Ça arrive près de chez vous. Des petits riens quotidiens qui font un tout : une rue où toutes les boucheries s’hallalisent, les voiles pullulent, où les femmes découvertes – a fortiori maghrébines – se font houspiller, et ce sont nos valeurs qui vacillent. Dans ce nouveau numéro, Causeur se penche sur le grignotage islamiste de pans entiers du pays. Comme le résume avec brio notre guide suprême Elisabeth Lévy, « aussi douloureuses soient les pertes que nous inflige la violence djihadiste, ce n’est pas elle qui menace à long terme la cohésion et l’existence même de notre pays, c’est la sécession culturelle dans laquelle est engagée une partie de l’islam de France et d’Europe. Le problème n’est pas seulement l’arbre mais la forêt dans laquelle il a grandi. » Et ce n’est pas une vue de l’esprit puisque le sociologue Tarik Yildiz, auteur d’une thèse sur les musulmans de France, confirme les intuitions de notre cheftaine. Ainsi, mis à part les musulmans discrets acquis aux valeurs françaises, trois groupes majoritaires vivent sous la domination idéologique des salafistes : les « superficiels » (délinquants au surmoi salafs mais au mode de vie encore « impie », susceptibles de se radicaliser illico presto), les « rigoristes » (salafistes pur sucre) et les « communautaristes » qui apprécient de vivre dans des quartiers islamisés sous la coupe réglée d’une minorité de salafs. Au fil des reculs de l’Etat et de la police, qui n’ose plus entrer dans certaines cités, les islamistes progressent…

De la RATP au football amateur, le constat est accablant

De la RATP au football amateur, le constat est accablant : tandis que dans le futsal, « un club sur deux a un affichage musulman explicite et les matches font écho à des rivalités entre bandes », la prison s’érige en école du crime pour barbus en devenir. Notre série de reportages n’invite guère à l’optimisme. Par exemple, comme le révèle l’enquête pénitentiaire de notre envoyé spécial Tugdual Le Bihan, « s’échangent, dans le secret des cellules, des ouvrages salafistes et des prêches radicaux ». Et la « beurgeoisie » dans tout ça ? Chroniquant le livre de Nicolas Beau sur les élites musulmanes françaises, l’excellent Luc Rosenzweig dresse l’acte de décès de l’antiracisme institutionnel. C’est bien simple : depuis la marche des Beurs (1983), SOS racisme et l’Etat-PS aidant, « l’argent de la « politique de la ville » a nourri le clientélisme : on n’est pas regardant sur l’idéologie des « associatifs » tant qu’ils ramènent des votes. » Conseiller du parti populiste allemand AfD, l’essayiste Michael Klonovsky se fait tout aussi alarmant sur les capacités de son pays à absorber la vague migratoire. Avant même l’attentat de Berlin, il entrevoyait un « suicide humanitaire » dans « l’ouverture des frontières » tous azimuts…

Mais l’événement de nos pages actualités, c’est bien évidemment notre entretien-fleuve avec Marine Le Pen. Sur huit pages, la présidente du Front national dresse les grandes lignes de son projet présidentiel, non sans tailler quelques croupières à François Fillon (qui se « balladurise ») et se féliciter des victoires de Bachar Al-Assad et Donald Trump – pas d’amalgame ! Moins médiatique mais tout aussi digne d’intérêt, l’expérience autogestionnaire des Kurdes syriens du Rojava inspire à Stéphane Breton quelques réponses bien senties aux questions de Gil Mihaely. Démocratique et respectueux du libre marché, les ex-maos kurdes se rapprochent désormais du modèle suisse ! Enfin, mon confrère Kevin Erkeletyan signe une enquête fracassante sur le dernier scandale qui entache l’université française à La Réunion. En histoire, toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire pour qui cherche un poste universitaire, surtout lorsqu’il s’agit d’abattre les clichés sur la traite négrière.

Sans négliger vos chroniques régulières, de l’académicien Alain Finkielkraut au baroudeur Gérald Andrieu, vous êtes invité à éplucher notre dossier conservatisme. Un mot sur toutes les bouches depuis la désignation de François Fillon comme candidat LR, mais souvent employé à mauvais escient. Jean-Philippe Vincent, Philippe Raynaud et le so British Roger Scruton nous aident à y voir plus clair !

Dernier rappel avant la clôture du spectacle, Dérapage, le deuxième roman de David Desgouilles, vous attend en librairie. Recensé par Gil Mihaely, ce rejeton de papier est fait des chênes qu’on abat. Achetez-le !


Causeur #42 – Janvier 2017 par causeur