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Le 18 juin permanent

Le 18 juin permanent
Le général Charles de Gaulle au micro de la BBC à Londres, 1941. D.R.

Une tribune libre de Jean-Paul Garraud (RN)


Il ne suffit pas de se rassembler autour d’une tombe, devant les caméras, pour emprunter quelque chose de la stature du géant qui y repose… Pas plus que de piocher ici ou là dans un catalogue de maximes pour s’autoproclamer son héritier. Les prétendants LR à la candidature présidentielle pourront longtemps  bailler aux corneilles avant qu’une colombe ne vienne du ciel leur apporter l’ampoule pour l’onction gaulliste…

Le gaullisme n’a certes jamais été une doctrine figée : le Général fut, dans ses écrits d’avant-guerre, le théoricien de la « doctrine des circonstances » contre les tenants de la « doctrine a priori ».

Colombey les deux Eglises, 9 novembre 2021. De gauche à droite, Eric Ciotti, Valérie Pécresse, Christian Jacob, Michel Barnier et Xavier Bertrand © François NASCIMBENI / AFP

De Gaulle, c’est d’abord un exemple : celui d’un rebelle qui, envers et contre tous les abandons, « se dresse, se campe et fait front », refuse la fatalité de la défaite et force le destin.

De Gaulle, c’est celui qui ne craint pas de rompre avec les conformismes de son temps et de son milieu, au risque de la solitude et de l’incompréhension.

De Gaulle, c’est celui qui est habité avant tout par la volonté farouche de préserver, et, quand il le faut, de reconquérir l’indépendance nationale.

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Car, pour de Gaulle, la France, c’est la référence suprême: l’Etat est au service de la Nation, porteur et garant de sa volonté d’exister et de durer au milieu des autres nations, comme un 18 juin permanent, avec la mission de perpétuer « le pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde ». Faire prévaloir en tout et toujours la maîtrise de son destin par notre pays, c’est là, dans le tumulte des événements, la boussole qui doit guider ceux qui veulent être vraiment dignes de ce grand exemple.

Voilà pourquoi les plus convaincus et cohérents d’entre eux ont choisi de quitter un jour cette formation issue d’un mouvement créé à l’origine pour rassembler le peuple de France et soutenir l’action du Général de Gaulle ; car elle avait, peu à peu, de reniements en abandons, complètement perdu le sens de cet exemple.

Dans une dérive qui n’a cessé de s’accentuer, cette formation politique a en effet oublié ses références originelles, cédant progressivement aux sirènes du renoncement national. En particulier, la tentation du fédéralisme européen, avouée ou s’avançant masquée, a érodé, de proche en proche, toute son armature intellectuelle, creusant en son sein une irréductible fracture ; en même temps que son discours s’envasait dans les préoccupations de pure gestion, sans souffle ni ambition. Tant et si bien que son identité s’est estompée et fondue avec celle de forces politiques pourtant censées être en opposition avec elle.

Rien n’illustre mieux sa faillite idéologique et morale que les ralliements de responsables venus de ses rangs au président Macron et à ses gouvernements

Dans cette dérive, marquée par la confusion des esprits et les calculs d’opportunité, ceux qui entendaient rester fidèles à leurs convictions ont, longtemps, essayé de se battre à l’intérieur du mouvement, car résister était dans leurs gènes ! Mais, ils ont dû constater que c’était peine perdue : de Charles Pasqua et Philippe Séguin à la Droite populaire, nos efforts se sont brisés sur le formidable verrouillage de l’appareil par sa direction. Dès lors, le combat devait se livrer en dehors.

Parallèlement, un mouvement dont certains responsables et adhérents, par suite des vicissitudes de l’Histoire, s’étaient opposés au Général, avait, de son côté, opéré une complète mutation, se dépouillant du legs d’un passé douloureux et relevant ce flambeau de la volonté nationale que d’autres avaient ainsi laissé choir.

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Il s’agit donc aujourd’hui, pour ceux qui entendent porter haut et fort le drapeau de la France, de participer, aux côtés du Rassemblement National, à une entreprise de redressement, intérieur et extérieur, d’une ampleur comparable à celle engagée en 1944 et en 1958.

Face aux gigantesques défis de l’heure, la priorité est de priver Emmanuel Macron d’un blanc-seing pour cinq ans de « déconstruction » de l’Histoire de France et de repentance obsessionnelle, de nouveaux abandons de souveraineté sur l’autel de la « construction européenne » ou d’atteintes répétées aux libertés sous de trop commodes prétextes sanitaires.

Assurément, derrière les postures de circonstance des prétendants LR, c’est la même sempiternelle « pensée unique », celle de la soumission aux diktats de Bruxelles et la même certitude du décalage entre les promesses et les actes. Il n’est, pour s’en convaincre, que de voir les votes de leurs représentants au Parlement européen s’aligner, avec une régularité de métronome, sur ceux des tenants de l’ouverture des frontières et de la subversion morale, aux côtés des élus macronistes.

Les Français, qui n’ont pas la mémoire si courte, ne s’y tromperont pas, car ils n’ont pas oublié comment, en 2007, l’élu de cette même famille, dont la majorité des actuels prétendants ont été les ministres, les avait bercés d’illusions sur sa détermination à « passer le Karcher » et « rompre avec mai 68 ».

Alors oui, une alternance authentiquement gaullienne est possible l’an prochain, à la présidentielle et aux législatives, avec Marine le Pen, avec le Rassemblement national et les mouvements qui se réunissent autour d’elle.


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Magistrat, Député européen RN, Président de l'Association professionnelle des Magistrats, Ancien Député UMP.

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