camus, Deux réponses à d’Astier de la Vigerie in Actuelles. Écrits politiques, 1950. Gallimard-Folio.

Noël Le Graët, la bévue de trop?

Les propos du président de la Fédération française de football sur Zidane indignent. Noël Le Graët passe son temps à réparer ses bévues de toutes sortes! Les 14 membres du comité exécutif de la fédération se réunissent ce matin. En quoi la reconduction de Didier Deschamps est-elle évidente?


Non, Didier Deschamps n’a pas été et n’est pas un entraîneur « génial ». Non, ce n’est pas l’offenser que d’avoir pu envisager son départ et même de l’avoir souhaité. Oui, on a le droit de le critiquer, voire de s’étonner de sa reconduction quasi automatique à la tête de l’équipe de France jusqu’au mois de juillet 2026.

La Fédération française de football et Noël Le Graët ont validé cette prolongation avec le faux suspense de la prétendue hésitation du principal intéressé. On sait que le couple Noël Le Graët et Didier Deschamps, depuis quelques années, est dans une totale complicité. À tel point qu’il était convenu entre eux que le but serait déjà atteint avec la France en demi-finale.

Politique de la rhubarbe et du séné

Après l’échec au championnat d’Europe (avec Didier Deschamps cependant maintenu à son poste), pourquoi Noël Le Graët n’a-t-il pas poussé le maximalisme jusqu’à prescrire au moins l’obligation de la finale à la Coupe du monde et, pourquoi pas, de la victoire ? Cette exigence relative ne faisait pas peser la moindre pression sur Didier Deschamps qui était quasiment assuré de remplir son contrat.

Il suffisait d’observer la triste mine de Mbappé après la défaite et même sur le balcon du Crillon place de la Concorde pour mesurer à quel point ce compétiteur n’aspirant qu’à fêter la victoire se trouvait gêné devant cette multitude de personnes applaudissant une défaite.

D’emblée je me suis senti mal à l’aise avec cette politique de la rhubarbe et du séné entre Noël Le Graët et Didier Deschamps qui se soutenaient réciproquement et semblaient ne tenir aucun compte d’autres considérations que celles confortant à la fois le président et le sélectionneur. Se congratulant, ils bloquaient tout débat.

La polémique Zidane tombe mal

J’étais d’autant plus réservé face à cette entreprise – très longtemps à l’avance, on nous a annoncé que Didier Deschamps serait probablement prolongé et qu’il aurait carte blanche ! – que Noël Le Graët avait accumulé des griefs, des polémiques, des maladresses, des vulgarités et des indélicatesses qui pouvaient faire douter de sa fiabilité en tant que président de la FFF et du processus concernant Didier Deschamps qu’il avait fait valider par le comité exécutif.

Sa toute dernière saillie à l’encontre de Zidane pressenti comme sélectionneur au Brésil constituant un sommet de mépris et de vulgarité : « J’en ai rien à secouer, il peut aller où il veut […] je l’aurais même pas pris au téléphone… » Réaction immédiate et justifiée de Kylian Mbappé reprochant à Noël Le Graët d’avoir manqué de respect à « une légende ».

A lire aussi, Frédéric Magellan: Équipe de France: DD ne prend pas encore la clé des champs

À nouveau, Noël Le Graët a dû s’excuser pour sa « maladresse » et faire acte de repentance. Il téléphonera même à Zidane. Noël Le Graët passe son temps à réparer ses bévues de toutes sortes mais que ne ferait-on pas pour conserver une position aussi juteuse !

Noël Le Graët pourrait prendre exemple sur Lloris…

Le footballeur Christophe Dugarry, protégé par Zidane, malgré quelques exploits notamment bordelais, ne m’avait jamais ébloui mais l’analyste qu’il est devenu ensuite – une sorte de parler-vrai à la Ménès mais sans la grossièreté trop fréquente de ce dernier – a vu souvent juste et en particulier lorsqu’il a souligné, après la Coupe du monde et la finale manquée malgré l’étincelant Mbappé, qu’il serait normal voire souhaitable d’envisager la possible succession immédiate de Didier Deschamps par Zidane. On a crié au lèse-Deschamps alors que c’était tout simplement un propos de bon sens.

Noël Le Graët, âgé de 81 ans, s’accroche à sa fonction de président, a encore des ambitions mais, à considérer ces derniers mois, n’a-t-il pas perdu toute légitimité, y compris pour son opération programmée en faveur de Didier Deschamps, quand Zidane piaffe et apporterait du nouveau à cette équipe de France ?En dépit de l’excellent bilan de son sélectionneur et entraîneur actuels, elle serait sublimée par son successeur.

Hugo Lloris a annoncé sa retraite internationale. Pas le genre de NLG mais ce dernier pourra-t-il rester jusqu’en 2024 ? La ministre des Sports ne le « lâche » pas et il paraît que le président est lui aussi mécontent. La presse espagnole est indignée. Le « papy » en prend plein la tête ! Rien n’est plus agaçant que ce sentiment d’avoir été mis devant le Deschamps accompli !

Celui-ci va-t-il rester jusqu’en 2026 alors que maintenant il est clair que Didier Deschamps va être fragilisé par les « écarts de son président » et que, comme l’affirme Frank Leboeuf, « Noël Le Graët rend Didier Deschamps complice de ses bêtises sur Zizou »… ? La machine trop bien et trop vite programmée est en train de se dérégler. Le 11 janvier, à 11 heures, le Comex va se réunir avec Noël Le Graët et je ne sais quelle sera son issue en ce qui concerne ce dernier attaqué de toutes parts même pour des faits allégués très anciens (2014 !). La seule bonne nouvelle est qu’on envisage de réexaminer les conditions dans lesquelles la prolongation de Didier Deschamps a été effectuée, la durée de son contrat et son salaire.

En même temps, à un niveau modeste, j’ai conscience d’ajouter à une hypertrophie somme toute dérisoire par rapport à ce dont la France est réellement préoccupée et qui va en jeter une part dans la rue ! De cette effervescence enflée, quel gain pour le foot ? Quel gain pour Didier Deschamps ? Quel désastre pour Noël Le Graët ! Et Zidane attendra…

Féroce et réjouissant Patrice Jean

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Malgré deux années à se demander si on allait enfin mourir, 2022 se pointa. Je me disais que peut-être c’était fini tout ça, le cinéma, la musique, les festivals, les concerts, le théâtre, l’art subventionné, tous ces machins déprimants financés avec notre pognon juste bons à nous faire regretter le monde d’avant.


Que tous ils allaient enfin crever nos marchands de culture, bonimenteurs prétentieux, producteurs et dealers de saletés pour philosophes de fast-food, maquereaux d’artistes putains, épiciers à salades baveuses de limaces, 99 % de nigauderies à faire disparaître les dernières traces d’Art, cette puberté superbe de l’âme rêveuse, désormais gaffeuse faiblesse en voie d’extinction tant les foules atroces sont encouragées à piétiner tout ce qui ose n’être pas content de soi.

Le confinement n’est pas vraiment une aubaine pour les maisons d’édition

Tellement ils étaient confinés pendant deux années, les Français se mirent à raconter leurs journées avec des mots sur du papier. Des colis en pagaille furent balancés aux bureaux de poste vite inondés. Pire que les charrettes de fumier devant les préfectures déversées, les grandes maisons d’édition furent harcelées de tombereaux de manuscrits. Après plusieurs mois de labeur, les broyeurs fatiguaient, les lames s’usaient, demandaient grâce. De nuit, des convois discrets acheminaient les tonnes de papiers vers des campagnes isolées où de grands brasiers purent se régaler, hécatombes offertes au Dieu Covid qu’on espérait apaiser. Déçus de ne pas être édités, les Français, pour se venger, jurèrent de s’auto-éditer.

Quand même, on attendait quelques chefs-d’œuvre, deux ou trois pépites isolées dans la masse remarquées ; le cru 2022 aurait-il du nez ? Moi pas chiant, j’attendais juste les manuscrits retrouvés de Céline, mais c’était sans compter l’hyperactivité de mes trois écrivains vivants préférés : Michel Houellebecq (1 roman et 1 entretien suicidaire), Bruno Lafourcade (3 ou 4 romans et essais) et Patrice Jean (3 romans) dont le P’tit Louis le magnifique m’aida à finir l’année.

À lire aussi, François Gibault: «La guerre marque une rupture profonde pour Céline»

Drôle de couverture pour un Patrice Jean, lui habitué aux très jolies illustrations de Mathieu Persan, voilà qu’il tourne hardos beauf ? Et encore un nouvel éditeur (Cherche Midi) ? Décidément, cet homme si discret est partout, on se l’arrache, tout le monde veut l’éditer, nos politiques les plus roués cherchent à le séduire, à s’attirer ses bonnes grâces ; seule la gauche le boude, ne lui pardonnant pas d’avoir un style.

Il faut le dire, de voir ce vilain métalleux à coupe mulet (qui me ressemble étrangement) de dos sur fond bleu, vêtu d’un blouson en jean bardé de badges et patchs de groupes, je me suis demandé si ce n’était pas là l’œuvre d’un homonyme ? un Patrice Jean rouquin frisoté, pourquoi pas luthier sur Mulhouse, auteur à succès spécialisé dans les romances de backstages heavy metal ?

Je m’étonnai aussi de ce hasardeux choix de typo, mais on m’expliqua le côté décalé de la collection Borderline. Bien. Quand même, avec une telle couverture, il serait surprenant que les lecteurs bien élevés puissent se laisser tenter par cet ouvrage qui semble marketé pour une niche assez réduite : celle des adorateurs de Cannibal Corpse ou d’Iron Maiden.

Le papier d’assez mauvaise qualité donne un petit côté pulp et on se sent voyou, lecteur sous le manteau, sans billet planqué sous la paille d’un wagon en partance pour les années 80 dans lesquelles débutera l’histoire.

Patrice Jean attendait son heure

Je ne résumerai pas le livre, il vous suffira de lire la quatrième de couverture. Je voulais juste vous dire qu’il est drôle, qualité énorme si mal vue de nos jours. Qui écrit drôle aujourd’hui ? Qui fait éclater de rire ? Râler ma femme qui dort à côté ? Doigts de la main ?… Rien que pour cette anomalie divine, il faut conseiller ce petit roman qui a l’insigne mérite de vous faire gondoler dès les premières pages. Face à cette espèce rare, il faut s’estimer heureux comme le croqueur d’ortolan.

Écrit il y a une dizaine d’années, P’tit Louis dormait, attendait son heure, là-bas dans son mystère tibétain. Étant moi-même fan de Thrash métal depuis mes onze ans (le piège pour enfants de la classe moyenne comme c’est dit dans le bouquin), je m’attendais à l’histoire d’une carrière musicale, mais Louis Gilet est un rocker poète, comme il doit exister des plombiers prophètes, voire des boulangers thaumaturges. Il faut parler de lui au présent, car cet étonnant Louis est toujours parmi nous, quelque part en train de préparer la saison. Il me tarde même d’aller le dénicher où vous verrez.

C’est l’absurdité de sa poésie de crêpier-serveur-coiffeur qui est le nectar du livre. Divulguer ici les diverses trouvailles qui m’ont fait éclater serait vous gâcher le plaisir, mais je ne puis résister : « Des dindons égarés sur des voies ferrées », « ces loups au sourire de neige » ou « Le petit Louis j’étais sûr qu’il deviendrait philosophe ou poète ou ostéopathe » ou « la pochette du disque représenterait un bébé écrasé par un char nazi», etc.

Patrice Jean est un pessimiste enjoué, il déplore avec amusement le désenchantement tant vanté par nos publicitaires, cette aspiration poétique disparue, moquée, surjouée avec tant d’emphase par notre civilisation du toc. Les quatrains se lisent sur les vitrines des salons de coiffure et l’auteur doit s’afficher dans des manifestations progressistes pour être lu.

Poursuite de lectures idéales

P’tit Louis est un crétin, une version antérieure du Cyrille de La Poursuite de l’idéal, dontil n’a ni les dons ni la hauteur d’âme. C’est justement sa bêtise qui lui permettra de réussir là où Cyrille avait échoué à cause de son talent forcément couplé d’orgueil. Les derniers seront les premiers, et les premiers ne seront plus édités.

A lire aussi, Frédéric Ferney: Patrice Jean: Bonjour tristesse

Sans y croire, le narrateur mène son enquête ; il est chargé d’écrire un livre retraçant l’étrange carrière de son ancien camarade de lycée mystérieusement disparu. Parfois ce narrateur trop rare s’éloigne et l’enquête perd un peu de son sens, mais tout à coup il revient (à Sète et à la fin), ce qui permet à Patrice Jean de faire des coudes pour en placer deux ou trois, et des fameuses (le passage des œufs de Pâques justement évoqué par Éric Naulleau).

On peut regretter la petitesse de ce roman, le côté moins fouillé des personnages, mais la fin vaut le détour, tout en économie, en simplicité, en noir et blanc comme est la vie. Patrice Jean, une nouvelle fois, nous raconte comme il ne se passe rien, comme nous nous trompons sur tout, comme tout est à inventer si l’on veut rêver. Gardons nos mystères, nos illusions, la réalité n’est qu’un triste brouillon.

J’aurais peut-être aimé encore plus de loufoquerie comme celle qu’on trouve dans les premières pages, mais Patrice Jean est un être mesuré, peut-être faudrait-il le droguer, l’enivrer, pour le faire avouer ?

Il semblerait que son naturel ait rattrapé l’auteur. Il voulait faire du comique, du burlesque, mais il finit très logiquement par retrouver sa pente, qu’il suit pour notre bonheur depuis plusieurs romans fameux.

Un parent aime tous ses enfants, du plus moche au plus intelligent. Un lecteur doit savoir apprécier toutes les œuvres de son auteur de prédilection, trouver des ressemblances, des gènes communs, creuser pour dénicher le fameux fil, la racine de laquelle pousse la même sève dans tous les rejetons de l’artiste. Je n’ai pas lu tous les romans de Patrice Jean, on peut donc dire que je n’y connais pas grand-chose, mais celui-ci m’a secoué les cotes.

Louis le magnifique

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« C’est quelque chose, le rire : c’est le dédain et la compréhension mêlés, et en somme la plus haute manière de voir la vie. » (Flaubert)

CO2: la tentation communiste

Entre la COP 27 qui demande à l’Occident de passer au confessionnal et au tiroir-caisse pour expier ses péchés environnementaux et les solutions égalitaristes inventées par des experts écolo-communistes, nous ne sommes pas près de mettre fin à nos émissions de CO2. La démographie et les besoins étant différents entre le Nord et le Sud, une coopération mondiale est impossible.


Vade retro Occidentas

La reconnaissance d’une « dette climatique » du Nord envers le Sud fut célébrée comme l’une des percées majeures de la récente COP 27. Inventeur de la « civilisation thermo-industrielle », donc coupable du saccage de la planète qu’on lui reproche (non sans fondement), l’Occident se voit pressé de se couvrir la tête de cendres tout en rédigeant un gros chèque – exercice peu commode au demeurant. En somme, nous aurions beaucoup péché et en offrant le pardon contre espèces sonnantes, la religion écolo remet au goût du jour une pratique jadis chère à l’Église catholique : les indulgences. Une manne destinée à compenser les préjudices subis par 7 milliards de non-Occidentaux et ce au titre des gaz à effet de serre émis depuis la révolution industrielle par l’Europe et les États-Unis.

On pourrait ajouter malicieusement qu’ils ne seraient justement pas 7 milliards si la science européenne n’avait pas, tout à la fois, augmenté les rendements agricoles, fait baisser la mortalité infantile, bref, multiplié Homo sapiens et prolongé son espérance de vie. Mais ce serait caresser la bête immonde dans le sens du poil et reconnaître aux dispensaires coloniaux des vertus – abject ! On ne demandera pas non plus en quoi les Africains auraient un indéfectible droit d’accès aux méfaits d’une thermo-industrie si décriée, alors que les Occidentaux devraient symétriquement y renoncer – ou a minima la vomir. Un bon sujet de philo pour le bac 2023. S’il nous faut jeter notre smartphone pour retourner à l’Âge de pierre, ceux qui y sont restés doivent-ils absolument passer par la case Facebook ou demeurer dans leur case tout court ? Vous avez deux heures.

Vous reste-t-il des quotas carbone ?

Loin de ces mauvaises pensées, Jean-Marc Jancovici, brillant président de The Shift Project, milite pour un « permis carbone » qui, notamment, limiterait le nombre de vols long-courriers au cours d’une existence à quatre voyages par Terrien (contrariante nouvelle au passage pour Greta Thunberg.) Jancovici trouve en effet que « gérer par les quantités est plus égalitaire que gérer par les prix ». L’égalité en matière de carbone pourrait donc, théoriquement, dessiner un nouvel horizon – dès qu’on aura décidé du prix du billet d’avion (je suggère un euro pour le Burkinabé et un million de dollars pour l’Américain). D’inspiration malthusienne, ce communisme du CO2 semble de prime abord inattaquable. Afin de satisfaire aux exigences des modèles climatiques, l’humanité ne pourrait émettre qu’une quantité maximale définie de CO2 par an – assertion, hélas, de plus en plus vraisemblable. Ce numérateur posé, il suffit ensuite de diviser celui-ci par les 8 milliards de Terriens pour déterminer le ratio de CO2 alloué à chaque Homo sapiens. Opération qu’il conviendra d’ajuster au fur et à mesure des évolutions démographiques : 9, 10 et sans doute 11 milliards à la fin du XXIe siècle. Il y aura donc 2 ou 3 milliards de non-Occidentaux supplémentaires d’ici peu (mon conseil : ouvrez un plan d’épargne dette climatique sans trop traîner). Le nombre de vols autorisés au cours d’une vie passera alors de 4 à 3 – mais en réalité à zéro, car les compagnies aériennes auront disparu d’ici là. Et pas qu’elles.

Les cocos du CO2 devraient pourtant modérer leur enthousiasme (bien compréhensible), car leur géniale trouvaille risque de se heurter à quelques difficultés pratiques. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois dans l’histoire que le communisme apparaît comme l’évidente solution à tous nos maux – avec le succès que l’on sait.

Un militant pour le climat, lors de l’ouverture de la COP 27 à Charm el-Cheikh, en Egypte, 6 novembre 2022. « Le déni du changement climatique mérite la peine de mort…» JA/ Sipa Press

Premier obstacle à franchir, l’adhésion démocratique à cette ascèse. Personne, déjà, ne veut de la décroissance – à commencer par les ouvriers pakistanais de la « fast fashion » –, alors le quota de CO2 par individu… Expliquer aux Gilets jaunes ou aux Red Necks américains qu’ils vont devoir émettre autant de CO2 qu’un Éthiopien s’annonce en effet délicat. Pour rallier définitivement leurs suffrages, ajouter qu’au titre des quantités déjà émises par leurs ancêtres, les amateurs de barbecue sur ronds-points enverront chaque année un chèque au dit Éthiopien. Chèque tiré sans doute du commerce des santons en terre cuite que leur quota de carbone leur permettra de façonner. À vue de nez, avec un tel viatique, un bon 2 à 3 % dans un scrutin régulier. Pour éviter tout atermoiement dans la réalisation de ce programme revigorant, le plus efficace demeure finalement d’imposer ces mesures. La démocratie ou l’urgence climatique, le choix des néo-cocos semble fait.

Les Français n’ont pourtant pas à rougir de leur bilan carbone : 1 % des émissions mondiales pour 1 % de la population, une très bonne note pour un pays développé. Une excellence obtenue grâce à la science nucléaire gauloise (sacrifiée par le maléfique trio Jospin-Hollande-Macron, mais c’est un autre sujet). L’humanité aurait ainsi intérêt à mettre le paquet sur la recherche pour relever les défis de l’hyperpollution. Piéger le CO2, trouver le graal de la fusion nucléaire ou, plus prosaïquement, planter des centaines de milliards d’arbres, toutes ces pistes méritent la mobilisation des scientifiques du monde entier. Mais si un chercheur du MIT devait du jour au lendemain – au nom d’un égalitarisme apocalypto-climatique – émettre autant de CO2 qu’un paysan malien, il est vraisemblable qu’il trouverait moins vite une solution à nos problèmes. Sans mépriser nullement la sagesse du paysan malien, je ne miserai en revanche pas tout sur lui pour nous tirer d’affaire. Il semble donc d’emblée indispensable d’autoriser les scientifiques du CNRS à prendre l’avion plus de quatre fois dans leur vie – ainsi qu’à faire tourner leurs supercalculateurs jour et nuit. Un régime d’exception à l’égalitarisme aveugle que le communisme a toujours su gérer en attribuant des privilèges à une nomenklatura, malheureusement sélectionnée sur des critères de pureté idéologique, jamais de compétences. Greta Thunberg montera dans l’avion, Jean-Marc Jancovici (pronucléaire) grimpera sur un âne. Les futurs Lyssenko du régime climato-communiste seront aussi compétents en fusion nucléaire que le paysan malien. J’ai d’ailleurs commencé à stocker des bouses pour me chauffer.

Bidouillages statistiques

L’écolo-coco n’a pas son pareil pour nous bricoler des statistiques sur les « morts prématurées » dues aux particules fines ainsi que sur les « vies épargnées » par tel ou tel dispositif. Il lui sera donc facile d’intégrer à sa répartition mondiale du carbone les différentes dynamiques démographiques. J’explique. Voilà quarante ans que la Hongrie est tombée en dessous du seuil de renouvellement des générations. Des millions de Hongrois n’ont ainsi pas vu le jour, épargnant à la planète une surproduction de goulasch ainsi que quelques millions de tonnes de CO2. À l’inverse, le Nigeria, qui a vu sa population passer de 50 millions d’habitants en 1965 à 219 millions aujourd’hui, avant d’atteindre 543 millions en 2050, va multiplier ses émissions de CO2 par 50. Plus 5 000% ! Dans le même temps, la planète ne comptera plus 11, mais 9 millions de Magyars et la Hongrie diminuera son impact de 10 %. Décidément désireux de filer un coup de main à Pap Ndiaye, je soumets ce sujet de mathématiques pour le brevet des collèges : connaissant désormais les évolutions comparées du bilan carbone hongrois et nigérian, déterminer les indemnités que versera chaque Nigérian à chacun de ses frères hongrois. Traduire la somme en kilogrammes de goulasch.

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La décroissance ne favorise pas la coopération

Le monde post-Covid découvre par ailleurs combien la Chine ou la Russie se révèlent des partenaires peu fiables. La démondialisation en cours offre, en vérité, un contexte des plus défavorables à l’émergence d’une coopération mondiale autour des émissions de gaz à effet de serre. On assiste au contraire à l’essor de discours fondés sur un des ressorts basiques d’Homo sapiens en cas de danger : l’égoïsme ou un altruisme limité à ses voisins immédiats (famille, tribu, nation). Déjà les différents secteurs de l’économie commencent à se disputer leur part de CO2. L’aérien se voit contester le droit d’en émettre 3 %, mais prie le numérique de bien vouloir balayer devant sa porte avec ses 4 %. Des émissions principalement consacrées, il est vrai, à des vidéos de chatons ou à de la pornographie. Il va falloir prochainement arbitrer entre Baléares « all inclusive » ou sodomie en HD. Adieu la société des loisirs.

Steven Pinker, dont l’adhésion aux valeurs progressistes ne peut être questionnée, a mis en évidence les liens entre civilisation et coopération. Plus une société est dite avancée, plus ses acteurs interagissent pacifiquement (États, entreprises, collectivités, individus). Il a d’ailleurs noté – cela lui a été reproché – que les cultures n’offraient pas toutes le même niveau d’entraide ; on coopère ainsi moins bien entre Russes ou Irakiens qu’entre Suédois. Imaginer que l’uniforme répartition du CO2 sur la planète pourrait être acceptable par les Chinois, les Américains et les Indiens, c’est vraiment croire en l’avènement spontané d’un homme nouveau en tous points du globe. La décroissance économique, qu’elle soit progressive ou brutale, ne peut être présentée comme un facteur de coopération – encore moins un objectif. La COP 27, tout en célébrant la culpabilité de l’Occident, n’a ainsi pas réussi à obtenir des pays pétroliers la moindre déclaration relative à la sortie des hydrocarbures (!). En dépit des discours ou de la communication, les perspectives de coopération mondiale autour des gaz à effet de serre s’éloignent sans doute chaque jour un peu plus – le communisme du CO2 n’a aucune chance d’aboutir, on ne s’en plaindra pas, mais la conflictualité va croissante. Nous devrions nous en préoccuper un peu plus, car l’horizon indépassable, c’est peut-être celui-ci.

Un gouvernement responsable ferait travailler une équipe autour de ce thème : si le GIEC a raison, si on ne coopère pas, que fait-on concrètement pour assurer la survie de la population ? Une sorte de cabinet noir au service du réalisme le plus cynique. Difficile de croire que les demeurés qui ont fermé Fessenheim pour, quelques mois plus tard, « relancer » le nucléaire, se montrent capables d’une telle lucidité.

Caramels, bonbons et chocolats. Saison 2

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Le Nupes Circus est bientôt de retour près de chez vous. Un nouvel organigramme a mis le feu au bucher des vanités. Avant la rentrée, on inspecte la milice Wagner de Rires et Chansons. Garde à vous!


Corbière, Monsieur de Fursac. Les chroniqueurs se perdent en hypothèses pour savoir où le lad de l’écurie LFI a perdu l’oreille du Boss. Les gros niqueurs pensent que c’est dans son détartrage et son blanchiment des dents, que le Richard J’erre de Bars à Sourire en plateaux repas, a laissé la main autorisée à flatter la croupe du patron. Mélenchon, loyal envers son jeu de 32 et sa couleur café, n’aurait pas supporté que sa fidèle et adhésive rustine se pavane avec une bouche plus blanche que la neige des 3Suisses.

Caron, alias Vache Sacrée. Son séjour sur les rives du Gange, l’a marqué plus profondément que le fer rouge dans la couenne d’un taureau d’Andalousie. Là où les moustiques sont gros comme des hélicos et vous attaquent le cuir sur du Wagner, Vache Sacrée a rêvé si fort que les rats s’en souviennent. Il y fait à la faune une brouette de promesses. Après Ava Gardner et Dominguin, des banderilles plein les yeux, la terreur poivre et fleur de sel s’en prend dans la Saison 2 aux chasseurs. Ils en ont, par avance, le canon scié et les douilles molles.

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Boyard, dit Quatre-feuilles ou Papier Maïs. La Légende, le Pablo Escobobard de la ligne Assas-Medellin terrorise l’usager avec sa moustache de stagiaire amish. Un dealer de rêve. « C’est combien ? » « 80. » « Hein ? » « Bon 40 ! » « Quoi ? » On lui tire l’oreille. « Ok, c’est ma tournée. » « C’est bien Papier Maïs, demain sois à l’heure et avec ton APL en liquide. » Pour la Saison 2, Quatre-feuilles fait des révélations sur sa période proxénète. Ses réseaux, de Calabre à l’Albanie. Il balance tout.

Le député LFI Carlos Martens Bilongo / Capture d’écran YouTube d’une vidéo du 04/11/22 de la chaine BFMTV

Malcom D prime et Angela D visse. Carlos Martens Milongo. Un nom taillé pour le Ballon d’Or. Hélas, le bougre embarque son fameux pied gauche dans la galère LFiste. Où on lui intime l’ordre d’être le nouveau Martens Luther King. Problème, contrairement à Martin, à l’oral, il s’avale la fève. S’il fait un rêve et qu’il vous en touche deux mots, prenez une chaise et du pop-corn. Malgré ce handicap, Obono le regarde avec des yeux comme des phares de Twingo, ceux du premier modèle. Bon, Carlos, laisse-tomber tous ces caves et signe à l’OM.

Rousseau, dite Chaud Devant, mais aussi Pot au Feu. Elle a fini la Saison 1 dégazant la vapeur d’une écrevisse du Bayou. En chantant un hymne féministe qui, à travers sa voix de Vuvuzuela fait reculer la cause. A ce rythme de jobardises, Chaud Devant va finir par renvoyer les femmes entre le four à chaleur tournante et le placard à balais. Et si, finalement, Pot au Feu n’était pas le meilleur des remparts contre la chasse à l’homme Me too, la destruction de nos racines au pesticide Woke et la croisade Transgenre des Verts défoncés au Pot Belge.

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Quattenens, l’Ivan Drago de Béthune. La femme n’est pas toujours l’avenir de l’homme, politique ou pas. Des fois c’est moins pénible un épagneul, breton ou pas. Il arrive que le chien perde ses poils et que la femme les aspire. Mais, si chez les Quatennens il s’est passé le contraire, alors tout s’explique, se plaide, se justifie. Sauf pour Bruce The Nice Toussaint, le psy-surfeur sur braises de couples en crise. Céline, l’épouse qui encaisse mal le crochet du droit de Tête Rouge, lui réclame un bras en pension alimentaire mais balance un communiqué susceptible de mettre un terme à sa carrière de super-welter. Comment il va la payer ta pension, si avec tes conneries on l’interdit de ring ? Là, reconnaissez Docteur Bruce, qu’une gifle s’est perdue.

Mélenchon, le Muezzin du sous-sol. Il dégringole un à un tous les étages du minaret. Plutôt que d’aller planter sa tente de bédouin à la retraite dans le désert de l’Islam et les dunes du gauchisme, il s’accroche à la rampe pour une énième bouffonnade. Et ne travaille plus qu’à « l’après-moi le déluge. »

Sous l’influence de tous ces jobards, Mattel, Main Basse sur le Jeu, met le mot pouffiasse Game Ovaire au Scrabble. Tant qu’il nous reste le rami-poker et l’usage d’un paquet de mots en -asse dans les fouilles… On devrait survivre à ce dernier coup de canif à nos libertés. Si en mettant le nez dehors, on ne tombe pas sur la pétasse du Donbass ou la connasse de Vegas.

Quand Harry rencontre Meghan

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Depuis que le Prince Harry a croisé la route de l’actrice américaine Meghan Markle, son attitude et ses déclarations choquent les Britanniques. Le frère de William fait n’importe quoi… et beaucoup d’argent. Ces jours-ci, la presse mondiale relaie avec complaisance les derniers ragots qu’il nous livre dans une autobiographie à scandale.


Le Prince Harry sort son autobiographie Le Suppléant ce 10 janvier. Des fuites révèlent déjà un contenu qui secoue toute l’Angleterre… Le point de vue du Président de la très british Royal Society of St. George de Paris.

Maxime Le Forestier chantait dans « Être né quelque part » que l’endroit de la naissance est toujours un hasard et que l’on ne choisit pas ses parents ni sa famille… Mais en est-on toujours conscient ?

Le Prince Harry, né troisième dans l’ordre de succession du trône britannique,  vient de publier son autobiographie Spare, ou Le Suppléant en français, dans laquelle il déballe beaucoup de détails de sa vie intime et beaucoup de révélations, selon lui, sur le (dys)fonctionnement de sa famille ; la famille royale du Royaume Uni et du Commonwealth. Comme s’il avait oublié d’où il venait…

Pièce de rechange

Le titre Spare vient d’une blague – et qui rime – des journaux britanniques qui avaient baptisé les deux frères, autrefois très complices, « the heir and the spare », c’est-à-dire l’héritier du trône et son remplaçant. Mais ce mot, dont Harry a fait le titre de son livre, est profondément péjoratif : « spare » veut dire « pièce de rechange » ou encore « ce qui est en trop, superflu, inutile ». Par ce choix, la prince affiche et assume son état d’homme blessé.


Cet homme blessé est de toute évidence en pleine phase de catharsis et, loin de la devise victorienne de sa grand-mère la reine, « never complain never explain », il ressent le besoin de tout dire, jusqu’à l’overdose, jusqu’à la nausée ; car il arrive un moment où on a envie de lui dire : « Stop, ça suffit ! » Sa purge, son besoin obsessionnel de s’exprimer, de donner sa version des évènements, commence à coûter cher à la nation. Ce trop plein est atteint aujourd’hui.

Le public britannique aura subi son interview chez Oprah Winfrey (en 2021), son documentaire Netflix et maintenant une interview dans les médias britanniques qui prépare la sortie de son livre tant attendu mi-janvier. Nous savons maintenant que, en tant que soldat servant dans l’armée britannique, il a tué 25 Talibans, qu’il s’est battu dans une cuisine avec son frère et futur roi William et qu’il a perdu sa virginité dans un champ avec une femme plus âgée. Des détails qui sont souvent affligeants et indignes d’un homme de sa position et de ses origines. Cherchons d’abord à comprendre…

D’abord, il y a son passé compliqué : deuxième fils de Charles et Diana, ce fut l’enfant d’un mariage sans amour et dont les détails scandaleux se trouvaient déjà étalés dans les tabloïds. A l’âge de douze ans, et devant des millions de téléspectateurs du monde entier, il s’est vu obligé de défiler derrière le cercueil de sa propre mère, la Princesse Diana, femme traquée sans relâche par les médias durant toute son existence. Ensuite, il a souffert du rejet de deux femmes dont il était amoureux, Chelsy Davy, puis Cressida Bonas, qui ne se voyaient pas assumer le fardeau et les contraintes surhumaines d’une existence de princesse royale au sein de « La Firme », comme la Reine Elizabeth surnommait sa propre famille.

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Pourtant Harry a réussi une brillante carrière à l’armée avec ses deux tours en Afghanistan, et il a fondé les « Invictus Games » pour les soldats blessés, sur le modèle des jeux paralympiques. Il connait le bonheur absolu quand il tombe fou amoureux d’une actrice américaine divorcée, Meghan Markle, qui accepte sa proposition de mariage sans réfléchir aux conséquences.

Suite à des accusations de harcèlement, puis à une brouille avec sa belle-sœur Kate, Meghan voit sa popularité baisser auprès du public, malgré un accueil chaleureux de la part de la reine et un début très réussi en matière d’activités officielles. Harry prétend y voir la répétition de ce qui était arrivé à sa mère et annonce publiquement qu’il doit maintenant protéger sa propre famille. Un paradoxe quand on pense à sa façon de courtiser ces mêmes médias… C’est à ce moment-là qu’il choisit de renoncer à son rôle de représentant de la couronne britannique et part pour les Etats-Unis.

Meghan Markle, une militante proche du wokisme

Est-ce que Meghan, sa femme et la mère de ses deux enfants, serait à la manœuvre derrière cette rupture ? Incarne-t-elle un personnage shakespearien à la Lady Macbeth ? Une femme qui, par ambition personnelle, pousse son mari, aveuglé par son amour pour elle, à commettre l’irréparable ? Meghan est une militante connue qui défend la cause des femmes, se bat pour la reconnaissance de l’importance de la santé mentale, combat le racisme. Dans ses prises de positions, elle se montre proche du wokisme. Exerce-t-elle une influence néfaste sur son mari au point que ce dernier perde sa faculté de discernement ?

Harry était autrefois si populaire… mais aujourd’hui les choses ont bien changé et l’opinion publique britannique n’est plus du tout de son côté. Alors, que doit faire la monarchie ? Charles se doit de mettre fin à ce déballage du plus mauvais goût bien avant son couronnement le 6 mai prochain. Le succès de son règne en dépend.

Deux stratégies s’offrent à la Couronne. La première, une solution à tout conflit humain, serait le pardon. Harry dit dans l’interview du 8 janvier diffusée sur la chaîne anglaise ITV qu’il veut juste retrouver son père et son frère. Il demande une réconciliation… tout en continuant de tirer sur sa propre famille et son pays d’origine. Cela rappelle l’approche de Vladimir Poutine : déclarer un cessez-le-feu tout en continuant à bombarder l’Ukraine ! Il est certain que Charles, son père, préférerait cette solution mais le pardon ne pourra se faire qu’au cours d’une accalmie.

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L’autre stratégie que peut envisager la famille royale consiste en ce que les militaires appellent le « containment » ou endiguement. Cela impliquerait la perte de tous les titres et privilèges qui restent au couple Harry et Meghan et l’imposition d’un éloignement définitif, facilitée déjà par leur choix en 2020 de s’exiler en Californie. Ce n’est pas sans rappeler la stratégie utilisée pour faire taire Edouard VIII, suite à son abdication, et sa femme Wallace Simpson, la scandaleuse, avant la Seconde guerre mondiale : les envoyer en exil au fin fond du Bois de Boulogne en France et ne plus jamais leur donner la parole. Cependant, à l’époque de Twitter, on peut difficilement empêcher Harry et Meghan de prendre la parole et un exil ne serait que géographique et non pas médiatique. Faudrait-il alors contractualiser, à l’américaine, un certain silence ?

Les souvenirs des uns et des autres peuvent varier 

Ou bien, allons-nous voir l’utilisation du mépris, de la prise de hauteur à la Elizabeth II ? Face aux premières accusations de Meghan de racisme quasi institutionnalisé au sein de la famille royale, la reine aurait dit « recollections may differ » ou « les souvenirs des uns et des autres peuvent varier ». Elle nous manque déjà ! A Charles de prendre vite le relais !

On peut déplorer la pipolisation de la vie publique, où les frasques et les révélations scabreuses comptent plus que les actes de service et les réalisations accomplis par le sens du devoir, le devoir dont la reine Elizabeth II fut l’exemple parfait pendant les 70 ans de son règne.

Dans cette nouvelle crise royale, ne perdons pas de vue qu’il s’agit d’une bataille menée par un individu contre une institution vieille de mille ans. L’institution va finir par l’emporter et Harry et Meghan auraient tout intérêt à chercher la paix au plus vite pour ne pas se fâcher à jamais avec leur propre famille et avec le peuple britannique. Après tout, leur popularité retrouvée leur ferait plus de business que leurs contrats avec Netflix, Spotify, Disney et les médias du monde entier, garantissant définitivement leur indépendance financière.

Le Canada souhaite envoyer en stage de rééducation son plus brillant intellectuel

L’auteur des 12 règles pour une vie et des 12 nouvelles règles pour une vie, défenseur de la jeunesse masculine et pourfendeur des wokistes, est sommé par l’Ordre des psychologues de l’Ontario de se soumettre à une formation à l’étiquette des médias sociaux. S’il refuse, il pourrait perdre sa licence de psychologue clinicien professionnel.


Le psychologue et philosophe canadien Jordan Peterson, ancien professeur à l’Université de Toronto [1], est depuis dix ans l’un des intellectuels anglophones les plus influents dans le monde. Révélé par ses cours et ses conférences ayant cumulé des millions de vues sur YouTube, ses livres sont des best-sellers traduits dans 45 langues et les télévisions des deux côtés de l’Atlantique se disputent des entretiens avec lui. 

Il doit sans aucun doute son succès à son discours percutant et néanmoins bienveillant à l’égard d’une jeunesse complètement déboussolée. 

Assumant un certain conservatisme modéré, il invite les jeunes nord-américains à mieux assumer leurs responsabilités et à donner la priorité à la construction d’une vie d’adulte solide et pacifiée. De nombreux jeunes hommes et jeunes femmes affirment que la philosophie de Jordan Peterson leur a quasiment sauvé la vie, en les sortant du chaos dans lequel ils s’étaient laissés entraîner par un environnement nihiliste. 

Ne tirez pas sur le prof moqueur

Bien sûr, son discours politiquement incorrect n’est pas du goût de tous les étudiants des campus américains, en particulier les plus radicalisés, qui voient dans sa défense des valeurs traditionnelles une propagande réactionnaire et sexiste. Certains de ses cours et conférences ont été véritablement pris d’assaut et bloqués par des jeunes militants d’extrême-gauche, que l’on surnomme aux États-Unis les SJW (Social Justice Warriors ; les guerriers de la justice sociale). Une réalisatrice d’Hollywood, Olivia Wilde, s’est même inspirée de Peterson pour créer le méchant de son film : un professeur masculiniste à l’influence néfaste…

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Son éloquence exigeante, son empathie décomplexée et son calme à toute épreuve en ont rapidement fait l’un des adversaires les plus coriaces de l’Amérique ultra-progressiste devenue folle.

Très sévère depuis des années sur la destruction des valeurs fondamentales de l’Occident par le relativisme woke, le discours de Jordan Peterson s’est dernièrement durci contre la gestion de la pandémie par les autorités canadiennes et en particulier contre le chef de file charismatique de l’autoritarisme mièvre, le Premier ministre Justin Trudeau. 

Pays autrefois connu pour sa tolérance et son esprit de liberté, le Canada est devenu durant la pandémie l’un des États les plus stricts et brutaux dans l’application des mesures sanitaires. Le confinement des lieux publics en Ontario aura duré 382 jours, soit l’un des plus longs au monde. 

Le « convoi de la liberté » contre les restrictions sanitaires à Ottawa ( Canada ), 14 février 2022 © Adrian Wyld/The Canadian Press via AFP

Jordan Peterson a très vite apporté son soutien au convoi des camionneurs canadiens se réunissant à Ottawa pour réclamer la fin des mesures liberticides. Il dénonce régulièrement et de manière virulente le mépris des élites mondialistes à l’égard des peuples qu’ils gouvernent.

Camp de rééducation pour prof réac

Il ne lui en fallait guère plus pour être dans la ligne de mire des petits soldats de la cancel culture. Son compte Twitter fut supprimé sous l’ancienne direction du réseau social pour un tweet critiquant l’irresponsabilité de l’actrice transgenre Ellen Page (devenue Elliot Page) faisant la promotion de son ablation des seins effectuée lors de son changement de sexe. Le compte fut récemment « rouvert » avec tant d’autres par l’équipe d’Elon Musk, fraîchement arrivée à la tête de Twitter.

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Les attaques proviennent à présent de son propre sérail: l’Ordre des Psychologues de l’Ontario, une faculté qui prépare à la licence de psychologie, menace Jordan Peterson de lui retirer la sienne s’il refuse de suivre (tenez-vous bien) une formation à l’éthique sur les réseaux sociaux… Une sorte de camp de rééducation pour intellectuels nouvelle génération, qui aura au moins l’avantage canadien d’être dans une pièce bien chauffée…

Les dernières prises de position de l’intellectuel médiatique ne sont visiblement pas du goût de l’institution qui lui a délivré sa licence et qui n’hésitera pas à détruire la carrière de Peterson d’une simple signature si d’aventure il décline leur formation au formatage. Ce dernier a reçu une lettre disciplinaire l’invitant à « revoir, réfléchir et améliorer son professionnalisme dans ses déclarations publiques ».

Les sociétés savantes nord-américaines continuent ainsi leur lente descente aux enfers, en courbant l’échine devant leurs membres les plus fanatisés et en adoptant une politique inquisitrice à l’égard des professeurs et praticiens sortant du cadre quand elles devraient, au contraire, promouvoir le débat, la contradiction rationnelle et la perpétuelle remise en question des idées reçues. Peterson a affirmé sur Twitter son « refus de se conformer », ce qu’il a fait en déposant une demande de révision judiciaire auprès de la Cour divisionnaire de l’Ontario. Si Jordan Peterson se voit retirer sa licence à cause de la virulence de ses opinions politiques, nous aurons autorisé l’Occident à censurer les intellectuels qui dérangent et à les rééduquer pour rentrer dans le rang. Pourra-t-on toujours parler d’Occident ?


[1] Peterson est parti à la retraite en 2021 mais garde le titre de professeur émérite.

Stéphane Séjourné, rempart de la démocratie

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Comparer LFI et les factieux bolsonaristes, ça, c’est fait…


Alors comme ça, Stéphane Séjourné, chef du parti présidentiel « Renaissance » vient d’exprimer sa plus grande crainte en ce début d’année 2023. La faillite programmée des boulangers ? Le manque criant de soignants et les urgences saturées malgré les vœux lunaires du Réélu aux professionnels de santé ? Les températures en France en 2022 qui ont été sur l’ensemble de l’année d’une moyenne de 14, 5° avec des glaciers qui se font la malle ?

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Prétérition fielleuse

Mais non, vous n’y êtes pas du tout. Enfin, réfléchissez un peu, s’il y a un danger en France, ce sont les hordes de LFI, prêtes à envahir les lieux de pouvoir parce qu’elles ne seraient pas d’accord avec le résultat des urnes de la dernière présidentielle. Bref que les militants de LFI, et pourquoi pas tous ceux de la Nupes, se comportent comme la fraction radicalisée des bolsonaristes du 8 janvier. Séjourné a été très précis, avec une jolie prétérition fielleuse sur Public Sénat : «  Les démocraties doivent se protéger de tout ça (…)La tentation de remettre en cause la légitimité politique. » Et de préciser : « On voit bien de la part de LFI, je ne veux pas les nommer, mais il y a eu une tentation d’expliquer que la légitimité des élus était remise en cause pour telle et telle raison et il faut faire attention ».

Rappelons tout de même les faits

Dimanche 8 janvier 2023, dans un mimétisme qui devrait leur valoir des demandes de royalties de la part des milices trumpistes du 6 janvier 2020 devant le Capitole, une fraction radicalisée de l’électorat bolsonariste (bref, des radicalisés au carré) s’en sont pris sur la place des Trois-Pouvoirs, à Brasilia, au Palais présidentiel, au Congrès, et à la Cour suprême. Etait-ce que parce que ces bâtiments avaient été conçus par le génial architecte communiste Oscar Niemeyer, à qui on doit aussi le siège du PCF ?

Peut-être, mais ce n’était pas leur motivation principale. Leur motivation principale, c’était d’inciter l’armée au putsch.  Apparemment, l’armée, elle en a soupé de Bolsonaro, elle a eu beau avoir des manifs devant ses casernes, elle avait déjà donné.  Et elle n’était pas mécontente de le voir s’auto-exiler aux États-Unis (quelqu’un a pensé à lui dire que ce n’était plus Trump, au pouvoir, là-bas ?) pour éviter d’avoir à remettre son écharpe à Lula – qui n’a pourtant qu’un programme qui semblerait modéré à François Bayrou. Mais enfin, après Bolsonaro, comme après Trump, n’importe quel politique qui ne parle pas de prendre les femmes par la chatte ou qui demande d’arrêter d’être un pays de tapettes (il faudra, un jour, s’interroger sur les angoisses libidinales de l’extrême-droite…), il vous apparaît comme un modèle d’humanisme et de fraternité.

La Nupes est bien l’ennemi prioritaire de la macronie

Le bilan de la journée au Brésil, c’est outre trois cents arrestations, la déprédation d’un certain nombre d’œuvres d’art du patrimoine national, ce qui a défaut de surprendre de la part de ce type de « patriote », reste tout de même assez désolant.

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Donc, revenons à notre Séjourné. Penser à LFI plutôt qu’au RN (par exemple) à propos de ce qui s’est passé au Brésil, indique bien l’ennemi prioritaire de la macronie. La gauche. Et rien que la gauche. Ce n’est pas plus compliqué que ça. On rappellera qu’aux dernières législatives (coucou Blanquer !), dans tous les duels de second tour entre la Nupes et le RN, les ambiguités et le renvoi dos à dos de la gauche et de l’extrême-droite ont permis l’élection de plusieurs dizaines de députés lepénistes.

Que Séjourné se rassure, cependant, il n’y aura pas de 6 février 34 de la gauche, ce n’est pas le genre de la maison. Mais à force de banaliser certaines idées, certains comportements, il n’est pas impossible que Macron soit le président qui aura fait élire Marine Le Pen. Il paraît que ça l’obsède, cette idée, Macron. Si ce jour-là advient, Séjourné pourra venir manifester avec la gauche, retrouver les « valeurs communes » que lui et les autres macronistes disaient avoir avec Mélenchon entre les deux tours de la présidentielle.

On n’est pas rancunier. Mais Séjourné, ce jour-là, aura autre chose à faire. Passer un entretien d’embauche chez McKinsey par exemple.


Un autre son de cloche

Elisabeth Lévy : « Ce qui menace notre démocratie c’est une gauche qui n’accepte pas le désaccord »

Retrouvez la chronique de la directrice de la rédaction de Causeur, chaque matin après le journal de 8h dans la matinale de Sud Radio.

Émeutes à Brasilia: un cadeau du ciel pour Lula?

Le Brésil se réveille groggy, après l’insurrection de dimanche, place des Trois-Pouvoirs. En réalité, c’est un cadeau du ciel pour le président Lula, mal élu, et dont la presse mondiale oublie soudainement de rappeler tous les aspects sulfureux de la personnalité… Pendant ce temps, la purge des militants de droite s’organise. La correspondance de Driss Ghali.


On dit que le monde appartient aux gens qui se lèvent tôt, c’est faux, il appartient aux petits malins qui n’ont pas froid aux yeux. Le Brésil vient de nous en donner la plus brillante des illustrations. En l’espace de 48 heures, Lula a obtenu une attestation de virginité démocratique, reconnue par les plus hautes instances internationales. Il a suffi qu’une bande d’imbéciles, aidés par des policiers étrangement conciliants, s’empare de bâtiments vides à Brasilia. Aucune balle tirée, aucun mort, aucun otage, aucun communiqué, aucun manifeste, aucun objectif à part celui de déchirer des rideaux et de briser des vitres. Et bien entendu aucun leader. Drôle d’insurrection. Mais peu importe les zones d’ombre, le Brésil a eu son incendie du Reichstag et Lula son épiphanie ! Sur CNN Brasil, j’ai cru apercevoir des ailes d’ange se dessiner derrière son dos. Sur GloboNews, j’ai clairement vu une auréole sur son front, elle scintillait dans une couleur dorée.

Tout le monde fait semblant d’ignorer qui est Lula

L’ancien détenu pour corruption et blanchiment d’argent, le candidat préféré des délinquants, l’homme politique qui n’a pas levé le petit doigt lorsque ses adversaires étaient censurés et persécutés durant la campagne présidentielle, Lula donc s’est métamorphosé en défenseur suprême de la légalité. C’est comme si MBS s’auto-intitulait ambassadeur mondial de la cause LGBT après un attentat homophobe à Djeddah.

Le Brésil marche sur la tête. Et le monde avec lui parce que tout le monde fait semblant d’ignorer qui est Lula.

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Tous les dégâts que l’on vous a montrés à la télé ne valent même pas un millionième des dégâts infligés à la démocratie brésilienne par Lula et ceux qui l’ont sorti de prison. Que pèse une moquette souillée face à un État de droit brisé en mille morceaux ? Cela fait trois ans que la constitution brésilienne est piétinée par les juges de la Cour Suprême pour permettre le retour de Lula aux affaires. Non contents de l’avoir libéré de manière extrêmement cavalière pour ne pas dire scandaleuse, ils ont systématiquement dynamité la liberté d’expression au Brésil pour éviter qu’on ne lui rappelle ses quatre vérités. Ils ont inventé le délit d’opinion, supprimé depuis la chute de la dictature militaire en 1985 ; ils ont fait voler en éclats le principe de l’immunité parlementaire ; ils ont assassiné la séparation des pouvoirs, entre autres outrages à la démocratie. Le Brésil est devenu, en l’espace de trois ans, une république bananière. Avant, c’était un pays violent mais démocratique. Désormais, il s’agit d’un pays violent où la vérité est hors-la-loi. Pour se débarrasser de Bolsonaro, la Cour Suprême a habitué les Brésiliens à vivre sous un régime juridique où un trafiquant de drogue a plus de chances d’avoir un procès équitable qu’un journaliste de droite… À combien de dizaines de milliards d’euros estimez-vous les dommages portés à l’amour-propre des Brésiliens et à l’économie du Brésil ? Qui a envie d’investir dans une république bananière, à part les disciples de Pablo Escobar et quelques oligarques véreux ?

Je ne minimise pas les émeutes, mais…

Alors, le lecteur français me pardonnera quand je dirai que les destructions enregistrées à Brasilia dimanche dernier seront réparées dans une semaine, alors que les séquelles infligées aux Brésiliens pour permettre le retour de Lula ne sont pas prêtes d’être effacées. Il n’est pas question de minimiser les émeutes, il est question de reconnaître les véritables ennemis de la démocratie brésilienne.

Dans quelques jours, toute notre attention aura été rappelée par l’Ukraine et la crise énergétique. Les Brésiliens, eux, verront s’abattre sur leur pays une véritable campagne d’épuration. Déjà, un « camp de triage » a été mis en place aux alentours de Brasilia, il regrouperait un millier de détenus : qui les visite, qui les nourrit, qui défend leurs droits ? Pas Amnesty International en tout cas. Au diable les droits de l’homme après tout puisqu’il s’agit de gens de droite ! Ce sont des diables effectivement, et le malin n’a pas droit à la démocratie, il mérite le châtiment.

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Dans la foulée, les alliés de Bolsonaro seront pourchassés jusqu’à ce qu’ils fassent allégeance au système : il suffit de renier Bolsonaro comme on renie un démon qui vous a possédé quatre ans durant. Le Brésil verra donc défiler les Judas en cette année 2023. Bolsonaro, lui-même, risque de se retrouver derrière les barreaux, peu importe son degré d’implication dans les événements du 8 janvier. A priori, il n’y est pour rien mais la vérité importe peu dans un procès politique. Pour l’instant, il est en vacances aux États-Unis, on le dit d’ailleurs souffrant et hospitalisé. Sa fin de règne aura été crépusculaire, marquée par un silence de mort qui n’a fait que désespérer le peuple de droite. Il peut encore se ressaisir en se posant comme le résistant suprême à la campagne d’épuration qui vient. Son sort donc n’est pas jeté.

De toute façon, personne n’est prêt à prendre sa relève. Le Brésil est un pays curieux où le peuple de droite se compte par dizaines de millions mais où les leaders de droite brillent par leur absence. Manque d’ambition, déficit de préparation ou peut-être excès de lucidité. Ils savent à quel type de Bête ils ont affaire et ils savent également que seul un « fou » comme Bolsonaro peut se risquer à la combattre véritablement. À l’évidence, il n’a pas réussi. Mais, en politique, il ne faut jamais désespérer.

Français, ouvrez les yeux !: Une radiographie de la France par un immigré, Driss Ghali, éd. Broché, 240 pages, à paraître le 18 janvier 2023.

Les cendres de Napoléon III reviendront-elles un jour en France?

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L’Empereur Napoléon III, Empereur des Français en uniforme de Général de Brigade dans son grand cabinet des Tuileries, en 1862, Hippolyte Flandrin, Wikimedia commons.

Tout au long de l’année 2023, des manifestations et commémorations seront organisées en hommage à Napoléon III (1808-1873). Le dernier Empereur des Français est décédé il y a 150 ans. En novembre dernier, le député (RN) Jean-Philippe Tanguy a annoncé qu’il avait l’intention de demander officiellement le retour des restes de l’Empereur qui reposent au Royaume-Uni. Des cendres qui sont jalousement gardées par les moines bénédictins de Farnborough.


C’est durant son adolescence, à l’heure où les consciences politiques se forgent, que le député Jean-Philippe Tanguy s’est pris de passion pour l’Empereur Napoléon III dont on fête cette année le 150e anniversaire de la mort. De nombreuses manifestations, reconstitutions d’époque et commémorations seront organisées tout au long de 2023. L’occasion pour le député de la Somme d’annoncer, dans une édition du Journal du Dimanche, qu’il avait le projet de déposer au Palais Bourbon, une motion officielle de restitution des restes du souverain. Des cendres qui reposent à l’abbaye Saint-Michel de Farnborough, au Royaume-Uni, loin de cette France que le neveu de Napoléon Ier a tant aimée. Jean-Philippe Tanguy, qui affirme rendre hommage aux deux Napoléon depuis ses 16 ans, entend se placer dans les pas de Philippe Séguin et reprendre son combat. L’ancien président de l’Assemblée nationale, passionné de Napoléon III, avait consacré une biographie éloquente à celui qui avait occupé également le poste de président de la République (1849-1851) avant de devenir le monarque que l’on connaît.

Un héritage qui n’est plus controversé

Autoritaire à ses débuts, le Second Empire (1852-1870) est devenu progressivement libéral. « C’est un règne qui a profondément transformé la France. C’est la plus grande période de prospérité de notre histoire » indique le prince Joachim Murat, joint par téléphone. « Droit de grève, inspection du travail, assurance maladie et caisse de retraite, repos hebdomadaire, accès à l’éducation scolaire gratuite, augmentation des salaires de 47%, Napoléon III a mis en place un véritable programme en faveur de la classe ouvrière » explique le descendant du plus célèbre maréchal du Premier Empire. Il égrène un à un toutes les réussites et les acquis sociaux de ce chapitre incontournable de l’histoire de France, d’une monarchie qui redessiné les principales villes de France sous l’autorité du préfet Haussmann et dont les institutions ont inspiré la Ve République avec son esprit référendaire. Paris reste d’ailleurs encore un des témoins, un des fleurons architecturaux de cette époque « que Napoléon III a parfois lui-même dessiné » précise le prince Joachim Murat. Il balaye la légende noire qui entoure ce souverain et qui lui colle encore à la peau aujourd’hui.  « On la doit en partie à Victor Hugo qui s’est exilé de son propre chef et qui n’a jamais été honnête vis-à-vis de l’héritage et des acquis sociaux de Napoléon III » affirme l’héritier au trône de Naples. 

« Par les réformes de libéralisation qu’il a accomplies jusqu’à la fin, Napoléon III a confirmé que son but était bien d’atteindre un régime démocratique. Je rappelle que sa méthode a été largement soutenue par le peuple, puisque le plébiscite de 1870 (quelques mois avant la défaite de Sedan qui signe la chute de l’Empire NDLR) enregistre encore le soutien de 83% des exprimés et même 67% de tous les inscrits. Napoléon III a réagi face à la volonté de certaines élites de supprimer le suffrage universel masculin, déjà bien insuffisant par son exclusion des femmes. Le Second Empire a par ailleurs favorisé la modernisation économique, éducative et administrative de la France pour en faire la grande puissance artistique, scientifique et industrielle du XXème siècle » explique le député dont les propos font échos à ceux du prince Murat. « Les deux empereurs qui ont permis à la France de devenir une démocratie et une république stables ont été investis par le suffrage populaire, non par un choix aristocratique ou le principe dynastique » renchérit encore Jean-Philippe Tanguy.

Le député RN Jean-Philippe Tanguy © NICOLAS MESSYASZ/SIPA

« Je ne considère pas Napoléon III comme le dernier souverain français mais comme l’un de nos plus importants chefs de l’État. L’historiographie française, de Pierre Milza à Eric Anceau, a désormais fait un bilan objectif de l’œuvre de Napoléon III et du leg du Second Empire. Il mérite de retrouver sa juste place dans l’histoire nationale, ni plus, ni moins » plaide-t-il. Pour Jean-Philippe Tanguy, le retour des cendres de Napoléon III devrait être considéré comme une priorité. « Le 9 janvier 2023 marque les 150 ans de la mort de Napoléon III. C’est donc l’occasion d’ouvrir ce débat pour enfin prendre cette décision. La France doit faire la paix avec toute son histoire, en particulier une période qui a déterminé tant d’aspects de notre société présente » explique encore le député. « (…) Ce geste d’unité, de continuité et de fierté nationales ne demande rien d’autre qu’un peu de courage, de hauteur de vue et de dignité » poursuit-il, tout en rappelant qu’il est conscient que les problèmes de ses concitoyens sont d’une autre nature. Ce n’est pas la première fois que le Rassemblement national s’empare de ce sujet impérial. En 2017, alors en pleine campagne présidentielle en Corse, Marine Le Pen (qui siège dans l’hémicycle comme députée et présidente de son groupe), avait proposé également de ramener les cendres de l’Empereur. Une annonce qui n’avait pas manqué de faire réagir les nostalgiques des deux Empires. « J’avais écrit à Marine Le Pen après cette déclaration et elle n’a jamais daigné me répondre » s’agace David Saforcada. Président de l’Appel au Peuple (AuP), une formation politique qui a compté de nombreux députés et sénateurs durant l’Entre-deux-guerres, récemment reformée, il s’étonne même de cette tentative de récupération par l’ancien parti frontiste.

Le Rassemblement national et le bonapartisme

Le RN, bonapartiste ? « Qu’il s’agisse de la défense de la souveraineté populaire et de l’indépendance nationale, du rétablissement de l’ordre et du mérite, du patriotisme économique et des révolutions technologiques à mettre en place, du rétablissement d’une école du mérite et du respect des savoirs, l’essence du programme mariniste poursuit l’œuvre bonapartiste » répond Jean-Philippe Tanguy, revendiquant ouvertement une étiquette gaullo-bonapartiste. Quitte à faire s’étrangler d’énervement le leader de l’AuP. « Le RN a peut-être la saveur du bonapartisme mais n’a certainement rien de bonapartiste en soi. Je ne me souviens pas que Jean-Philippe Tanguy, ancien de Debout La France, ait soutenu à un moment notre proposition de ramener ces cendres que nous avions faîtes à Nicolas Dupont-Aignan avec lequel nous avons collaboré un temps » tacle David Saforcada. Jean-Philippe Tanguy balaye toutes accusations de récupération par son parti. « Il n’y a que ceux qui ne font rien qui n’essuient pas de critiques. (…). J’estime que l’histoire de France est un bloc et que nous devons tout assumer. Imaginons que Robespierre ait fuit son destin tragique pour mourir, par exemple, aux Etats-Unis : j’aurais alors soutenu aujourd’hui que ses cendres soient ramenées dans sa patrie » affirme-t-il sur un ton qui ne laisse pas de place aux doutes. « Lors de la célébration du bicentenaire de Napoléon Ier, seule Marine Le Pen a fait un discours engagé et remarquable sur le leg du Consulat et de l’Empire » renchérit celui qui est aussi, à 36 ans, président d’une commission d’enquête parlementaire.

Avant le député Jean-Philippe Tanguy, d’autres ont tenté de ramener l’Empereur. D’abord Philippe Seguin dans les années 90 ou encore Christian Estrosi, maire de Nice. Alors Secrétaire d’État à l’Outre-mer, une demande déposée en 2007 n’avait pas eu l’effet escompté. Si l’AuP est favorable au retour des cendres de Napoléon III, le mouvement tient à temporiser l’ardeur du RN. « Ce serait un vrai moment de rassemblement populaire mais imaginer une telle opération sous le quinquennat d’Emmanuel Macron serait contre-productif » explique David Saforcada. « Les Français ont malheureusement d’autres soucis que de penser à ramener Napoléon III ou Charles X de là où ils reposent. Ils ne comprendraient pas l’importance de l’événement, encore moins si c’est Emmanuel Macron qui préside ce genre de cérémonie en lieu et place des descendants de la maison impériale qui ont plus de légitimité » renchérit-il. Un avis que rejoint le prince Joachim Murat. « Avant de penser à son retour, il faudrait déjà faire un effort de redécouverte pédagogique sur l’héritage « magiquissime » que Napoléon III nous a laissé ». Considéré comme une étoile montante de la droite souverainiste, Joachim Murat salue cependant l’initiative du député RN mais doute que cela puisse se réaliser. « Tout au plus son action est symbolique » dit le prince qui rappelle que l’aspect « diplomatique entre la France, l’Angleterre et le Vatican » n’est pas à négliger dans cette entreprise. « Enclave catholique sur un territoire anglican, l’abbaye Saint-Michel bénéficie d’une bulle papale qu’il faudrait casser » pointe du doigt cet ancien officier parachutiste. « Encore faut-il que nous ayons pour ce retour l’accord indispensable du prince Jean-Christophe Napoléon, actuel chef de la maison impériale. En admettant qu’il donne son accord, il faut aussi que les moines acceptent de nous rendre ses cendres. Enfin, où devons-nous inhumer l’Empereur ? Napoléon III aurait souhaité l’Église de Saint-Augustin, situé à Paris. Mais rien n’a été vraiment décidé par la famille impériale » explique Joachim Murat. Autant dire que l’initiative du député Jean-Philippe Tanguy, si elle reste louable, a toutes les chances de finir comme les autres tentatives de ses prédécesseurs. Avec un certain panache mais sans suites.

Louis Napoléon le Grand

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Sartre/Houellebecq: l’affaire dans l’«affaire»

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Le philoophe Jean-Paul Sartre et l'écrivain Michel Houellebecq / DR / Karl Schoendorfer/REX/SIPA

Alors qu’il se défendait, menacé par des poursuites judiciaires de religieux, France Inter a accusé l’écrivain Michel Houellebecq de mentir et de tordre d’anciens propos du philosophe, avec la complicité du journal Le Point. Le seul tort de Michel Houellebecq? Avoir parlé de «meurtre des hommes blancs», alors que Sartre parlait plus précisément d’abattre un «Européen». Qui a dit quoi, exactement?


Michel Onfray face à Michel Houellebecq. L’interview est sortie fin novembre, dans un numéro hors-série de Front Populaire. Sur une quarantaine de pages, les deux Michel livrent leurs angoisses respectives. C’est un peu un peu le match entre la France des deux écoles chantée par Michel Sardou, entre le Normand Onfray, éduqué dans les dortoirs sordides des Salésiens et Houellebecq, qui a surtout grandi dans une Bourgogne déchristianisée et baignant dans un milieu cryptocommuniste.

Pour Onfray, l’angoisse numéro 1, ce sont les savants fous de la Silicon Valley qui injectent des puces dans la cervelle des truies pour modifier leurs souvenirs. Pour Houellebecq, l’inquiétude, c’est l’euthanasie et le sort réservé aux vieux. Au détour d’une phrase, il déclare : « Parfois, je me demande s’il n’arrivera pas un jour où je choisirai de passer ma retraite chez les talibans : j’y serais mieux traité que dans un EHPAD. Enfin, les talibans, j’exagère peut-être un peu, disons le Maroc. » Effort louable pour se rapprocher du monde musulman !

Houellebecq craint des Bataclan à l’envers

Malheureusement, quelques autres passages n’ont pas échappé à la vigilance de la grande mosquée de Paris, qui a envisagé de déposer plainte pour « provocation à la haine contre les musulmans » dans un premier temps, avant de se rétracter. Les voici :

« Le souhait de la population française de souche, comme on dit, ce n’est pas que les musulmans s’assimilent, mais qu’ils cessent de les voler et de les agresser. Ou bien, autre solution, qu’ils s’en aillent. »

A lire aussi, Aurélien Marq: La Grande Mosquée de Paris peut-elle faire taire Michel Houellebecq?

« Quand des territoires entiers seront sous contrôle islamique, je pense que des actes de résistance auront lieu. Il y aura des attentats […] dans des mosquées, dans des cafés fréquentés par les musulmans, bref des Bataclan à l’envers ».


Quand on se souvient qu’il s’est écoulé neuf années entre la plainte contre Charlie Hebdo et le fameux attentat islamiste de janvier 2015, on peut comprendre que Michel Houellebecq ait pu amender et revenir sur ses propos dans les colonnes du Point, en rappelant tout de même qu’en son temps, Jean-Paul Sartre avait « appelé dans un texte demeuré célèbre au meurtre des hommes blancs ». C’était dans la préface des Damnés de la terre, ouvrage de Frantz Fanon, psychiatre martiniquais en poste en Algérie à la toute fin de la période coloniale. Quand l’ouvrage sort, en 1961, la guerre d’Algérie n’est pas terminée et les Européens présents en Algérie – qui n’étaient pas forcément tous d’affreux propriétaires fonciers faisant suer le burnou – subissent encore les attentats du FLN.

Ben, mon colon !

Le parallèle proposé par Houellebecq n’a pas échappé à la vigilance de Claude Askolovitch. À une époque, il y a vingt ans, on a connu Askolovitch défendant la ligne Finkielkraut contre la ligne Ramadan chez Ardisson, mais ça c’était avant. Depuis, Askolovitch a essayé de faire la danse du ventre auprès des Indigènes de la République, tentative qui n’a pas été appréciée à sa juste valeur par Houria Bouteldja! Dans son homélie quotidienne, sur France Inter, Claude Askolovitch estime que Michel Houellebecq a volontairement tronqué une citation de Sartre, avec la complicité du Point : « En le premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé: restent un homme mort et un homme libre ». Dit comme ça, ça jure. Pourtant, selon Askolovitch, « pas un instant [Sartre] n’appelle au meurtre des hommes blancs… ». Dans sa version complète [1], la citation n’est plus, selon Askolovitch, « une proclamation » mais l’issue d’un « long raisonnement », qui doit se comprendre dans le contexte d’ « inhumanité du colonialisme ».

A lire aussi, Stéphane Germain: CO2: la tentation communiste

On pourrait rétorquer que Houellebecq n’incite à rien lui non plus quand il annonce qu’il y aura des Bataclan à l’envers mais ne fait là qu’une sombre prophétie (exercice pour lequel il a montré qu’il n’était pas trop mauvais). Le contexte des attentats de l’année 1961 et les possibles effets de la préface de Sartre ne sont pas un seul instant évoqués par Askolovitch: philosophe, Sartre peut manier des concepts, sans se soucier de leur impact dans le réel, lui.

On est en droit de préférer Albert Camus, malgré tout, qui écrivait onze ans à l’avance : « J’ai horreur de la violence confortable. J’ai horreur de ceux dont les paroles vont plus loin que les actes. C’est en cela que je me sépare de quelques-uns de nos grands esprits, dont je m’arrêterai de mépriser les appels au meurtre quand ils tiendront eux-mêmes les fusils de l’exécution [2] ».

Les damnés de la terre

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[1] « Car en le premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre ; le survivant, pour la première fois, sent un sol national sous la plante de ses pieds ».

[2] Albert Camus, Deux réponses à d’Astier de la Vigerie in Actuelles. Écrits politiques, 1950. Gallimard-Folio.

Noël Le Graët, la bévue de trop?

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Noël Le Graët et Didier Deschamps, Clairefontaine, juin 2018 © HAMILTON-POOL/SIPA

Les propos du président de la Fédération française de football sur Zidane indignent. Noël Le Graët passe son temps à réparer ses bévues de toutes sortes! Les 14 membres du comité exécutif de la fédération se réunissent ce matin. En quoi la reconduction de Didier Deschamps est-elle évidente?


Non, Didier Deschamps n’a pas été et n’est pas un entraîneur « génial ». Non, ce n’est pas l’offenser que d’avoir pu envisager son départ et même de l’avoir souhaité. Oui, on a le droit de le critiquer, voire de s’étonner de sa reconduction quasi automatique à la tête de l’équipe de France jusqu’au mois de juillet 2026.

La Fédération française de football et Noël Le Graët ont validé cette prolongation avec le faux suspense de la prétendue hésitation du principal intéressé. On sait que le couple Noël Le Graët et Didier Deschamps, depuis quelques années, est dans une totale complicité. À tel point qu’il était convenu entre eux que le but serait déjà atteint avec la France en demi-finale.

Politique de la rhubarbe et du séné

Après l’échec au championnat d’Europe (avec Didier Deschamps cependant maintenu à son poste), pourquoi Noël Le Graët n’a-t-il pas poussé le maximalisme jusqu’à prescrire au moins l’obligation de la finale à la Coupe du monde et, pourquoi pas, de la victoire ? Cette exigence relative ne faisait pas peser la moindre pression sur Didier Deschamps qui était quasiment assuré de remplir son contrat.

Il suffisait d’observer la triste mine de Mbappé après la défaite et même sur le balcon du Crillon place de la Concorde pour mesurer à quel point ce compétiteur n’aspirant qu’à fêter la victoire se trouvait gêné devant cette multitude de personnes applaudissant une défaite.

D’emblée je me suis senti mal à l’aise avec cette politique de la rhubarbe et du séné entre Noël Le Graët et Didier Deschamps qui se soutenaient réciproquement et semblaient ne tenir aucun compte d’autres considérations que celles confortant à la fois le président et le sélectionneur. Se congratulant, ils bloquaient tout débat.

La polémique Zidane tombe mal

J’étais d’autant plus réservé face à cette entreprise – très longtemps à l’avance, on nous a annoncé que Didier Deschamps serait probablement prolongé et qu’il aurait carte blanche ! – que Noël Le Graët avait accumulé des griefs, des polémiques, des maladresses, des vulgarités et des indélicatesses qui pouvaient faire douter de sa fiabilité en tant que président de la FFF et du processus concernant Didier Deschamps qu’il avait fait valider par le comité exécutif.

Sa toute dernière saillie à l’encontre de Zidane pressenti comme sélectionneur au Brésil constituant un sommet de mépris et de vulgarité : « J’en ai rien à secouer, il peut aller où il veut […] je l’aurais même pas pris au téléphone… » Réaction immédiate et justifiée de Kylian Mbappé reprochant à Noël Le Graët d’avoir manqué de respect à « une légende ».

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À nouveau, Noël Le Graët a dû s’excuser pour sa « maladresse » et faire acte de repentance. Il téléphonera même à Zidane. Noël Le Graët passe son temps à réparer ses bévues de toutes sortes mais que ne ferait-on pas pour conserver une position aussi juteuse !

Noël Le Graët pourrait prendre exemple sur Lloris…

Le footballeur Christophe Dugarry, protégé par Zidane, malgré quelques exploits notamment bordelais, ne m’avait jamais ébloui mais l’analyste qu’il est devenu ensuite – une sorte de parler-vrai à la Ménès mais sans la grossièreté trop fréquente de ce dernier – a vu souvent juste et en particulier lorsqu’il a souligné, après la Coupe du monde et la finale manquée malgré l’étincelant Mbappé, qu’il serait normal voire souhaitable d’envisager la possible succession immédiate de Didier Deschamps par Zidane. On a crié au lèse-Deschamps alors que c’était tout simplement un propos de bon sens.

Noël Le Graët, âgé de 81 ans, s’accroche à sa fonction de président, a encore des ambitions mais, à considérer ces derniers mois, n’a-t-il pas perdu toute légitimité, y compris pour son opération programmée en faveur de Didier Deschamps, quand Zidane piaffe et apporterait du nouveau à cette équipe de France ?En dépit de l’excellent bilan de son sélectionneur et entraîneur actuels, elle serait sublimée par son successeur.

Hugo Lloris a annoncé sa retraite internationale. Pas le genre de NLG mais ce dernier pourra-t-il rester jusqu’en 2024 ? La ministre des Sports ne le « lâche » pas et il paraît que le président est lui aussi mécontent. La presse espagnole est indignée. Le « papy » en prend plein la tête ! Rien n’est plus agaçant que ce sentiment d’avoir été mis devant le Deschamps accompli !

Celui-ci va-t-il rester jusqu’en 2026 alors que maintenant il est clair que Didier Deschamps va être fragilisé par les « écarts de son président » et que, comme l’affirme Frank Leboeuf, « Noël Le Graët rend Didier Deschamps complice de ses bêtises sur Zizou »… ? La machine trop bien et trop vite programmée est en train de se dérégler. Le 11 janvier, à 11 heures, le Comex va se réunir avec Noël Le Graët et je ne sais quelle sera son issue en ce qui concerne ce dernier attaqué de toutes parts même pour des faits allégués très anciens (2014 !). La seule bonne nouvelle est qu’on envisage de réexaminer les conditions dans lesquelles la prolongation de Didier Deschamps a été effectuée, la durée de son contrat et son salaire.

En même temps, à un niveau modeste, j’ai conscience d’ajouter à une hypertrophie somme toute dérisoire par rapport à ce dont la France est réellement préoccupée et qui va en jeter une part dans la rue ! De cette effervescence enflée, quel gain pour le foot ? Quel gain pour Didier Deschamps ? Quel désastre pour Noël Le Graët ! Et Zidane attendra…

Féroce et réjouissant Patrice Jean

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Détail de la couverture de "Louis le magnifique" de Patrice Jean © Borderline / Editions du Cherche Midi

Malgré deux années à se demander si on allait enfin mourir, 2022 se pointa. Je me disais que peut-être c’était fini tout ça, le cinéma, la musique, les festivals, les concerts, le théâtre, l’art subventionné, tous ces machins déprimants financés avec notre pognon juste bons à nous faire regretter le monde d’avant.


Que tous ils allaient enfin crever nos marchands de culture, bonimenteurs prétentieux, producteurs et dealers de saletés pour philosophes de fast-food, maquereaux d’artistes putains, épiciers à salades baveuses de limaces, 99 % de nigauderies à faire disparaître les dernières traces d’Art, cette puberté superbe de l’âme rêveuse, désormais gaffeuse faiblesse en voie d’extinction tant les foules atroces sont encouragées à piétiner tout ce qui ose n’être pas content de soi.

Le confinement n’est pas vraiment une aubaine pour les maisons d’édition

Tellement ils étaient confinés pendant deux années, les Français se mirent à raconter leurs journées avec des mots sur du papier. Des colis en pagaille furent balancés aux bureaux de poste vite inondés. Pire que les charrettes de fumier devant les préfectures déversées, les grandes maisons d’édition furent harcelées de tombereaux de manuscrits. Après plusieurs mois de labeur, les broyeurs fatiguaient, les lames s’usaient, demandaient grâce. De nuit, des convois discrets acheminaient les tonnes de papiers vers des campagnes isolées où de grands brasiers purent se régaler, hécatombes offertes au Dieu Covid qu’on espérait apaiser. Déçus de ne pas être édités, les Français, pour se venger, jurèrent de s’auto-éditer.

Quand même, on attendait quelques chefs-d’œuvre, deux ou trois pépites isolées dans la masse remarquées ; le cru 2022 aurait-il du nez ? Moi pas chiant, j’attendais juste les manuscrits retrouvés de Céline, mais c’était sans compter l’hyperactivité de mes trois écrivains vivants préférés : Michel Houellebecq (1 roman et 1 entretien suicidaire), Bruno Lafourcade (3 ou 4 romans et essais) et Patrice Jean (3 romans) dont le P’tit Louis le magnifique m’aida à finir l’année.

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Drôle de couverture pour un Patrice Jean, lui habitué aux très jolies illustrations de Mathieu Persan, voilà qu’il tourne hardos beauf ? Et encore un nouvel éditeur (Cherche Midi) ? Décidément, cet homme si discret est partout, on se l’arrache, tout le monde veut l’éditer, nos politiques les plus roués cherchent à le séduire, à s’attirer ses bonnes grâces ; seule la gauche le boude, ne lui pardonnant pas d’avoir un style.

Il faut le dire, de voir ce vilain métalleux à coupe mulet (qui me ressemble étrangement) de dos sur fond bleu, vêtu d’un blouson en jean bardé de badges et patchs de groupes, je me suis demandé si ce n’était pas là l’œuvre d’un homonyme ? un Patrice Jean rouquin frisoté, pourquoi pas luthier sur Mulhouse, auteur à succès spécialisé dans les romances de backstages heavy metal ?

Je m’étonnai aussi de ce hasardeux choix de typo, mais on m’expliqua le côté décalé de la collection Borderline. Bien. Quand même, avec une telle couverture, il serait surprenant que les lecteurs bien élevés puissent se laisser tenter par cet ouvrage qui semble marketé pour une niche assez réduite : celle des adorateurs de Cannibal Corpse ou d’Iron Maiden.

Le papier d’assez mauvaise qualité donne un petit côté pulp et on se sent voyou, lecteur sous le manteau, sans billet planqué sous la paille d’un wagon en partance pour les années 80 dans lesquelles débutera l’histoire.

Patrice Jean attendait son heure

Je ne résumerai pas le livre, il vous suffira de lire la quatrième de couverture. Je voulais juste vous dire qu’il est drôle, qualité énorme si mal vue de nos jours. Qui écrit drôle aujourd’hui ? Qui fait éclater de rire ? Râler ma femme qui dort à côté ? Doigts de la main ?… Rien que pour cette anomalie divine, il faut conseiller ce petit roman qui a l’insigne mérite de vous faire gondoler dès les premières pages. Face à cette espèce rare, il faut s’estimer heureux comme le croqueur d’ortolan.

Écrit il y a une dizaine d’années, P’tit Louis dormait, attendait son heure, là-bas dans son mystère tibétain. Étant moi-même fan de Thrash métal depuis mes onze ans (le piège pour enfants de la classe moyenne comme c’est dit dans le bouquin), je m’attendais à l’histoire d’une carrière musicale, mais Louis Gilet est un rocker poète, comme il doit exister des plombiers prophètes, voire des boulangers thaumaturges. Il faut parler de lui au présent, car cet étonnant Louis est toujours parmi nous, quelque part en train de préparer la saison. Il me tarde même d’aller le dénicher où vous verrez.

C’est l’absurdité de sa poésie de crêpier-serveur-coiffeur qui est le nectar du livre. Divulguer ici les diverses trouvailles qui m’ont fait éclater serait vous gâcher le plaisir, mais je ne puis résister : « Des dindons égarés sur des voies ferrées », « ces loups au sourire de neige » ou « Le petit Louis j’étais sûr qu’il deviendrait philosophe ou poète ou ostéopathe » ou « la pochette du disque représenterait un bébé écrasé par un char nazi», etc.

Patrice Jean est un pessimiste enjoué, il déplore avec amusement le désenchantement tant vanté par nos publicitaires, cette aspiration poétique disparue, moquée, surjouée avec tant d’emphase par notre civilisation du toc. Les quatrains se lisent sur les vitrines des salons de coiffure et l’auteur doit s’afficher dans des manifestations progressistes pour être lu.

Poursuite de lectures idéales

P’tit Louis est un crétin, une version antérieure du Cyrille de La Poursuite de l’idéal, dontil n’a ni les dons ni la hauteur d’âme. C’est justement sa bêtise qui lui permettra de réussir là où Cyrille avait échoué à cause de son talent forcément couplé d’orgueil. Les derniers seront les premiers, et les premiers ne seront plus édités.

A lire aussi, Frédéric Ferney: Patrice Jean: Bonjour tristesse

Sans y croire, le narrateur mène son enquête ; il est chargé d’écrire un livre retraçant l’étrange carrière de son ancien camarade de lycée mystérieusement disparu. Parfois ce narrateur trop rare s’éloigne et l’enquête perd un peu de son sens, mais tout à coup il revient (à Sète et à la fin), ce qui permet à Patrice Jean de faire des coudes pour en placer deux ou trois, et des fameuses (le passage des œufs de Pâques justement évoqué par Éric Naulleau).

On peut regretter la petitesse de ce roman, le côté moins fouillé des personnages, mais la fin vaut le détour, tout en économie, en simplicité, en noir et blanc comme est la vie. Patrice Jean, une nouvelle fois, nous raconte comme il ne se passe rien, comme nous nous trompons sur tout, comme tout est à inventer si l’on veut rêver. Gardons nos mystères, nos illusions, la réalité n’est qu’un triste brouillon.

J’aurais peut-être aimé encore plus de loufoquerie comme celle qu’on trouve dans les premières pages, mais Patrice Jean est un être mesuré, peut-être faudrait-il le droguer, l’enivrer, pour le faire avouer ?

Il semblerait que son naturel ait rattrapé l’auteur. Il voulait faire du comique, du burlesque, mais il finit très logiquement par retrouver sa pente, qu’il suit pour notre bonheur depuis plusieurs romans fameux.

Un parent aime tous ses enfants, du plus moche au plus intelligent. Un lecteur doit savoir apprécier toutes les œuvres de son auteur de prédilection, trouver des ressemblances, des gènes communs, creuser pour dénicher le fameux fil, la racine de laquelle pousse la même sève dans tous les rejetons de l’artiste. Je n’ai pas lu tous les romans de Patrice Jean, on peut donc dire que je n’y connais pas grand-chose, mais celui-ci m’a secoué les cotes.

Louis le magnifique

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« C’est quelque chose, le rire : c’est le dédain et la compréhension mêlés, et en somme la plus haute manière de voir la vie. » (Flaubert)

CO2: la tentation communiste

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Des militants de Greenpeace et d'Extinction Rébellion bloquent le départ de jets privés stationnés à l'aéroport d'Amsterdam-Schipol, 22 novembre 2022 ©REMKO DE WAAL/ANP MAG via AFP

Entre la COP 27 qui demande à l’Occident de passer au confessionnal et au tiroir-caisse pour expier ses péchés environnementaux et les solutions égalitaristes inventées par des experts écolo-communistes, nous ne sommes pas près de mettre fin à nos émissions de CO2. La démographie et les besoins étant différents entre le Nord et le Sud, une coopération mondiale est impossible.


Vade retro Occidentas

La reconnaissance d’une « dette climatique » du Nord envers le Sud fut célébrée comme l’une des percées majeures de la récente COP 27. Inventeur de la « civilisation thermo-industrielle », donc coupable du saccage de la planète qu’on lui reproche (non sans fondement), l’Occident se voit pressé de se couvrir la tête de cendres tout en rédigeant un gros chèque – exercice peu commode au demeurant. En somme, nous aurions beaucoup péché et en offrant le pardon contre espèces sonnantes, la religion écolo remet au goût du jour une pratique jadis chère à l’Église catholique : les indulgences. Une manne destinée à compenser les préjudices subis par 7 milliards de non-Occidentaux et ce au titre des gaz à effet de serre émis depuis la révolution industrielle par l’Europe et les États-Unis.

On pourrait ajouter malicieusement qu’ils ne seraient justement pas 7 milliards si la science européenne n’avait pas, tout à la fois, augmenté les rendements agricoles, fait baisser la mortalité infantile, bref, multiplié Homo sapiens et prolongé son espérance de vie. Mais ce serait caresser la bête immonde dans le sens du poil et reconnaître aux dispensaires coloniaux des vertus – abject ! On ne demandera pas non plus en quoi les Africains auraient un indéfectible droit d’accès aux méfaits d’une thermo-industrie si décriée, alors que les Occidentaux devraient symétriquement y renoncer – ou a minima la vomir. Un bon sujet de philo pour le bac 2023. S’il nous faut jeter notre smartphone pour retourner à l’Âge de pierre, ceux qui y sont restés doivent-ils absolument passer par la case Facebook ou demeurer dans leur case tout court ? Vous avez deux heures.

Vous reste-t-il des quotas carbone ?

Loin de ces mauvaises pensées, Jean-Marc Jancovici, brillant président de The Shift Project, milite pour un « permis carbone » qui, notamment, limiterait le nombre de vols long-courriers au cours d’une existence à quatre voyages par Terrien (contrariante nouvelle au passage pour Greta Thunberg.) Jancovici trouve en effet que « gérer par les quantités est plus égalitaire que gérer par les prix ». L’égalité en matière de carbone pourrait donc, théoriquement, dessiner un nouvel horizon – dès qu’on aura décidé du prix du billet d’avion (je suggère un euro pour le Burkinabé et un million de dollars pour l’Américain). D’inspiration malthusienne, ce communisme du CO2 semble de prime abord inattaquable. Afin de satisfaire aux exigences des modèles climatiques, l’humanité ne pourrait émettre qu’une quantité maximale définie de CO2 par an – assertion, hélas, de plus en plus vraisemblable. Ce numérateur posé, il suffit ensuite de diviser celui-ci par les 8 milliards de Terriens pour déterminer le ratio de CO2 alloué à chaque Homo sapiens. Opération qu’il conviendra d’ajuster au fur et à mesure des évolutions démographiques : 9, 10 et sans doute 11 milliards à la fin du XXIe siècle. Il y aura donc 2 ou 3 milliards de non-Occidentaux supplémentaires d’ici peu (mon conseil : ouvrez un plan d’épargne dette climatique sans trop traîner). Le nombre de vols autorisés au cours d’une vie passera alors de 4 à 3 – mais en réalité à zéro, car les compagnies aériennes auront disparu d’ici là. Et pas qu’elles.

Les cocos du CO2 devraient pourtant modérer leur enthousiasme (bien compréhensible), car leur géniale trouvaille risque de se heurter à quelques difficultés pratiques. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois dans l’histoire que le communisme apparaît comme l’évidente solution à tous nos maux – avec le succès que l’on sait.

Un militant pour le climat, lors de l’ouverture de la COP 27 à Charm el-Cheikh, en Egypte, 6 novembre 2022. « Le déni du changement climatique mérite la peine de mort…» JA/ Sipa Press

Premier obstacle à franchir, l’adhésion démocratique à cette ascèse. Personne, déjà, ne veut de la décroissance – à commencer par les ouvriers pakistanais de la « fast fashion » –, alors le quota de CO2 par individu… Expliquer aux Gilets jaunes ou aux Red Necks américains qu’ils vont devoir émettre autant de CO2 qu’un Éthiopien s’annonce en effet délicat. Pour rallier définitivement leurs suffrages, ajouter qu’au titre des quantités déjà émises par leurs ancêtres, les amateurs de barbecue sur ronds-points enverront chaque année un chèque au dit Éthiopien. Chèque tiré sans doute du commerce des santons en terre cuite que leur quota de carbone leur permettra de façonner. À vue de nez, avec un tel viatique, un bon 2 à 3 % dans un scrutin régulier. Pour éviter tout atermoiement dans la réalisation de ce programme revigorant, le plus efficace demeure finalement d’imposer ces mesures. La démocratie ou l’urgence climatique, le choix des néo-cocos semble fait.

Les Français n’ont pourtant pas à rougir de leur bilan carbone : 1 % des émissions mondiales pour 1 % de la population, une très bonne note pour un pays développé. Une excellence obtenue grâce à la science nucléaire gauloise (sacrifiée par le maléfique trio Jospin-Hollande-Macron, mais c’est un autre sujet). L’humanité aurait ainsi intérêt à mettre le paquet sur la recherche pour relever les défis de l’hyperpollution. Piéger le CO2, trouver le graal de la fusion nucléaire ou, plus prosaïquement, planter des centaines de milliards d’arbres, toutes ces pistes méritent la mobilisation des scientifiques du monde entier. Mais si un chercheur du MIT devait du jour au lendemain – au nom d’un égalitarisme apocalypto-climatique – émettre autant de CO2 qu’un paysan malien, il est vraisemblable qu’il trouverait moins vite une solution à nos problèmes. Sans mépriser nullement la sagesse du paysan malien, je ne miserai en revanche pas tout sur lui pour nous tirer d’affaire. Il semble donc d’emblée indispensable d’autoriser les scientifiques du CNRS à prendre l’avion plus de quatre fois dans leur vie – ainsi qu’à faire tourner leurs supercalculateurs jour et nuit. Un régime d’exception à l’égalitarisme aveugle que le communisme a toujours su gérer en attribuant des privilèges à une nomenklatura, malheureusement sélectionnée sur des critères de pureté idéologique, jamais de compétences. Greta Thunberg montera dans l’avion, Jean-Marc Jancovici (pronucléaire) grimpera sur un âne. Les futurs Lyssenko du régime climato-communiste seront aussi compétents en fusion nucléaire que le paysan malien. J’ai d’ailleurs commencé à stocker des bouses pour me chauffer.

Bidouillages statistiques

L’écolo-coco n’a pas son pareil pour nous bricoler des statistiques sur les « morts prématurées » dues aux particules fines ainsi que sur les « vies épargnées » par tel ou tel dispositif. Il lui sera donc facile d’intégrer à sa répartition mondiale du carbone les différentes dynamiques démographiques. J’explique. Voilà quarante ans que la Hongrie est tombée en dessous du seuil de renouvellement des générations. Des millions de Hongrois n’ont ainsi pas vu le jour, épargnant à la planète une surproduction de goulasch ainsi que quelques millions de tonnes de CO2. À l’inverse, le Nigeria, qui a vu sa population passer de 50 millions d’habitants en 1965 à 219 millions aujourd’hui, avant d’atteindre 543 millions en 2050, va multiplier ses émissions de CO2 par 50. Plus 5 000% ! Dans le même temps, la planète ne comptera plus 11, mais 9 millions de Magyars et la Hongrie diminuera son impact de 10 %. Décidément désireux de filer un coup de main à Pap Ndiaye, je soumets ce sujet de mathématiques pour le brevet des collèges : connaissant désormais les évolutions comparées du bilan carbone hongrois et nigérian, déterminer les indemnités que versera chaque Nigérian à chacun de ses frères hongrois. Traduire la somme en kilogrammes de goulasch.

A lire aussi: Greta et les écolocrates ont ressuscité Einstein… Pour notre plus grand malheur

La décroissance ne favorise pas la coopération

Le monde post-Covid découvre par ailleurs combien la Chine ou la Russie se révèlent des partenaires peu fiables. La démondialisation en cours offre, en vérité, un contexte des plus défavorables à l’émergence d’une coopération mondiale autour des émissions de gaz à effet de serre. On assiste au contraire à l’essor de discours fondés sur un des ressorts basiques d’Homo sapiens en cas de danger : l’égoïsme ou un altruisme limité à ses voisins immédiats (famille, tribu, nation). Déjà les différents secteurs de l’économie commencent à se disputer leur part de CO2. L’aérien se voit contester le droit d’en émettre 3 %, mais prie le numérique de bien vouloir balayer devant sa porte avec ses 4 %. Des émissions principalement consacrées, il est vrai, à des vidéos de chatons ou à de la pornographie. Il va falloir prochainement arbitrer entre Baléares « all inclusive » ou sodomie en HD. Adieu la société des loisirs.

Steven Pinker, dont l’adhésion aux valeurs progressistes ne peut être questionnée, a mis en évidence les liens entre civilisation et coopération. Plus une société est dite avancée, plus ses acteurs interagissent pacifiquement (États, entreprises, collectivités, individus). Il a d’ailleurs noté – cela lui a été reproché – que les cultures n’offraient pas toutes le même niveau d’entraide ; on coopère ainsi moins bien entre Russes ou Irakiens qu’entre Suédois. Imaginer que l’uniforme répartition du CO2 sur la planète pourrait être acceptable par les Chinois, les Américains et les Indiens, c’est vraiment croire en l’avènement spontané d’un homme nouveau en tous points du globe. La décroissance économique, qu’elle soit progressive ou brutale, ne peut être présentée comme un facteur de coopération – encore moins un objectif. La COP 27, tout en célébrant la culpabilité de l’Occident, n’a ainsi pas réussi à obtenir des pays pétroliers la moindre déclaration relative à la sortie des hydrocarbures (!). En dépit des discours ou de la communication, les perspectives de coopération mondiale autour des gaz à effet de serre s’éloignent sans doute chaque jour un peu plus – le communisme du CO2 n’a aucune chance d’aboutir, on ne s’en plaindra pas, mais la conflictualité va croissante. Nous devrions nous en préoccuper un peu plus, car l’horizon indépassable, c’est peut-être celui-ci.

Un gouvernement responsable ferait travailler une équipe autour de ce thème : si le GIEC a raison, si on ne coopère pas, que fait-on concrètement pour assurer la survie de la population ? Une sorte de cabinet noir au service du réalisme le plus cynique. Difficile de croire que les demeurés qui ont fermé Fessenheim pour, quelques mois plus tard, « relancer » le nucléaire, se montrent capables d’une telle lucidité.

Caramels, bonbons et chocolats. Saison 2

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Le Nupes Circus est bientôt de retour près de chez vous. Un nouvel organigramme a mis le feu au bucher des vanités. Avant la rentrée, on inspecte la milice Wagner de Rires et Chansons. Garde à vous!


Corbière, Monsieur de Fursac. Les chroniqueurs se perdent en hypothèses pour savoir où le lad de l’écurie LFI a perdu l’oreille du Boss. Les gros niqueurs pensent que c’est dans son détartrage et son blanchiment des dents, que le Richard J’erre de Bars à Sourire en plateaux repas, a laissé la main autorisée à flatter la croupe du patron. Mélenchon, loyal envers son jeu de 32 et sa couleur café, n’aurait pas supporté que sa fidèle et adhésive rustine se pavane avec une bouche plus blanche que la neige des 3Suisses.

Caron, alias Vache Sacrée. Son séjour sur les rives du Gange, l’a marqué plus profondément que le fer rouge dans la couenne d’un taureau d’Andalousie. Là où les moustiques sont gros comme des hélicos et vous attaquent le cuir sur du Wagner, Vache Sacrée a rêvé si fort que les rats s’en souviennent. Il y fait à la faune une brouette de promesses. Après Ava Gardner et Dominguin, des banderilles plein les yeux, la terreur poivre et fleur de sel s’en prend dans la Saison 2 aux chasseurs. Ils en ont, par avance, le canon scié et les douilles molles.

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Boyard, dit Quatre-feuilles ou Papier Maïs. La Légende, le Pablo Escobobard de la ligne Assas-Medellin terrorise l’usager avec sa moustache de stagiaire amish. Un dealer de rêve. « C’est combien ? » « 80. » « Hein ? » « Bon 40 ! » « Quoi ? » On lui tire l’oreille. « Ok, c’est ma tournée. » « C’est bien Papier Maïs, demain sois à l’heure et avec ton APL en liquide. » Pour la Saison 2, Quatre-feuilles fait des révélations sur sa période proxénète. Ses réseaux, de Calabre à l’Albanie. Il balance tout.

Le député LFI Carlos Martens Bilongo / Capture d’écran YouTube d’une vidéo du 04/11/22 de la chaine BFMTV

Malcom D prime et Angela D visse. Carlos Martens Milongo. Un nom taillé pour le Ballon d’Or. Hélas, le bougre embarque son fameux pied gauche dans la galère LFiste. Où on lui intime l’ordre d’être le nouveau Martens Luther King. Problème, contrairement à Martin, à l’oral, il s’avale la fève. S’il fait un rêve et qu’il vous en touche deux mots, prenez une chaise et du pop-corn. Malgré ce handicap, Obono le regarde avec des yeux comme des phares de Twingo, ceux du premier modèle. Bon, Carlos, laisse-tomber tous ces caves et signe à l’OM.

Rousseau, dite Chaud Devant, mais aussi Pot au Feu. Elle a fini la Saison 1 dégazant la vapeur d’une écrevisse du Bayou. En chantant un hymne féministe qui, à travers sa voix de Vuvuzuela fait reculer la cause. A ce rythme de jobardises, Chaud Devant va finir par renvoyer les femmes entre le four à chaleur tournante et le placard à balais. Et si, finalement, Pot au Feu n’était pas le meilleur des remparts contre la chasse à l’homme Me too, la destruction de nos racines au pesticide Woke et la croisade Transgenre des Verts défoncés au Pot Belge.

A lire aussi: Houellebecq, Onfray, Ernaux, Finkielkraut : trouvez l’intrus !

Quattenens, l’Ivan Drago de Béthune. La femme n’est pas toujours l’avenir de l’homme, politique ou pas. Des fois c’est moins pénible un épagneul, breton ou pas. Il arrive que le chien perde ses poils et que la femme les aspire. Mais, si chez les Quatennens il s’est passé le contraire, alors tout s’explique, se plaide, se justifie. Sauf pour Bruce The Nice Toussaint, le psy-surfeur sur braises de couples en crise. Céline, l’épouse qui encaisse mal le crochet du droit de Tête Rouge, lui réclame un bras en pension alimentaire mais balance un communiqué susceptible de mettre un terme à sa carrière de super-welter. Comment il va la payer ta pension, si avec tes conneries on l’interdit de ring ? Là, reconnaissez Docteur Bruce, qu’une gifle s’est perdue.

Mélenchon, le Muezzin du sous-sol. Il dégringole un à un tous les étages du minaret. Plutôt que d’aller planter sa tente de bédouin à la retraite dans le désert de l’Islam et les dunes du gauchisme, il s’accroche à la rampe pour une énième bouffonnade. Et ne travaille plus qu’à « l’après-moi le déluge. »

Sous l’influence de tous ces jobards, Mattel, Main Basse sur le Jeu, met le mot pouffiasse Game Ovaire au Scrabble. Tant qu’il nous reste le rami-poker et l’usage d’un paquet de mots en -asse dans les fouilles… On devrait survivre à ce dernier coup de canif à nos libertés. Si en mettant le nez dehors, on ne tombe pas sur la pétasse du Donbass ou la connasse de Vegas.

Quand Harry rencontre Meghan

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Londres, 19 septembre 2022 © Martin Meissner/AP/SIPA

Depuis que le Prince Harry a croisé la route de l’actrice américaine Meghan Markle, son attitude et ses déclarations choquent les Britanniques. Le frère de William fait n’importe quoi… et beaucoup d’argent. Ces jours-ci, la presse mondiale relaie avec complaisance les derniers ragots qu’il nous livre dans une autobiographie à scandale.


Le Prince Harry sort son autobiographie Le Suppléant ce 10 janvier. Des fuites révèlent déjà un contenu qui secoue toute l’Angleterre… Le point de vue du Président de la très british Royal Society of St. George de Paris.

Maxime Le Forestier chantait dans « Être né quelque part » que l’endroit de la naissance est toujours un hasard et que l’on ne choisit pas ses parents ni sa famille… Mais en est-on toujours conscient ?

Le Prince Harry, né troisième dans l’ordre de succession du trône britannique,  vient de publier son autobiographie Spare, ou Le Suppléant en français, dans laquelle il déballe beaucoup de détails de sa vie intime et beaucoup de révélations, selon lui, sur le (dys)fonctionnement de sa famille ; la famille royale du Royaume Uni et du Commonwealth. Comme s’il avait oublié d’où il venait…

Pièce de rechange

Le titre Spare vient d’une blague – et qui rime – des journaux britanniques qui avaient baptisé les deux frères, autrefois très complices, « the heir and the spare », c’est-à-dire l’héritier du trône et son remplaçant. Mais ce mot, dont Harry a fait le titre de son livre, est profondément péjoratif : « spare » veut dire « pièce de rechange » ou encore « ce qui est en trop, superflu, inutile ». Par ce choix, la prince affiche et assume son état d’homme blessé.


Cet homme blessé est de toute évidence en pleine phase de catharsis et, loin de la devise victorienne de sa grand-mère la reine, « never complain never explain », il ressent le besoin de tout dire, jusqu’à l’overdose, jusqu’à la nausée ; car il arrive un moment où on a envie de lui dire : « Stop, ça suffit ! » Sa purge, son besoin obsessionnel de s’exprimer, de donner sa version des évènements, commence à coûter cher à la nation. Ce trop plein est atteint aujourd’hui.

Le public britannique aura subi son interview chez Oprah Winfrey (en 2021), son documentaire Netflix et maintenant une interview dans les médias britanniques qui prépare la sortie de son livre tant attendu mi-janvier. Nous savons maintenant que, en tant que soldat servant dans l’armée britannique, il a tué 25 Talibans, qu’il s’est battu dans une cuisine avec son frère et futur roi William et qu’il a perdu sa virginité dans un champ avec une femme plus âgée. Des détails qui sont souvent affligeants et indignes d’un homme de sa position et de ses origines. Cherchons d’abord à comprendre…

D’abord, il y a son passé compliqué : deuxième fils de Charles et Diana, ce fut l’enfant d’un mariage sans amour et dont les détails scandaleux se trouvaient déjà étalés dans les tabloïds. A l’âge de douze ans, et devant des millions de téléspectateurs du monde entier, il s’est vu obligé de défiler derrière le cercueil de sa propre mère, la Princesse Diana, femme traquée sans relâche par les médias durant toute son existence. Ensuite, il a souffert du rejet de deux femmes dont il était amoureux, Chelsy Davy, puis Cressida Bonas, qui ne se voyaient pas assumer le fardeau et les contraintes surhumaines d’une existence de princesse royale au sein de « La Firme », comme la Reine Elizabeth surnommait sa propre famille.

A relire, Jeremy Stubbs: Elizabeth II, l’indétrônable

Pourtant Harry a réussi une brillante carrière à l’armée avec ses deux tours en Afghanistan, et il a fondé les « Invictus Games » pour les soldats blessés, sur le modèle des jeux paralympiques. Il connait le bonheur absolu quand il tombe fou amoureux d’une actrice américaine divorcée, Meghan Markle, qui accepte sa proposition de mariage sans réfléchir aux conséquences.

Suite à des accusations de harcèlement, puis à une brouille avec sa belle-sœur Kate, Meghan voit sa popularité baisser auprès du public, malgré un accueil chaleureux de la part de la reine et un début très réussi en matière d’activités officielles. Harry prétend y voir la répétition de ce qui était arrivé à sa mère et annonce publiquement qu’il doit maintenant protéger sa propre famille. Un paradoxe quand on pense à sa façon de courtiser ces mêmes médias… C’est à ce moment-là qu’il choisit de renoncer à son rôle de représentant de la couronne britannique et part pour les Etats-Unis.

Meghan Markle, une militante proche du wokisme

Est-ce que Meghan, sa femme et la mère de ses deux enfants, serait à la manœuvre derrière cette rupture ? Incarne-t-elle un personnage shakespearien à la Lady Macbeth ? Une femme qui, par ambition personnelle, pousse son mari, aveuglé par son amour pour elle, à commettre l’irréparable ? Meghan est une militante connue qui défend la cause des femmes, se bat pour la reconnaissance de l’importance de la santé mentale, combat le racisme. Dans ses prises de positions, elle se montre proche du wokisme. Exerce-t-elle une influence néfaste sur son mari au point que ce dernier perde sa faculté de discernement ?

Harry était autrefois si populaire… mais aujourd’hui les choses ont bien changé et l’opinion publique britannique n’est plus du tout de son côté. Alors, que doit faire la monarchie ? Charles se doit de mettre fin à ce déballage du plus mauvais goût bien avant son couronnement le 6 mai prochain. Le succès de son règne en dépend.

Deux stratégies s’offrent à la Couronne. La première, une solution à tout conflit humain, serait le pardon. Harry dit dans l’interview du 8 janvier diffusée sur la chaîne anglaise ITV qu’il veut juste retrouver son père et son frère. Il demande une réconciliation… tout en continuant de tirer sur sa propre famille et son pays d’origine. Cela rappelle l’approche de Vladimir Poutine : déclarer un cessez-le-feu tout en continuant à bombarder l’Ukraine ! Il est certain que Charles, son père, préférerait cette solution mais le pardon ne pourra se faire qu’au cours d’une accalmie.

A lire aussi: Embrouille royale

L’autre stratégie que peut envisager la famille royale consiste en ce que les militaires appellent le « containment » ou endiguement. Cela impliquerait la perte de tous les titres et privilèges qui restent au couple Harry et Meghan et l’imposition d’un éloignement définitif, facilitée déjà par leur choix en 2020 de s’exiler en Californie. Ce n’est pas sans rappeler la stratégie utilisée pour faire taire Edouard VIII, suite à son abdication, et sa femme Wallace Simpson, la scandaleuse, avant la Seconde guerre mondiale : les envoyer en exil au fin fond du Bois de Boulogne en France et ne plus jamais leur donner la parole. Cependant, à l’époque de Twitter, on peut difficilement empêcher Harry et Meghan de prendre la parole et un exil ne serait que géographique et non pas médiatique. Faudrait-il alors contractualiser, à l’américaine, un certain silence ?

Les souvenirs des uns et des autres peuvent varier 

Ou bien, allons-nous voir l’utilisation du mépris, de la prise de hauteur à la Elizabeth II ? Face aux premières accusations de Meghan de racisme quasi institutionnalisé au sein de la famille royale, la reine aurait dit « recollections may differ » ou « les souvenirs des uns et des autres peuvent varier ». Elle nous manque déjà ! A Charles de prendre vite le relais !

On peut déplorer la pipolisation de la vie publique, où les frasques et les révélations scabreuses comptent plus que les actes de service et les réalisations accomplis par le sens du devoir, le devoir dont la reine Elizabeth II fut l’exemple parfait pendant les 70 ans de son règne.

Dans cette nouvelle crise royale, ne perdons pas de vue qu’il s’agit d’une bataille menée par un individu contre une institution vieille de mille ans. L’institution va finir par l’emporter et Harry et Meghan auraient tout intérêt à chercher la paix au plus vite pour ne pas se fâcher à jamais avec leur propre famille et avec le peuple britannique. Après tout, leur popularité retrouvée leur ferait plus de business que leurs contrats avec Netflix, Spotify, Disney et les médias du monde entier, garantissant définitivement leur indépendance financière.

Le Suppléant

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Le Canada souhaite envoyer en stage de rééducation son plus brillant intellectuel

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Manifestation contre la venue du penseur conservateur Jordan Peterson, le 3 décembre 2022, à Sydney, en Australie © Shutterstock/SIPA

L’auteur des 12 règles pour une vie et des 12 nouvelles règles pour une vie, défenseur de la jeunesse masculine et pourfendeur des wokistes, est sommé par l’Ordre des psychologues de l’Ontario de se soumettre à une formation à l’étiquette des médias sociaux. S’il refuse, il pourrait perdre sa licence de psychologue clinicien professionnel.


Le psychologue et philosophe canadien Jordan Peterson, ancien professeur à l’Université de Toronto [1], est depuis dix ans l’un des intellectuels anglophones les plus influents dans le monde. Révélé par ses cours et ses conférences ayant cumulé des millions de vues sur YouTube, ses livres sont des best-sellers traduits dans 45 langues et les télévisions des deux côtés de l’Atlantique se disputent des entretiens avec lui. 

Il doit sans aucun doute son succès à son discours percutant et néanmoins bienveillant à l’égard d’une jeunesse complètement déboussolée. 

Assumant un certain conservatisme modéré, il invite les jeunes nord-américains à mieux assumer leurs responsabilités et à donner la priorité à la construction d’une vie d’adulte solide et pacifiée. De nombreux jeunes hommes et jeunes femmes affirment que la philosophie de Jordan Peterson leur a quasiment sauvé la vie, en les sortant du chaos dans lequel ils s’étaient laissés entraîner par un environnement nihiliste. 

Ne tirez pas sur le prof moqueur

Bien sûr, son discours politiquement incorrect n’est pas du goût de tous les étudiants des campus américains, en particulier les plus radicalisés, qui voient dans sa défense des valeurs traditionnelles une propagande réactionnaire et sexiste. Certains de ses cours et conférences ont été véritablement pris d’assaut et bloqués par des jeunes militants d’extrême-gauche, que l’on surnomme aux États-Unis les SJW (Social Justice Warriors ; les guerriers de la justice sociale). Une réalisatrice d’Hollywood, Olivia Wilde, s’est même inspirée de Peterson pour créer le méchant de son film : un professeur masculiniste à l’influence néfaste…

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Son éloquence exigeante, son empathie décomplexée et son calme à toute épreuve en ont rapidement fait l’un des adversaires les plus coriaces de l’Amérique ultra-progressiste devenue folle.

Très sévère depuis des années sur la destruction des valeurs fondamentales de l’Occident par le relativisme woke, le discours de Jordan Peterson s’est dernièrement durci contre la gestion de la pandémie par les autorités canadiennes et en particulier contre le chef de file charismatique de l’autoritarisme mièvre, le Premier ministre Justin Trudeau. 

Pays autrefois connu pour sa tolérance et son esprit de liberté, le Canada est devenu durant la pandémie l’un des États les plus stricts et brutaux dans l’application des mesures sanitaires. Le confinement des lieux publics en Ontario aura duré 382 jours, soit l’un des plus longs au monde. 

Le « convoi de la liberté » contre les restrictions sanitaires à Ottawa ( Canada ), 14 février 2022 © Adrian Wyld/The Canadian Press via AFP

Jordan Peterson a très vite apporté son soutien au convoi des camionneurs canadiens se réunissant à Ottawa pour réclamer la fin des mesures liberticides. Il dénonce régulièrement et de manière virulente le mépris des élites mondialistes à l’égard des peuples qu’ils gouvernent.

Camp de rééducation pour prof réac

Il ne lui en fallait guère plus pour être dans la ligne de mire des petits soldats de la cancel culture. Son compte Twitter fut supprimé sous l’ancienne direction du réseau social pour un tweet critiquant l’irresponsabilité de l’actrice transgenre Ellen Page (devenue Elliot Page) faisant la promotion de son ablation des seins effectuée lors de son changement de sexe. Le compte fut récemment « rouvert » avec tant d’autres par l’équipe d’Elon Musk, fraîchement arrivée à la tête de Twitter.

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Les attaques proviennent à présent de son propre sérail: l’Ordre des Psychologues de l’Ontario, une faculté qui prépare à la licence de psychologie, menace Jordan Peterson de lui retirer la sienne s’il refuse de suivre (tenez-vous bien) une formation à l’éthique sur les réseaux sociaux… Une sorte de camp de rééducation pour intellectuels nouvelle génération, qui aura au moins l’avantage canadien d’être dans une pièce bien chauffée…

Les dernières prises de position de l’intellectuel médiatique ne sont visiblement pas du goût de l’institution qui lui a délivré sa licence et qui n’hésitera pas à détruire la carrière de Peterson d’une simple signature si d’aventure il décline leur formation au formatage. Ce dernier a reçu une lettre disciplinaire l’invitant à « revoir, réfléchir et améliorer son professionnalisme dans ses déclarations publiques ».

Les sociétés savantes nord-américaines continuent ainsi leur lente descente aux enfers, en courbant l’échine devant leurs membres les plus fanatisés et en adoptant une politique inquisitrice à l’égard des professeurs et praticiens sortant du cadre quand elles devraient, au contraire, promouvoir le débat, la contradiction rationnelle et la perpétuelle remise en question des idées reçues. Peterson a affirmé sur Twitter son « refus de se conformer », ce qu’il a fait en déposant une demande de révision judiciaire auprès de la Cour divisionnaire de l’Ontario. Si Jordan Peterson se voit retirer sa licence à cause de la virulence de ses opinions politiques, nous aurons autorisé l’Occident à censurer les intellectuels qui dérangent et à les rééduquer pour rentrer dans le rang. Pourra-t-on toujours parler d’Occident ?


[1] Peterson est parti à la retraite en 2021 mais garde le titre de professeur émérite.

Stéphane Séjourné, rempart de la démocratie

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Stéphane Séjourné, le chef du parti présidentiel "Renaissance", 9 janvier 2023 Image: capture d'écran Public Sénat.

Comparer LFI et les factieux bolsonaristes, ça, c’est fait…


Alors comme ça, Stéphane Séjourné, chef du parti présidentiel « Renaissance » vient d’exprimer sa plus grande crainte en ce début d’année 2023. La faillite programmée des boulangers ? Le manque criant de soignants et les urgences saturées malgré les vœux lunaires du Réélu aux professionnels de santé ? Les températures en France en 2022 qui ont été sur l’ensemble de l’année d’une moyenne de 14, 5° avec des glaciers qui se font la malle ?

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Prétérition fielleuse

Mais non, vous n’y êtes pas du tout. Enfin, réfléchissez un peu, s’il y a un danger en France, ce sont les hordes de LFI, prêtes à envahir les lieux de pouvoir parce qu’elles ne seraient pas d’accord avec le résultat des urnes de la dernière présidentielle. Bref que les militants de LFI, et pourquoi pas tous ceux de la Nupes, se comportent comme la fraction radicalisée des bolsonaristes du 8 janvier. Séjourné a été très précis, avec une jolie prétérition fielleuse sur Public Sénat : «  Les démocraties doivent se protéger de tout ça (…)La tentation de remettre en cause la légitimité politique. » Et de préciser : « On voit bien de la part de LFI, je ne veux pas les nommer, mais il y a eu une tentation d’expliquer que la légitimité des élus était remise en cause pour telle et telle raison et il faut faire attention ».

Rappelons tout de même les faits

Dimanche 8 janvier 2023, dans un mimétisme qui devrait leur valoir des demandes de royalties de la part des milices trumpistes du 6 janvier 2020 devant le Capitole, une fraction radicalisée de l’électorat bolsonariste (bref, des radicalisés au carré) s’en sont pris sur la place des Trois-Pouvoirs, à Brasilia, au Palais présidentiel, au Congrès, et à la Cour suprême. Etait-ce que parce que ces bâtiments avaient été conçus par le génial architecte communiste Oscar Niemeyer, à qui on doit aussi le siège du PCF ?

Peut-être, mais ce n’était pas leur motivation principale. Leur motivation principale, c’était d’inciter l’armée au putsch.  Apparemment, l’armée, elle en a soupé de Bolsonaro, elle a eu beau avoir des manifs devant ses casernes, elle avait déjà donné.  Et elle n’était pas mécontente de le voir s’auto-exiler aux États-Unis (quelqu’un a pensé à lui dire que ce n’était plus Trump, au pouvoir, là-bas ?) pour éviter d’avoir à remettre son écharpe à Lula – qui n’a pourtant qu’un programme qui semblerait modéré à François Bayrou. Mais enfin, après Bolsonaro, comme après Trump, n’importe quel politique qui ne parle pas de prendre les femmes par la chatte ou qui demande d’arrêter d’être un pays de tapettes (il faudra, un jour, s’interroger sur les angoisses libidinales de l’extrême-droite…), il vous apparaît comme un modèle d’humanisme et de fraternité.

La Nupes est bien l’ennemi prioritaire de la macronie

Le bilan de la journée au Brésil, c’est outre trois cents arrestations, la déprédation d’un certain nombre d’œuvres d’art du patrimoine national, ce qui a défaut de surprendre de la part de ce type de « patriote », reste tout de même assez désolant.

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Donc, revenons à notre Séjourné. Penser à LFI plutôt qu’au RN (par exemple) à propos de ce qui s’est passé au Brésil, indique bien l’ennemi prioritaire de la macronie. La gauche. Et rien que la gauche. Ce n’est pas plus compliqué que ça. On rappellera qu’aux dernières législatives (coucou Blanquer !), dans tous les duels de second tour entre la Nupes et le RN, les ambiguités et le renvoi dos à dos de la gauche et de l’extrême-droite ont permis l’élection de plusieurs dizaines de députés lepénistes.

Que Séjourné se rassure, cependant, il n’y aura pas de 6 février 34 de la gauche, ce n’est pas le genre de la maison. Mais à force de banaliser certaines idées, certains comportements, il n’est pas impossible que Macron soit le président qui aura fait élire Marine Le Pen. Il paraît que ça l’obsède, cette idée, Macron. Si ce jour-là advient, Séjourné pourra venir manifester avec la gauche, retrouver les « valeurs communes » que lui et les autres macronistes disaient avoir avec Mélenchon entre les deux tours de la présidentielle.

On n’est pas rancunier. Mais Séjourné, ce jour-là, aura autre chose à faire. Passer un entretien d’embauche chez McKinsey par exemple.


Un autre son de cloche

Elisabeth Lévy : « Ce qui menace notre démocratie c’est une gauche qui n’accepte pas le désaccord »

Retrouvez la chronique de la directrice de la rédaction de Causeur, chaque matin après le journal de 8h dans la matinale de Sud Radio.

Émeutes à Brasilia: un cadeau du ciel pour Lula?

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Le président brésilien Lula constate les dégâts au "Planalto Palace", après les violences au sein de la Place des Trois Pouvoirs, le 8 janvier 2023. © Eraldo Peres/AP/SIPA

Le Brésil se réveille groggy, après l’insurrection de dimanche, place des Trois-Pouvoirs. En réalité, c’est un cadeau du ciel pour le président Lula, mal élu, et dont la presse mondiale oublie soudainement de rappeler tous les aspects sulfureux de la personnalité… Pendant ce temps, la purge des militants de droite s’organise. La correspondance de Driss Ghali.


On dit que le monde appartient aux gens qui se lèvent tôt, c’est faux, il appartient aux petits malins qui n’ont pas froid aux yeux. Le Brésil vient de nous en donner la plus brillante des illustrations. En l’espace de 48 heures, Lula a obtenu une attestation de virginité démocratique, reconnue par les plus hautes instances internationales. Il a suffi qu’une bande d’imbéciles, aidés par des policiers étrangement conciliants, s’empare de bâtiments vides à Brasilia. Aucune balle tirée, aucun mort, aucun otage, aucun communiqué, aucun manifeste, aucun objectif à part celui de déchirer des rideaux et de briser des vitres. Et bien entendu aucun leader. Drôle d’insurrection. Mais peu importe les zones d’ombre, le Brésil a eu son incendie du Reichstag et Lula son épiphanie ! Sur CNN Brasil, j’ai cru apercevoir des ailes d’ange se dessiner derrière son dos. Sur GloboNews, j’ai clairement vu une auréole sur son front, elle scintillait dans une couleur dorée.

Tout le monde fait semblant d’ignorer qui est Lula

L’ancien détenu pour corruption et blanchiment d’argent, le candidat préféré des délinquants, l’homme politique qui n’a pas levé le petit doigt lorsque ses adversaires étaient censurés et persécutés durant la campagne présidentielle, Lula donc s’est métamorphosé en défenseur suprême de la légalité. C’est comme si MBS s’auto-intitulait ambassadeur mondial de la cause LGBT après un attentat homophobe à Djeddah.

Le Brésil marche sur la tête. Et le monde avec lui parce que tout le monde fait semblant d’ignorer qui est Lula.

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Tous les dégâts que l’on vous a montrés à la télé ne valent même pas un millionième des dégâts infligés à la démocratie brésilienne par Lula et ceux qui l’ont sorti de prison. Que pèse une moquette souillée face à un État de droit brisé en mille morceaux ? Cela fait trois ans que la constitution brésilienne est piétinée par les juges de la Cour Suprême pour permettre le retour de Lula aux affaires. Non contents de l’avoir libéré de manière extrêmement cavalière pour ne pas dire scandaleuse, ils ont systématiquement dynamité la liberté d’expression au Brésil pour éviter qu’on ne lui rappelle ses quatre vérités. Ils ont inventé le délit d’opinion, supprimé depuis la chute de la dictature militaire en 1985 ; ils ont fait voler en éclats le principe de l’immunité parlementaire ; ils ont assassiné la séparation des pouvoirs, entre autres outrages à la démocratie. Le Brésil est devenu, en l’espace de trois ans, une république bananière. Avant, c’était un pays violent mais démocratique. Désormais, il s’agit d’un pays violent où la vérité est hors-la-loi. Pour se débarrasser de Bolsonaro, la Cour Suprême a habitué les Brésiliens à vivre sous un régime juridique où un trafiquant de drogue a plus de chances d’avoir un procès équitable qu’un journaliste de droite… À combien de dizaines de milliards d’euros estimez-vous les dommages portés à l’amour-propre des Brésiliens et à l’économie du Brésil ? Qui a envie d’investir dans une république bananière, à part les disciples de Pablo Escobar et quelques oligarques véreux ?

Je ne minimise pas les émeutes, mais…

Alors, le lecteur français me pardonnera quand je dirai que les destructions enregistrées à Brasilia dimanche dernier seront réparées dans une semaine, alors que les séquelles infligées aux Brésiliens pour permettre le retour de Lula ne sont pas prêtes d’être effacées. Il n’est pas question de minimiser les émeutes, il est question de reconnaître les véritables ennemis de la démocratie brésilienne.

Dans quelques jours, toute notre attention aura été rappelée par l’Ukraine et la crise énergétique. Les Brésiliens, eux, verront s’abattre sur leur pays une véritable campagne d’épuration. Déjà, un « camp de triage » a été mis en place aux alentours de Brasilia, il regrouperait un millier de détenus : qui les visite, qui les nourrit, qui défend leurs droits ? Pas Amnesty International en tout cas. Au diable les droits de l’homme après tout puisqu’il s’agit de gens de droite ! Ce sont des diables effectivement, et le malin n’a pas droit à la démocratie, il mérite le châtiment.

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Dans la foulée, les alliés de Bolsonaro seront pourchassés jusqu’à ce qu’ils fassent allégeance au système : il suffit de renier Bolsonaro comme on renie un démon qui vous a possédé quatre ans durant. Le Brésil verra donc défiler les Judas en cette année 2023. Bolsonaro, lui-même, risque de se retrouver derrière les barreaux, peu importe son degré d’implication dans les événements du 8 janvier. A priori, il n’y est pour rien mais la vérité importe peu dans un procès politique. Pour l’instant, il est en vacances aux États-Unis, on le dit d’ailleurs souffrant et hospitalisé. Sa fin de règne aura été crépusculaire, marquée par un silence de mort qui n’a fait que désespérer le peuple de droite. Il peut encore se ressaisir en se posant comme le résistant suprême à la campagne d’épuration qui vient. Son sort donc n’est pas jeté.

De toute façon, personne n’est prêt à prendre sa relève. Le Brésil est un pays curieux où le peuple de droite se compte par dizaines de millions mais où les leaders de droite brillent par leur absence. Manque d’ambition, déficit de préparation ou peut-être excès de lucidité. Ils savent à quel type de Bête ils ont affaire et ils savent également que seul un « fou » comme Bolsonaro peut se risquer à la combattre véritablement. À l’évidence, il n’a pas réussi. Mais, en politique, il ne faut jamais désespérer.

Français, ouvrez les yeux !: Une radiographie de la France par un immigré, Driss Ghali, éd. Broché, 240 pages, à paraître le 18 janvier 2023.