Nicolas Sarkozy recevant l'émir du Qatar à l'Elysée. Photo : missghesquiere.

Le nom de Tamim bin Hamad al-Thani ne dit rien à la plupart d’entre nous. Pourtant, l’émir héritier du Qatar, qui dirige le fonds souverain du pays, est l’un des hommes les plus puissants de la planète. Avec Al-Jazira, la chaîne créée en 1996 par l’émir lui-même, la Qatar Investment Authority est l’un des bras armés de la diplomatie de cet État richissime, qui investit dans le Vieux Continent avec une légère préférence pour notre pays.

L’émirat a placé des billes dans des fleurons de l’industrie et de la finance européennes, comme EADS, Volkswagen ou la City de Londres. Mais c’est dans le sport professionnel qu’il met le paquet : on imagine aisément qu’il s’agit d’engranger de l’image plus encore que des profits. Ainsi, après avoir obtenu l’organisation de la Coupe du monde de football , le Qatar a pris, en tant que sponsor, la place de l’Unicef sur le maillot de foot le plus cher du monde, celui de Barcelone, avant de devenir au printemps 2011 le propriétaire du Paris Saint-Germain. Parallèlement, Al-Jazira a acheté de nombreux droits de retransmissions sportives, notamment ceux de la Ligue 1 de football en France et une partie de ceux de la Ligue européenne des champions. Et elle s’intéresse de très près aux droits de la Pro A (élite du basket-ball français). Si on ajoute la création d’un fonds d’investissement pour les banlieues françaises − où football et basket nourrissent encore les rêves d’ascension sociale −, on comprend que les Qataris mènent une politique cohérente, visant autant l’influence que les bénéfices financiers.

Si la France intéresse les Qataris, l’argent des Qataris intéresse visiblement la France. À Paris, on leur déroule le tapis rouge.

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