Plus que le critique, le comédien, le musicien et le danseur, c’est l’ouvreuse qui passe sa vie dans les salles de spectacle. Laissons donc sa petite lampe éclairer notre lanterne !


Ils étaient au quatrième sous-sol de l’Opéra Bastille à répéter Don Juan, on leur a dit rentrez chez vous, bye bye et à un de ces jours. Personne dans le couloir, personne au bout du fil, covid sidéral.

Ces cigales qui folâtrent quand nos fourmis crèvent au chevet des malades sans masque et sans lit, qui peut se tromper d’urgence ? Ni nous ni elles évidemment. Mais demain, au réveil ? Accueillerons-nous d’un bravo unanime la victoire par K.O. d’Internet Antiseptik sur l’art vivant contagieux ? Ne restera-t-il pour voyager que Netflix, Disney et les archives mirobolantes dont arrosent la Toile, depuis leur fermeture, les salles de Berlin, New York et Paris ?

Tout s’arrête. Les permanents de Paris, de Lille, de Toulouse vont toucher leur salaire ou les indemnités d’un chômage partiel et provisoire. Mais les autres ? Les (275 000) intermittents ? Les indépendants ? Les solistes ? Qu’est-ce qu’ils deviennent ?

Rien. Force majeure : qu’ils aillent se faire dédommager chez Pôle Emploi s’ils y arrivent. À part qu’ils n’y arriveront pas. Mis à la porte sans préavis pour plusieurs mois, ils perdront leurs cachets avant de perdre aussi leurs indemnités faute d’heures travaillées. Pas un seul petit morceau de mouche ou de vermisseau. Début mars, circule une pétition pour « la culture française infectée par le coronavirus ». Le violoniste

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Avril 2020 - Causeur #78

Article extrait du Magazine Causeur

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