Racailles contre policiers dans le quartier de la Meinau: d’un côté on exagère, de l’autre on minimise.


Il arrive qu’on lise qu’une policière a été rouée de coups. En réalité elle n’a reçu qu’un coup, au demeurant léger. Fake news ? Une autre fois on apprend qu’une voiture de police a été incendiée. Dans les faits c’est juste sa carrosserie qui a été noircie. Fake news ? Un autre moment on nous relate que des flics ont reçu des cocktails Molotov. Non, il s’agissait seulement de boulons. Fake news ?

Faudrait savoir…

Avec l’information on peut se permettre beaucoup. La passer sous silence. La monter en épingle. On peut ne pas parler des trains qui déraillent et s’intéresser uniquement à ceux qui ne déraillent pas. Il est possible également – et fortement conseillé – de ne pas se focaliser sur les chômeurs et de porter toute son attention sur ceux qui ont un travail.

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Ce qui s’est passé à Strasbourg s’inscrit dans ce petit exercice classique et bien rodé. Sur une vidéo, vue des centaines de milliers de fois, on aperçoit des jeunes encapuchonnés devant la façade en flamme d’un bâtiment du quartier de la Meinau. Il s’agit, nous affirme-t-on, d’un commissariat de police.

Ramenez les racailles à la maison

La droite nationale est prompte à réagir. Marine Le Pen dénonce le règne de la « voyoucratie » et demande à la police de ramener les « racailles » à la raison. Dans un communiqué apaisant, la police du Bas-Rhin contredit les plus excités sur les réseaux sociaux : « aucun bâtiment de police n’a fait l’objet de telles exactions ». Fake news, alors ?

Le mieux c’est quand même d’aller voir au plus près. Et au plus près il y a les Dernières Nouvelles d’Alsace. Son article est précis et documenté. Dans la nuit de lundi à mardi il y a eu « des feux de poubelles et de façade » dans le quartier de la Ménau. Était visée la Maison du Projet qui vise à renseigner les habitants sur la rénovation urbaine du quartier. Dans la partie arrière du bâtiment il y a le commissariat de police. Donc les « jeunes » n’en voulaient pas aux flics. Peut-être qu’ils n’avaient pas envie que leur quartier soit rénové.

Journalistes de l’Est, informez !

Pour notre part nous ne voyons pas pourquoi il serait moins grave de s’attaquer à une maison de projet plutôt qu’a un commissariat de police. Sur la vidéo le son est d’aussi bonne qualité que les images. On y entend clairement des « Allah Akbar ». Les Dernières Nouvelles d’Alsace s’empressent d’indiquer ceci à ce propos : « on ne sait pas s’il ne s’agit pas d’un montage sonore ». Mais quand on ne sait pas, ne vaut-il mieux ne rien dire ?

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La mairie de Strasbourg se veut rassurante tout comme la police. « Le confinement a été globalement bien respecté ». Les incidents de Strasbourg seraient donc, pour reprendre l’expression du père de Marine le Pen, un « point de détail » dans la cité alsacienne. Il y a des points de détails qui valent la peine qu’on s’y intéresse.

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