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Knafo et Lisnard: l’union des droites économiques

Ils ne font pas l'économie de l'économie, et ont une confiance aveugle en la main invisible du marché


Knafo et Lisnard: l’union des droites économiques
Sarah Knafo (Reconquête), Sophie de Menthon (Ethic) et David Lisnard (Nouvelle Energie). Paris, 30 juin 2026. DR.

Lors d’un débat organisé à Paris mardi, les deux responsables libéraux ont affirmé leur volonté d’en finir avec le social-étatisme, qu’ils jugent responsable du déclin économique du pays. Les deux figures de la droite entendent remettre l’Église au milieu du village en rappelant que ce sont les entreprises, grâce à leur capacité à créer de la richesse et à rechercher le profit, qui constituent le seul moteur du redressement éventuel de l’économie française.


Le débat organisé mardi par le mouvement patronal ETHIC, sous l’égide de sa présidente Sophie de Menthon, offrait une affiche particulièrement stimulante pour le monde économique et intellectuel : Sarah Knafo, députée européenne et figure de proue de Reconquête, face à David Lisnard, maire de Cannes, président de la puissante Association des maires de France (AMF) et candidat à la présidentielle, chef de file du parti Nouvelle Énergie.

Intitulé « Le tandem libéral : duo ou duel ? », cet échange devant un parterre de plus de 200 chefs d’entreprise a mis en lumière une convergence intellectuelle sur les questions économiques, tout en traçant quelques différences sur l’ordre des priorités politiques et civilisationnelles.

Les points communs : l’union sacrée pour un choc de liberté économique

Si David Lisnard (qui a récemment officialisé son départ des Républicains, coupable de compromission avec le macronisme, pour se lancer dans la course à l’Elysée) et Sarah Knafo n’appartiennent pas au même parti, leur diagnostic de la situation économique française est assez proche. Tous deux partagent un crédo commun : la France étouffe sous le poids de son appareil étatique, et le salut passera par une libération sans précédent des forces productives. Ils partagent également un rejet de la bureaucratie et du sur-réglementarisme qui étouffe le pays.

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Pour les deux orateurs, le premier ennemi de la création de richesse est la prolifération normative. David Lisnard, qui a théorisé de longue date le concept de « l’État obèse », a trouvé en Sarah Knafo un écho parfait. La députée européenne a comme lui fait de la simplification administrative son cheval de bataille, dénonçant un modèle français, qui passe son temps à sur-transposer les directives européennes et à judiciariser le quotidien des entreprises. Leur point de convergence est philosophique : l’État doit repasser d’une culture du contrôle a priori, qui paralyse l’innovation, à une culture de la confiance, assortie de contrôles a posteriori en cas d’abus.

L’équation commune : dégraisser l’État, le recentrer sur le régalien, et baisser taxes et impôts pour redonner du pouvoir d’achat

Devant le public d’ETHIC, Sarah Knafo a présenté ce qu’elle qualifie de « plus grande hausse salariale de toute l’histoire de la Vème République », une formule choc qui repose sur un mécanisme profondément libéral et partagé par le maire de Cannes : la baisse drastique des charges sociales et fiscales.

Pour ces deux figures de la droite libérale, le niveau des salaires nets en France est structurellement bas non pas à cause d’un manque de générosité des entreprises, mais en raison du « hold-up » fiscal opéré par l’État entre le salaire super-brut et le salaire net. Pour financer cette baisse des prélèvements sans creuser un déficit déjà abyssal, M. Lisnard et Mme Knafo s’accordent sur le remède : une baisse massive et immédiate de la dépense publique, visant en priorité le train de vie dispendieux de l’État, et la suppression pure et simple de la majorité de ses innombrables agences.

La réhabilitation du travail et du profit

Enfin, sur le plan moral et culturel, le duo affiche une complicité totale pour défendre la valeur travail face au « droit à la paresse » porté par une partie de la gauche, et pour réhabiliter la notion de profit. Pour Lisnard comme pour Knafo, l’entreprise est le moteur unique de la création de richesse réelle, et l’État providence actuel a perverti le contrat social en rendant parfois l’assistanat plus attractif que le travail.

A relire, du même auteur: L’après Macron: la France est-elle encore sauvable?

Les subtiles différences

Pour autant, le débat ne fut pas qu’une démonstration d’accord mutuel. Si le diagnostic et les solutions économiques convergent, une légère divergence s’installe dès lors que l’on aborde la hiérarchie des menaces qui pèsent sur le pays et l’approche de la souveraineté.

C’est la ligne de fracture qui sépare le libéralisme de David Lisnard et le souverainisme identitaire de Sarah Knafo. Pour le candidat déclaré à la présidentielle 2027, les causes de l’effondrement français sont d’abord institutionnelles, budgétaires, économiques et éducatives. La dette publique, la perte de compétitivité et la dévitalisation des ressources par la fiscalité constituent l’urgence absolue car elles privent la France de sa liberté d’action. Mais David Lisnard n’oublie pas pour autant que l’immigration de peuplement, l’insécurité, et la montée en puissance de l’islamisme dans les quartiers sont des enjeux majeurs qu’il faut traiter avec toute la vigueur nécessaire. Pour Sarah Knafo, l’urgence semble avant tout civilisationnelle et démographique.

Duo ou duel pour 2027 ?

Ce débat passionnant, qui aurait mérité les honneurs de l’audiovisuel public, si celui-ci ne boycottait pas les libéraux qui souhaitent le privatiser, a mis en lumière une réalité politique cruciale à l’approche de l’échéance présidentielle de 2027 : il existe en France une passerelle idéologique solide entre la droite libérale et la droite souverainiste sur le terrain économique, mais aussi sur le régalien. David Lisnard et Sarah Knafo ont prouvé qu’ils parlaient peu ou prou la même langue face aux créateurs de richesses et d’emplois. Faute de primaire à droite, une question reste entière : ce « duo libéral » de haut niveau peut-il se transformer en alliance politique puissante et rassembleuse, en mesure d’être au deuxième tour en 2027 ? L’avenir le dira.

Pendant ce temps, la candidature « centro-macroniste » d’Édouard Philippe, co-responsable avec ses amis de l’effondrement du pays dans tous les domaines depuis 10 ans, vient de recevoir le soutien de la girouette Laurent Wauquiez… En 1957, Guy Mollet avait prononcé cette fameuse phrase : « La droite française est la plus bête du monde ». Une sentence toujours d’actualité aujourd’hui. Bien que largement majoritaire dans le pays, une bonne partie de la droite semble tout faire pour que le bloc central macroniste garde les manettes du pays en 2027.

Ainsi va la France

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Romancier, journaliste, conseiller politique, createur de l'Université du Futur

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