Je ne suis pas d’accord avec les commentaires vertueux sur l’honorabilité inconditionnelle de la justice de notre pays. Pour ma part, je ne lui fais guère confiance.

Beaucoup de juges sont anormalement politisés, bien au delà de l’engagement naturel de chacun. L’épisode du « mur des cons » est significatif, notamment parce que la secrétaire du syndicat en question n’y voyait rien d’aberrant et s’indigna d’être poursuivie.

Beaucoup de juges sont, sinon corrompus, du moins dépendant des réseaux. En province, ce sont les cercles de notabilité, les clubs, la maçonnerie; à Paris, c’est le monde de la mondanité (je me souviens des propos d’un mien avocat: « venez à ma remise de décoration, vous verrez ceux qui seront amenés à vous juger » – sic!).

Indépendance et compétence ?

La pratique des fuites dans la presse est devenue insupportable et l’argument de prétendus contre-feux allumés par les juges contre la parole médiatique des avocats ne vaut pas. On pourrait en effet poursuivre les avocats qui abusent de leur prétendue « déontologie » – si on n’était pas en connivence avec eux.

La compétence des juges est souvent discutable, pas forcément parce qu’ils sont tous incompétents mais parce que beaucoup ne s’y retrouvent plus dans une législation proliférante et contradictoire. Je me souviens aussi des propos de deux juristes membres du jury d’admission à l’Ecole nationale de la magistrature: « les 20 premiers sont remarquables, ensuite c’est passable mais la queue de classement est effarante… »

L’indépendance des magistrats est une bonne blague quand on connaît le système des promotions.

L’impunité quasi complète des magistrats quand on voit les sanctions prises par le Conseil supérieur de la magistrature est aussi une bonne blague, mais moins drôle.

Je continue à penser que la diligence des magistrats à traiter l’affaire Fillon est suspecte. On attendrait la même diligence dans des cas un peu plus lourds – le montage fiscal Seillière-Wendel date de 2007 et n’est toujours pas venu au jugement…