Le monde change. Les caricatures s’inversent: le ridicule est passé du « plouc » au bobo.
La révolte des agriculteurs a dévoilé, par la qualité des leaders et de leurs prises de parole, le visage moderne de la ruralité. C’est probablement chez les paysans que le monde nouveau, plus réaliste et humain, se dessine. Si les tracteurs n’ont pu pénétrer dans Paris, protégé par des blindés, la capitale apparait pour sa part dans son univers étriqué et déconnecté de la vie des gens. Le grotesque de la « votation citoyenne » contre les SUV (sport utiliy vehicle), organisée ce dimanche, le démontre : aucune vision ne sort plus de l’esprit asséché des dirigeants des grandes métropoles mondialistes, hormis leurs génuflexions devant l’écologisme et le diversitisme. Anne Hidalgo, maire de Paris, est le parangon de ce conformisme moutonnier. Son référendum, auquel seuls 5,68% des Parisiens ont répondu, va obliger les propriétaires de véhicules lourds (plus de 1,6 tonne, plus de 2 tonnes pour les électriques) à payer trois fois plus cher leur stationnement (soit 225 euros pour 6 heures !).
Plusieurs habitants du 15e et du 16e arrondissements (dont Madame Hidalgo pense qu’ils sont peuplés de méchants riches en 4×4) racontent que trouver leur bureau de vote a été un parcours du combattant. Arrivant sur le lieu annoncé, ils ont été envoyés à une demi-heure de marche.…
Ce faisant se dessine une écologie punitive construite sur le racket municipal (35 millions d’euros de recette espérée), la surveillance collective, la dénonciation du « gros », la discrimination de classe. Les premiers visés ne seront pas les Parisiens, qui le plus souvent n’ont plus de voitures ou qui bénéficient du stationnement résidentiel, mais ceux qui viennent travailler. Ce « passe urbain » est l’expression d’une mentalité d’exclusion, très « petit-bourgeois ».
Le péquenot des champs a bien davantage à nous dire que le progressiste des villes. Celui qui « fume des clopes et roule au diesel », devant qui la macronie se bouche le nez, a derrière lui la France périphérique et rurale. Encore majoritaires démographiquement, ces oubliés n’entendent plus se contenter de leur marginalisation au profit de minorités déifiées. Une place plus centrale les attend. L’enraciné est plus inspirant que le déraciné.
Il est loin, le cliché du bouseux fruste attaché à sa terre, son pinard et ses bêtes, décrit par exemple par Françoise Sagan (Les faux fuyants), ou par le film La soupe aux choux. Même si la jacquerie des agriculteurs a baissé en intensité depuis vendredi, après les mesures annoncées par le pouvoir, le soutien massif de l’opinion à leur combat demeure. Dans l’urgence, Emmanuel Macron a choisi de lâcher du lest sur les normes écologistes, afin de préserver l’architecture de l’Union européenne. « Nous voulons une Europe plus forte et plus concrète », a-t-il expliqué jeudi en faisant à nouveau l’éloge de la « souveraineté européenne ». Le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, a précisé que le secteur agricole sera classé parmi les métiers en tension, le rendant ouvert à une immigration irrégulière légalisable. Or c’est bien cette Europe diversitaire, technocratique et sans âme, que rejettent les agriculteurs, en France et ailleurs. L’entêtement de la caste européiste à vouloir imposer son modèle hors-sol se heurte à la révolte d’un peuple excédé mais raisonnable. C’est lui qu’il faut entendre.
Bellisha a 26 ans et il vit seul avec sa mère malade. Son quotidien consiste principalement à inventer une réalité parallèle pour que sa mère se sente bien, et ne se rende pas compte que les juifs sont chassés. Le film de Noé Debré parvient à nous faire sourire sur le départ des juifs des banlieues françaises islamisées.
C’est avec un peu de retard que j’ai eu envie de vous parler du premier film de Noé Debré : Le dernier des juifs, sorti en salle le 24 janvier malgré les craintes des exploitants quant au climat délétère, aux forts relents d’antisémitisme, constaté en France depuis la reprise du conflit qui ne finira jamais et cristallise toutes les haines envers la communauté juive.
À mon sens, le titre nous dit déjà beaucoup du propos du film – que j’ai perçu comme un conte philosophique. En effet, le déterminant « des » change tout. Il peut être interprété de deux façons : le dernier des juifs, comme s’il n’en restait plus qu’un seul sur la terre, et le dernier des juifs, qui, de manière péjorative, signifierait que le héros ne mérite pas, finalement, d’être juif.
Agnès Jaoui seule chez elle
Et en effet, le personnage principal, Bellisha (Michael Zindel, qui peut faire penser à Vincent Lacoste), ce jeune homme velléitaire, qui semble à la fois doux et absent, a l’air de s’en foutre de sa judéité, même si, effectivement, sa mère et lui sont quasiment les seuls juifs qui restent dans cette ville de banlieue qui n’est jamais nommée, mais qui fait fichtrement penser à Sarcelles. Même le dernier magasin casher plie bagage. Bellisha est bien embêté, car il entendait acheter un poulet casher pour Shabbat pour faire plaisir à sa mère… Son métier, à Bellisha, c’est de s’occuper de sa mère, Gisèle (magnifiquement interprétée par Agnès Jaoui), qui est malade et ne sort plus de son appartement capharnaüm. Il désire lui faire croire que rien n’a changé à l’extérieur. Il essaie de figer le temps pour elle. Cependant, Gisèle le sait qu’il faudrait partir… Pour aller où ? Elle ne le sait pas. La Terre Promise ne la tente pas. Et elle a d’ailleurs cette réplique, très piquante dans la bouche d’une juive : « Pas en Israël, il n’y a que des juifs, ils vont tous nous escroquer » !
Cependant, elle y tient quand même à ses racines, à sa religion compliquée, car lorsque son fils lui ramène, en désespoir de cause, un poulet qui n’est pas casher mais halal, elle s’en aperçoit et lui ordonne, paniquée, de casheriser la cuisine, et de jeter tous les aliments qui s’y trouvent. Elle s’accroche aux règles strictes de la casherout – pour ne pas oublier d’où elle vient.
Le vrai sujet du film est celui de l’exil, principalement de l’exil intérieur, et du questionnement talmudique : qu’est-ce qu’être juif ? Comment fait-on pour être juif ? Cela fait des millénaires, il me semble, que cette question reste sans réponse… Bellisha, quant à lui, n’est pas considéré comme un « bon juif » par la communauté: il n’est pas allé à la Yeshiva, il a séché tous ses cours de Krav Maga, et ne parle que très peu hébreu. Une scène hilarante – qui pourrait figurer dans un film de Woody Allen – en témoigne : lorsque sa petite amie, maghrébine, lui demande de lui dire « quelque chose de sale en hébreu », il répond, après réflexion : « Evenou shalom aleichem » le titre de cette chanson bien connue, qui signifie « nous vous apportons la paix ». Quant aux actes antisémites, qui se multiplient en banlieue, ils sont traités de manière très fine et sans discours politique (et d’ailleurs, que dire ?). Avec humour, même, car l’humour est la seule chose qui nous reste lorsque tout est perdu. On s’amuse à voir des individus venus tagger des croix gammées sur la porte de la famille Bellisha se tromper, et souiller celle de l’appartement voisin habité par une famille chinoise.
Un film bisounours ?
Bellisha a malgré tout des potes dans la cité, tous noirs ou arabes. Il est intégré, même s’il semble toujours un peu ailleurs. Un de ces amis, d’origine africaine, lui dit ceci : « De base, je n’aime pas les juifs, mais toi je t’aime bien ». « Et tu en connaisbeaucoup des juifs ? » lui demande alors Bellisha. « J’en connais un autre, et je l’aime bien aussi ». D’aucuns penseront, à la lecture de ce billet, qu’il s’agit-là de « bisounourisme ». Non : c’est simplement un autre aspect de cette réalité que représente l’antisémitisme de nos banlieues, qui semble inextricable.
Ad Vitam distribution
Et puis, Gisèle se meurt. Lorsque le père de son fils, juif orthodoxe, vient à son chevet pour réciter quelques prières, il lui reste assez de forces pour lui asséner cette phrase assassine : « Tu as mis ton déguisement ? » Ne jamais perdre son humour, jusqu’à la fin.
Bellisha aura finalement accompli sa mission, sa « mitzva» qui fera de lui un mensch, sa bonne action qui le grandira, qui fera de lui un type bien. Il a rendu plus douce la fin de vie de sa mère. Alors, il s’en va, sans but précis, avec juste une valise. Toujours aussi sympathique. L’exil ne finira jamais.
C’est officiel : Charles III souffre d’un cancer. Qu’est-ce qui changera outre-Manche ? La stabilité de la monarchie est-elle menacée ? L’analyse de Jeremy Stubbs.
Le palais de Buckingham vient d’annoncer, hier soir, que le roi Charles souffre d’un cancer. Lors d’une hospitalisation la semaine dernière dont le but était le traitement d’une prostate élargie, les médecins auraient trouvé un cancer. Ce dernier, selon l’annonce officielle, ne serait pas lié à la prostate, mais aucune autre information n’a été divulguée quant au type de cancer en question.
Un communiqué du Premier ministre, Rishi Sunak, a apporté la précision que le cancer de Charles aurait été diagnostiqué précocement. Pour le moment donc, tout semble suggérer que le roi est bien pris en charge et qu’il pourra surmonter cette épreuve. Aujourd’hui, les patients guérissent beaucoup plus souvent que dans le passé, surtout si le cancer est détecté tôt dans son évolution. Et si, au Royaume-Uni, la pandémie a allongé les listes d’attente du fameux National Health Service (NHS) pour les patients ayant besoin de commencer un traitement anticancéreux, nous pouvons être certains que le roi ne sera pas à la fin de la file d’attente. Pourtant, la santé de Charles a soulevé plusieurs questions, les unes un peu superficielles, les autres plus profondes.
Une nouvelle ère de transparence ?
Certains commentateurs médiatiques se sont excités en parlant d’une nouvelle ère de transparence entamée par la monarchie britannique. En réalité, ils vont un peu vite en besogne. Certes, jusqu’ici, la famille royale s’était toujours montrée très discrète concernant la santé de ses membres et en particulier celle du monarque régnant. À la fin de sa vie, Elisabeth II a été très avare d’informations sur son état, malgré le fait évident qu’elle n’était plus en pleine forme. Mais la reine était très âgée – elle est décédée à l’âge de 96 ans – et le fait que ses apparitions publiques s’espacent n’a surpris personne. En revanche, Charles a joui jusqu’ici d’une bonne santé. Il est très actif et s’épanouit dans son rôle de monarque qu’il prend à bras-le-corps. Il aurait été impossible de cacher le fait qu’il se fait soigner pour un cancer, même en milieu ambulatoire. D’autant que, avec la reine Camilla, il est censé faire un voyage officiel au Canada au mois de mai. Le communiqué du palais a d’ailleurs cité la nécessité de « prévenir toute spéculation ».
Cela dit, Charles est le parrain de nombreuses ONG qui s’occupent de questions de santé et notamment de cancer. Sa décision d’assumer publiquement son statut de patient est considérée par beaucoup de gens outre-Manche comme une contribution importante à la sensibilisation, d’abord à la nécessité de se faire tester pour cette maladie, et ensuite au fait que souffrir d’un cancer n’est pas nécessairement incompatible avec la continuation de sa vie professionnelle. Pour tout dire, l’annonce constitue un bon point pour l’image du roi et de la monarchie.
Charles a-t-il la poisse ?
Après avoir patienté pendant des décennies pour accéder enfin au trône, Charles apprend, huit mois après son couronnement, qu’il a un cancer. Il joue de malchance ! Mais rien ne dit que le roi, âgé de 75 ans, sera obligé de disparaître de la scène publique – sans parler d’abdication. Nous avons appris qu’il va réduire son implication dans les événements publics mais qu’il continuera à accomplir ses devoirs constitutionnels, comme la rencontre hebdomadaire avec le Premier ministre. En toute probabilité, il aura de longues années devant lui en tant que roi.
Une réconciliation possible avec Harry ?
Nous savons que les relations entre le roi et son fils cadet, Harry, sont très tendues, depuis que ce dernier a quitté le Royaume-Uni pour vivre aux États-Unis avec son épouse Meghan, et surtout depuis la publication, l’année dernière, du Suppléant1, son autobiographie écrite par un prête-plume, qui a consacré sa subjugation par le wokisme américain et sa volonté de médire de sa propre famille. Lors d’un voyage en Angleterre au mois de septembre dernier, Harry se serait vu refuser la possibilité de passer une nuit au château royal de Windsor. Pourtant, les choses semblent différentes cette fois. Harry doit rendre visite à son père ces jours-ci et tout indique qu’il sera l’invité de son père pour le gîte et le couvert. Tant que Harry restera sous la coupe de son épouse, une vraie réconciliation avec sa famille sera difficile, mais c’est aujourd’hui un pas dans la bonne direction. Et le moral de Charles, qui souffre visiblement de cet éloignement de son deuxième fils, sera revigoré par un relâchement des tensions.
Et la constitution dans tout ça ?
Si jamais Charles était obligé d’abdiquer, quelles en seraient les conséquences ? Son grand-oncle, Edouard VIII, a été contraint de quitter le trône en 1936. Il y a donc un précédent. Dans ce cas, son héritier immédiat, le prince William, serait obligé d’assumer la couronne et tout indique qu’il se prépare à jouer ce rôle un jour. Mais a-t-il déjà acquis suffisamment de maturité ? Dieu sait s’il est beaucoup plus adapté à l’accomplissement des tâches qui incombent à un roi que son frère cadet. Néanmoins, il y a des signes qui suggèrent qu’il a encore du chemin à faire. Selon une biographie du roi Charles par le journaliste spécialisé dans les questions royales, Robert Hardman – biographie qui vient d’être publiée dans le quotidien britanniqueThe Daily Mail – William serait beaucoup moins dévoué à l’Église anglicane que sa grand-mère, Elisabeth II, et serait moins investi dans la spiritualité en général que son père. Actuellement, il serait prêt à réduire au minimum la cérémonie du couronnement et même prêt à renoncer au titre et au rôle traditionnels du monarque en tant que Gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre. Or, cette fonction symbolique possède une importance constitutionnelle, comme la cérémonie du couronnement – on l’a vu au mois de mai l’année dernière – possède une importance qu’on peut qualifier de « publicitaire ». Ces deux éléments confèrent à la position du monarque une dimension solennelle, voire sacrée, et relient le présent au passé historique de la nation. Il se peut bien William veuille incarner une monarchie « moderne », mais il y a des risques à ne pas sous-estimer.
Pendant les longues années où Charles, en tant que prince et héritier, attendait dans les coulisses que sa mère quitte la scène, il avait cultivé une image de réformateur et de modernisateur. Pourtant, une fois monté sur le trône, il s’est montré plus conservateur que prévu. Il a assumé sans complexe la dimension spirituelle de sa charge. Le rituel de son couronnement était légèrement plus spartiate – et moins long ! – que celui de sa mère, mais il en a gardé l’essentiel, en faisant la joie de la foule et des téléspectateurs. La présence de représentants des religions juive, hindoue, sikh et musulmane a reflété le caractère multireligieux du Royaume-Uni actuel, mais le rite anglican a réaffirmé la tutelle, pour ainsi dire, de la tradition chrétienne et nationale comme celle qui, par son histoire, est capable de réunir tous les Britanniques.
Certes, William jouit d’un capital de popularité non négligeable. Mais une monarchie ne peut pas reposer sur la popularité d’un individu, car cette popularité peut toujours s’évaporer. Et vouloir qu’une nation soit fondée uniquement sur des principes rationnels et abstraits, sans aucune dimension sacrée et sans référence à son histoire – et à l’ancienneté de cette histoire – est folie.
Pourtant, si Charles continue à régner pendant un temps appréciable, si William continue à accomplir ses propres fonctions aux côtés de son père et sous l’influence de ce dernier, l’actuel prince de Galles pourra évoluer et mûrir, comme son père l’a fait avant lui. Il pourra comprendre pourquoi, dans ce bas monde, la magie et la mystique restent nécessaires, surtout à la survie d’un État-nation.
Le nouveau phénomène de l’« homme à chat » est salué à gauche comme l’antithèse du patriarcat. Mais gare aux effets pervers de cette déconstruction.
« Avant de me coucher, il m’arrive de regarder des vidéos de chats sur Instagram, avec mon chat», a confié récemment un homme célibataire à Marjorie Philibert, une journaliste du Monde bien décidée à comprendre ce nouveau phénomène : les hommes à chat. Pour surnager « au milieu d’un océan d’interrogations » et appréhender sérieusement ce sujet essentiel, cette journaliste a recueilli de nombreux avis. Ainsi, un sociologue perçoit dans l’homme à chat « une dimension politique clairement de gauche, dans la continuité de Mai 68», un rejet des «formes anciennes de l’autorité » et une nouvelle identité masculine «construite autour de l’attention et du soin».
De son côté, la vigilante journaliste Nadia Daam redoute visiblement une ruse du mâle retors qui sommeille en tout homme : «Sur Tinder, beaucoup d’hommes posent avec leur chat, comme pour montrer qu’ils ne sont pas des prédateurs et qu’ils rejettent les codes de la masculinité toxique.» Par ailleurs, affirme Mme Daam qui a décidément l’œil à tout, l’image « attendrissante et sexy » de l’homme à chat est bien plus valorisée socialement que celle de la femme à chat, « perçue comme seule et déprimée». Lorsqu’il vit en couple, disserte à son tour la journaliste du Monde, l’homme à chat – qui reste un homme avant tout – renoue souvent avec une détestable « répartition inégale de la charge mentale des tâches domestiques » qui voit sa compagne s’occuper seule des soins apportés au minet. Arnaud fait figure d’exception : dans un « souci de partage de la charge mentale du chat », il n’a eu de cesse, assure-t-il, de tout partager avec sa compagne, y compris les soins et les dépenses, inhérents à la présence de Croziflette, son «adorable petite chatte». Mais la vie est parfois cruelle : sa compagne l’a quitté et a embarqué avec elle Croziflette. Arnaud et d’autres hommes à chat ayant vécu la même mésaventure se battent pour obtenir la garde de leurs matous. Certains engagent des poursuites judiciaires. Ce qui ne ravit que moyennement des juges et des greffiers qui disent avoir, en ce moment, d’autres chats à fouetter.
Une étude IFOP pour un marchand de godemichés, publiée ce jour, mesure une baisse historique de la fréquence des rapports sexuels des Français. La proportion de nos concitoyens ayant eu un rapport au cours des 12 derniers mois n’a jamais été aussi faible en cinquante ans. Les activités numériques ne comptent pas pour rien dans cette apathie sexuelle. Et cette montée de l’inactivité sexuelle affecte tout particulièrement la jeunesse.
Lors de la grande conférence de presse qu’il tint au palais l’Élysée, Emmanuel Macron s’est alarmé du vieillissement de la France, se gardant bien, toutefois, de préciser que c’est chez les autochtones qu’il y a le moins de naissances. (Selon les chiffres de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie, la femme française n’a qu’1,68 enfant tandis que l’immigrée algérienne, elle, en met au monde à 3,69. En 2022, un tiers des bébés avait au moins un parent né hors de l’Union européenne. Quant aux naissances issues de deux parents nés à l’étranger, elles ont augmenté de 72% entre 2002 et 2022).
Le plan cul d’Emmanuel Macron
Notre belligérant de la République a ensuite souligné la nécessité d’un « réarmement démographique » pour annoncer, martial, le lancement prochain « d’un grand plan » destiné à lutter « contre le fléau de l’infertilité ». En filant avec pompe la métaphore guerrière, Macron n’a pas manqué de s’attirer les foudres des féministes et de la gauche. Déjà, le soutien apporté à Depardieu avait mécontenté. Qu’Emmanuel Macron prétende maintenant mobiliser les utérus des Françaises pour repeupler l’Hexagone, ça n’était décemment plus possible. On a alors vu les défenderesses des droits des utérus à disposer d’eux-mêmes, déjà sur le sentier de la guerre, se lever comme un seul homme pour dénoncer le projet aux relents pétainistes : faire des enfants ne saurait devenir un devoir patriotique ; les femmes ne serviraient pas l’accroissement de la population française. Que la rhétorique présidentielle amuse ou agace, la question de la baisse du taux de natalité des Françaises n’en demeure pas moins préoccupante et nombreuses sont les explications plus ou moins sociologiques avancées pour l’expliquer : éco-anxiété, peur de l’avenir, crainte devant les changements climatiques, incertitudes économiques ou violences géopolitiques.
Et si on prenait les choses autrement ? S’il y avait tout simplement moins de naissances dans l’Hexagone parce que l’activité sexuelle des Français est en berne ? L’Ifop a mené une enquête pour l’entreprise de sex-toys Lelo. Intitulée « Sex recession », cette étude1 révèle que la France, comme d’autres pays européens (États-Unis ou Grande-Bretagne), est entrée en « récession sexuelle ». C’est officiel: la pratique de la bête à deux dos a enregistré un recul sans précédent ; les Français hétérosexuels font moins l’amour. On apprend ainsi que la proportion des Français ayant eu un rapport sexuel au cours des 12 derniers mois n’a jamais été aussi faible en cinquante ans et cette montée de l’inactivité sexuelle affecte tout particulièrement la jeunesse. En effet, 28% des jeunes de 18 à 24 ans, initiés sexuellement, admettent ne pas avoir eu de rapport en un an. C’est cinq fois plus qu’en 2009. De plus, les célibataires n’ont pas le monopole de l’abstinence sexuelle, les résultats montrent qu’une personne sur quatre, actuellement en couple, n’a pas (ou plus) d’intimité physique avec son conjoint. La sexualité semblerait avoir cessé d’être l’une des composantes essentielles d’une vie réussie ou, à tout le moins, celle d’une vie de couple harmonieuse. On se revendique désormais assez ouvertement abstinent par choix voire asexuel. Ce désinvestissement, du reste, ne se cantonne pas au seul sexe mais s’étend à d’autres aspects de la vie des Français : travail, civisme, associatif, politique… L’étude précise également, on l’aurait parié, que l’activité sexuelle est largement concurrencée par le numérique (TV, réseaux sociaux, jeux vidéo…). Ainsi, lorsqu’on interroge les jeunes vivant en couple sous le même toit, 50% des hommes et 42% des femmes reconnaissent avoir déjà évité un rapport pour regarder une série ou un film.
Finie la fête du slip
L’absence de rapports sexuels, apprend-t-on enfin, serait mieux vécue par les femmes qu’elle ne l’est par les hommes et il semblerait qu’elles s’affranchissent plus facilement qu’autrefois du « devoirconjugal », quand celui-ci leur pèse.
L’étude précise ainsi qu’on s’achemine vers la « déconstruction du devoir conjugal », dans un contexte marqué par la révolution du rapport au consentement.
Les chiffres indiquent que les Françaises acceptent beaucoup moins de se forcer à faire l’amour qu’il y a quarante ans. Parmi les femmes âgées de 18 à 49 ans, elles ne sont plus que 52% à s’y résoudre contre 76% en 1981. En 2024, Brassens, vieux mâle blanc ne pourrait donc plus chanter :
Quatre-vingt-quinze fois sur cent La femme s’emmerde en baisant Qu’elle le taise ou le confesse C’est pas tous les jours qu’on lui déride les fesses
Les pauvres bougres convaincus Du contraire sont des cocus À l’heure de l’œuvre de chair Elle est souvent triste, peuchère !
S’il n’entend le cœur qui bat Le corps non plus ne bronche pas Les « encore », les « c’est bon », les « continue » Qu’elle crie pour simuler qu’elle monte aux nues
C’est pure charité, les soupirs des anges ne sont En général que de pieux mensonges C’est à seule fin que son partenaire Se croit un amant extraordinaire
Que le coq imbécile et prétentieux perché dessus Ne soit pas déçu
Quoi qu’il en soit, rien de nouveau sous le soleil : ce sont toujours les femmes qui font la nique aux hommes.
Donald Trump a été condamné à payer 83 millions de dollars pour « diffamation » à E. Jean Carroll qui l’accuse de l’avoir agressée sexuellement dans les années 90. Une tribune libre d’Alain Destexhe
Nous ne sommes pas dans un film de Sergio Leone, mais dans un tribunal de New York. Un tribunal ? Plutôt un théâtre qui s’apprête à rendre une parodie de justice contre le type contre qui tous les coups sont permis pour l’empêcher de devenir président. Donald Trump au cas où vous ne l’auriez pas deviné.
L’ancien président est condamné à payer 83 millions de dollars de dommages pour avoir « diffamé » E. Jean Carroll, qui l’accuse de l’avoir agressée sexuellement dans les années 90.
La « victime » ne se souvient plus de la date des faits
Dans les années 90 ? En effet, elle ne se souvient plus de l’année au cours de laquelle la prétendue agression sexuelle aurait eu lieu, il y a près de trois décennies. Elle dit qu’elle et le Donald ont commencé à flirter dans un grand magasin pendant les heures d’ouverture, qu’ils se sont ensuite rendus dans les cabines d’essayage, que jusque-là elle était consentante mais qu’ensuite il l’aurait pénétrée digitalement sans son accord. Elle n’a pas porté plainte à l’époque et il n’y a aucun témoin.
Il nie et dit qu’il ne se souvient pas de l’avoir jamais rencontrée.
La prescription bafouée par une loi rétroactive
Presque 30 ans plus tard, la presque octogénaire gauchiste (liberal en américain) écrit un livre qui se vend très bien grâce à cette histoire, puis porte plainte alors que Donald Trump vient de se déclarer candidat à la présidence. Un milliardaire Démocrate de la Silicon Valley, Reid Hoffman, l’assure de la prise en charge illimitée de ses frais d’avocat, mais – évidemment – il y a prescription. Qu’à cela ne tienne ! Un parlementaire Démocrate, Brad Hoylman-Siga, connu pour son hostilité à Trump, dépose dans l’Etat de New York une proposition de loi ad hoc pour régler le cas Carroll / Trump. Aussitôt adopté, le Adult Survivors Act permet aux « survivantes » présumées d’agression sexuelle de déposer à nouveau plainte dans un délai de 12 mois à partir de la publication de cette nouvelle loi, même si les faits allégués étaient auparavant couverts par la prescription ! Une loi rétroactive donc, au mépris de ce cher Etat de droit et en fait de toutes les règles de droit qui permet à madame Carroll de relancer la machine judiciaire avec les fonds du même capitaliste milliardaire et méga-donateur du Parti démocrate et des causes progressistes.
Le procès a montré des dizaines d’incohérences dans le récit de la « victime », « survivante ». Pour n’en donner qu’un exemple, elle affirmait avec certitude porter ce jour-là une robe qui n’existait pas alors sur le marché ! Elles n’ont pas empêché un jury populaire, tiré au sort dans une ville qui vote à 90% pour les Démocrates, de condamner Trump à cinq millions de dollars de dommages.
Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Donald Trump continue à contester bruyamment les faits alors qu’il vient d’être condamné – au civil notons-le, pas au pénal – pour « coups et blessures ». Elle porte donc plainte en diffamation, prétendant qu’elle a perdu sa chronique de conseils sexuels (elle a 76 ans) dans le magazine Elle qui aurait « ruiné sa carrière » (à 76 ans !). Pour cette chronique, elle était payée quelques dizaines de milliers de dollars par an. Sa déclaration selon laquelle son conflit avec Trump aurait conduit à son licenciement a été fermement démentie par le magazine qui l’a licenciée. Rien à voir selon Elle. Sa chronique n’avait plus le succès d’antan. La perte d’un emploi à 76 ans ne ressemble pas non plus à la fin du monde.
Plaignante de gauche, juge de gauche, jury de gauche
Mais il s’agit de Trump. Une plaignante de gauche, un juge de gauche ouvertement hostile et un jury de gauche, le voilà condamné à… 83 millions de dommages et, s’il ouvre encore la bouche pour rappeler son innocence, la somme pourrait être doublée ! Le voilà muselé. Quatre autres poursuites du même type (plaignant de gauche, juge de gauche, jury de gauche) l’attendent encore à New York.
Ce n’est pas la première loi ciblée, conçue pour rendre un comportement antérieur de Trump, juridiquement inattaquable, légalement susceptible de poursuites du jour au lendemain. Des lois rétroactives visant un seul homme et qui n’auraient jamais été approuvées s’il n’était à nouveau candidat à la présidence.
Big Apple est pourrie
Le visage lifté, tentant désespérément de paraître beaucoup plus jeune, E. Jean Carroll est l’incarnation caricaturale de la femme riche, progressiste, woke, branchée, sans enfants (ce dont elle se réjouit bruyamment,), qui jouit comme une folle de sa nouvelle célébrité et de son bon coup politique au service des Démocrates. Après sa victoire, lors de sa première déclaration à la présentatrice vedette de MSNBC qui tentait tout aussi désespérément de relier son triomphe judiciaire à la cause des femmes, elle annonça, sans humour, qu’elle allait claquer plein de pognon à faire les boutiques et renouveler sa garde-robe. Grand bien lui fasse !
Oui, sous la férule des Démocrates, il y a bien quelque chose d’inquiétant et de pourri en république américaine.
Au sein de l’université parisienne, une littérature « antisioniste » fort problématique circule et entretient une atmosphère de violence antijuive alarmante, s’inquiète notre contributrice. Extraits et analyse.
La libération de la parole antijuive dans les universités françaises a atteint les sommets après les massacres du 7 octobre. J’ai pu en témoigner avec Georges-Elia Sarfati dans L’Express1 l’année dernière.
Cette parole s’inscrit dans une archive discursive bien décrite : la souche social-nationaliste et son idée du complot juif a muté en complot sioniste (les « sionistes » ont ourdi un plan de conquête de la Palestine), la souche soviétique a été fertilisée par le discours post-colonial (« Israël colonise et occupe les terres des autres »), la souche islamique (les Juifs ne peuvent pas être souverains sur la terre d’islam) et la souche post-moderne pour laquelle l’existence d’un État souverain à caractère national juif est une écharde douloureuse sur le corps occidental. Aujourd’hui ce cocktail, nourri par l’activisme de la gauche radicale palestinisée fleurit sur les campus.
Interclasse islamo-gauchiste
Avant–hier, alors que je sortais après mes cours à la Sorbonne Nouvelle, une étudiante toute de drapeau palestinien vêtue, distribuait des papiers à des étudiants.
À côté d’un stand du Comité Palestine affilié au NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), rempli de littérature conçue pour les curieux, son camarade accueillait les membres de la faculté dont la libido sciendi n’a pas encore été satisfaite par le contenu des cours…
Il leur offrait des tracts pour combattre l’entité sioniste, pour libérer la Palestine du Jourdain à la mer, pour boycotter tout ce qui est vaguement « sioniste ». Un journal du Comité Palestine Sorbonne Nouvelle, appelé pastoralement L’Olivier et dont le premier numéro s’intitule Sionisme et antisémitisme : les liens historiques2 présentait les liens étroits du sionisme avec le nazisme, tout à fait dans la veine de la thèse négationniste d’un Mahmoud Abbas et appelait à démanteler « l’entité sioniste » par une lutte armée. Pour rappel : le slogan « Libérez Palestine du Jourdain à la mer » a été lancé par le Mufti de Jérusalem, Haj Amin Al Hussejni, allié des nazis3, qui entendait se débarrasser des Juifs du yeshuv (communauté agricole) et appelait aux pogroms et aux massacres. Le jeune homme, représentant de ce Comité, avec qui j’ai longuement discuté, m’a dit que pour que la Palestine soit libérée, il faut la débarrasser des Juifs. Les ashkénazes doivent rentrer « chez eux » et les séfarades « chez eux ». Sinon, c’est la résistance armée qui les chassera. A ma question sur les massacres et l’expulsion des Juifs du monde arabe, qu’il a reconnus, il a ajouté que derrière ces massacres il y avait la main du Mossad. Ce jeune homme m’a même « cité » Zeev Jabotinsky, qui appellerait à tuer des Arabes, et Théodore Herzl, qui chercherait les faveurs des antisémites. Ce qui montre que ce jeune homme n’a jamais ouvert aucun livre de ces deux grands penseurs qui n’ont jamais dit ce qu’il leur attribuait. Je donne cet exemple pour montrer que la confusion, l’ignorance, la propagande haineuse ont toute leur place au sein de mon université. Ce sont ces mêmes étudiants qui organisent des « conférences » sur ces sujets. Par exemple, celle prévue pour le 8 février annonce :
« Nous réaffirmons encore une fois notre soutien inconditionnel à la résistance palestinienne, et nous appelons à un cessez-le-feu immédiat à Gaza, ainsi que la libération totale de la Palestine et le démantèlement de l’entité sioniste coloniale ».
Faire des juifs les nouveaux nazis
Maintenant, penchons-nous sur la littérature produite par ledit comité et distribuée par les étudiants de la Sorbonne aux étudiants de la Sorbonne :
Al Thawabet (Nos principes, en page 2 de L’Olivier, juste à côté de l’édito) inspiré des principes formulés par l’OLP en 1977 (dans cette charte, l’OLP ne reconnait pas l’existence de l’Etat d’Israël) :
Principe 3 : Soutien à la résistance
Principe 4 : Palestine libre de l’Occupation des soldats et des colons, de la mer au Jourdain, avec Al Quds comme capitale.
Un chapitre est consacré aux liens étroits du sionisme et du nazisme :
« Les sionistes maintenaient de bonnes relations avec les nazis, au moins jusqu’à la fin des années trente […] Les sionistes allemands se sont donc alliés aux nazis après que ces derniers se sont emparés du pouvoir, et les sionistes étaient le seul groupe juif qui n’a pas fait l’objet de censures et de l’interdiction d’exercer toute activité politique…. Cependant, la fin de la Seconde Guerre mondiale a également entrainé la fin de l’antisémitisme d’Etat en Europe, qui s’est posé comme un obstacle face aux propagandistes sionistes »(p. 7-8)
L’apologie du terrorisme est explicite aussi :
Une page est consacrée au « journaliste » Hamza Al Dahdouh, « jounaliste palestinien incarnant la résilience et la force de son peuple » (p. 27). Hamza el Dahdouh fut un terroriste, combattant du Jihad Islamique, représentant d’un bataillon du Jihad Islamique Zeitun. À la page 14, on découvre que « … depuis le début de l’occupation en 1948, Israël cherche à contrôler et empêcher l’éducation des Palestinien.ne.s, en leur durcissant les démarches, en leur imposant des checkpoints long et laborieux, en les privant d’infrastructures… Comme tout régime d’occupation, il a cherché à effacer la culture et la connaissance palestinienne (sic ! NDLA), son histoire, sa trace, son héritage, comme en témoignent les attaques répétées contre les universitaires, les pillages de livres (sic ! NDLA), la destruction des sites archéologiques et des églises historiques ».
Ce ne sont que des échantillons de la prose distribuée aux étudiants par d’autres étudiants. La lecture complète du journal me fait penser que les fabricants des Protocoles des sages de Sion ont de dignes héritiers. Le problème est qu’un étudiant contemporain moyen, dépossédé de connaissances historiques générales et de celles qui concernent l’histoire du Proche-Orient en particulier n’a pas les moyens de voir qu’il s’agit de mensonges grossiers à CHAQUE ligne de ce torchon propagandiste.
La gêne des tutelles
Le président de l’université que j’ai contacté m’a répondu que l’Université n’était pas responsable des « tracts distribués sur la voie publique ». La voie publique se trouvant dans les portes d’entrée de la faculté Sorbonne-Nouvelle, on se demande quelle aurait été sa réponse si on y distribuait Mein Kampf.
Là où je veux en venir, ce n’est pas tant l’existence de ces groupuscules criminels, ces Merah ou Carlos en puissance, qui diffusent cette propagande crapuleuse, mensongère et criminelle, c’est le silence et le « pas de vague » des tutelles. Il s’agit là de l’appel à la violence ouverte, du négationnisme, de la fabrication des assassins en puissance. Qui agissent à l’université impunément. Malgré le fait qu’une plainte a déjà été déposée contre le NPA et ses affiliés pour apologie du terrorisme.
Le silence des institutions universitaires, les réponses évasives des instances qui psittacisent sans cesse « Nous combattons toutes les formes de racisme » les rend complices de l’idéologie crapuleuse et meurtrière. Si l’antisémitisme prospère dans les facs, si les universitaires juifs quittent la France, si les étudiants juifs ne se sentent pas en sécurité, c’est que ce climat est bien entretenu par la lâcheté et l’indifférence des présidences qui n’ont de présidence que le titre, mais qui agissent exactement comme les bourgeois du film de Marcel Ophuls Le chagrin et la pitié – lesquels prétendent ne pas avoir vu ni su ce qui se passait sous leur nez. La présidence de l’université étant aux abonnés absents, Caroline Yadan, députée de Renaissance, a été informée des agissements dudit Comité Palestine.
Un livre nous raconte comment nous en sommes arrivés à une véritable civilisation de froussards
Ils s’y sont mis à trois. Andrea Marcolongo, journaliste italienne. Patrice Franceschi, écrivain, aviateur et marin. Loïc Finaz, amiral et ancien directeur de l’Ecole de guerre. Dans un court livre (Le goût du risque, 144 pages, 2023) publié chez Grasset, ils défendent le goût du risque, une vertu démodée qui, comme toutes les vertus démodées, passe pour un vice.
Jacques a dit : « Confinement » !
Dans le livre, ils opposent les défenseurs de la sécurité à tout crin aux amoureux de la liberté. Ces derniers, dans le débat des idées, dans la vie quotidienne, perdraient du terrain chaque jour. « En ces temps post-héroïques de l’Occident », « les uns voient la liberté comme une simple option sur le marché de l’existence, les autres la considèrent comme l’unique valeur capable d’irriguer toutes les autres pour leur donner sens – et en cela, elle est sacrée ». Cela nous ramène au choix qui se présente au jeune Achille, dans l’Iliade, qui décide de cocher la case « vie courte mais intense » au détriment d’ « existence morne et obscure ».
Pour les auteurs, le moment paroxystique de cette mentalité sécuritaire fut la crise du Covid. Il est vrai que ce fut pour ceux qui nous gouvernent un grand moment de « Jacques a dit », entre les verres que l’on devait boire assis et autres consignes à dormir debout. S’il fallait faire des objections pour le seul plaisir d’être casse-pied, on pourrait répondre, dans cette opposition entre sécurité et liberté, que certains de nos voisins, les Suisses en premier lieu, peuvent être tout à fait jaloux de leur haut niveau de liberté politique tout en ayant une attitude peu nerveuse volant en main. Quand les auteurs écrivent : « Il faut révoquer la crainte de la mort et voilà tout », on a envie de répondre, avec Woody Allen : « Tant que l’homme sera mortel, il ne pourra pas être complètement décontracté ».
C’est pour notre bien
L’ouvrage nous raconte comment nous en sommes arrivés à cette civilisation de froussards. A l’échelle de la France, le second mandat de Jacques Chirac constitua certainement une étape décisive. On se souvient que lors de la traditionnelle interview du 14 juillet, en 2002, il s’était mué en « super secrétaire d’État » aux transports afin de faire figurer la sécurité routière parmi les trois principaux chantiers de son quinquennat. C’est aussi au cours de ce mandat, sous l’influence de Nathalie Kosciusko-Morizet, que le principe de précaution fit son entrée dans la constitution, via la Charte de l’environnement. Une traduction du « principe responsabilité » défendu par Hans Jonas dans les années 70. Le philosophe allemand en était venu à défendre, au nom de l’écologie, les vertus des régimes communistes, lesquels étaient capables d’imposer des mesures contraignantes (dictature oblige) à leur population. C’est ce principe qui a poussé les Allemands à fermer leurs centrales nucléaires, et les Français à renoncer à leur gaz de schiste. Avec de tels principes, les caravelles espagnoles et portugaises seraient restées à quai au XVème siècle. C’est ce qu’écrivent les auteurs : « S’ils se l’étaient imposé, les Vikings n’auraient jamais quitté leurs fjords, Magellan serait resté à Porto et Christophe Colomb à Gênes. Newton ne se serait même pas risqué à faire sa sieste sous un pommier. Neil Armstrong n’aurait jamais qualifié son petit pas de bond de géant pour l’humanité. Chartres, Reims et Amiens ne s’enorgueilliraient pas de leurs cathédrales, ni Paris de sa Tour Eiffel ».
Alors, au moment où le président du Sénat Gérard Larcher s’inquiète, à juste titre, que la constitution devienne un catalogue de droits, il serait bon d’aller jeter un œil dans quelques-unes des dérives de ces dernières décennies et d’en retirer quelques principes superfétatoires.
Elisabeth Lévy revient sur le profil de Kassogue S., l’auteur de l’attaque au couteau de la Gare de Lyon, samedi matin. Après avoir été suspendue pour raisons psychiatriques, la garde à vue de l’assaillant a repris. Au-delà de la psychiatrie, les discours de haine contre la France ou l’Occident font des ravages, observe notre directrice de la rédaction.
D’abord, il nous faut revenir sur la présentation de Kassogue S. telle qu’elle a été faite par les médias. Et sur cet empressement à nous dire qu’il s’agissait d’un déséquilibré, qu’il était en situation régulière et qu’il n’avait aucun signe de religiosité. Circulez, il n’y a rien à dire ! C’est un triste fait divers. D’ailleurs, le Parquet National Antiterroriste regarde ailleurs.
Rappelons-le: commettre un acte de ce type, rouler en camion sur une foule ou tirer à bout portant sur une fillette juive ne signale pas une personnalité très équilibrée. Autrement dit, tous les terroristes sont un peu fous. Mais la plupart des fous n’agressent pas des gens à coups de marteau.
«Les motivations de l'assaillant peuvent être religieuses, mais la piste terroriste reste écartée»
Quand tu payes les impôts pour que l'État se moque de toi et de ton intelligence.https://t.co/ciQD5GmHpB
Deuxièmement, ce Malien, Kassogue S., était dans les clous de la loi. Ouf ! Il avait un titre de séjour italien. C’est une nouvelle preuve du masochisme européen. Un droit accordé n’importe où en Europe au nom de n’importe quel principe, c’est table ouverte dans l’espace Schengen. De plus, son état psychiatrique semble avoir joué dans sa régularisation. En plus de toute la misère du monde, faudra-t-il bientôt accueillir toute la dinguerie du monde? Pour nos habituels experts en réécriture du réel, la grande leçon de cet épisode tragique, c’est que la psychiatrie manque de moyens.
Reste qu’il n’y a pas de motivation islamiste justifiant la qualification terroriste
Certes, les usagers de la gare n’ont pas entendu de « Allah Akbar ». Mais la barbe du suspect répond aux canons islamistes, ainsi que sa haine des LGBT qu’il exhibait sur TikTok. Tous les terroristes ne sont pas islamistes (il y a un terrorisme basque, irlandais, ou palestinien « laïque » avant le Hamas, par exemple). Ce qui caractérise et signale le terrorisme, c’est la motivation idéologique, la justification politique de la violence aveugle.
Or, dans le cas de Kassogue S., cette motivation est parfaitement claire. Il ne nous aime pas. «Je ne rêve pas d’être français, je n’aime pas la France, je déteste tous les Français», crache-t-il sur son compte TikTok désormais désactivé. Il disait qu’il voulait tuer des Français. Cela mériterait au moins la qualification d’acte raciste, non?
Le premier attentat du décolonialisme ?
Pourquoi cette haine ? Ce que nous a appris Le Parisien est très intéressant. Son TikTok était plein d’un salmigondis sur les crimes de la France en Afrique. « Vous avez maltraité les gens, violé les femmes, assassiné les petits enfants, enlevé les organes des enfants, volé nos biens matériels. Vous êtes plus maudits que Satan. » Voilà ce que disait ce charmant garçon.
Cela ne vous rappelle rien ? Comme l’a observé le premier Amine El Khatmi, c’est une version pour les nuls des âneries décoloniales enseignées dans certaines de nos universités. L’histoire façon Star Wars, avec d’un côté les gentils et de l’autre les méchants. La militante Assa Traoré ou la députée LFI Danièle Obono disent d’ailleurs un peu pareil, même si c’est un chouia plus sophistiqué. C’est malheureusement un discours en vogue à l’UNEF, à Sciences-Po ou à Saint-Germain-des-Prés. Il n’est pas impossible qu’il ait pu arriver, une fois remâché et encore simplifié par les réseaux sociaux, au cerveau embrouillé de Kassogue S. Et c’est peut-être ainsi que nous avons assisté à la naissance du terrorisme décolonial…
Cette chronique a d’abord été diffusée sur Sud Radio
Retrouvez notre directrice de la rédaction du lundi au jeudi, dans la matinale.
Ce n’est pas avec un « plan de lutte contre l’infertilité » que le chef de l’État pourra stopper la chute de la natalité française. Le choix d’Emmanuel Macron de résister au RN par une « lutte contre l’immigration clandestine » avalise l’immigration légale, avec le soutien du Conseil constitutionnel. Tout reste en place pour achever la dilution du pays.
L’effacement : à son tour, Emmanuel Macron a évoqué ce risque suicidaire lors de sa conférence de presse du 16 janvier. Mais il s’est arrêté en chemin, excluant la France d’une possible disparition. Le président ne craint que pour l’Europe, bousculée par le chamboulement planétaire qui déboulonne l’hégémonie occidentale et invite l’UE à en rabattre.
Pourtant, c’est plus dramatiquement la nation épuisée qui se vide de son peuple, comme un corps perd son sang. La révolte paysanne est celle de ce monde qui ne veut pas mourir. Or l’hémorragie, causée par une baisse des naissances des autochtones et une population musulmane prolifique, satisfait les immigrationnistes au pouvoir, pour qui un homme en vaut un autre. En 2022, un tiers des bébés avait au moins un parent né hors de l’Union européenne. Entre 2000 et 2022, les naissances issues de deux parents nés à l’étranger ont augmenté de 72%. Si la femme française ne fait plus qu’1,68 enfant, l’immigrée algérienne, avec 3,69 enfants, est plus féconde que l’Algérienne (trois enfants), selon Nicolas Pouvreau-Monti, cofondateur de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie (Le Figaro, 15 janvier). À ce rythme, trois ou quatre générations devraient suffire pour qu’il ne reste plus que des traces éparses de la France française réduite à être visitée, par des Franciens venus d’ailleurs, dans ses « réserves » exotiques.
Le numéro 116 de Causeur / octobre 2023, tirait déjà la sonnette d’alarme
La peur du « grand remplacement »
Le grand effacement fait partie des mots interdits que Macron s’exerce désormais à prononcer, comme il reprendrait un refrain paillard. La transgression est son frisson. Son premier ministre, Gabriel Attal, promet pareillement de « garder notre identité française ». Mais tous deux évitent d’évoquer la substitution, sous leurs yeux clos, d’un peuple par un autre, d’une civilisation par une autre. Or ce qui s’observe est non seulement une libanisation de la nation jadis homogène, mais un remplacement ethnique et culturel. Il n’est d’ailleurs permis que de s’en réjouir, au risque d’être accusé de racisme et de xénophobie.
À la crise de la natalité (baisse de près de 7% en 2023) s’ajoutent la pression migratoire (depuis 1999, l’augmentation de 153% des titres de séjour et de 227% des demandes d’asile, soit près de 500 000 arrivées par an), une émigration des plus jeunes (54% des 18-25 ans seraient prêts à quitter la France), un exode de ceux qui fuient l’antisémitisme coranique, et un islam laissé en paix dans ses colonisations qui s’étendent. Ce n’est pas en lançant un « plan de lutte contre l’infertilité » et un « congé de naissance » ouvert aux parents que le chef de l’Etat peut espérer faire obstacle à cette disparition de l’esprit français, chassé par la technique et ses robots. Le choix de Macron de résister au RN par une « lutte contre l’immigration clandestine » avalise l’immigration légale, avec le soutien du Conseil constitutionnel. Tout reste en place pour achever la dilution du pays.
L’urgence est de stopper la liquidation de la France, promue par l’idéologie mondialiste qui continue d’imprégner le sommet de l’Etat. Le temps presse. Mais il est encore possible, à condition d’un sursaut politique, d’endiguer la conquête démographique du pays et de résister à son asphyxie.
La suite de cette analyse est à lire dans le numéro 120 de Causeur, en kiosques mercredi 7 février
Le monde change. Les caricatures s’inversent: le ridicule est passé du « plouc » au bobo.
La révolte des agriculteurs a dévoilé, par la qualité des leaders et de leurs prises de parole, le visage moderne de la ruralité. C’est probablement chez les paysans que le monde nouveau, plus réaliste et humain, se dessine. Si les tracteurs n’ont pu pénétrer dans Paris, protégé par des blindés, la capitale apparait pour sa part dans son univers étriqué et déconnecté de la vie des gens. Le grotesque de la « votation citoyenne » contre les SUV (sport utiliy vehicle), organisée ce dimanche, le démontre : aucune vision ne sort plus de l’esprit asséché des dirigeants des grandes métropoles mondialistes, hormis leurs génuflexions devant l’écologisme et le diversitisme. Anne Hidalgo, maire de Paris, est le parangon de ce conformisme moutonnier. Son référendum, auquel seuls 5,68% des Parisiens ont répondu, va obliger les propriétaires de véhicules lourds (plus de 1,6 tonne, plus de 2 tonnes pour les électriques) à payer trois fois plus cher leur stationnement (soit 225 euros pour 6 heures !).
Plusieurs habitants du 15e et du 16e arrondissements (dont Madame Hidalgo pense qu’ils sont peuplés de méchants riches en 4×4) racontent que trouver leur bureau de vote a été un parcours du combattant. Arrivant sur le lieu annoncé, ils ont été envoyés à une demi-heure de marche.…
Ce faisant se dessine une écologie punitive construite sur le racket municipal (35 millions d’euros de recette espérée), la surveillance collective, la dénonciation du « gros », la discrimination de classe. Les premiers visés ne seront pas les Parisiens, qui le plus souvent n’ont plus de voitures ou qui bénéficient du stationnement résidentiel, mais ceux qui viennent travailler. Ce « passe urbain » est l’expression d’une mentalité d’exclusion, très « petit-bourgeois ».
Le péquenot des champs a bien davantage à nous dire que le progressiste des villes. Celui qui « fume des clopes et roule au diesel », devant qui la macronie se bouche le nez, a derrière lui la France périphérique et rurale. Encore majoritaires démographiquement, ces oubliés n’entendent plus se contenter de leur marginalisation au profit de minorités déifiées. Une place plus centrale les attend. L’enraciné est plus inspirant que le déraciné.
Il est loin, le cliché du bouseux fruste attaché à sa terre, son pinard et ses bêtes, décrit par exemple par Françoise Sagan (Les faux fuyants), ou par le film La soupe aux choux. Même si la jacquerie des agriculteurs a baissé en intensité depuis vendredi, après les mesures annoncées par le pouvoir, le soutien massif de l’opinion à leur combat demeure. Dans l’urgence, Emmanuel Macron a choisi de lâcher du lest sur les normes écologistes, afin de préserver l’architecture de l’Union européenne. « Nous voulons une Europe plus forte et plus concrète », a-t-il expliqué jeudi en faisant à nouveau l’éloge de la « souveraineté européenne ». Le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, a précisé que le secteur agricole sera classé parmi les métiers en tension, le rendant ouvert à une immigration irrégulière légalisable. Or c’est bien cette Europe diversitaire, technocratique et sans âme, que rejettent les agriculteurs, en France et ailleurs. L’entêtement de la caste européiste à vouloir imposer son modèle hors-sol se heurte à la révolte d’un peuple excédé mais raisonnable. C’est lui qu’il faut entendre.
Bellisha a 26 ans et il vit seul avec sa mère malade. Son quotidien consiste principalement à inventer une réalité parallèle pour que sa mère se sente bien, et ne se rende pas compte que les juifs sont chassés. Le film de Noé Debré parvient à nous faire sourire sur le départ des juifs des banlieues françaises islamisées.
C’est avec un peu de retard que j’ai eu envie de vous parler du premier film de Noé Debré : Le dernier des juifs, sorti en salle le 24 janvier malgré les craintes des exploitants quant au climat délétère, aux forts relents d’antisémitisme, constaté en France depuis la reprise du conflit qui ne finira jamais et cristallise toutes les haines envers la communauté juive.
À mon sens, le titre nous dit déjà beaucoup du propos du film – que j’ai perçu comme un conte philosophique. En effet, le déterminant « des » change tout. Il peut être interprété de deux façons : le dernier des juifs, comme s’il n’en restait plus qu’un seul sur la terre, et le dernier des juifs, qui, de manière péjorative, signifierait que le héros ne mérite pas, finalement, d’être juif.
Agnès Jaoui seule chez elle
Et en effet, le personnage principal, Bellisha (Michael Zindel, qui peut faire penser à Vincent Lacoste), ce jeune homme velléitaire, qui semble à la fois doux et absent, a l’air de s’en foutre de sa judéité, même si, effectivement, sa mère et lui sont quasiment les seuls juifs qui restent dans cette ville de banlieue qui n’est jamais nommée, mais qui fait fichtrement penser à Sarcelles. Même le dernier magasin casher plie bagage. Bellisha est bien embêté, car il entendait acheter un poulet casher pour Shabbat pour faire plaisir à sa mère… Son métier, à Bellisha, c’est de s’occuper de sa mère, Gisèle (magnifiquement interprétée par Agnès Jaoui), qui est malade et ne sort plus de son appartement capharnaüm. Il désire lui faire croire que rien n’a changé à l’extérieur. Il essaie de figer le temps pour elle. Cependant, Gisèle le sait qu’il faudrait partir… Pour aller où ? Elle ne le sait pas. La Terre Promise ne la tente pas. Et elle a d’ailleurs cette réplique, très piquante dans la bouche d’une juive : « Pas en Israël, il n’y a que des juifs, ils vont tous nous escroquer » !
Cependant, elle y tient quand même à ses racines, à sa religion compliquée, car lorsque son fils lui ramène, en désespoir de cause, un poulet qui n’est pas casher mais halal, elle s’en aperçoit et lui ordonne, paniquée, de casheriser la cuisine, et de jeter tous les aliments qui s’y trouvent. Elle s’accroche aux règles strictes de la casherout – pour ne pas oublier d’où elle vient.
Le vrai sujet du film est celui de l’exil, principalement de l’exil intérieur, et du questionnement talmudique : qu’est-ce qu’être juif ? Comment fait-on pour être juif ? Cela fait des millénaires, il me semble, que cette question reste sans réponse… Bellisha, quant à lui, n’est pas considéré comme un « bon juif » par la communauté: il n’est pas allé à la Yeshiva, il a séché tous ses cours de Krav Maga, et ne parle que très peu hébreu. Une scène hilarante – qui pourrait figurer dans un film de Woody Allen – en témoigne : lorsque sa petite amie, maghrébine, lui demande de lui dire « quelque chose de sale en hébreu », il répond, après réflexion : « Evenou shalom aleichem » le titre de cette chanson bien connue, qui signifie « nous vous apportons la paix ». Quant aux actes antisémites, qui se multiplient en banlieue, ils sont traités de manière très fine et sans discours politique (et d’ailleurs, que dire ?). Avec humour, même, car l’humour est la seule chose qui nous reste lorsque tout est perdu. On s’amuse à voir des individus venus tagger des croix gammées sur la porte de la famille Bellisha se tromper, et souiller celle de l’appartement voisin habité par une famille chinoise.
Un film bisounours ?
Bellisha a malgré tout des potes dans la cité, tous noirs ou arabes. Il est intégré, même s’il semble toujours un peu ailleurs. Un de ces amis, d’origine africaine, lui dit ceci : « De base, je n’aime pas les juifs, mais toi je t’aime bien ». « Et tu en connaisbeaucoup des juifs ? » lui demande alors Bellisha. « J’en connais un autre, et je l’aime bien aussi ». D’aucuns penseront, à la lecture de ce billet, qu’il s’agit-là de « bisounourisme ». Non : c’est simplement un autre aspect de cette réalité que représente l’antisémitisme de nos banlieues, qui semble inextricable.
Ad Vitam distribution
Et puis, Gisèle se meurt. Lorsque le père de son fils, juif orthodoxe, vient à son chevet pour réciter quelques prières, il lui reste assez de forces pour lui asséner cette phrase assassine : « Tu as mis ton déguisement ? » Ne jamais perdre son humour, jusqu’à la fin.
Bellisha aura finalement accompli sa mission, sa « mitzva» qui fera de lui un mensch, sa bonne action qui le grandira, qui fera de lui un type bien. Il a rendu plus douce la fin de vie de sa mère. Alors, il s’en va, sans but précis, avec juste une valise. Toujours aussi sympathique. L’exil ne finira jamais.
C’est officiel : Charles III souffre d’un cancer. Qu’est-ce qui changera outre-Manche ? La stabilité de la monarchie est-elle menacée ? L’analyse de Jeremy Stubbs.
Le palais de Buckingham vient d’annoncer, hier soir, que le roi Charles souffre d’un cancer. Lors d’une hospitalisation la semaine dernière dont le but était le traitement d’une prostate élargie, les médecins auraient trouvé un cancer. Ce dernier, selon l’annonce officielle, ne serait pas lié à la prostate, mais aucune autre information n’a été divulguée quant au type de cancer en question.
Un communiqué du Premier ministre, Rishi Sunak, a apporté la précision que le cancer de Charles aurait été diagnostiqué précocement. Pour le moment donc, tout semble suggérer que le roi est bien pris en charge et qu’il pourra surmonter cette épreuve. Aujourd’hui, les patients guérissent beaucoup plus souvent que dans le passé, surtout si le cancer est détecté tôt dans son évolution. Et si, au Royaume-Uni, la pandémie a allongé les listes d’attente du fameux National Health Service (NHS) pour les patients ayant besoin de commencer un traitement anticancéreux, nous pouvons être certains que le roi ne sera pas à la fin de la file d’attente. Pourtant, la santé de Charles a soulevé plusieurs questions, les unes un peu superficielles, les autres plus profondes.
Une nouvelle ère de transparence ?
Certains commentateurs médiatiques se sont excités en parlant d’une nouvelle ère de transparence entamée par la monarchie britannique. En réalité, ils vont un peu vite en besogne. Certes, jusqu’ici, la famille royale s’était toujours montrée très discrète concernant la santé de ses membres et en particulier celle du monarque régnant. À la fin de sa vie, Elisabeth II a été très avare d’informations sur son état, malgré le fait évident qu’elle n’était plus en pleine forme. Mais la reine était très âgée – elle est décédée à l’âge de 96 ans – et le fait que ses apparitions publiques s’espacent n’a surpris personne. En revanche, Charles a joui jusqu’ici d’une bonne santé. Il est très actif et s’épanouit dans son rôle de monarque qu’il prend à bras-le-corps. Il aurait été impossible de cacher le fait qu’il se fait soigner pour un cancer, même en milieu ambulatoire. D’autant que, avec la reine Camilla, il est censé faire un voyage officiel au Canada au mois de mai. Le communiqué du palais a d’ailleurs cité la nécessité de « prévenir toute spéculation ».
Cela dit, Charles est le parrain de nombreuses ONG qui s’occupent de questions de santé et notamment de cancer. Sa décision d’assumer publiquement son statut de patient est considérée par beaucoup de gens outre-Manche comme une contribution importante à la sensibilisation, d’abord à la nécessité de se faire tester pour cette maladie, et ensuite au fait que souffrir d’un cancer n’est pas nécessairement incompatible avec la continuation de sa vie professionnelle. Pour tout dire, l’annonce constitue un bon point pour l’image du roi et de la monarchie.
Charles a-t-il la poisse ?
Après avoir patienté pendant des décennies pour accéder enfin au trône, Charles apprend, huit mois après son couronnement, qu’il a un cancer. Il joue de malchance ! Mais rien ne dit que le roi, âgé de 75 ans, sera obligé de disparaître de la scène publique – sans parler d’abdication. Nous avons appris qu’il va réduire son implication dans les événements publics mais qu’il continuera à accomplir ses devoirs constitutionnels, comme la rencontre hebdomadaire avec le Premier ministre. En toute probabilité, il aura de longues années devant lui en tant que roi.
Une réconciliation possible avec Harry ?
Nous savons que les relations entre le roi et son fils cadet, Harry, sont très tendues, depuis que ce dernier a quitté le Royaume-Uni pour vivre aux États-Unis avec son épouse Meghan, et surtout depuis la publication, l’année dernière, du Suppléant1, son autobiographie écrite par un prête-plume, qui a consacré sa subjugation par le wokisme américain et sa volonté de médire de sa propre famille. Lors d’un voyage en Angleterre au mois de septembre dernier, Harry se serait vu refuser la possibilité de passer une nuit au château royal de Windsor. Pourtant, les choses semblent différentes cette fois. Harry doit rendre visite à son père ces jours-ci et tout indique qu’il sera l’invité de son père pour le gîte et le couvert. Tant que Harry restera sous la coupe de son épouse, une vraie réconciliation avec sa famille sera difficile, mais c’est aujourd’hui un pas dans la bonne direction. Et le moral de Charles, qui souffre visiblement de cet éloignement de son deuxième fils, sera revigoré par un relâchement des tensions.
Et la constitution dans tout ça ?
Si jamais Charles était obligé d’abdiquer, quelles en seraient les conséquences ? Son grand-oncle, Edouard VIII, a été contraint de quitter le trône en 1936. Il y a donc un précédent. Dans ce cas, son héritier immédiat, le prince William, serait obligé d’assumer la couronne et tout indique qu’il se prépare à jouer ce rôle un jour. Mais a-t-il déjà acquis suffisamment de maturité ? Dieu sait s’il est beaucoup plus adapté à l’accomplissement des tâches qui incombent à un roi que son frère cadet. Néanmoins, il y a des signes qui suggèrent qu’il a encore du chemin à faire. Selon une biographie du roi Charles par le journaliste spécialisé dans les questions royales, Robert Hardman – biographie qui vient d’être publiée dans le quotidien britanniqueThe Daily Mail – William serait beaucoup moins dévoué à l’Église anglicane que sa grand-mère, Elisabeth II, et serait moins investi dans la spiritualité en général que son père. Actuellement, il serait prêt à réduire au minimum la cérémonie du couronnement et même prêt à renoncer au titre et au rôle traditionnels du monarque en tant que Gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre. Or, cette fonction symbolique possède une importance constitutionnelle, comme la cérémonie du couronnement – on l’a vu au mois de mai l’année dernière – possède une importance qu’on peut qualifier de « publicitaire ». Ces deux éléments confèrent à la position du monarque une dimension solennelle, voire sacrée, et relient le présent au passé historique de la nation. Il se peut bien William veuille incarner une monarchie « moderne », mais il y a des risques à ne pas sous-estimer.
Pendant les longues années où Charles, en tant que prince et héritier, attendait dans les coulisses que sa mère quitte la scène, il avait cultivé une image de réformateur et de modernisateur. Pourtant, une fois monté sur le trône, il s’est montré plus conservateur que prévu. Il a assumé sans complexe la dimension spirituelle de sa charge. Le rituel de son couronnement était légèrement plus spartiate – et moins long ! – que celui de sa mère, mais il en a gardé l’essentiel, en faisant la joie de la foule et des téléspectateurs. La présence de représentants des religions juive, hindoue, sikh et musulmane a reflété le caractère multireligieux du Royaume-Uni actuel, mais le rite anglican a réaffirmé la tutelle, pour ainsi dire, de la tradition chrétienne et nationale comme celle qui, par son histoire, est capable de réunir tous les Britanniques.
Certes, William jouit d’un capital de popularité non négligeable. Mais une monarchie ne peut pas reposer sur la popularité d’un individu, car cette popularité peut toujours s’évaporer. Et vouloir qu’une nation soit fondée uniquement sur des principes rationnels et abstraits, sans aucune dimension sacrée et sans référence à son histoire – et à l’ancienneté de cette histoire – est folie.
Pourtant, si Charles continue à régner pendant un temps appréciable, si William continue à accomplir ses propres fonctions aux côtés de son père et sous l’influence de ce dernier, l’actuel prince de Galles pourra évoluer et mûrir, comme son père l’a fait avant lui. Il pourra comprendre pourquoi, dans ce bas monde, la magie et la mystique restent nécessaires, surtout à la survie d’un État-nation.
Le nouveau phénomène de l’« homme à chat » est salué à gauche comme l’antithèse du patriarcat. Mais gare aux effets pervers de cette déconstruction.
« Avant de me coucher, il m’arrive de regarder des vidéos de chats sur Instagram, avec mon chat», a confié récemment un homme célibataire à Marjorie Philibert, une journaliste du Monde bien décidée à comprendre ce nouveau phénomène : les hommes à chat. Pour surnager « au milieu d’un océan d’interrogations » et appréhender sérieusement ce sujet essentiel, cette journaliste a recueilli de nombreux avis. Ainsi, un sociologue perçoit dans l’homme à chat « une dimension politique clairement de gauche, dans la continuité de Mai 68», un rejet des «formes anciennes de l’autorité » et une nouvelle identité masculine «construite autour de l’attention et du soin».
De son côté, la vigilante journaliste Nadia Daam redoute visiblement une ruse du mâle retors qui sommeille en tout homme : «Sur Tinder, beaucoup d’hommes posent avec leur chat, comme pour montrer qu’ils ne sont pas des prédateurs et qu’ils rejettent les codes de la masculinité toxique.» Par ailleurs, affirme Mme Daam qui a décidément l’œil à tout, l’image « attendrissante et sexy » de l’homme à chat est bien plus valorisée socialement que celle de la femme à chat, « perçue comme seule et déprimée». Lorsqu’il vit en couple, disserte à son tour la journaliste du Monde, l’homme à chat – qui reste un homme avant tout – renoue souvent avec une détestable « répartition inégale de la charge mentale des tâches domestiques » qui voit sa compagne s’occuper seule des soins apportés au minet. Arnaud fait figure d’exception : dans un « souci de partage de la charge mentale du chat », il n’a eu de cesse, assure-t-il, de tout partager avec sa compagne, y compris les soins et les dépenses, inhérents à la présence de Croziflette, son «adorable petite chatte». Mais la vie est parfois cruelle : sa compagne l’a quitté et a embarqué avec elle Croziflette. Arnaud et d’autres hommes à chat ayant vécu la même mésaventure se battent pour obtenir la garde de leurs matous. Certains engagent des poursuites judiciaires. Ce qui ne ravit que moyennement des juges et des greffiers qui disent avoir, en ce moment, d’autres chats à fouetter.
Une étude IFOP pour un marchand de godemichés, publiée ce jour, mesure une baisse historique de la fréquence des rapports sexuels des Français. La proportion de nos concitoyens ayant eu un rapport au cours des 12 derniers mois n’a jamais été aussi faible en cinquante ans. Les activités numériques ne comptent pas pour rien dans cette apathie sexuelle. Et cette montée de l’inactivité sexuelle affecte tout particulièrement la jeunesse.
Lors de la grande conférence de presse qu’il tint au palais l’Élysée, Emmanuel Macron s’est alarmé du vieillissement de la France, se gardant bien, toutefois, de préciser que c’est chez les autochtones qu’il y a le moins de naissances. (Selon les chiffres de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie, la femme française n’a qu’1,68 enfant tandis que l’immigrée algérienne, elle, en met au monde à 3,69. En 2022, un tiers des bébés avait au moins un parent né hors de l’Union européenne. Quant aux naissances issues de deux parents nés à l’étranger, elles ont augmenté de 72% entre 2002 et 2022).
Le plan cul d’Emmanuel Macron
Notre belligérant de la République a ensuite souligné la nécessité d’un « réarmement démographique » pour annoncer, martial, le lancement prochain « d’un grand plan » destiné à lutter « contre le fléau de l’infertilité ». En filant avec pompe la métaphore guerrière, Macron n’a pas manqué de s’attirer les foudres des féministes et de la gauche. Déjà, le soutien apporté à Depardieu avait mécontenté. Qu’Emmanuel Macron prétende maintenant mobiliser les utérus des Françaises pour repeupler l’Hexagone, ça n’était décemment plus possible. On a alors vu les défenderesses des droits des utérus à disposer d’eux-mêmes, déjà sur le sentier de la guerre, se lever comme un seul homme pour dénoncer le projet aux relents pétainistes : faire des enfants ne saurait devenir un devoir patriotique ; les femmes ne serviraient pas l’accroissement de la population française. Que la rhétorique présidentielle amuse ou agace, la question de la baisse du taux de natalité des Françaises n’en demeure pas moins préoccupante et nombreuses sont les explications plus ou moins sociologiques avancées pour l’expliquer : éco-anxiété, peur de l’avenir, crainte devant les changements climatiques, incertitudes économiques ou violences géopolitiques.
Et si on prenait les choses autrement ? S’il y avait tout simplement moins de naissances dans l’Hexagone parce que l’activité sexuelle des Français est en berne ? L’Ifop a mené une enquête pour l’entreprise de sex-toys Lelo. Intitulée « Sex recession », cette étude1 révèle que la France, comme d’autres pays européens (États-Unis ou Grande-Bretagne), est entrée en « récession sexuelle ». C’est officiel: la pratique de la bête à deux dos a enregistré un recul sans précédent ; les Français hétérosexuels font moins l’amour. On apprend ainsi que la proportion des Français ayant eu un rapport sexuel au cours des 12 derniers mois n’a jamais été aussi faible en cinquante ans et cette montée de l’inactivité sexuelle affecte tout particulièrement la jeunesse. En effet, 28% des jeunes de 18 à 24 ans, initiés sexuellement, admettent ne pas avoir eu de rapport en un an. C’est cinq fois plus qu’en 2009. De plus, les célibataires n’ont pas le monopole de l’abstinence sexuelle, les résultats montrent qu’une personne sur quatre, actuellement en couple, n’a pas (ou plus) d’intimité physique avec son conjoint. La sexualité semblerait avoir cessé d’être l’une des composantes essentielles d’une vie réussie ou, à tout le moins, celle d’une vie de couple harmonieuse. On se revendique désormais assez ouvertement abstinent par choix voire asexuel. Ce désinvestissement, du reste, ne se cantonne pas au seul sexe mais s’étend à d’autres aspects de la vie des Français : travail, civisme, associatif, politique… L’étude précise également, on l’aurait parié, que l’activité sexuelle est largement concurrencée par le numérique (TV, réseaux sociaux, jeux vidéo…). Ainsi, lorsqu’on interroge les jeunes vivant en couple sous le même toit, 50% des hommes et 42% des femmes reconnaissent avoir déjà évité un rapport pour regarder une série ou un film.
Finie la fête du slip
L’absence de rapports sexuels, apprend-t-on enfin, serait mieux vécue par les femmes qu’elle ne l’est par les hommes et il semblerait qu’elles s’affranchissent plus facilement qu’autrefois du « devoirconjugal », quand celui-ci leur pèse.
L’étude précise ainsi qu’on s’achemine vers la « déconstruction du devoir conjugal », dans un contexte marqué par la révolution du rapport au consentement.
Les chiffres indiquent que les Françaises acceptent beaucoup moins de se forcer à faire l’amour qu’il y a quarante ans. Parmi les femmes âgées de 18 à 49 ans, elles ne sont plus que 52% à s’y résoudre contre 76% en 1981. En 2024, Brassens, vieux mâle blanc ne pourrait donc plus chanter :
Quatre-vingt-quinze fois sur cent La femme s’emmerde en baisant Qu’elle le taise ou le confesse C’est pas tous les jours qu’on lui déride les fesses
Les pauvres bougres convaincus Du contraire sont des cocus À l’heure de l’œuvre de chair Elle est souvent triste, peuchère !
S’il n’entend le cœur qui bat Le corps non plus ne bronche pas Les « encore », les « c’est bon », les « continue » Qu’elle crie pour simuler qu’elle monte aux nues
C’est pure charité, les soupirs des anges ne sont En général que de pieux mensonges C’est à seule fin que son partenaire Se croit un amant extraordinaire
Que le coq imbécile et prétentieux perché dessus Ne soit pas déçu
Quoi qu’il en soit, rien de nouveau sous le soleil : ce sont toujours les femmes qui font la nique aux hommes.
Donald Trump a été condamné à payer 83 millions de dollars pour « diffamation » à E. Jean Carroll qui l’accuse de l’avoir agressée sexuellement dans les années 90. Une tribune libre d’Alain Destexhe
Nous ne sommes pas dans un film de Sergio Leone, mais dans un tribunal de New York. Un tribunal ? Plutôt un théâtre qui s’apprête à rendre une parodie de justice contre le type contre qui tous les coups sont permis pour l’empêcher de devenir président. Donald Trump au cas où vous ne l’auriez pas deviné.
L’ancien président est condamné à payer 83 millions de dollars de dommages pour avoir « diffamé » E. Jean Carroll, qui l’accuse de l’avoir agressée sexuellement dans les années 90.
La « victime » ne se souvient plus de la date des faits
Dans les années 90 ? En effet, elle ne se souvient plus de l’année au cours de laquelle la prétendue agression sexuelle aurait eu lieu, il y a près de trois décennies. Elle dit qu’elle et le Donald ont commencé à flirter dans un grand magasin pendant les heures d’ouverture, qu’ils se sont ensuite rendus dans les cabines d’essayage, que jusque-là elle était consentante mais qu’ensuite il l’aurait pénétrée digitalement sans son accord. Elle n’a pas porté plainte à l’époque et il n’y a aucun témoin.
Il nie et dit qu’il ne se souvient pas de l’avoir jamais rencontrée.
La prescription bafouée par une loi rétroactive
Presque 30 ans plus tard, la presque octogénaire gauchiste (liberal en américain) écrit un livre qui se vend très bien grâce à cette histoire, puis porte plainte alors que Donald Trump vient de se déclarer candidat à la présidence. Un milliardaire Démocrate de la Silicon Valley, Reid Hoffman, l’assure de la prise en charge illimitée de ses frais d’avocat, mais – évidemment – il y a prescription. Qu’à cela ne tienne ! Un parlementaire Démocrate, Brad Hoylman-Siga, connu pour son hostilité à Trump, dépose dans l’Etat de New York une proposition de loi ad hoc pour régler le cas Carroll / Trump. Aussitôt adopté, le Adult Survivors Act permet aux « survivantes » présumées d’agression sexuelle de déposer à nouveau plainte dans un délai de 12 mois à partir de la publication de cette nouvelle loi, même si les faits allégués étaient auparavant couverts par la prescription ! Une loi rétroactive donc, au mépris de ce cher Etat de droit et en fait de toutes les règles de droit qui permet à madame Carroll de relancer la machine judiciaire avec les fonds du même capitaliste milliardaire et méga-donateur du Parti démocrate et des causes progressistes.
Le procès a montré des dizaines d’incohérences dans le récit de la « victime », « survivante ». Pour n’en donner qu’un exemple, elle affirmait avec certitude porter ce jour-là une robe qui n’existait pas alors sur le marché ! Elles n’ont pas empêché un jury populaire, tiré au sort dans une ville qui vote à 90% pour les Démocrates, de condamner Trump à cinq millions de dollars de dommages.
Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Donald Trump continue à contester bruyamment les faits alors qu’il vient d’être condamné – au civil notons-le, pas au pénal – pour « coups et blessures ». Elle porte donc plainte en diffamation, prétendant qu’elle a perdu sa chronique de conseils sexuels (elle a 76 ans) dans le magazine Elle qui aurait « ruiné sa carrière » (à 76 ans !). Pour cette chronique, elle était payée quelques dizaines de milliers de dollars par an. Sa déclaration selon laquelle son conflit avec Trump aurait conduit à son licenciement a été fermement démentie par le magazine qui l’a licenciée. Rien à voir selon Elle. Sa chronique n’avait plus le succès d’antan. La perte d’un emploi à 76 ans ne ressemble pas non plus à la fin du monde.
Plaignante de gauche, juge de gauche, jury de gauche
Mais il s’agit de Trump. Une plaignante de gauche, un juge de gauche ouvertement hostile et un jury de gauche, le voilà condamné à… 83 millions de dommages et, s’il ouvre encore la bouche pour rappeler son innocence, la somme pourrait être doublée ! Le voilà muselé. Quatre autres poursuites du même type (plaignant de gauche, juge de gauche, jury de gauche) l’attendent encore à New York.
Ce n’est pas la première loi ciblée, conçue pour rendre un comportement antérieur de Trump, juridiquement inattaquable, légalement susceptible de poursuites du jour au lendemain. Des lois rétroactives visant un seul homme et qui n’auraient jamais été approuvées s’il n’était à nouveau candidat à la présidence.
Big Apple est pourrie
Le visage lifté, tentant désespérément de paraître beaucoup plus jeune, E. Jean Carroll est l’incarnation caricaturale de la femme riche, progressiste, woke, branchée, sans enfants (ce dont elle se réjouit bruyamment,), qui jouit comme une folle de sa nouvelle célébrité et de son bon coup politique au service des Démocrates. Après sa victoire, lors de sa première déclaration à la présentatrice vedette de MSNBC qui tentait tout aussi désespérément de relier son triomphe judiciaire à la cause des femmes, elle annonça, sans humour, qu’elle allait claquer plein de pognon à faire les boutiques et renouveler sa garde-robe. Grand bien lui fasse !
Oui, sous la férule des Démocrates, il y a bien quelque chose d’inquiétant et de pourri en république américaine.
Au sein de l’université parisienne, une littérature « antisioniste » fort problématique circule et entretient une atmosphère de violence antijuive alarmante, s’inquiète notre contributrice. Extraits et analyse.
La libération de la parole antijuive dans les universités françaises a atteint les sommets après les massacres du 7 octobre. J’ai pu en témoigner avec Georges-Elia Sarfati dans L’Express1 l’année dernière.
Cette parole s’inscrit dans une archive discursive bien décrite : la souche social-nationaliste et son idée du complot juif a muté en complot sioniste (les « sionistes » ont ourdi un plan de conquête de la Palestine), la souche soviétique a été fertilisée par le discours post-colonial (« Israël colonise et occupe les terres des autres »), la souche islamique (les Juifs ne peuvent pas être souverains sur la terre d’islam) et la souche post-moderne pour laquelle l’existence d’un État souverain à caractère national juif est une écharde douloureuse sur le corps occidental. Aujourd’hui ce cocktail, nourri par l’activisme de la gauche radicale palestinisée fleurit sur les campus.
Interclasse islamo-gauchiste
Avant–hier, alors que je sortais après mes cours à la Sorbonne Nouvelle, une étudiante toute de drapeau palestinien vêtue, distribuait des papiers à des étudiants.
À côté d’un stand du Comité Palestine affilié au NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), rempli de littérature conçue pour les curieux, son camarade accueillait les membres de la faculté dont la libido sciendi n’a pas encore été satisfaite par le contenu des cours…
Il leur offrait des tracts pour combattre l’entité sioniste, pour libérer la Palestine du Jourdain à la mer, pour boycotter tout ce qui est vaguement « sioniste ». Un journal du Comité Palestine Sorbonne Nouvelle, appelé pastoralement L’Olivier et dont le premier numéro s’intitule Sionisme et antisémitisme : les liens historiques2 présentait les liens étroits du sionisme avec le nazisme, tout à fait dans la veine de la thèse négationniste d’un Mahmoud Abbas et appelait à démanteler « l’entité sioniste » par une lutte armée. Pour rappel : le slogan « Libérez Palestine du Jourdain à la mer » a été lancé par le Mufti de Jérusalem, Haj Amin Al Hussejni, allié des nazis3, qui entendait se débarrasser des Juifs du yeshuv (communauté agricole) et appelait aux pogroms et aux massacres. Le jeune homme, représentant de ce Comité, avec qui j’ai longuement discuté, m’a dit que pour que la Palestine soit libérée, il faut la débarrasser des Juifs. Les ashkénazes doivent rentrer « chez eux » et les séfarades « chez eux ». Sinon, c’est la résistance armée qui les chassera. A ma question sur les massacres et l’expulsion des Juifs du monde arabe, qu’il a reconnus, il a ajouté que derrière ces massacres il y avait la main du Mossad. Ce jeune homme m’a même « cité » Zeev Jabotinsky, qui appellerait à tuer des Arabes, et Théodore Herzl, qui chercherait les faveurs des antisémites. Ce qui montre que ce jeune homme n’a jamais ouvert aucun livre de ces deux grands penseurs qui n’ont jamais dit ce qu’il leur attribuait. Je donne cet exemple pour montrer que la confusion, l’ignorance, la propagande haineuse ont toute leur place au sein de mon université. Ce sont ces mêmes étudiants qui organisent des « conférences » sur ces sujets. Par exemple, celle prévue pour le 8 février annonce :
« Nous réaffirmons encore une fois notre soutien inconditionnel à la résistance palestinienne, et nous appelons à un cessez-le-feu immédiat à Gaza, ainsi que la libération totale de la Palestine et le démantèlement de l’entité sioniste coloniale ».
Faire des juifs les nouveaux nazis
Maintenant, penchons-nous sur la littérature produite par ledit comité et distribuée par les étudiants de la Sorbonne aux étudiants de la Sorbonne :
Al Thawabet (Nos principes, en page 2 de L’Olivier, juste à côté de l’édito) inspiré des principes formulés par l’OLP en 1977 (dans cette charte, l’OLP ne reconnait pas l’existence de l’Etat d’Israël) :
Principe 3 : Soutien à la résistance
Principe 4 : Palestine libre de l’Occupation des soldats et des colons, de la mer au Jourdain, avec Al Quds comme capitale.
Un chapitre est consacré aux liens étroits du sionisme et du nazisme :
« Les sionistes maintenaient de bonnes relations avec les nazis, au moins jusqu’à la fin des années trente […] Les sionistes allemands se sont donc alliés aux nazis après que ces derniers se sont emparés du pouvoir, et les sionistes étaient le seul groupe juif qui n’a pas fait l’objet de censures et de l’interdiction d’exercer toute activité politique…. Cependant, la fin de la Seconde Guerre mondiale a également entrainé la fin de l’antisémitisme d’Etat en Europe, qui s’est posé comme un obstacle face aux propagandistes sionistes »(p. 7-8)
L’apologie du terrorisme est explicite aussi :
Une page est consacrée au « journaliste » Hamza Al Dahdouh, « jounaliste palestinien incarnant la résilience et la force de son peuple » (p. 27). Hamza el Dahdouh fut un terroriste, combattant du Jihad Islamique, représentant d’un bataillon du Jihad Islamique Zeitun. À la page 14, on découvre que « … depuis le début de l’occupation en 1948, Israël cherche à contrôler et empêcher l’éducation des Palestinien.ne.s, en leur durcissant les démarches, en leur imposant des checkpoints long et laborieux, en les privant d’infrastructures… Comme tout régime d’occupation, il a cherché à effacer la culture et la connaissance palestinienne (sic ! NDLA), son histoire, sa trace, son héritage, comme en témoignent les attaques répétées contre les universitaires, les pillages de livres (sic ! NDLA), la destruction des sites archéologiques et des églises historiques ».
Ce ne sont que des échantillons de la prose distribuée aux étudiants par d’autres étudiants. La lecture complète du journal me fait penser que les fabricants des Protocoles des sages de Sion ont de dignes héritiers. Le problème est qu’un étudiant contemporain moyen, dépossédé de connaissances historiques générales et de celles qui concernent l’histoire du Proche-Orient en particulier n’a pas les moyens de voir qu’il s’agit de mensonges grossiers à CHAQUE ligne de ce torchon propagandiste.
La gêne des tutelles
Le président de l’université que j’ai contacté m’a répondu que l’Université n’était pas responsable des « tracts distribués sur la voie publique ». La voie publique se trouvant dans les portes d’entrée de la faculté Sorbonne-Nouvelle, on se demande quelle aurait été sa réponse si on y distribuait Mein Kampf.
Là où je veux en venir, ce n’est pas tant l’existence de ces groupuscules criminels, ces Merah ou Carlos en puissance, qui diffusent cette propagande crapuleuse, mensongère et criminelle, c’est le silence et le « pas de vague » des tutelles. Il s’agit là de l’appel à la violence ouverte, du négationnisme, de la fabrication des assassins en puissance. Qui agissent à l’université impunément. Malgré le fait qu’une plainte a déjà été déposée contre le NPA et ses affiliés pour apologie du terrorisme.
Le silence des institutions universitaires, les réponses évasives des instances qui psittacisent sans cesse « Nous combattons toutes les formes de racisme » les rend complices de l’idéologie crapuleuse et meurtrière. Si l’antisémitisme prospère dans les facs, si les universitaires juifs quittent la France, si les étudiants juifs ne se sentent pas en sécurité, c’est que ce climat est bien entretenu par la lâcheté et l’indifférence des présidences qui n’ont de présidence que le titre, mais qui agissent exactement comme les bourgeois du film de Marcel Ophuls Le chagrin et la pitié – lesquels prétendent ne pas avoir vu ni su ce qui se passait sous leur nez. La présidence de l’université étant aux abonnés absents, Caroline Yadan, députée de Renaissance, a été informée des agissements dudit Comité Palestine.
Un livre nous raconte comment nous en sommes arrivés à une véritable civilisation de froussards
Ils s’y sont mis à trois. Andrea Marcolongo, journaliste italienne. Patrice Franceschi, écrivain, aviateur et marin. Loïc Finaz, amiral et ancien directeur de l’Ecole de guerre. Dans un court livre (Le goût du risque, 144 pages, 2023) publié chez Grasset, ils défendent le goût du risque, une vertu démodée qui, comme toutes les vertus démodées, passe pour un vice.
Jacques a dit : « Confinement » !
Dans le livre, ils opposent les défenseurs de la sécurité à tout crin aux amoureux de la liberté. Ces derniers, dans le débat des idées, dans la vie quotidienne, perdraient du terrain chaque jour. « En ces temps post-héroïques de l’Occident », « les uns voient la liberté comme une simple option sur le marché de l’existence, les autres la considèrent comme l’unique valeur capable d’irriguer toutes les autres pour leur donner sens – et en cela, elle est sacrée ». Cela nous ramène au choix qui se présente au jeune Achille, dans l’Iliade, qui décide de cocher la case « vie courte mais intense » au détriment d’ « existence morne et obscure ».
Pour les auteurs, le moment paroxystique de cette mentalité sécuritaire fut la crise du Covid. Il est vrai que ce fut pour ceux qui nous gouvernent un grand moment de « Jacques a dit », entre les verres que l’on devait boire assis et autres consignes à dormir debout. S’il fallait faire des objections pour le seul plaisir d’être casse-pied, on pourrait répondre, dans cette opposition entre sécurité et liberté, que certains de nos voisins, les Suisses en premier lieu, peuvent être tout à fait jaloux de leur haut niveau de liberté politique tout en ayant une attitude peu nerveuse volant en main. Quand les auteurs écrivent : « Il faut révoquer la crainte de la mort et voilà tout », on a envie de répondre, avec Woody Allen : « Tant que l’homme sera mortel, il ne pourra pas être complètement décontracté ».
C’est pour notre bien
L’ouvrage nous raconte comment nous en sommes arrivés à cette civilisation de froussards. A l’échelle de la France, le second mandat de Jacques Chirac constitua certainement une étape décisive. On se souvient que lors de la traditionnelle interview du 14 juillet, en 2002, il s’était mué en « super secrétaire d’État » aux transports afin de faire figurer la sécurité routière parmi les trois principaux chantiers de son quinquennat. C’est aussi au cours de ce mandat, sous l’influence de Nathalie Kosciusko-Morizet, que le principe de précaution fit son entrée dans la constitution, via la Charte de l’environnement. Une traduction du « principe responsabilité » défendu par Hans Jonas dans les années 70. Le philosophe allemand en était venu à défendre, au nom de l’écologie, les vertus des régimes communistes, lesquels étaient capables d’imposer des mesures contraignantes (dictature oblige) à leur population. C’est ce principe qui a poussé les Allemands à fermer leurs centrales nucléaires, et les Français à renoncer à leur gaz de schiste. Avec de tels principes, les caravelles espagnoles et portugaises seraient restées à quai au XVème siècle. C’est ce qu’écrivent les auteurs : « S’ils se l’étaient imposé, les Vikings n’auraient jamais quitté leurs fjords, Magellan serait resté à Porto et Christophe Colomb à Gênes. Newton ne se serait même pas risqué à faire sa sieste sous un pommier. Neil Armstrong n’aurait jamais qualifié son petit pas de bond de géant pour l’humanité. Chartres, Reims et Amiens ne s’enorgueilliraient pas de leurs cathédrales, ni Paris de sa Tour Eiffel ».
Alors, au moment où le président du Sénat Gérard Larcher s’inquiète, à juste titre, que la constitution devienne un catalogue de droits, il serait bon d’aller jeter un œil dans quelques-unes des dérives de ces dernières décennies et d’en retirer quelques principes superfétatoires.
Elisabeth Lévy revient sur le profil de Kassogue S., l’auteur de l’attaque au couteau de la Gare de Lyon, samedi matin. Après avoir été suspendue pour raisons psychiatriques, la garde à vue de l’assaillant a repris. Au-delà de la psychiatrie, les discours de haine contre la France ou l’Occident font des ravages, observe notre directrice de la rédaction.
D’abord, il nous faut revenir sur la présentation de Kassogue S. telle qu’elle a été faite par les médias. Et sur cet empressement à nous dire qu’il s’agissait d’un déséquilibré, qu’il était en situation régulière et qu’il n’avait aucun signe de religiosité. Circulez, il n’y a rien à dire ! C’est un triste fait divers. D’ailleurs, le Parquet National Antiterroriste regarde ailleurs.
Rappelons-le: commettre un acte de ce type, rouler en camion sur une foule ou tirer à bout portant sur une fillette juive ne signale pas une personnalité très équilibrée. Autrement dit, tous les terroristes sont un peu fous. Mais la plupart des fous n’agressent pas des gens à coups de marteau.
«Les motivations de l'assaillant peuvent être religieuses, mais la piste terroriste reste écartée»
Quand tu payes les impôts pour que l'État se moque de toi et de ton intelligence.https://t.co/ciQD5GmHpB
Deuxièmement, ce Malien, Kassogue S., était dans les clous de la loi. Ouf ! Il avait un titre de séjour italien. C’est une nouvelle preuve du masochisme européen. Un droit accordé n’importe où en Europe au nom de n’importe quel principe, c’est table ouverte dans l’espace Schengen. De plus, son état psychiatrique semble avoir joué dans sa régularisation. En plus de toute la misère du monde, faudra-t-il bientôt accueillir toute la dinguerie du monde? Pour nos habituels experts en réécriture du réel, la grande leçon de cet épisode tragique, c’est que la psychiatrie manque de moyens.
Reste qu’il n’y a pas de motivation islamiste justifiant la qualification terroriste
Certes, les usagers de la gare n’ont pas entendu de « Allah Akbar ». Mais la barbe du suspect répond aux canons islamistes, ainsi que sa haine des LGBT qu’il exhibait sur TikTok. Tous les terroristes ne sont pas islamistes (il y a un terrorisme basque, irlandais, ou palestinien « laïque » avant le Hamas, par exemple). Ce qui caractérise et signale le terrorisme, c’est la motivation idéologique, la justification politique de la violence aveugle.
Or, dans le cas de Kassogue S., cette motivation est parfaitement claire. Il ne nous aime pas. «Je ne rêve pas d’être français, je n’aime pas la France, je déteste tous les Français», crache-t-il sur son compte TikTok désormais désactivé. Il disait qu’il voulait tuer des Français. Cela mériterait au moins la qualification d’acte raciste, non?
Le premier attentat du décolonialisme ?
Pourquoi cette haine ? Ce que nous a appris Le Parisien est très intéressant. Son TikTok était plein d’un salmigondis sur les crimes de la France en Afrique. « Vous avez maltraité les gens, violé les femmes, assassiné les petits enfants, enlevé les organes des enfants, volé nos biens matériels. Vous êtes plus maudits que Satan. » Voilà ce que disait ce charmant garçon.
Cela ne vous rappelle rien ? Comme l’a observé le premier Amine El Khatmi, c’est une version pour les nuls des âneries décoloniales enseignées dans certaines de nos universités. L’histoire façon Star Wars, avec d’un côté les gentils et de l’autre les méchants. La militante Assa Traoré ou la députée LFI Danièle Obono disent d’ailleurs un peu pareil, même si c’est un chouia plus sophistiqué. C’est malheureusement un discours en vogue à l’UNEF, à Sciences-Po ou à Saint-Germain-des-Prés. Il n’est pas impossible qu’il ait pu arriver, une fois remâché et encore simplifié par les réseaux sociaux, au cerveau embrouillé de Kassogue S. Et c’est peut-être ainsi que nous avons assisté à la naissance du terrorisme décolonial…
Cette chronique a d’abord été diffusée sur Sud Radio
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Ce n’est pas avec un « plan de lutte contre l’infertilité » que le chef de l’État pourra stopper la chute de la natalité française. Le choix d’Emmanuel Macron de résister au RN par une « lutte contre l’immigration clandestine » avalise l’immigration légale, avec le soutien du Conseil constitutionnel. Tout reste en place pour achever la dilution du pays.
L’effacement : à son tour, Emmanuel Macron a évoqué ce risque suicidaire lors de sa conférence de presse du 16 janvier. Mais il s’est arrêté en chemin, excluant la France d’une possible disparition. Le président ne craint que pour l’Europe, bousculée par le chamboulement planétaire qui déboulonne l’hégémonie occidentale et invite l’UE à en rabattre.
Pourtant, c’est plus dramatiquement la nation épuisée qui se vide de son peuple, comme un corps perd son sang. La révolte paysanne est celle de ce monde qui ne veut pas mourir. Or l’hémorragie, causée par une baisse des naissances des autochtones et une population musulmane prolifique, satisfait les immigrationnistes au pouvoir, pour qui un homme en vaut un autre. En 2022, un tiers des bébés avait au moins un parent né hors de l’Union européenne. Entre 2000 et 2022, les naissances issues de deux parents nés à l’étranger ont augmenté de 72%. Si la femme française ne fait plus qu’1,68 enfant, l’immigrée algérienne, avec 3,69 enfants, est plus féconde que l’Algérienne (trois enfants), selon Nicolas Pouvreau-Monti, cofondateur de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie (Le Figaro, 15 janvier). À ce rythme, trois ou quatre générations devraient suffire pour qu’il ne reste plus que des traces éparses de la France française réduite à être visitée, par des Franciens venus d’ailleurs, dans ses « réserves » exotiques.
Le numéro 116 de Causeur / octobre 2023, tirait déjà la sonnette d’alarme
La peur du « grand remplacement »
Le grand effacement fait partie des mots interdits que Macron s’exerce désormais à prononcer, comme il reprendrait un refrain paillard. La transgression est son frisson. Son premier ministre, Gabriel Attal, promet pareillement de « garder notre identité française ». Mais tous deux évitent d’évoquer la substitution, sous leurs yeux clos, d’un peuple par un autre, d’une civilisation par une autre. Or ce qui s’observe est non seulement une libanisation de la nation jadis homogène, mais un remplacement ethnique et culturel. Il n’est d’ailleurs permis que de s’en réjouir, au risque d’être accusé de racisme et de xénophobie.
À la crise de la natalité (baisse de près de 7% en 2023) s’ajoutent la pression migratoire (depuis 1999, l’augmentation de 153% des titres de séjour et de 227% des demandes d’asile, soit près de 500 000 arrivées par an), une émigration des plus jeunes (54% des 18-25 ans seraient prêts à quitter la France), un exode de ceux qui fuient l’antisémitisme coranique, et un islam laissé en paix dans ses colonisations qui s’étendent. Ce n’est pas en lançant un « plan de lutte contre l’infertilité » et un « congé de naissance » ouvert aux parents que le chef de l’Etat peut espérer faire obstacle à cette disparition de l’esprit français, chassé par la technique et ses robots. Le choix de Macron de résister au RN par une « lutte contre l’immigration clandestine » avalise l’immigration légale, avec le soutien du Conseil constitutionnel. Tout reste en place pour achever la dilution du pays.
L’urgence est de stopper la liquidation de la France, promue par l’idéologie mondialiste qui continue d’imprégner le sommet de l’Etat. Le temps presse. Mais il est encore possible, à condition d’un sursaut politique, d’endiguer la conquête démographique du pays et de résister à son asphyxie.
La suite de cette analyse est à lire dans le numéro 120 de Causeur, en kiosques mercredi 7 février