Depuis l’été dernier, Causeur accueille Laurent Cudkowicz, qui nous livre, semaine après semaine, le récit de son installation en Israël. Ce premier Carnet est complété aujourd’hui par un deuxième, tenu par Tristan Brillat : il vous propose de vous faire découvrir les adresses les plus secrètes, comme les plans les plus foireux, des bars et des restaurants que vous ne trouverez probablement jamais dans les guides. « Certains, ajoute-t-il, méritent le détour, d’autres un grand détour. » D’autres carnets de Causeur verront le jour dans les prochaines semaines. Nous vous invitons à les découvrir dès aujourd’hui : c’est une manière de marquer le (bientôt) premier anniversaire de Causeur.
Général von Struedel

Illustre général allemand, Erwin von Struedel ouvrit en 1871 un atelier de construction mécanique à Paris, au lieu-dit Les Bernardins. Pendant que Bismarck faisait son hareng à Versailles, von Struedel mettait au point le premier panzer de l’histoire moderne. Doté de huit soupapes et confectionné en bois, le modèle ne connut cependant pas le succès escompté : il provoquait une légère fumée blanche au démarrage, signalant immédiatement l’engin à l’ennemi. Dépité, le général von Struedel se retira à Rome, afin d’y buller.
Wolfgang Schotz, Portrait du général von Struedel. Sainte huile sur suaire, conservé à la pinacothèque de Munich (ex-RFA).
Un nouveau coup de Prague
« Le président français devrait savoir que ses propositions contribuent fortement à la fin du capitalisme. Celles-ci ne conduisent pas à un nouveau capitalisme, comme il l’a dit jeudi dernier à Bruxelles, c’est au contraire un retour à un vieux socialisme. » C’est ainsi que le président tchèque Vaclav Klaus a jeté son anathème du haut de son château praguois : Sarko bolcho au poteau ! Ce crétin de Bohème n’a évidemment rien compris à la théorie de l’omniprésidence : après avoir mis les socialos dans sa fouille, il n’est pas inutile de tirer le tapis sous les pieds du facteur. Cela dit, si Nicolas Sarkozy doit rester dans l’Histoire comme le fossoyeur du capitalisme, le taux de suicide à Neuilly risque d’égaler celui des prisons françaises.
Adieu la Camif !
La Camif est en cessation de paiement ! Cette nouvelle dramatique n’a pas eu droit à plus d’une brève dans les pages économiques des journaux. Au regard des récentes faillites grandioses, comme celle de Lehman Brothers, la déconfiture d’un établissement de vente par correspondance situé à Niort (Deux-Sèvres) n’est pas de nature à émouvoir Wall Street ou la City.
Ceux pour qui le monde enseignant, dans son épaisseur historique et sociologique, est une sorte de terra incognita ne peuvent imaginer le choc que ressentent tous ceux que le catalogue de la Camif a conduits jadis par la main dans les méandres de la société de consommation. Pendant les trente glorieuses, instituteurs, professeurs des lycées et collèges, ainsi que leurs conjoints, enfants et petits-enfants, se sont habillés, meublés, équipés en biens culturels et sportifs au rythme de l’arrivée, deux fois par an du catalogue Camif dans leurs foyers.
Les ouvriers et paysans avaient celui de la Manufacture d’armes et cycles de Saint-Etienne, dit Manufrance, célèbre pour ses pièges à taupe et ses vaporisateurs à bouillie bordelaise. Aux héritiers des hussards noirs de la République, il fallait un établissement qui leur ressemble et qui les rassemble.
Au début, acheter à la Camif n’était pas donné à tout le monde : fondée en 1947, la centrale d’achat de la mutuelle des instituteurs de France se proposait d’aider les enseignants à reconstituer leur équipement domestique mis à mal par la guerre, l’exode et les bombardements. Pour y avoir accès, il fallait être membre de la MAIF, une mutuelle d’assurances créée en 1934 par un groupe de militants du SNI (syndicat national des instituteurs).
A la différence de ses concurrents, La Redoute ou Les Trois Suisses qui visaient un public plus prolétarien, la Camif misait sur la qualité, le durable. Dans la fonction publique, on ne gagne peut-être pas lourd, mais on est assuré d’avoir un poste pour la vie. L’éphémère, le frivole, le jetable ne sont pas dans la culture de l’instit : une blouse grise devait durer le temps d’une carrière, trente-sept ans et demi, de la sortie de l’Ecole normale au départ en retraite à cinquante-cinq ans. Le matériel de camping, testé par des collègues bénévoles et impitoyables, était conçu pour tenir longtemps, et sur la galerie d’une 4 L, la voiture emblématique des familles de « pédagos » bouffeurs de nationale 7.
Insensiblement, au fil des ans, le catalogue Camif laisse pourtant pénétrer l’air du temps et du dehors sur ses pages de papier glacé. À mesure que la profession se féminise, les pages de modes s’étoffent : on y trouve bientôt des dessous un peu plus affriolants que les modèles Petit Bateau et Damart offerts jusque-là à la concupiscence des mutualistes. Les marqueurs de la modernité s’y invitent : après la Guilde du disque et son électrophone gris souris arrivent les chaînes hi-fi et les magnétophones à bande dont on souligne, bien sûr, l’utilité pédagogique.
Acheter à la Camif permettait de se racheter du péché laïque d’avidité consommatrice et d’hédonisme qui entrait en collision avec l’idéal républicain progressiste et égalitaire affiché dans le syndicalisme enseignant.
Le SNI a disparu, éclaté en boutiques syndicales rivales. La MAIF a tiré son épingle du jeu dans la jungle concurrentielle de l’assurance automobile: elle a même fait de son origine un gimmick publicitaire (assureur militant!). La dégringolade de la Camif a été lente mais inexorable. L’ordonnatrice des désirs marchands du peuple enseignant n’a pas survécu à la dissolution de cette corporation dans l’indifférenciation du salariat mondialisé. Il ne lui fut même pas épargné cette ultime humiliation de se voir renflouée, en 2007, par un fonds d’investissement à capitaux américains. Aujourd’hui, les instits sont devenus des professeur(e)s des écoles et achètent, comme tout le monde, dans les nouveaux temples de la marchandise en ville ou sur le net. Adieu Camif, on t’aimait bien.
Vous reprendrez bien un peu de putsch ?
Quand elle ne fait pas d’humour involontaire (en proposant avant tout le monde Ingrid Betancourt pour le Nobel de la Paix), la présidente chilienne Michèle Bachelet sait être authentiquement drôle. Récemment, elle a posé une devinette à l’ambassadeur des USA à Santiago : pourquoi n’y avait-il jamais eu de coup d’état aux Etats-Unis ? Le diplomate ne sachant que répondre, elle lui a donné la solution: c’est le seul pays du monde où il n’y a pas d’ambassade américaine…
Islande : l’impossibilité d’une île
L’Islande n’existe pas. C’est une invention de poètes et de banquiers. Les premiers ont créé l’Islande éternelle, les seconds l’Islande soluble. Au Moyen Âge, l’Islande, qui n’avait rien à offrir, n’exportait que des poètes. Ces derniers temps, elle était assez fière d’exporter ses banquiers…
Privés de lumière tout l’hiver, les Islandais prirent tôt l’habitude de se raconter des histoires et de les coucher par écrit : celles de leurs ancêtres et celles des autres, notamment des autres rois scandinaves. C’est ainsi qu’ils devinrent rapidement la mémoire de toute la Scandinavie. C’est aussi ainsi qu’ils prirent l’habitude de croire à leurs histoires, en grande partie fantastiques.
La mise en vente de l’Islande sur e-bay (mise à prix 99 cents) a l’apparence d’une plaisanterie ; elle est le dernier épisode d’une gestion folle qui a plus à voir avec la littérature fantastique qu’avec la responsabilité et la justice[1. L’article n’est plus disponible au moment où nous publions. Mais il l’était encore le 7 octobre. Il faut croire que la Russie, profitant du désintérêt des Européens, a emporté la mise pour 4 milliards. Pas cher pour une île si bien placée, si vaste, et toute sa population (sans Björk cependant) massivement bilingue (au moins).]. Dans un pays où, au milieu des années 1990, plus de la moitié des députés avouait encore croire aux elfes et autres créatures cachées, est-il étonnant qu’on ait avalé si facilement les contes des banquiers qui ont fait croire aux Islandais que le monde allait leur appartenir et qu’on se soit si peu ému d’événements avant-coureurs nombreux et inquiétants ? Tels des vikings modernes, les uns et les autres ont ignoré les signes annonciateurs de la déroute. Rappelons que le mot viking désignait le voyage souvent guerrier (mais aussi commercial) qu’accomplissaient les jeunes gens loin de chez eux dans le but de s’illustrer par des exploits et de rapporter du butin. Les raids de nos banquiers islandais actuels, souvent jeunes, admirés chez eux, ignorant plus ou moins la peur et le danger, grands manipulateurs de mots, ne sont pas sans rappeler ces usages anciens.
Il faut aussi revenir à l’histoire plus récente. En 1944, après des siècles passés à subir la tutelle politique, économique et religieuse (luthérienne) du Danemark, l’Islande arrache son indépendance, profitant de la présence sur son sol des Britanniques puis des Américains et de l’embarras momentané des Danois (encore en guerre). Elle connait alors un développement impressionnant, essentiellement fondé sur l’essor de la pêche et sur la transformation et l’exportation du poisson, avant que le tourisme et un peu d’aluminium ne s’ajoutent au paysage.
Les Islandais, qui ne sont guère plus de 300 000 aujourd’hui, ironisent volontiers sur leur faible poids dans le monde. World-famous in Iceland, dit une blague locale.
Comprenant très tôt les menaces qu’une surpêche ferait peser sur son patrimoine, l’Islande a très tôt pratiqué l’autolimitation en instaurant des quotas. Le problème est que ceux-ci n’ont pas été attribués aux villages, mais aux propriétaires de bateaux. Or, leurs héritiers ont vendu les bateaux tout en conservant la jouissance du quota, loué et parfois même vendu à d’autres. Résultat : les villageois qui ne pouvaient plus vivre de la pêche ont dû aller chercher un emploi à Reykjavik. Dans les années 1990, les fermes se vident et se transforment en hôtels, tandis que l’Islande, avec l’un des taux de connexion les plus élevés au monde, contribue activement au gonflement de la bulle internet.
L’antisémitisme peut-il être honorable ?
De Georges Bernanos, antisémite catholique repenti, on se souvient du « Hitler a déshonoré l’antisémitisme ! » par lequel il rompit, pendant la seconde guerre mondiale, avec ses amis de l’Action Française, englués dans la Collaboration. Ainsi prenait-il élégamment congé de ses maîtres, Charles Maurras et Edouard Drumont, sans pour autant renier leur héritage. N’eût été Hitler et Auschwitz, la judéophobie tel qu’on la pratiquait en France sous la IIIe République aurait donc, si l’on suit Bernanos, mérité une postérité moins sulfureuse que les Faurisson et autres Dieudonné. C’est aller un peu vite en besogne…
Un historien de la nouvelle vague, Grégoire Kauffmann, nous invite en effet à une visite guidée dans les coins et recoins de la vie et de l’œuvre du pape de l’antisémitisme à la française, Edouard Drumont (1844-1917). Cette biographie sans empathie, ni antipathie affichée, mais qui évite la froideur entomologique de l’accumulation des faits par le souci de faire revivre une époque bien oubliée, fait justice de cette prétendue « honorabilité » dont Bernanos crédite ses mentors. L’ascension sociale fulgurante d’Edouard Drumont, gratte-papier famélique ne s’étant jamais tout à fait remis de la chute de son père Adolphe dans la folie et de la ruine de sa famille, est la conséquence du succès immense, en 1886, de son pamphlet La France juive. Au départ ses éditeurs Marpon et Flammarion y croyaient si peu qu’ils n’acceptèrent de le publier qu’à compte d’auteur et en raison du parrainage accordé à l’ouvrage par Alphonse Daudet. Comment un pensum de 1 200 pages, au style tantôt pompeux tantôt besogneux, devint-il en quelques mois un best seller, qui fit la notoriété et la fortune de son auteur ? En deux ans, de sa parution à 1888, on le réédita cent quarante fois ! Comment expliquer un tel engouement ?
Il y eut, bien sûr, les duels médiatisés qui l’opposèrent, sur le pré, à quelques uns de ceux qu’il avait insultés, comme Arthur Meyer, le directeur du journal Le Gaulois – on gagne toujours à se battre avec quelqu’un de plus connu que soi… Mais la clef du succès est ailleurs : à la différence de Maurras, qui ne déteste le juif qu’en « raison » de son emprise supposée sur « la Gueuse » (la République), Drumont éclaire l’histoire du monde, et ses coulisses, explique tous les malheurs de la France par la nocivité intrinsèque des Israélites. Après la guerre de 1870 la « germanité » des juifs ashkénazes qui ont fui l’Alsace-Lorraine conquise par la Prusse en fait, pour Drumont et ses adeptes, des Boches camouflés, prêts à former une cinquième colonne le jour où sonnera l’heure de la revanche. Si on rajoute à cela quelques pincées d’antijudaïsme chrétien bien implanté dans le bas clergé rural, un anticapitalisme limité aux Rothschild, Pereire et Fould (dont le péché capital a été de moderniser la France), on obtient un concentré de passion antijuive d’une efficacité redoutable.
Où est donc alors cette « honorabilité » de l’antisémitisme français dont Hitler aurait brisé l’échine ? Dans les imprécations d’un Léon Daudet où l’on a cru discerner du style derrière l’ordurière prose antidreyfusarde? Dans les tripotages financiers, petites escroqueries et grosses carambouilles qui se concoctent dans les couloirs de La Libre Parole, le journal fondé par Drumont ? On découvre par exemple, en lisant Grégoire Kauffmann, que l’évêque de Laval fut contraint de payer une somme de 5000 francs-or au journal pour faire taire une campagne de calomnies à son encontre lancée par la Libre Parole, sans aucun fondement, mais abominablement destructrice. Injures, diffamation racket – mais quant à l’honneur… Tel est du reste le mérite de cette biographie : hier comme aujourd’hui, « patriote » ou « internationaliste », à Berlin comme à Durban, la haine du juif se nourrit toujours du même délire et appelle systématiquement au meurtre. Honorable, pour le chrétien comme pour l’humaniste, il ne le pourra jamais être.
Bad Godesberg à l’envers ?
Est-ce l’effet-domino ? Depuis que la droite est devenue keynesienne pour cause de crise mondiale, la gauche, elle, redécouvre le marxisme. Et c’est vrai, Marx a toujours appartenu au patrimoine de la gauche. Enfin, surtout depuis qu’il est mort. Car, de son vivant, Karl ne s’est intéressé qu’aux rapports de classes et jamais à l’affrontement droite-gauche. C’est en vain qu’on cherchera le mot ou même l’idée de « gauche » dans ses œuvres complètes. Et si le PS veut que son néo-marxisme n’ait pas l’air trop toc, il va falloir faire des gros efforts d’aggiornamento à Reims. On a beau savoir que tout est possible dans un congrès socialiste, quand même, on imagine difficilement Delanoë, Royal, Aubry ou même Hamon proposer qu’on réinscrive dans les statuts la dictature du prolétariat. Parce que la dictature, c’est mal et le prolétariat, c’est quoi, déjà ?
Et que ça saute !
Les esprits forts ont tort de railler la publicité : elle en dit souvent long… pour peu qu’on la passe au bain révélateur de l’inconscient : voyez les banques ! Ce week-end, on apprenait qu’à la « suite d’un incident de marché », la Caisse d’Epargne venait de perdre 600 millions d’euros. Quatre milliards de francs. L’incident en question relevait en fait du coup de folie : en pleine déconfiture des marchés, trois traders avaient imaginé un complet contrepied. Ils ont massivement acheté des titres qui s’effondraient. Et – ô surprise ! – se sont fait complètement lessiver. La stupeur a été d’autant plus grande que la Caisse d’Epargne, dont la mascotte est le fameux écureuil (qui engrange, engrange…), avait la réputation d’un établissement assez conservateur. Erreur ! Il fallait prêter attention à son slogan : « L’imagination dans le bon sens. »
Le même examen avisé, c’est-à-dire attentif au message subliminal des slogans bancaires, aurait pu éviter quelques déboires aux actionnaires de Fortis, qui claironnait avant de se retrouver au bord de l’abîme : « Here today, where tomorrow ? » (Ici aujourd’hui, où demain ?). Quant à Dexia, autre banque laminée en quelques jours, elle y allait également franco : « Short term has no future » (Le court terme est sans avenir). Pouvait-on être plus clair ? Outre-Atlantique, les lapsus publicitaires n’ont pas manqué non plus – de l’ironique « You can count on us ! » (Vous pouvez compter sur nous !) d’IndyMac au visionnaire « As the American dream grow, so do we » (Le rêve américain grandit, nous aussi) de Fannie Mae. Et que penser du slogan programme de la Bank of America, qui accueillait il y a peu encore les visiteurs des ses agences à Manhattan et claquait comme un avertissement : « Boom ! » ?
Tout était dit, en fait, depuis la publicité culte de la BNP : « Votre argent m’intéresse ! » La campagne concoctée en 1974 par Publicis Conseil avait un objectif avoué : casser un tabou – celui de l’argent pépère. Il fallait parler vrai : le rôle des banquiers, dans le monde nouveau, n’était pas tant de protéger l’épargne que de lui faire faire des petits. Pour eux, accessoirement pour vous. Mais s’ils renseignent franchement sur les appétits de la profession, ces slogans ont tous une dimension quelque peu mensongère en faisant accroire à une « association » entre le banquier et le déposant. A une aventure commune. Or chacun en a fait l’expérience : en cas de gain, on partage (la banque se sucrant allègrement) ; en cas de perte, le client assume seul.[1. Citons encore l’ubuesque invitation de Sofinco, établissement de prêts aux ménages et filiale du Crédit Agricole : « Construisons vos rêves. » Slogan devenu, par ces temps du surendettement : « La vie a parfois besoin d’un crédit. »]
Il y a donc une ou deux choses que l’on devrait apprendre, dans le cadre de l’éducation civique, aux jeunes gens, et le plus tôt sera le mieux. Par exemple que le marché du travail reste un lieu régi par les rapports de forces, où l’on vend sa vie et son énergie contre de l’argent, où il n’existe guère de différence entre un employeur à l’ancienne et un entrepreneur cool qui vous tutoie ; ou encore : qu’un banquier est affable tant qu’on lui fait gagner de l’argent, mais qu’il n’est jamais, jamais un partenaire quand surviennent les mauvais jours – et ce, d’autant moins quand il boit lui-même la tasse. Pour les travaux pratiques, suggérons de commencer par le slogan de LCL[2. Abréviation adoptée par le Crédit Lyonnais après son piteux naufrage.] : « Demandez plus à votre argent ! » Et soufflons la réponse : qu’il ne s’évapore pas serait un bon début.
Que mille carnets éclosent
Depuis l’été dernier, Causeur accueille Laurent Cudkowicz, qui nous livre, semaine après semaine, le récit de son installation en Israël. Ce premier Carnet est complété aujourd’hui par un deuxième, tenu par Tristan Brillat : il vous propose de vous faire découvrir les adresses les plus secrètes, comme les plans les plus foireux, des bars et des restaurants que vous ne trouverez probablement jamais dans les guides. « Certains, ajoute-t-il, méritent le détour, d’autres un grand détour. » D’autres carnets de Causeur verront le jour dans les prochaines semaines. Nous vous invitons à les découvrir dès aujourd’hui : c’est une manière de marquer le (bientôt) premier anniversaire de Causeur.
Général von Struedel

Illustre général allemand, Erwin von Struedel ouvrit en 1871 un atelier de construction mécanique à Paris, au lieu-dit Les Bernardins. Pendant que Bismarck faisait son hareng à Versailles, von Struedel mettait au point le premier panzer de l’histoire moderne. Doté de huit soupapes et confectionné en bois, le modèle ne connut cependant pas le succès escompté : il provoquait une légère fumée blanche au démarrage, signalant immédiatement l’engin à l’ennemi. Dépité, le général von Struedel se retira à Rome, afin d’y buller.
Wolfgang Schotz, Portrait du général von Struedel. Sainte huile sur suaire, conservé à la pinacothèque de Munich (ex-RFA).
Un nouveau coup de Prague
« Le président français devrait savoir que ses propositions contribuent fortement à la fin du capitalisme. Celles-ci ne conduisent pas à un nouveau capitalisme, comme il l’a dit jeudi dernier à Bruxelles, c’est au contraire un retour à un vieux socialisme. » C’est ainsi que le président tchèque Vaclav Klaus a jeté son anathème du haut de son château praguois : Sarko bolcho au poteau ! Ce crétin de Bohème n’a évidemment rien compris à la théorie de l’omniprésidence : après avoir mis les socialos dans sa fouille, il n’est pas inutile de tirer le tapis sous les pieds du facteur. Cela dit, si Nicolas Sarkozy doit rester dans l’Histoire comme le fossoyeur du capitalisme, le taux de suicide à Neuilly risque d’égaler celui des prisons françaises.
Adieu la Camif !
La Camif est en cessation de paiement ! Cette nouvelle dramatique n’a pas eu droit à plus d’une brève dans les pages économiques des journaux. Au regard des récentes faillites grandioses, comme celle de Lehman Brothers, la déconfiture d’un établissement de vente par correspondance situé à Niort (Deux-Sèvres) n’est pas de nature à émouvoir Wall Street ou la City.
Ceux pour qui le monde enseignant, dans son épaisseur historique et sociologique, est une sorte de terra incognita ne peuvent imaginer le choc que ressentent tous ceux que le catalogue de la Camif a conduits jadis par la main dans les méandres de la société de consommation. Pendant les trente glorieuses, instituteurs, professeurs des lycées et collèges, ainsi que leurs conjoints, enfants et petits-enfants, se sont habillés, meublés, équipés en biens culturels et sportifs au rythme de l’arrivée, deux fois par an du catalogue Camif dans leurs foyers.
Les ouvriers et paysans avaient celui de la Manufacture d’armes et cycles de Saint-Etienne, dit Manufrance, célèbre pour ses pièges à taupe et ses vaporisateurs à bouillie bordelaise. Aux héritiers des hussards noirs de la République, il fallait un établissement qui leur ressemble et qui les rassemble.
Au début, acheter à la Camif n’était pas donné à tout le monde : fondée en 1947, la centrale d’achat de la mutuelle des instituteurs de France se proposait d’aider les enseignants à reconstituer leur équipement domestique mis à mal par la guerre, l’exode et les bombardements. Pour y avoir accès, il fallait être membre de la MAIF, une mutuelle d’assurances créée en 1934 par un groupe de militants du SNI (syndicat national des instituteurs).
A la différence de ses concurrents, La Redoute ou Les Trois Suisses qui visaient un public plus prolétarien, la Camif misait sur la qualité, le durable. Dans la fonction publique, on ne gagne peut-être pas lourd, mais on est assuré d’avoir un poste pour la vie. L’éphémère, le frivole, le jetable ne sont pas dans la culture de l’instit : une blouse grise devait durer le temps d’une carrière, trente-sept ans et demi, de la sortie de l’Ecole normale au départ en retraite à cinquante-cinq ans. Le matériel de camping, testé par des collègues bénévoles et impitoyables, était conçu pour tenir longtemps, et sur la galerie d’une 4 L, la voiture emblématique des familles de « pédagos » bouffeurs de nationale 7.
Insensiblement, au fil des ans, le catalogue Camif laisse pourtant pénétrer l’air du temps et du dehors sur ses pages de papier glacé. À mesure que la profession se féminise, les pages de modes s’étoffent : on y trouve bientôt des dessous un peu plus affriolants que les modèles Petit Bateau et Damart offerts jusque-là à la concupiscence des mutualistes. Les marqueurs de la modernité s’y invitent : après la Guilde du disque et son électrophone gris souris arrivent les chaînes hi-fi et les magnétophones à bande dont on souligne, bien sûr, l’utilité pédagogique.
Acheter à la Camif permettait de se racheter du péché laïque d’avidité consommatrice et d’hédonisme qui entrait en collision avec l’idéal républicain progressiste et égalitaire affiché dans le syndicalisme enseignant.
Le SNI a disparu, éclaté en boutiques syndicales rivales. La MAIF a tiré son épingle du jeu dans la jungle concurrentielle de l’assurance automobile: elle a même fait de son origine un gimmick publicitaire (assureur militant!). La dégringolade de la Camif a été lente mais inexorable. L’ordonnatrice des désirs marchands du peuple enseignant n’a pas survécu à la dissolution de cette corporation dans l’indifférenciation du salariat mondialisé. Il ne lui fut même pas épargné cette ultime humiliation de se voir renflouée, en 2007, par un fonds d’investissement à capitaux américains. Aujourd’hui, les instits sont devenus des professeur(e)s des écoles et achètent, comme tout le monde, dans les nouveaux temples de la marchandise en ville ou sur le net. Adieu Camif, on t’aimait bien.
Vous reprendrez bien un peu de putsch ?
Quand elle ne fait pas d’humour involontaire (en proposant avant tout le monde Ingrid Betancourt pour le Nobel de la Paix), la présidente chilienne Michèle Bachelet sait être authentiquement drôle. Récemment, elle a posé une devinette à l’ambassadeur des USA à Santiago : pourquoi n’y avait-il jamais eu de coup d’état aux Etats-Unis ? Le diplomate ne sachant que répondre, elle lui a donné la solution: c’est le seul pays du monde où il n’y a pas d’ambassade américaine…
Islande : l’impossibilité d’une île
L’Islande n’existe pas. C’est une invention de poètes et de banquiers. Les premiers ont créé l’Islande éternelle, les seconds l’Islande soluble. Au Moyen Âge, l’Islande, qui n’avait rien à offrir, n’exportait que des poètes. Ces derniers temps, elle était assez fière d’exporter ses banquiers…
Privés de lumière tout l’hiver, les Islandais prirent tôt l’habitude de se raconter des histoires et de les coucher par écrit : celles de leurs ancêtres et celles des autres, notamment des autres rois scandinaves. C’est ainsi qu’ils devinrent rapidement la mémoire de toute la Scandinavie. C’est aussi ainsi qu’ils prirent l’habitude de croire à leurs histoires, en grande partie fantastiques.
La mise en vente de l’Islande sur e-bay (mise à prix 99 cents) a l’apparence d’une plaisanterie ; elle est le dernier épisode d’une gestion folle qui a plus à voir avec la littérature fantastique qu’avec la responsabilité et la justice[1. L’article n’est plus disponible au moment où nous publions. Mais il l’était encore le 7 octobre. Il faut croire que la Russie, profitant du désintérêt des Européens, a emporté la mise pour 4 milliards. Pas cher pour une île si bien placée, si vaste, et toute sa population (sans Björk cependant) massivement bilingue (au moins).]. Dans un pays où, au milieu des années 1990, plus de la moitié des députés avouait encore croire aux elfes et autres créatures cachées, est-il étonnant qu’on ait avalé si facilement les contes des banquiers qui ont fait croire aux Islandais que le monde allait leur appartenir et qu’on se soit si peu ému d’événements avant-coureurs nombreux et inquiétants ? Tels des vikings modernes, les uns et les autres ont ignoré les signes annonciateurs de la déroute. Rappelons que le mot viking désignait le voyage souvent guerrier (mais aussi commercial) qu’accomplissaient les jeunes gens loin de chez eux dans le but de s’illustrer par des exploits et de rapporter du butin. Les raids de nos banquiers islandais actuels, souvent jeunes, admirés chez eux, ignorant plus ou moins la peur et le danger, grands manipulateurs de mots, ne sont pas sans rappeler ces usages anciens.
Il faut aussi revenir à l’histoire plus récente. En 1944, après des siècles passés à subir la tutelle politique, économique et religieuse (luthérienne) du Danemark, l’Islande arrache son indépendance, profitant de la présence sur son sol des Britanniques puis des Américains et de l’embarras momentané des Danois (encore en guerre). Elle connait alors un développement impressionnant, essentiellement fondé sur l’essor de la pêche et sur la transformation et l’exportation du poisson, avant que le tourisme et un peu d’aluminium ne s’ajoutent au paysage.
Les Islandais, qui ne sont guère plus de 300 000 aujourd’hui, ironisent volontiers sur leur faible poids dans le monde. World-famous in Iceland, dit une blague locale.
Comprenant très tôt les menaces qu’une surpêche ferait peser sur son patrimoine, l’Islande a très tôt pratiqué l’autolimitation en instaurant des quotas. Le problème est que ceux-ci n’ont pas été attribués aux villages, mais aux propriétaires de bateaux. Or, leurs héritiers ont vendu les bateaux tout en conservant la jouissance du quota, loué et parfois même vendu à d’autres. Résultat : les villageois qui ne pouvaient plus vivre de la pêche ont dû aller chercher un emploi à Reykjavik. Dans les années 1990, les fermes se vident et se transforment en hôtels, tandis que l’Islande, avec l’un des taux de connexion les plus élevés au monde, contribue activement au gonflement de la bulle internet.
L’antisémitisme peut-il être honorable ?
De Georges Bernanos, antisémite catholique repenti, on se souvient du « Hitler a déshonoré l’antisémitisme ! » par lequel il rompit, pendant la seconde guerre mondiale, avec ses amis de l’Action Française, englués dans la Collaboration. Ainsi prenait-il élégamment congé de ses maîtres, Charles Maurras et Edouard Drumont, sans pour autant renier leur héritage. N’eût été Hitler et Auschwitz, la judéophobie tel qu’on la pratiquait en France sous la IIIe République aurait donc, si l’on suit Bernanos, mérité une postérité moins sulfureuse que les Faurisson et autres Dieudonné. C’est aller un peu vite en besogne…
Un historien de la nouvelle vague, Grégoire Kauffmann, nous invite en effet à une visite guidée dans les coins et recoins de la vie et de l’œuvre du pape de l’antisémitisme à la française, Edouard Drumont (1844-1917). Cette biographie sans empathie, ni antipathie affichée, mais qui évite la froideur entomologique de l’accumulation des faits par le souci de faire revivre une époque bien oubliée, fait justice de cette prétendue « honorabilité » dont Bernanos crédite ses mentors. L’ascension sociale fulgurante d’Edouard Drumont, gratte-papier famélique ne s’étant jamais tout à fait remis de la chute de son père Adolphe dans la folie et de la ruine de sa famille, est la conséquence du succès immense, en 1886, de son pamphlet La France juive. Au départ ses éditeurs Marpon et Flammarion y croyaient si peu qu’ils n’acceptèrent de le publier qu’à compte d’auteur et en raison du parrainage accordé à l’ouvrage par Alphonse Daudet. Comment un pensum de 1 200 pages, au style tantôt pompeux tantôt besogneux, devint-il en quelques mois un best seller, qui fit la notoriété et la fortune de son auteur ? En deux ans, de sa parution à 1888, on le réédita cent quarante fois ! Comment expliquer un tel engouement ?
Il y eut, bien sûr, les duels médiatisés qui l’opposèrent, sur le pré, à quelques uns de ceux qu’il avait insultés, comme Arthur Meyer, le directeur du journal Le Gaulois – on gagne toujours à se battre avec quelqu’un de plus connu que soi… Mais la clef du succès est ailleurs : à la différence de Maurras, qui ne déteste le juif qu’en « raison » de son emprise supposée sur « la Gueuse » (la République), Drumont éclaire l’histoire du monde, et ses coulisses, explique tous les malheurs de la France par la nocivité intrinsèque des Israélites. Après la guerre de 1870 la « germanité » des juifs ashkénazes qui ont fui l’Alsace-Lorraine conquise par la Prusse en fait, pour Drumont et ses adeptes, des Boches camouflés, prêts à former une cinquième colonne le jour où sonnera l’heure de la revanche. Si on rajoute à cela quelques pincées d’antijudaïsme chrétien bien implanté dans le bas clergé rural, un anticapitalisme limité aux Rothschild, Pereire et Fould (dont le péché capital a été de moderniser la France), on obtient un concentré de passion antijuive d’une efficacité redoutable.
Où est donc alors cette « honorabilité » de l’antisémitisme français dont Hitler aurait brisé l’échine ? Dans les imprécations d’un Léon Daudet où l’on a cru discerner du style derrière l’ordurière prose antidreyfusarde? Dans les tripotages financiers, petites escroqueries et grosses carambouilles qui se concoctent dans les couloirs de La Libre Parole, le journal fondé par Drumont ? On découvre par exemple, en lisant Grégoire Kauffmann, que l’évêque de Laval fut contraint de payer une somme de 5000 francs-or au journal pour faire taire une campagne de calomnies à son encontre lancée par la Libre Parole, sans aucun fondement, mais abominablement destructrice. Injures, diffamation racket – mais quant à l’honneur… Tel est du reste le mérite de cette biographie : hier comme aujourd’hui, « patriote » ou « internationaliste », à Berlin comme à Durban, la haine du juif se nourrit toujours du même délire et appelle systématiquement au meurtre. Honorable, pour le chrétien comme pour l’humaniste, il ne le pourra jamais être.
Bad Godesberg à l’envers ?
Est-ce l’effet-domino ? Depuis que la droite est devenue keynesienne pour cause de crise mondiale, la gauche, elle, redécouvre le marxisme. Et c’est vrai, Marx a toujours appartenu au patrimoine de la gauche. Enfin, surtout depuis qu’il est mort. Car, de son vivant, Karl ne s’est intéressé qu’aux rapports de classes et jamais à l’affrontement droite-gauche. C’est en vain qu’on cherchera le mot ou même l’idée de « gauche » dans ses œuvres complètes. Et si le PS veut que son néo-marxisme n’ait pas l’air trop toc, il va falloir faire des gros efforts d’aggiornamento à Reims. On a beau savoir que tout est possible dans un congrès socialiste, quand même, on imagine difficilement Delanoë, Royal, Aubry ou même Hamon proposer qu’on réinscrive dans les statuts la dictature du prolétariat. Parce que la dictature, c’est mal et le prolétariat, c’est quoi, déjà ?
Et que ça saute !
Les esprits forts ont tort de railler la publicité : elle en dit souvent long… pour peu qu’on la passe au bain révélateur de l’inconscient : voyez les banques ! Ce week-end, on apprenait qu’à la « suite d’un incident de marché », la Caisse d’Epargne venait de perdre 600 millions d’euros. Quatre milliards de francs. L’incident en question relevait en fait du coup de folie : en pleine déconfiture des marchés, trois traders avaient imaginé un complet contrepied. Ils ont massivement acheté des titres qui s’effondraient. Et – ô surprise ! – se sont fait complètement lessiver. La stupeur a été d’autant plus grande que la Caisse d’Epargne, dont la mascotte est le fameux écureuil (qui engrange, engrange…), avait la réputation d’un établissement assez conservateur. Erreur ! Il fallait prêter attention à son slogan : « L’imagination dans le bon sens. »
Le même examen avisé, c’est-à-dire attentif au message subliminal des slogans bancaires, aurait pu éviter quelques déboires aux actionnaires de Fortis, qui claironnait avant de se retrouver au bord de l’abîme : « Here today, where tomorrow ? » (Ici aujourd’hui, où demain ?). Quant à Dexia, autre banque laminée en quelques jours, elle y allait également franco : « Short term has no future » (Le court terme est sans avenir). Pouvait-on être plus clair ? Outre-Atlantique, les lapsus publicitaires n’ont pas manqué non plus – de l’ironique « You can count on us ! » (Vous pouvez compter sur nous !) d’IndyMac au visionnaire « As the American dream grow, so do we » (Le rêve américain grandit, nous aussi) de Fannie Mae. Et que penser du slogan programme de la Bank of America, qui accueillait il y a peu encore les visiteurs des ses agences à Manhattan et claquait comme un avertissement : « Boom ! » ?
Tout était dit, en fait, depuis la publicité culte de la BNP : « Votre argent m’intéresse ! » La campagne concoctée en 1974 par Publicis Conseil avait un objectif avoué : casser un tabou – celui de l’argent pépère. Il fallait parler vrai : le rôle des banquiers, dans le monde nouveau, n’était pas tant de protéger l’épargne que de lui faire faire des petits. Pour eux, accessoirement pour vous. Mais s’ils renseignent franchement sur les appétits de la profession, ces slogans ont tous une dimension quelque peu mensongère en faisant accroire à une « association » entre le banquier et le déposant. A une aventure commune. Or chacun en a fait l’expérience : en cas de gain, on partage (la banque se sucrant allègrement) ; en cas de perte, le client assume seul.[1. Citons encore l’ubuesque invitation de Sofinco, établissement de prêts aux ménages et filiale du Crédit Agricole : « Construisons vos rêves. » Slogan devenu, par ces temps du surendettement : « La vie a parfois besoin d’un crédit. »]
Il y a donc une ou deux choses que l’on devrait apprendre, dans le cadre de l’éducation civique, aux jeunes gens, et le plus tôt sera le mieux. Par exemple que le marché du travail reste un lieu régi par les rapports de forces, où l’on vend sa vie et son énergie contre de l’argent, où il n’existe guère de différence entre un employeur à l’ancienne et un entrepreneur cool qui vous tutoie ; ou encore : qu’un banquier est affable tant qu’on lui fait gagner de l’argent, mais qu’il n’est jamais, jamais un partenaire quand surviennent les mauvais jours – et ce, d’autant moins quand il boit lui-même la tasse. Pour les travaux pratiques, suggérons de commencer par le slogan de LCL[2. Abréviation adoptée par le Crédit Lyonnais après son piteux naufrage.] : « Demandez plus à votre argent ! » Et soufflons la réponse : qu’il ne s’évapore pas serait un bon début.

