Au-delà de leur savoureuse complicité sur le film culte Quelques messieurs trop tranquilles, A.D.G. et Georges Lautner avaient bien des points communs, à commencer par une détestation radicale de l’esprit de sérieux. 


Nous vivons une époque où le conformisme est la règle absolue de survie : ne surtout pas dévier de la ligne majoritaire, consommer les mêmes cochonneries, lire les mêmes âneries, regarder les mêmes inepties, se plier aux injonctions venues d’en haut et s’ennuyer à mourir. Dans les arts, la presse, le cinéma ou l’édition, la morale a remplacé le talent et l’esprit de sérieux a censuré toute liberté d’opinion. Avec une parole cadenassée, des écrits surveillés, un rire de plus en plus formaté, les espaces de détente deviennent des îlots de résistance. Deux livres qui paraissent cet automne s’intéressent au destin de deux réprouvés du système, deux témoins d’un temps révolu où l’on n craignait pas d’amuser et de provoquer. Deux spécimens qui continuent de fasciner dans l’océan de platitudes qui nous entoure.

Dans les années 1970, la Série noire voyait débarquer un chevelu tourangeau à lunettes fumées au pays des Soviets. Anar de droite, nationaliste romantique, r

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Décembre 2017 - #52

Article extrait du Magazine Causeur

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