Jacqueline Eustache-Brinio, sénatrice du Val-d’Oise, rapporteur de la commission d’enquête sur la radicalisation islamiste et les moyens de la combattre, nous indique que contrairement à ce qui était affirmé hier dans un article de Causeur, « le Sénat ne s’est jamais couché et ne se couchera jamais devant l’islam politique et [que] le groupe Les Républicains y veillera. »


Contrairement à ce qu’affirme Jérôme Serri dans son article du 10 septembre, le Sénat ne s’est jamais couché et ne se couchera jamais devant l’islam politique et le groupe Les Républicains y veillera. Quelle meilleure preuve de cette détermination à lutter contre tous ceux qui tentent de faire prévaloir des normes religieuses sur la loi de la République que la création, à l’initiative du groupe Les Républicains et de son président Bruno Retailleau, de notre commission d’enquête sur la radicalisation islamiste, destinée à attirer l’attention de l’opinion publique sur cette menace fondamentale à l’unité du peuple français et à apporter des solutions concrètes directement mobilisables par le gouvernement ?

Sans doute l’auteur se serait-il aperçu, s’il avait pris la peine d’interroger les membres de la commission ou d’en lire le rapport, publié en juillet et intitulé « Radicalisation islamiste : faire face et lutter ensemble » – un titre qui me semble assez peu révélateur d’une quelconque soumission -, que les 44 propositions que formule le Sénat, parmi lesquelles figurent le renforcement des moyens humains du renseignement territorial, l’ouverture de la possibilité de contrôler l’identité de toutes les personnes qui travaillent dans un établissement hors contrat accueillant des mineurs, la mise en œuvre de contrôles inopinés des associations suspectées de séparatisme, ou encore l’introduction, dans les statuts de chaque fédération sportive, de l’interdiction de toute démonstration ou de propagande religieuse, répondent aux exigences d’une lutte sans concession contre tous ceux qui tentent de diviser notre pays. Que le gouvernement se soit emparé du sujet après la publication de ce rapport et l’écho médiatique d’ampleur qu’il a suscité ne relèvent évidemment pas du hasard. Ils révèlent la capacité du Sénat à pointer du doigt les enjeux de notre temps, à identifier les axes d’action les plus efficaces et les plus raisonnables et à placer le gouvernement sous l’œil inflexible de nos concitoyens, conscients de la nécessité de raviver la flamme de la laïcité, socle inaltérable de notre République.

Le rapport de notre commission d’enquête, premier acte de lucidité des pouvoirs publics face à la radicalisation d’une partie de la population, première pierre apportée à l’édifice de la lutte républicaine contre l’islam politique, contribue à l’éveil de la conscience civique ; le Sénat peut en être fier. Un simple regard jeté sur le travail accompli par notre institution sur les moyens de combattre l’islamisme suffit à convaincre tout observateur sérieux de la détermination de la Haute Assemblée à agir pour protéger la France d’aujourd’hui comme de demain. Encore faut-il, pour cela, savoir faire preuve d’objectivité et vouloir contribuer, chacun à sa place, à la guerre de la liberté contre ses ennemis plus qu’à accroître la défiance à l’encontre des soutiens les plus fermes des valeurs qui nous unissent, qui siègent sur les bancs du Sénat. La France le mérite.

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