François Hollande.

Regarde les hommages tomber

Jeudi 1er décembre

« Mourez, nous ferons le reste ! » L’annonce par le président de son euthanasie politique programmée aura suffi à réconcilier le PS autour de lui… Encore cette unanimité de façade cache-t-elle mal les plans de carrière des uns et les calculs secrets des autres – qui sont souvent les mêmes.

Dans le genre courtisan, je vous recommande la version Cambadélis et son style fleuri, limite grotesque : « Le président de la République, avec élégance, hauteur de vue, sens de la France et non sans émotion, a décidé de protéger son bon bilan. » N’importe quoi, Camba ! Quel « bon bilan » ? Et de quoi donc le « protéger » ? On voit mal qui voudrait le voler (déjà que Valls n’est pas emballé d’avoir à le défendre…).

En guise d’hommage, on trouve aussi la poignée de terre sur le cercueil façon Montebourg : « Je salue la décision sage, réaliste et lucide de François Hollande. Une décision qui permet à la gauche de préparer son avenir. » Deux phrases qu’on pourrait résumer en six mots : « Bon débarras, et maintenant à moi ! »

Par bonheur, pour relever le niveau il y a Jean-Michel Ribes, barde officiel du Village progressiste, qui, de studio en plateau, psalmodie avec talent son ode funèbre au Chef sortant : « Ah, vous le regretterez ! prophétise-t-il au micro de France Info, « lui et sa formidable réforme de l’Amour pour tous ! » [sic]

Le plus drôle c’est encore quand, au terme de ces envolées lyriques, le père Ribes redevient lui-même – ou du moins ce qu’il croit être. À un journaliste qui l’interroge sur l’origine de son soutien à François Hollande, il lâche ainsi, sur son inimitable ton de petit marquis : « J’aime bien voter pour des gens avec qui j’ai dîné. » Provocation ? Sans doute, mais d’un talon rose à la populace populiste qui elle, grâce à Dieu, ne soupera jamais au Château…

Prends garde, Monsieur de Ribes ! Il y a le feu à ton château, et bientôt ton titre de Premier valet des Arts hollandais ne vaudra plus un liard… À moins que tu n’arrives à te recycler en chantre du fillonisme – et ça, mon Jean-Michel, je suis sûr que tu en as le talent.

La déception Hofer

Dimanche 4 décembre

La nette défaite du candidat populiste Norbert Hofer prend de court le microcosme antifasciste européen. Depuis le Brexit et Trump, ces gens-là guettaient le scrutin autrichien avec une anxiété quasi masochiste. Déjà ils s’apprêtaient à déchirer leurs vêtements et à se couvrir la tête de cendres, à l’annonce du pire…

Sauf que le pire n’a pas eu lieu, au contraire !

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Basile de Koch
est chroniqueur des nuits parisiennes à "Voici" et du Basile de Koch est chroniqueur des nuits parisiennes à "Voici" et du PAF à "Valeurs actuelles". Il est aussi essayiste à 16h.